‹ Catéchisme de persévéranceChapitre 23 sur 48 · VI. Sanctification du jour de l'an. — Il ne reste plus · texte numérisé non relu

VI. Sanctification du jour de l'an. — Il ne reste plus

tiens de ces abus : Acturus es cclcbralioncm slrcnarum sicut paganus, lusurus alca, et incbrialunis te? Quomodo aliud credis, aliiid speras, allud amas? Daiit illi strcnas, date vos clcemosynas ; avocaïUur illi caiilioiiibus luxuriarum , aNocate vos sermonibiis Scripliiraruni : currunt illi ad thcatrum, vos ad eccle- «iani ; incbriaiilur illi, vos jcjunate.... Id. in appendice : Jam vcro illud quale et (inam tiirpc est, qiiod viii iiali Uiiiicis muilehribus vcsliuiitur, et turpis- «ima dcmurn demulatioiic puelloribiis liîjiiris vliilc robiir cfT^rminanl : non crubcsccnle» liinici» muliebribus Inscrcrc militares lacertos; barbalas facici prifcrunt, ft vidcrl Ut'.m'mx volunt.

' Lib. II, (le ()f]ic. c. IiO; 11 b. de div. Offlc. Aug. Scnn, in Caland Jan,

le jour de Tan, que l'usage des étrennes. Malgré son origine païenne, il n'a rien aujourd'hui qui soit contraire à la sainteté du Christianisme; il peut môme devenir rheureuse occasion d'un rapprochement entre les membres d'une même famille, car il est propre à resserrer les liens de la charité mutuelle. C'est à nous de le sanctifier par la pureté de nos intentions.

II en est de même des souhaits de bonne année. Pour bien des gens, ce sont des paroles en l'air et de vaines formules. Pourquoi n'en ferions-nous pas une chose sainte? pourquoi n'en ferions-nous pas une prière de cœur? pourquoi ne nous souhaiterions-nous pas sincèrement les uns aux autres une année vraiment bonne, c'est-à-dire bonne devant Dieu et pour le Ciel , sanctifiée par Tamour de Dieu et du prochain? Des Ames simples le font, pourquoi ne le ferions-nous pas nousmêmes ? Plus éclairés que nous, parce qu'ils étaient plus chrétiens, nos pères s'adressaient des vœux bien plus complets que les nôtres; ils se disaient dans leur naïve charité : Je vous souhaite une bonne année accomjtafjnée de plusieurs autres et le Paradis à la fin de vos jours. Vous vous moquez peut-être de cette formule? Eh bien! dites-nous si vous en connaissez une plus diirne de rhomme et du Chrétien? Ah! plutôt, réservez vos sarcasmes pour les fades compliments, les paroles menteuses, le vain cérémonial des gens du monde au commencement du nouvel an. Si l'usage ne veut plus que la formule de nos pères soit sur nos lèvres, qu'elle soit du moins dans notre cœur. Toute autre est incomplète ou menteuse.

11 est donc louable de souhaiter la bonne année à toutes les personnes qui nous sont chères ou à qui nous devons VII. 31

des égards , mais n'oublions pas celui à qui doivent s'adresser nos premiers vœux. Oui, souhaitons la bonne année à noire Père céleste; disons-lui avec une confiance et une naïveté enfantine : Mon Dieu , je vous souhaite une bonne année, je vous souhaite une année où vous soyez connu, aimé, glorifié de tout le monde. Otfrous-lui nos étrennes : notre cœur, une sainte résolution pour Tannée. Demandons-lui les nôtres ; ses ma-» gasins sont abondamment fournis, laissons-lui le choix : sa main, dirigée par son cœur de père, nous donnera ce quil sait nous être le plus utile.

Soyons surtout bien fidèles, au touchant usage établi dans un Catéchisme de Persévérance qui ne vous est pas inconnu. Vous savez que le premier jour de Tan, la présidente elle-même fait la quête pour le petit enfant Jésus. L'argent, les oranges , les bonbons , tout est reçu et donné en étrennes à l'enfant Jésus, dans la personne d'un petit enfant pauvre choisi d'avance. Ce n'est pas ici une fiction; ranimez votre foi. Dans l'Evangile, notre Seigneur ne dit pas : Les pauvres ont eu faim ; les pauvres ont eu soif : mais il dit : Moi , oui , moi , votre Dieu, j'ai eu faim, j'ai eu soif; c'est donc bien à l'enfant Jésus identifié avec le pauvre que s'adressent vos étrennes. Oh! je vous en prie, adoptez ce touchant usage. Rien n'est plus propre à attirer les bénédictions du Ciel sur l'année qui commence, et puis il est si doux de faire un heureux, un heureux d'un pauvre enfant qui, sans vous, verrait, lui, tremblant de

froid, manquant de pain, les compagnons de son âge jouir gaiement de toutes les douceurs et de tous les

plaisirs.

