EXPLICATION DU QUATRIÈME ARTICLE
Qui a souffert sous Ponce Pilate, a été crucifié, est mort, et a été enseveli.
Da
Quand saint Paul déclare (I Cor. 2. 2.) « qu'il n'a du Fi
» point d'autre science que celle de Jésus, et de Jésus avant » crucifié », il nous enseigne combien la connaissance de » pou! la passion de Jésus-Christ est nécessaire aux chrétiens, » dont et avec combien de soin ils doivent en conservér la »det mémoire. » et y » Ont |
Qui a souffert sous Ponce Pilate. » pés «
» et nc
La foi donc nous propose et nous oblige de croire que »le re Jésus-Christ Notre-Seigneur, après avoir été fait prison- » de m nier, fut moqué et outragé en diverses manières, savoir » SON €
par des injures atroces et par des tourments très-cruels, » puis
e Seizendré )
rils de Lomme e cetto », Mais divin nd ila Verbe
lorsque Ponce Pilate était gouverneur de la Judée, pour l'empereur romain.
Et il ne faut pas s'imaginer que l'âme de ce divin Sauveur fut insensible à ces peines dans la partie inférieure : car il dit lui-même (Matth. 26. 38.) : « Mon âme est triste » jusqu'à la mort » Il est vrai que son âme et son corps étaient unis à la personne divine, qui était impassible, mais il ne faut pas croire que cette union empêchât qu'il ressentit moins les douleurs de sa Passion. La nature divine et la nature humaine unies dans sa personne con-. servèrent toujours leurs propriétés; en sorte que ce qui était impassible et immortel, demeura impassible et immortel, et ce qui était passible et mortel, demeura sujet aux souffrances et à la mort. Ce qu'il faut donc croire en cet. article est que Jésus-Christ comme Dieu n'a point souffert et qu’il n'est point mort, parce que Dieu est impassible et immortel; mais que comme homme il a souffert et qu'il est mort, parce que tout homme est passible et mortel.
Qui a été crucifié.
David avait prophétisé les travaux et les délaissements du Fils de Dieu en le faisant parler lui-même longtemps avant qu'ils arrivassent (Ps. 21.). « Mon Dieu, mon Dieu, ” pourquoi m'avez-vous abandonné? la voix des péchés » dont j je me suis chargé fait que le salut est fort éloigné » de moi. Nos pères ont espéré en vous; ils ont espéré, »et vous les avez délivrés. Ils ont crié vers vous, et ils » ont été sauvés : ils ont espéré, et ils n’ont pas été trom- » pés dans leur attente : mais moi, je suis un ver de terre, » et non pas un homme, je suis l'opprobre des hommes, et » le rebut du peuple. Tous ceux qui me voient se moquent » de moi : ils raillent et secouent la tête en disant : Il a mis » son espérance au Seigneur, que le Seigneur le délivre, » puisqu'il a tant de confiance en lui. Ils m'ont environné
»* comme de jeunes taureaux : et comme des taureaux forts » et robustes ils m'ont affligé. Ils ont ouvert leur bouche » contre moi comme un lion rugissant et disposé à la proie. » Je me suis écoulé comme de l’eau, et tous mes os ont été » dispersés, mon cœur s’est fondu comme de la cire au » milieu de mes entrailles, ma vigueur est devenue sèche » comme de l'argile : ma langue s'est attachée à mon » palais : et vous m'avez réduit à la poussière de la mort : * parce que j'ai été environné d’une troupe de chiens, et
»affligé d'une multitude de méchants: ils ont percé mes
» mains et mes pieds : ils ont compté tous mes os, ils ont » pris plaisir à me voir en cet état : ils ont partagé mes » habits entre eux, et ils ont jeté ma robe au sort. Délivrez » ma vie de cette sanglante mort, et mon âme désolée de » la puissance de ces chiens. » ;
Et le même prophète dit ailleurs (Ps. 68. 22.): « Ils »* m'ont donné du fiel en forme de viande, et dans ma soif » ils m'ont fait boire du vinaigre. » Et encore (Ps. 198.
