‹ Catéchisme de la vénérable mère Marie de L'Incarnation, fondratrice des Ursulines de Québec ou Explication familière de la doctrine chrétienne [microforme]Chapitre 66 sur 83 · DU SACREMENT DE CONFIRMATION · texte numérisé non relu

DU SACREMENT DE CONFIRMATION

Ce que c'est que la confirmation.

La confirmation est un sacrement par lequel la foi, la grâce et la vie spirituelle qui a commencé par le baptême, est confirmée, augmentée et perfectionnée.

1. De cette définition, il est facile d'inférer que Notre- Seigneur est l’auteur de ce sacrement, puisqu'il est institué pour confirmer et pour accroître la grâce, de laquelle Dieu seul peut être la cause.

2. L'on infère la différence qu'il y a entre le sacrement de baptême et celui-ci; parce que le premier est institué pour donner la grâce et la vie spirituelle; et celui-ci est destiné par son auteur pour la confirmer, et pour lui donner son accroissement et sa perfection.

8. La définition que nous avons apportée, marque la raison pour laquelle ce sacrement est appelé confirmation, qui est, qu'il confirme l'âme dans Ja grâce et dans la vie spirituelle qu'elle a reçue; et que le ministre qui le confère dit à celui qui le reçoit : Je vous marque du signe de la croix, et je vous confirme du chrême du salut.

De la matière de ce sacrement.

La matière de la confirmation est le saint chrême qui est composé d’huile et de baume, et consacré par l’évêque . par une bénédiction solennelle. Ainsi la matière de ce sacrement est composée de deux éléments différents, pour

marquer les différentes opérations du Saint-Esprit. L'huile, qui est une liqueur grasse et fluide, marque l'onction de la grâce, qui, par l'opération du Saint-Esprit, découle de Jésus-Christ qui est le chef de l'Eglise, dans l’âme des üdèles, de même que « l'onguent découlait, comme témoi- » gne le prophète (Ps. 132. 2.), de la tête d'Araon jusqu’à » sa barbe, et jusqu’au bord de sa robe. » Car ce divin Chef, « a été oint de l'huile de la joie, par-dessus tous les » hommes (Ps. 44. 8.): et nous avons tous participé à sa » plénitude (Joan. 1. 16.). » $

Par le baume, qu est un patfum d’une odeur très-douce et très-agréable, nous apprenons que les fidèles sont en état, par la force que le sacrement de confirmation leur donne, de faire ressentir l'odeur de toutes les vertus chrétiennes, afin qu'ils puissent dire avec saint Paul (II Cor. 2. 15.) : « Nous sommes la bonne odeur de Jésus-Christ » devant Dieu. » De plus, comme c’est le propre du baume de préserver les corps de la corruption, de même la grâce que l'âme reçoit dans la confirmation, la préserve de la corruption des péchés et des vices.

Quelle est la forme de ce sacrement.

C'est le sentiment de l'Eglise, que la forme de la confirmation est dans ces paroles que le ministre dit en même temps qu'il applique le saint chrême : Je te marque du signe de la croix; et je te confirme du chrême du salut, au nom du Père, du Fils, et du Saint-Esprit; parce que ces paroles expliquent parfaitement la nature et la substance de la confirmation. Ce sacrement contient quatre choses : la première est la marque que reçoit celui qui entre dans les combats de la milice chrétienne ; ce qui est - exprimé par ces paroles : Je te marque du signe de la croix. La seconde est la force qui est donnée à celui qui s'expose aux combats; ce qui est signifié par ces termes :

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Et je te confirme; c'est-à-dire, je te fortifie du chrême du salut. La troisième est la puissance et l’autorité de Dieu qui agit comme cause principale dans le sacrement ; ce qui est marqué par ces mots : Au nom du Père, du Fils, et du Saint-Esprit. La quatrième est le ministre du sacrement, qui est celui qui parle, et qui dit : Je te marque; je te confirme.

Quel est le ministre de la confirmation.

Ce fut toujours le sentiment de l'Eglise, des saints Pères et des docteurs, que l’évêque seul est le ministre ordinaire du sacrement de confirmation : car nous lisons aux actes des Apôtres (8. 14.), que « la ville de Samarie ayant reçu » la prédication de l'Evangile, saint Pierre et saint Jean » y furent envoyés pour prier pour eux, afin qu'ils reçus- » sent le Saint-Esprit; parce que nul ne l'avait encore » reçu, mais ils étaient seulement baptisés. » Nous apprenons de ce passage que c'était un des diacres qui les avait baptisés ; mais ce ministre n'ayant pas le pouvoir de leur donner la confirmation, il fut nécessaire que deux Apôtres y allassent pour leur administrer ce sacrement.

Du parrain et quels sont ses devoirs.

Celui qui reçoit la confirmation doit encore avoir un parrain, comme il en a eu au baptême, lequel contracte les mêmes affinités spirituelles et les mêmes empêchements que nous avons marqués. L'office du parrain est de répondre que celui qui reçoit le sacrement, fera son devoir dans les combats de la milice pour laquelle l’Eglise lui donne des armes.

Ainsi, il doit le consoler et le fortifier de ses avis dans les tentations, dans les afflictions, dans les persécutions, et dans les autres occasions où il doit combattre ou souffrir

pour la gloire de Dieu, pour le service de l'Eglise, et pour son propre salut. C’est pourquoi s’il le voit vaciller, il doit l'affermir ; s’il tombe, il doit faire son possible pour le relever ; s'il se débauche, il doit travailler à le remettre dans la droite voie.