Enfin, le premier jour de l'an doit nous inspirer de

graves pensées. Cette année qui finit et qui tombe comme une goutte d'eau dans Tocéan de l'éternité, y tombet-elle pour moi pure de tout péché? Qu'ai-je fait pour Dieu et pour mon âme ? Suis-je meilleur à la fin de cette année que je n'étais au commencement? De quel défaut me suis-je corrigé ? quelle vertu ai-je acquise ? S'il fallait rendre compte, quels mérites aurais-je à présenter? Et -cependant que de grâces n'ai-je pas reçues !

Un utile exercice , à la veille et au jour du nouvel an, c est de se confesser et de communier comme en viatique. Pour cela , on s'examine pendant un (juart d'heure, on récite les prières des agonisants, on se prépare à la mort; en un mot , on tache de régler les affaires de sa conscience, comme les négociants règlent à celte époque les comptes de leur commerce. Jusqu'à quand, mon Dieu, les enfants du siècle seront-ils plus prudents que les enfants de lumière?

PRIÈRE

0 mon Dieu ! qui êtes tout amour, je vous remercie d'avoir versé pour moi les premières gouttes de votm sang au jour de la circoncision; donnez-moi un grand respect et une grande confiance pour votre saint nom.

Je prends la résolution d aimerDieu par-dessus toutes choses, et mon prochain comme moi-même pour l'amour de Dieu; et, en témoignage de cet amour, je prononcerai tous les matins, à mon réveil ^ les saints ?ioms de Jésus et de Marie.

XXX' LEÇON

LE CHRISTIANISME RENDU SENSIBLE

Epiphanie. — Sagesse et utililc du culte de l'enfant Jtisus. — Objet de la fètc de l'Epiphanie. — Trois manifestations du Sauveur. — Nombre des Mages.

— Leur profession. — Étoile miraculeuse, — Prophétie de Balaam. — Antiquité de la fête de l'Epiphanie. — Obligation et manière de la célébrer.

— Imiter les Mages. — Annonce de Pàque. — Gâteau des Rois.

Six jours après la fête de la Circoncision , la pesante sonnerie des vieilles cathédrales, les cloches légères des hameaux se mettent en mouvement; le villageois reprend ses habits de fcte; l'habitant des villes se pare mieux que de coutume; les rues et les chemins qui conduisent à l'église sont remplis d'une foule nombreuse; nos autels étalent une pompe extraordinaire : voici une nouvelle fôte. Pour la troisième fois, en quinze jours, l'Eglise convoque ses enfants à l'étable de Bethléem. Ah ! c'est que les mystères d'amour se succèdent rapidement dans cet asile du Dieu nouveau-né.

I. Utilité du culte de l'enfant Jésus. — Mais pourquoi, demande l'homme du monde ignorant et léger, pourquoi remettre sans cesse sous les yeux le triste .«spectacle de cette crèche, de cette étable, de cet enfant qui pleure et qui souffre? Le culte catholique est un culte qui n'inspire que de lugubres et amères pensées. Sans cesse il entretient l'imagination de ses disciples de la vie pauvre de Jésus; c'est un culte de tristesse et d'ennui, de beaucoup inférieur à la superstition idolâtre, qui n'offrait du moins aux Païens que les riantes images du plaisir et de la volupté.

Voilà les accusations : voici nos réponses.

