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les défunts. Et enfin, après beaucoup de cérémonies et de prières par lesquelles ils sont établis les interprètes et les médisteurs de Dieu et des hommes, il leur fait l'imposition des mains pour leur donner la puissance admirable de remettre les péchés, en disant ces paroles : Recevez le Saint-Esprit ; les péchés seront remis à ceux à qui vous les aurez remis, et ils seront retenus à ceux à qui vous les aurez retenus.
Mais il faut remarquer, que, encore qu'il n’y ait qu'un seul ordre du sacerdoce, comme il n’y a qu'un seul ordre de diacre et de sous-diacre, cet ordre néanmoins a plusieurs degrés. Le premier est des simples prêtres, qui sont ceux dont nous venons de décrire les offices. Le second est des évêques, qui ont les prêtres au dessous d'eux. Le troisième est des archevêques, qui sont aussi appelés métropolitains, parce qu'ils président à plusieurs évêques suffragants. Le quatrième est des patriarches, qui sont les premiers et les princes des Pères, car c'est ce que signifie le mot de patriarche. Au-dessus de tous est le Souverain- Pontife, l'évêque de Rome, Vicaire de Jésus-Christ en terre, Chef visible de l'Eglise, successeur de saint Pierre, père et pasteur de tous les fidèles.
Que l'ordre est un sacrement de la nouvelle loi.
- Il faut inférer de tout ce que nous venons dire, que l'ordre est un véritable sacrement de la nouvelle loi. L'on y remarque la matière dans les choses que l'évêque, qui e” est seul le véritable ministre, fait toucher à ceux qu'il ordonne; et la forme dans les paroles qu'il profère. Et la chose sacrée qui est signifiée par ces signes extérieurs, est la grâce intérieufe, et la puissance qui est donnée d'exercer quelque fonction sainte dans l'Eglise, particulièrement à l'égard du sacrifice où tous les ordres ont du
rapport, et où ils concourent chacun à sa manière. CAT, M. INC. 29
Des effets du sacrement de l'ordre.
Encore que ce sacrement soit institué pour l'utilité et pour l'ornement de l'Eglise, et afin d'honorer Dieu en lui offrant le sacrifice, il ne laisse pas d'être encore utile à ceux qui le reçoivent, par les admirables effets qu'il produit en eux. Le premier, est une grâce intérieure qui les rend prompts et agiles au service de Dieu, et particulièrement dans le ministère de leur ordre.
Le second, est la puissance qu'ils reçoivent de concourir au sacrifice du corps et du sang de Jésus-Christ. Cette puissance ‘est pleine et entière dans les prêtres; et dans les autres elle est plus ou moins étendue, selon qu'ils approchent plus ou moins du sacerdoce.
Cette puissance est aussi appelée caractère intérieur et spirituel, qui est une marque d'honneur imprimée dans l'âme, qui distingue les ministres de l'autel des autres fidèles, de quelque qualité qu'ils soient selon le monde. Ce caractère ne se peut effacer non plus que ceux du baptême et de la confirmation; d'où vient-que l'ordre non plus que ces deux sacrements ne se peut réitérer.
Nous apprenons de là l'estime que nous devons faire des prêtres de la nouvelle loi, et l'honneur que nous leur devons porter, puisqu'en les considérant d’une vue spirituelle, il n’y a point de puissance sur la terre qui les égale. Dans l’ancienne loi, les prêtres étaient appelés anges, ils étaient appelés princes, ils étaient appelés dieux, et néanmoins ils n'étaient que les ombres et les figures des prêtres de la nouvelle, comme leurs sacrifices n'étaient que les ombres et les figures du nôtre.
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Du double sacerdoce.
L'Ecriture fait mention de deux sacerdoces, dont l’un est extérieur et l’autre intérieur. L’extérieur est celui qui donne le pouvoir à quelques personnes sacrées par l'évêque de la manière que nous avons dit, d'offrir à Dieu le sacrifice du corps et du sang de son Fils. L'honneur de ce sacerdoce, ainsi que nous voyons, est accordé à peu de personnes.
Le sacerdoce intérieur est plus commun et il appartient à tous les fidèles, particulièrement aux justes qui, par le moyen de la grâce, sont faits les membres vivants de Jésus-Christ, grand Prêtre et Souverain-Pontife.
Ils sont en effet appelés prêtres dans l’Apocalypse (1. 5.) où l’Apôtre dit : « Jésus-Christ nous a lavés de nos péchés » dans son.sang et nous a faits le royaume et les prêtres » de Dieu son Père. » Et en effet, les justes embrasés du feu de la charité, peuvent offrir à Dieu sur l'autel de leur cœur de très-pures et très-agréables victimes, savoir, des bonnes œuvres et tout ce qui se peut faire pour la gloire de Dieu.
Ils ont même cet honneur, qu'étant les membres vivants de Jésus-Christ, ils sont comme lui tout ensemble le temple, l'autel, les prêtres et la victime. Cette doctrine est des saints Apôtres qui nous disent ([. Pet. 2. 5.) : « Entrez » vous-mêmes dans la structure de l'édifice comme étant » des pierres vivantes, pour composer une maison spiri- # tuelle et un ordre de saints prêtres, afin d'offrir à Dieu » des sacrifices spirituels qui lui soient agréables par » Jésus-Christ. » Saint Pierre nous apprend par ces paroles, que les justes sont tout ensemble les temples et les prêtres de Dieu. A quoi s'accorde ce que dit saint Paul (L. Cor. 3. 16.) : « Ne savez-vous pas que vous êtes le » temple de Dieu, et que l’esprit de Dieu habite en vous?
»* Si quelqu'un profane le temple de Dieu, Dieu le perdra : » car le temple de Dieu est saint, et ce temple c'est vous- » mêmes. » L’Apôtre dit encore dans la même épitre (6. 49.) : « Ne savez-vous pas que votre corps est le temple » du Saint-Esprit qui réside en vous, et qui vous a été » donné de Dieu, et que vous n'êtes plus à vous-mêmes? » Le même saint Paul ne se contente pas de dire que les justes sont les témples de Dieu, il dit encore qu'ils sont les victimes qui Goivent être immolées, et les prêtres qui les doivent immoler : « Je vous conjure, mes frères, » d'offrir à Dieu Yos corps comme une hostie vivante, » sainte et agréable à ses yeux, comme un culte raison- » nable et te (Rom. 12. 1.). » Et avant les Apôtres, le Prophète avait dit (Ps. 50. 19.) : « L'esprit affigé est » un sacrifice agréable à Dieu : vous ne mépriserez point, » Seigneur, lé cœur contrit et humilié. » Voilà jusqu'où s'étend l'honneur et le pouvoir des âmes justes.
De la double puissance ecclésiastique.
Il y a une double puissance dans l'Eglise; l'une de l'ordre, l’autre de la juridiction. La puissance de l'ordre est celle dont nous avons parlé, qui est pour la consécration du corps de Jésus-Christ dans la sainte eucharistie ; et la puissance de la juridiction, est pour la direction du corps mystique|, idu même Jésus-Christ, qui est l'Eglise. Elle consiste à Rouverner les âmes, à les diriger dans les voies de Dieu, à lègconsoler dans leurs peines intérieures, à les fortifier dans! leurs tentations, à les relever de leurs chutes, et en un mot, à les conduire à la vie éternelle.
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