© 8.): « Les pécheurs ont charpenté (une croix) sur mon » dos : ils y ont fait des sillons en prolongeant leur
» iniquité. »
Le prophète Isaïe (ch. 53.), a pareillement prédit la passion de Notre-Seigneur avec ses circonstances, mais
d'une manière si claire, qu'il semble qu'il les ait vues
accomplies avant que de les écrire : « Qui croira ce qu'il » nous entendra dire? Il est sorti comme un rejeton et * comme une racine d'une terre sèche, il n'avait ni figure, » ni beauté. Nous l'avons vu méprisé et traité comme le
‘ n dernier des hommes; un homme de douleur, et qui était
» dans l'expérience de la souffrance, son visage était caché » et méprisé, en sorte que l’on n'en a point fait a état ; il » à vraiment porté les peines et les douleurs que nous » devions souffrir, il a été estimé comme un lépreux, » frappé et humilié de Dieu, il a reçu les plaies qui étaient » dues à nos iniquités, et il a été comme écrasé sous le
forts >uche proie.
nt été re au sèche , mon mort :
ns, et 28 mes ils ont ré mes élivrez olée de
. « Ils ma soif 8. 198.
r mon
at leur
édit la s, mais t vues e qu'il ton et figure, mme le i était caché état ; il o nous preux, étaient ous le
» poids de nos crimes, la correction qui nous devait don- » ner la paix est tombée sur lui, et ses blessures ‘ont été le remède qui nous a guéris; nous étions tous dans » l'égarement comme des brebis, et chacun allait de son » côté selon son gré : et le Seigneur l’a chargé de toutes » nos iniquités. Au reste, il s’est offert à tout cela parce » qu'il l’a voulu et qu’il n’y a apporté aucune résistance. » Il a été comme une brebis que l’on mène à la boucherie, » et comme un agneau qui se laisse tondre sans se plain- » dre. Il a été enlevé de ce monde par les douleurs qu'il a * souffertes, et par le jugement que l’on a porté contre lui. » Mais qui pourra raconter la gloire de sa résurrectionf » parce qu'il a été retranché de la terre des vivants; et » que je l'ai frappé, dit le Seigneur, pour les crimes de » mon peuple. Dieu l'a voulu ainsi abattre par les souf- » frances : mais parce qu'il a donné sa vie pour les péchés » du monde il verra une longue postérité, et la volonté » de Dieu sera accomplie par son moyen. Ce juste mon » serviteur en justifiera plusieurs, et il portera leurs ini- » quités. Je lui donnerai une grande suite, et lui sou- » mettrai les plus puissants; parce qu'il s'est offert à la
:» mort; qu'il a été traité comme les scélérats ; qu'il s'est
” chargé des péchés de plusieurs; et qu'il a prié pour ceux » qui avaient violé la loi de Dicu. »
J'ajouterai encore les paroles des ennemis de Notre- Seigneur comme elles sont rapportées dans la Sagesse (ch. 2. 42.) : « Venez, tâchons de surprendre cet homme » juste, parce qu'il ne nous sert de rien; mais plutôt il »* nous est contraire en tout ce que nous faisons. Il nous » reproche les péchés que nous faisons contre la loi, et il » nous diffame en nous rapportant nos façons d'agir. Il nous * assure qu'il a la science de Dieu, et il se dit même son » Fils, il semble n'être fait que pour traverser nos desseins. » Il nous est insupportable seulement à le voir, parce que »* sa vie est tout opposée à celles des autres, et ses voies
om
» toutes différentes. Voyons si ce qu'il dit est véritable ; car » s'il est Fils de Dieu, Dieu le prendra en sa protection ; » et il le délivrera de nos mains. Interrogeons-le avec des » paroles injurieuses, et joignons-y les tourments, con- » damnons-le à la mort la plus infâme. »
Isaie dit de rechef (50. 6.) : « J'ai présenté mon corps » à ceux qui le frappaient, et mes joues à ceux qui en arra- » chaïient la barbe, je n'ai point détourné ma face de ceux » qui m'injuriaient, et qui crachaient contre moi. »
De tous ces passages et de beaucoup d'autres que je pourrais rapporter, il est évident que la passion et la mort de Notre-Seigneur ne sont point de l'ordre commun comme sont les souffrances et la mort de tous les hommes; mais qu'elles ont été préordonnées de toute éternité comme les moyens dont Dieu voulait se servir pour racheter les hommes, et que les patriarches et les prophètes attendaient avec ardeur les voyant en esprit avant qu'elles arrivassent.