11 est vrai, le catholicisme nous rappelle sans cesse à la vie pauvre de Jésus ; noais qu'a donc, sage du siècle, une pareille morale pour te scandaliser si fort ? Interroge l'expérience, jette un regard sur la société, et dismoi : Mieux que tes leçons, cette morale ne conduit-elle pas lliomme au mépris des richesses et des grandeurs, au respect de Tindigence? Ton rêve favori, c'est Tégalilé entre les membres de la grande famille humaine ? Eh bien! dis-moi encore : Cette morale n'est-elle pas une exhortation plus pénétrante que tous tes discours, plus efilcaceque tes constitutions et tes chartes, à Tégalité primitive des enfants d'Adam? Mieux que tes livres, ne donne t-elle pas à l'homme la juste idée des vrais biens qu'il doit désirer et des vrais maux qu'il doit craindre? N'est-elle pas, pour les riches et les grands, le plus puissant de tous les motifs de se rapprocher du pauvre, de le regarder comme leur médiateur dans Tordre de la Religion, de ne se point prévaloir d'un rang, d'une fortune ou d'un crédit que le Fils de Dieu et les plus justes des mortels ont dédaignés?

Et pour les pauvres et les opprimés, pour ceux qui souffrent et qui pleurent, pour ceux qui , rebutés du monde, n'ont que Dieu pour témoin de leurs maux; et, lu le sais , le nombre en est grand, eh bien! pour tous ces infortunés, as-tu quelque chose de plus consolant que rétable de lEnfant-Dieu , ses pauvres langes et la nudité de sa crèche? Vouloir en ôter le culte aux malheureux, vouloir leur ravir ce berceau divin, ces langes précieux, cette pauvre crèche, est-ce là, philosophe, te montrer le bienfaiteur de Thumanité ou son plus cruel ennemi? Pendant qu'au milieu de les appartements

somptueux , de tes spectacles enchanteurs et de tes festins splendides , tu braves les rigueurs des hivers^ laisse, laisse la Religion consoler le pauvre qui manque de feu et de pain, en lui montrant un enfant, son modèle et son Dieu, qui tremble de froid et qui pleure !

Tu dis encore : Le culte païen était supérieur au nôtre, car il n'offrait que les riantes images du plaisir et de la volupté.

Je l'avoue, le culte d'un Jupiter abominable , d'une Vénus impudique, aurait plus d'attrait pour les voluptueux ; le culte de Junon plairait davantage aux vindicatifs; celui de Bacchus aux ivrognes; celui de Plutus aux avares ; et ainsi chaque passion , chaque vice aimerait à se voir déifié dans l'objet de ses désirs. Mais, dismoi, est-ce là le moyen de rendre l'homme meilleur, par conséquent plus heureux? la société plus morale, par conséquent plus tranquille et plus forte? L'homme n'est-il pas assez enclin de sa nature au mal, sans y être excité par l'exemple de ses dieux? Le Paganisme, dis-tu, était plus riant; mais est-ce donc pour nous amuser et pour nous distraire, ou pour glorifier Dieu et nous rendre meilleurs, que la Religion a été établie? Le Paganisme était plus riant au dehors, mais rendait-il l'homme intérieurement plus heureux ? Confondrais-tu les plaisirs tumultueux du monde avec les plaisirs calmes de l'esprit et du cœur? Le Paganisme, je le veux, se rassasiait des premiers, mais il ignorait les seconds : c'est le contraire du Christianisme. Il conduit rhomme au bonheur par une voie plus sure, par celle des privations ; il ne le fait pas sortir de lui-même pour loi procurer le sentiment du bonheur, ce sentiment est en nous et non point hors de nous. C'est au dedans de

l'homme que la vraie Religion a dû placer ses plus pures jouissances, et lui faire trouver les nobles délices de la vertu, le contentement de soi, la paix intime, le repos d'une bonne conscience que rien ne peut suppléer, et que ne connurent jamais ni les adorateurs des faux dieux , ni les panégyristes du mensonge'.

Laissons l'impie déraisonner; pour nous, suivons TÉglise à Bethléem : c'est aujourd'hui la fête des Rois ou de 1 Epiphanie, c'est-à-dire de la manifestation de Jésus-Christ.

II. Fête de l'Epiphanie. — Dans ce grand jour, TÉglise célèbre trois manifestations du Fils de Dieu. La première qui se fit à son baptême, lorsque le Saint-Esprit descendit visiblement sur lui sous la forme d'une colombe, et que Ton entendit une voix qui disait : Celui-ci est mou Fils bicn-aimé en qui f ai mis mes complaisances ^. La seconde, qui se fit aux noces de Cana ou Jésus-Christ opéra son premier miracle en changeant l'eau en vin , miracle par lequel il manifesta sa gloire et en conséquence duquel ses disciples crurent en lui. La troisième et la plus célèbre est celle par laquelle le divin Enfant se manifesta aux Gentils et reçut l'adoration des Mages.

