XX*^ LEÇON
LE CHRISTIANISME ÉTABLI. (4« sièclC.)
Jugement de Dieu sur Dioclétien, — sur Maximien, — sur Galère.— Conversion de Constantin. — La paix donnée à l'Eglise. — Divinité de la Religion prouvée par un simple raisonnement. — Influence du Christianisme sur le droit des gens, sur leîdroit politique, sur le droit civil. — Charité.
En racontant l'histoire des martyrs, nous avons choisi les illustres témoins de notre foi dans toutes les parties du monde : en Orient, en Occident, en Asie, en Afrique et en Europe, dans tous les âges et dans toutes les conditions. Montrer ainsi la catholicité et l'unité de notre foi, et pulvériser le reproche de fanatisme qiie l'impiété fait à nos saints martyrs, enfin apprendre à tous qu'il n'est ni pays, ni condition, ni âge, qui n'ait donné des saints au Ciel et qui ne puisse lui en donner encore : telle a été notre intention.
Le martyre, ou le témoignage du sang, voilà sans doute un impérissable monument de notre foi. La mort des persécuteurs en est un autre non moins éclatant. La mort des martyrs et la mort des tyrans sont comme une double ligne de colonnes immortelles placées sur la roule des <1gcs, où l'œil pénétrant lit cette inscription : Au roi immortel des siècles, à l'Agneau dominateur du monde. La mort des martyrs prouve sa bonté ; la mort des tyrans prouve sa justice, et l'une et l'autre
prouvent que tous les hommes, tous les rois, le voulant ou sans le vouloir, contribuent à l'établissement et à ralTermissement de son règne immortel.
Dioctétien et ses collègues avaient immolé pendant dix ans de persécution un si grand nombre de victimes, qu'ils crurent avoir anéanti le Christianisme. Enivrés de ce fol orgueil, ils firent dresser deux colonnes de marbre, qui se voient encore en Espagne, avec ces inscriptions :