C'est pourquoi aussi Notre-Seigueur voyant que le temps était venu, auquel son Père voulait que son dessein étérnel fût accompli, il s’est offert de lui-même aux souffrances et à la mort, comme témoigne le prophète Isaïe dans le passage que je viens de rapporter : I! s'est offert parce qu'il l'a voulu. Et pour preuve de cette vérité, notre même Sauveur voulant se produire, et aller au-devant de la mort parce que son temps était venu, il la prédit lui-même avec ses principales circonstances (Luc. 18. 31.) : « Voilà, dit-il » à ses apôtres, que nous montons en Jérusalem, où tout » ce qui a été écrit du Fils de l'homme par les prophètes » sera accompli: car il sera livré aux Gentils; et il sera » mouué, fouetté, conspué, et après qu’ils l’auront fouetté, » ils le feront mourir : et il ressuscitera trois jours après. »
le ; car ection ; vec des 8, con-
n Corps nn arrale ceux »
que je la mort | comme 8; Mais nme les es homent avec ent.
la mort me avec là, dit-il
où tout
CONTINUATION DU MÊME ARTICLE
Qui «a été crucifié.
Notre-Seigneur voulant mourir pour notre salut, pouvait choisir le genre de mort qu'il eût voulu : mais il choisit celui de la croix, qui était le plus infâme et le plus honteux de tous; il était estimé tel non-seulement parmi les Gentils, mais encore parmi les Juifs ; et un homme était censé frappé de la dernière malédiction dont il était capable en ce monde, lorsqu'il était condamné à ce supplice, comme témoigne saint Paul (Galat. 3. 18.) : « Jésus-Christ nous a » rachetés de la malédiction de la loi, s'étant fait pour nous » la malédiction même, car il est écrit (Deut. 21. 23.) : » Maudit celui qui est attaché au bois de la croi. » C'est pourquoi les Gentils estimaient une folie, que l'on voulut faire passer pour un Dieu qui doit être dans le souverain degré de l'honneur et de la gloire, un crucifié qui par son supplice était dans la dernière infamie. Mais, comme dit le même apôtre (I. Cor. 1. 18.), « la prédication de la » croix est une folie à ceux qui sont destinés à la per- » dition : mais à nous qui sommes destinés au salut, c'est » notre force et notre vertu ; car il est écrit (Isaïe. 29. 14.) : » Je perdrai la sagesse des sages, et je réprouverai la » prudence des prudents. Ce qui passe pour folie en Dieu, » est plus sage que la sagesse même de tous les hommes. »
Non-seulement Notre-Seigneur a choisi ce supplice comme le plus infâme et le plus humiliant, mais encore parce qu'il était le plus propre et le plus convenable à notre salut : Car le serpent ayant perdu l'homme dans un
CAT. M, INC. 4
arbre, notre Réparateur l'a voulu sauver dans un autre arbre, savoir dans l'arbre de la croix.
Ce genre de mort était même nécessaire pour accomplir les prophéties et les figures de l’ancienne loi. Le prophète Jérémie lui fait dire ces paroles (11. 18.) : « Vous m'avez » fait voir, Ô mon Dieu, les desseins que mes ennemis ont » sur moi, je suis comme un agneau doux et innocent que » l'on porte pour être immolé. Ils ont dit : Préparons-lui » une croix pour le faire mourir; Ôôtons-le de ce monde » comme un homme de néant, afin qu'on ne pense plus à n lui, »
Le bûcher sur lesuel Isaac devait être consumé (Gen. 22. 9.) était la figurs de celui de la croix où Notre-Seigneur acheva son sacrifice. Le serpent d'airain que Moïse éleva dans le désert (Num. 21. 8.), était encore l’image de l'élévation de Notre-Seigneur sur la croix, ainsi qu'il le dit lui-même (Joan. 3. 14.) : « Comme Moïse a élevé le ser- » pent dans le désert, de même il faut que le Fils de » l'homme soit élevé. » La figure exprimait fort bien la, chose figurée : car comme le serpent fut ainsi élevé pour guérir les maladies corporelles de ceux qui le regarderaient, ainsi Notre-Seigneur fut attaché à la croix pour guérir les péchés, qui sont les maladies de l'âme. Enfin le prophète David dit (Ps. 95. 40.) : « Que Notre-Seigneur » a commencé à régner quand il a été attaché au bois de n la croix. » Et ce divin Sauveur le dit lui-même (Joan. 49. 82.) : « Quand je serai élevé de terre, j'attirerai tout » le monde à moi. »
Qui est mort.