La réunion de ces trois commémorations en un même jour est d'un usage fort ancien. Il paraît que l'Église, dans l'établissement de cette triple fête de l^ Epiphanie ou de la manifestation du Sauveur , a eu égard à l'opinion de quelques saints Pères, qui ont cru que les trois mystères pouvaient être arrivés en un jour '\

Cependant la pensée du Sauveur, adoré dans la crèche par les rois ou les Mages, domine tellement,

» Voyez JaufTret , Du Culte public, p. IM. -- » Vattli. m, 17. 2 Toycr Benoît XI?, Dr fcstfs Dom. c. 2. p. 17 cl 39.

qu'elle a donné son nom à la fête et qu elle se retrouve presque exclusivement dans roflice ou dans les hymnes de la solennité du G janvier. En eflét la manifestation de Jésus aux Gentils est un événement immense qui a changé la face du monde. Depuis les temps voisins du déluge, les nations, égarées dans leurs voies, courbées devant des idoles , étaient assises dans les ombres de la mort : l'histoire nous a dit et leur abjection et leurs souilVances. Un seul peuple, dépositaire de la vraie Religion , vivait heureux sous l'empire de Dieu lui-même. Toutefois la miséricorde plaida dans le ciel la cause des nations; elle la gagna, et TEnfant-Sauveur vint prendre naissance à Bethléem. En appelant autour de son berceau les étrangers et les Gentils, Dieu voulut montrer que tous les hommes, toutes les nations étaient destinées à connaître son Fils, à Taimer et à le servir.

Depuis le jour où les Mages de TOrient sont venus adorer le Fils de Marie, il n'y a plus de privilège de nations, plus de peuple de Dieu à part. Le peuple de Jésus-Christ, ça été tous les peuples; la nation choisie, c'a été toutes les nations. Ainsi la fête de l'Adoration des Mages est notre fête à nous, car nous descendons de ceux qui sont venus de loin adorer le Désiré des nations. Nos pères n'étaient pas possesseurs de la terre de Chanaan. Pour les v conduire, une étoile s'est levée dans le ciel et a marché devant eux, comme la colonne de feu avait jadis guidé les soldats de Moïse. » Nous devons reconnaissance à Dieu de ce prodige. Sans l'étoile qu'il a fait briller à leurs yeux, nous serions restés dans les ténèbres et à l'ombre de la mort. Nous devons donc, diaque année, quand le jour des Rois revient,

aller au pied de ces autels qui représentent la crèche de Bethléem, adorer Celui qui est né pour le salut de tous; et si nous n'avons ni myrrhe, ni encens , ni or à offrir , ne nous décourageons pas; souvenons-nous que les bergers ont adoré le Fils de Marie avant les Mages ou les rois. Et eux, qu'avaient-ils à lui porter en hommage, liors leur pureté et leur foi ' ?

Dans la seconde partie du Catéchisme, nous avons décrit le voyage des Mages ^ Il nous reste à donner quelques détails sur leurs personnes et sur l'étoile qui leur servit de guide : tout devient intéressant dans un pareil sujet, u L'Église, dit Fauteur de V Histoire des fêtes chrétiennes^ fait profession de ne savoir autre chose des Mages que ce qu'elle en a appris de lÊvangile; elle croit seulement qu'après être retournés en leur pays, ils eurent grand soin de conserver et de faire profiter la grâce qu'ils avaient reçue, et qu'ils sont parvenus à la gloire du ciel , après avoir annoncé Jésus- Christ à la terre , et par leur instruction , et par l'exemple de leur vie^ »

Toutefois une ancienne tradition dit qu'ils étaient au nombre de trois, et qu'ils étaient rois *. Une autre les désigne par les noms suivants : Melchior, Gaspar et Balthazar. Melchior, le premier des Mages, dit cette tradition, était un vieillard chauve, ayant une grande barl)e et de longs cheveux blancs; il portait , quand il

' Tableau poéL des fêle», p. 79. — ' Leçon ir.