Des dispositions qu'on doit avoir pour le pitdie de confirmation.

Il y a deux sortes de personnes qui peuvent recevoir le sacrement de confirmation, savoir, des enfants et des adultes; car, encore que ce sacrement ne soit pas absolument nécessaire au salut, celui-là néanmoins offenserait Dieu, qui ne le recevrait pas par négligence ou par mépris.

Les enfants le peuvent recevoir même après le baptême, et comme ils n’ont pas encore l'usage de la raison, ils ne sont obligés à aucune disposition. Et quoiqu'ils reçoivent ce sacrement dans leur enfance, il ne laisse pas d'avoir son effet dans un âge plus avancé, et dans le temps de la nécessité.

Il est néanmoins plus convenable d'attendre que la raison soit éclairée, afin que celui qui le reçoit en ait plus do sentiment, et que les dispositions personnelles qu'il y apporte, lui attirent la grâce du sacrement avec plus d'abondance. La première disposition, qui est absolument nécessaire dans un âge adulte, est qu'il faut être en grâce; ainsi, il faut confesser les péchés dont la conscience est chargée, et en faire une sincère et véritable pénitence. L'on y peut tu la pratique des bonnes œuvres, comme du jeûne, . lsumône, de la prière. En un mot, on ne peut trop se x:cparer à recevoir les grâces et les effets d’un si saint et ai «dmirable sacrement.

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Des effets de la confirmation.

Le premier effet de ce sacrement, est de perfectionner la vie spirituelle que l'on a reçue au baptême.

Par le baptême, nous sommes nés à la vie de la grâce, et avons été faits comme des enfants tendres et délicats : mais par le chrême sacré qui nous a été appliqué dans la confirmation, nous avons reçu une force qui nous rend capables de résister au monde, au diable, à la chair, aux tyrans, et à tous les autres ennemis de notre salut. Nous tirons la preuve de cette vérité de l'Ecriture Sainte, qui nous apprend qu'avant que les Apôtres eussent reçu la confirmation, il n'y avait rien de plus faible. Tous prirent lâchement la fuite lorsque leur Maître fut pris (Matth. 26. 56.); saint Pierre même qui avait paru le plus fidèle et le plus fervent, le renia trois fois en peu de temps (Matth. 26. 69.). Après la résurrection, quoique que ce grand miracle eût dû leur donner du cœur, ils demeuraient cachés par la crainte qu'ils avaient des Juifs (Joan. 20. 19.). Mais après qu'ils furent confirmés, qui fut le jour auquel on a coutume de donner ce sacrement aux fidèles, ils reçurent une telle force, qu’ils se présentèrent comme des lions, non-seulement devant les Juifs (Act. 2. 14.), mais encore devant les juges et devant les rois de la terre, n'estimant pas qu'il leur pût arriver un plus grand bon:heur, que de souffrir et de mourir pour la confession du nom de Jésus-Christ (Act. 5. 41.).

Un autre effet de ce sacrement, est qu’il imprime dans l'âme un caractère qui ne se peut effacer, non plus que celui du baptême. Mais il y a cette différence entre ces deux caractères, que par celui du baptôme nous sommes faits chrétiens; c'est-à-dire, que nous entrons dans l'Eglise et dans la maison de Jésus-Christ; et par celui de la confirmation, nous sommes faits ses soldats et entrons dans

sa milice. C'est pourquoi, ceux qui seront si lâches que de : se laisser vaincre, auront dans l'enfer une extrême honte et confusion, lorsqu'ils verront en eux ce caractère qui leur donnait la force pour surmonter leurs ennemis, et qu'ils penseront qu'au lieu de combattre pour Jésus-Christ, ils se seront honteusement révoltés contre lui.

Eaplication succincte des cérémonies de la confirmation.

Lorsque l'évêque donne le sacrement de confirmation, il imprime avec le saint chrême le signe de la croix sur le front de celui qui le reçoit. 1. Il lui applique l'onction, comme l'on a coutume d'oindre les athlètes quand ils vont à la lutte et au combat. 2. Il lui applique le signe de la croix, afin que ses ennemis voyant l'instrument qui les a vaincus, ils le craignent et prennent la fuite. 8. Il applique cette onction au front qui est le lieu du corps le plus haut et le plus visible, où est le siége de la honte et de la pudeur, pour lui apprendre qu'il ne doit point avoir de honte de confesser un Dieu crucifié, ni de se soumettre aux pratiques de l'humilité chrétienne.

La seconde cérémonie est que l'évêque frappe à la j joue celui à qui il donne ce sacrement, pour lui apprendre que comme soldat de Jésus-Christ, et étant fortifié par l'onction intérieure et extérieure qu'il reçoit, il doit être disposé à tout entreprendre et à tout souffrir pour la gloire de son nom. |

‘Enfin l’évêque lui donne la paix, pour lui faire entendre que c'est dans la plénitude de la grâce qu'il reçoit, et dans les victoires qu'il remportera sur ses ennemis, qu'il trouvera la véritable paix; cette paix, dis-je, que le monde ne peut donner et qui surpasse tout sentiment, comme parle

saint Paul.

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