Il ne suffit pas de croire que Jésus a été crucifié, la foi nous oblige encore de croire qu'il est mort, pour ne point tomber dans l'erreur de ceux qui ont pensé que c'est Simon le Cyrénéen qui a été crucifié, et non pas lui, et qui ont
autre
ymplir ophète m'avez is ont nt que ns-lui monde plus à
(Gen.
e-Sei- Moïse age de | le dit e serils de ien la pour rarde-
pour afin le gneur
ois de
oan.
tout
cru pareillement qu'il n’est pas mort. Mais les Evangélistes (Matth. 27. 50., Luc. 23. 46., Joan. 19. 30.) disent clairement qu'il a expiré en croix, “qu'il a rendu l'esprit, qu'il a remis son âme entre les mains de son Père. Tout cela veut dire qu'il est mort, car un homme meurt véritablement quand il rend l'esprit, et que son âme se sépare de son corps. S'il n'était pas mort, il faudrait pareillement dire qu'il n'est pas ressuscité, et que sa résurrection n'est qu'imaginaire et fantastique, parce que la résurrection est une réunion de l'âme au corps, et l’on ne pourrait.dire que l'âme serait réunie au corps, d'où elle n'aurait pas été séparée. Tout cela serait d'une pernicieuse conséquence pour la religion chrétienne, et ce serait en renverser les fondements.
Il faut donc croire que « Jésus-Christ est mort, comme » dit saint Paul (Hæbr. 2. 14.), afin de détruire par sa mort » celui qui avait l'empire de la mort, savoir le diable; et » par ce moyen délivrer de la crainte de la mort ceux » qui lui étaient sujets. » Notre-Seigneur le dit bien clairement en parlant à la mort même par la bouche d’un prophète (Ozée. 18. 44.) : « O mort, je serai ta mort. »
Quand l'on entend dire que Jésus-Christ est mort, et que son âme a été séparée de son corps, il ne faut pas s'imaginer qu'il ait cessé d'être Dieu, et que la divinité qui durant sa vie avait été unie à son âme et à son corps, ait quitté l’un ou l’autre ou tous les deux après que la mort les a séparés. Elle a été toujours unie au corps dans le sépulcre, et à l'âme dans les enfers durant même leur séparation C'est la doctrine de l'Eglise et des saints Pères, et tout chrétien est obligé de la croire.
Ce qui est singulier dans la mort du Sauveur est, comme j'ai déjà touché, qu'il s'y est offert de lui-même, et parce qu'il l’a voulu. Il avait dit avant qu'elle arrivât (Joan. 40. 17.) : « Je donne mon âme, et je la reprends : nul ne me » l'a ravie par force, mais je la donne de moi-même : j'ai le
» pouvoir de la laisser, et j'ai.le pouvoir de la reprendre. » Pour marque de cette vérité, ses ennemis le cherchant pour le faire mourir, il passait au milieu d'eux sans qu'aucun lui touchât, parce que son heure n'était pas venue ; mais le temps ordonné par son Père étant arrivé, il alla au devant d'eux et leur dit : C’est moi que vous cherchez (Joan. 48. 5.). Et encore pour montrer qu'il eût bien pu sortir de leurs mains s’il eût voulu, à ces paroles, ils tombèrent tous à la renverse. es
Le Fils de Dieu ayant donc souffert la mort de la croix par la seule inclination de sa volonté, et par le pur désir de notre salut, pouvons-nous avoir un plus puissant motif de reconnaissance, d'amour, de dévotion, de service, aux dépens même de notre vie, de notre honneur, de nos commodités, et de tout ce qui nous appartient ?
Qui a été enseveli.
Voici encore un point de cet article que tout chrétien doit croire, savoir que Jésus-Christ ayant été détaché de la croix fut enseveli et enfermé dans le sépulcre. Sur quoi il faut croire que si Jésus-Christ comme Dieu n’a pu souffrir ni mourir, il n’a pu non plus comme Dieu être enseveli ni enfermé dans le sépulcre.
Secondement, qu'il est pourtant vrai de dire que comme Dieu est mort, il a aussi été enseveli ; d'autant que par cette façon de parler nous confessons que Dieu n’a jamais été séparé de l’homme en Jésus-Christ, et par conséquent que Dieu a véritablement été enseveli avec l’homme, encore qu'il n'ait pas été enseveli comme eu.
En troisième lieu, il faut croire que le corps de Jésus- Christ dans le sépulcre ne fut point sujet à la pourriture ni à la corruption, ainsi que David l'avait prophétisé (Ps. 15. 140.), disant : « Vous ne permettrez pas, Seigneur, que
» votre saint, que votre Christ voie la corruption. » Saint
l’'am sant nous tour rer n faire que n nous rable foi qu péchés » A ain l'Apôtr » VOUS » du d » trair
» AUPri » tiatio » Mais