3 Cum Majji rcversi fuissent, manscrunl colculcjel g'orificantc« Dciim, «ludiosius maeis quam primum, cl prxdicaruiil omnibus in gcncrc »uo el mullos erudierunt Deuique cuin posl rcAurrcciioiu-ni Domiiii Thomas apo»tolu8 iiset in provinciam illam, adjuncli sunt ci, cl baplizaii ab co , facii tunl adjulorcf praedicalionis illius. Auct. oper. imperf. homil, 2 in MatiU. ; Sandini, p 49.

♦ Caetar. Scrm. cxxxix; Léo, Serin. 1, .'i, 5. cl paMim.

S est prosterné devant Fenfant annoncé par l'étoile, une robe couleur d'hyacinthe ou de bleu céleste, un manteau jaune ou orangé , une chaussure de couleur mêlée de bleu et de blanc , et un manteau royal de différentes couleurs. Il offrit de For au Roi Jésus-Christ.

Le second Mage s'appelait Gaspar; il était jeune, sans l)arbe, vermeil, vêtu d'une robe orangée et d'un manteau rouge; sa chaussure couleur d'hyacinthe : il offrit de Tencens pour reconnaître la divinité de Jésus- Christ.

Le troisième s'appelait Balthazar; il était brun, portait une grande barbe, était vêtu d'une robe rouge, d'un manteau bariolé; sa chaussure était jaune; il offrit de la myrrhe au Sauveur pour marquer sa mortalité *. Cette tradition peut être l'objet d'une croyance pieuse, mais non d'une foi obligée.

Quant à la profession des Mages, on croit qu'ils étaient rois et qu'ils faisaient une étude particulière de Tastronomie ". Versés dans la connaissance des traditions anciennes, ils reconnurent dans l'étoile miraculeuse cette étoile prédite quinze siècles auparavant par Balaam. On sait qu'à leur entrée dans la Terre promise, sous la conduite de Josué , les Israélites furent partout triomphants. Le bruit de leurs victoires, et plus encore les miracles que Dieu avait opérés en leur laveur , dans le désert, entretenaient parmi les peuples de Ciianaan une décourageante anxiété; les Moabites surtout étaient frappés de terreur. Balac , leur roi , songea au moyen de salut, et résolut d'opposer à cette redoutable nation

» r.anaub. in Baron, et Bolland. Mail, t. i, p. 7, 8. et Benoit XIV : Très illos fuifi»« doret rccepta In Ecclesia sentenlia. Epipli. p. 22, n. 7, 8 ; Sandlnl, UW. famil. sacr., p. 30 et suiv.

" BcnoU Xiv soutient et établit l'opinion de leur royauté. Id. n. 1!.

d'autres obstacles que les impuissants efforts de ses^ armes.

Il envoya donc des députés à Balaam , fils de Béor, qui demeurait à Péthor, sur lEuphrate, en Mésopotamie, et qui passait pour un devin et un enclianteur. Celui des envoyés qui portait la parole dit , au nom du roi son maître : « Voilà un peuple sorti de TÉgApte, qui couvre toute la face de la terre et qui s'est campé près de moi. Viens donc pour maudire ce peuple, parce qu'il est plus fort que moi , afin que je tente, si je pourrai, par quelque moyen, le battre et le chasser de mes terres, car je sais que celui que tu béniras sera béni, et que celui que tu maudiras sera maudit. »

Balaam vint. Dès le lendemain de son arrivée, Balac le conduisit sur une haute montagne d'où Ton découvrait l'armée d'Israël. A cette vue, lialaam, saisi de l'esprit du Seigneur, se met à bénir le peuple sur lequel il était venu jeter sa malédiction. Commençant à prophétiser, il dit : a Voici ce que dit Balaam , fils de Béor, voici ce que dit un homme dont Tœil est fermé ; voici ce que dit celui qui entend les paroles de Dieu , qui connaît les conseils du Très-Haut, qui voit les visions du Tout-Puissant : Je le verrai, mais non maintenant; je le considérerai , mais non pas de près, l ne étoile sortira de Jacob, un rejeton sortit a d'Israël et il frappera les chefs de Moab; il sortira de Jacoh un dominateur qui perdra les restes de la cité. »

Une tradition invariable commune aux Juifs et aux Chrétiens, et qui remonte à trois mille cinq cents ans, a toujours reconnu que Balaam désignait le Messie par ces paroles : ine étoile sortira de Jacob, un rejeton s élèvera d'hracl. Les accents du Prophète avaient retenti

dans tout l'Orient. Le souvenir s'en était perpétué d'âge en âge, et quand l'étoile parut , les Mages éclairés, et par la tradition et par la grâce , se mirent en route pour venir adorer le glorieux rejeton d'Israël ' , qu'ils trouvèrent à Bethléem avec sa divine Mère, et auquel ils offrirent en présent de l'or , de l'encens et de la myrrhe. Fidèles à la coutume des Orientaux qui ne se présentaient, et qui de nos jours encore ne se présentent jamais devant les rois sans leur offrir quelque présent, les Mages déposèrent aux pieds de l'Enfant Jésus des offrandes pleines de mystères. Par lor, ils reconnaissaient sa royauté et son domaine absolu sur l'univers et le droit qu'il avait aux tributs de toutes les nations; par l'encens, sa divinité : car Tencens est l'emblème de l'adoration , du sacrifice, de l'anéantissement de la créature devant Dieu; par la myrrhe, employée dans les embaumements, son humanité sainte'^. Dans ces présents, voyons une leçon pour nous. Portons au divin

' Ktdcmplion du genre humain, p. 80; Bible de Vence, t. xx. — Si vous me demandez ce qu'était cette étoile qui guida les Mages vers le lieu où devait naître le Sauveur, je pourrais vous répondre que c'est là une de ces questions auxquelles les savants prodiguent bien inutilement leur temps et leurs peines, parce qu'ils ne peuvent jamais arriver à une solution pleinement satisfaisante. Cependant comme tout ce qui se rattache aux mystères de la sainte Enfance est digne de notre intérêt , il n'est pas inutile de vous faire connaître les diverses conjectures qu'on a formées sur l'apparition de cet astre miraculeux. Personne, que je sache, n'a avancé que ce fût une étoile fixe ou une planète , dont la place aussi bien que les révolutions dans le firmament sont bien connues. Queiques-uns ont pensé que Dieu l'avait créée pour cette circonstance: d'autres, qu'un ange, revêtu d'un corps brillant comme une étoile, marchait devant les Uages pour diriger leurs pas. Plusieurs enfin, et c'est le plus grand nombre, que ce signe céleste était un météore très-lumineux, à qui un ange avait donné la forme d'une étoile, et qui, suspendu dans la moyenne région de l'air, était dirigé par lui d orient en occident, comme autrefois la colonne de feu qui marchait dev.mt les enfants d'Israël , pour les guider à traders le désert. Rien de certain surtout cela.

' r.encd. XIV, n. 21, 22.

Enfant Tor de la charité et de Tohéissance absolue , l'encens de notre prière et de notre foi , la myrrhe de la mortification et du renoncement à nous-mêmes ; tels sont les présents qu'il demande et sans lesquels nous ne saurions lui plaire.

Les Mages furent les prémices de la gontilité ; c'est de leur arrivée à Bethléem que date cette époque nouvelle de grâces et de bénédiction où le Soleil de vérité et de justice s'est levé sur l'univers entier : époque à jamais mémorable dont l'Église a consacré le souvenir par la solennité de l'Epiphanie.

III. Antiquité de cette fête. — Cette fête remonte aux premiers âges. Vers le milieu du quatrième siècle, elle elle était déjà si solennelle, qu'au rapport d'Ammien Marccllin, l'empereur Julien n'osa se dispenser d'y paraître. Ce prince apostat étant à Vienne le jour de TÉpiphanie, se crut obligé d'assister à l'office de ce jour, dans la crainte de trahir le dessein qu'il méditait de renoncer à la religion chrétienne : c'était au commencement de Tan 301'. Il en fut de même, quelques années pins tard, de l'empereur Valens. Quoique infecté de l'Arianisme, il crut qu'il cesserait de passer pour un prince chrétien, s'il n'assistait au service divin le jour de l'Épiphanie. L'immense concours du peuple, la piété profonde de l'assemblée, la magnificence des cérémonies, la majesté de saint Basile qui célébrait l'auguste sacrifice, causa tant d'étonnement et de frayeur à ce prince hérétique, surtout quand il se vit exclu de l'oblation, qu'il fiU tombé en défaillance, s'il n'avait été soutenu par un des ministres de 1 autel *.

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