J CATÉCHISME
un repos universel, et lout ce que l'homme et l'empereur désirent'. »
Soldats fidèles, citoyens paisibles et consciencieux, nos pères s'acquittaient fidèlement de tous les devoirs de la société humaine. « Quant aux contributions publiques, continue TertuUien, nous les payons exactement et sans fraude ; les impôts rendent grâce de ce qu'il y a des Chrétiens au monde, parce que les Chrétiens s'acquittent de ce devoir par principes de conscience et de piété ^. »
La charité de nos pères, qui s'étendait à tous les vivants, n'oubliait pas les morts. Pour mieux témoigner la foi de la résurrection, ils avaient grand soin des sépultures, et y faisaient une grande dépense, eu égard à leur manière de vivre. Après avoir lavé les corps, ils les embaumaient : « Nous y employons plus d'aromates, disait TertuUien, que vous autres Païens n'en perdez à enfumer vos dieux ^. » Ils les enveloppaient de linges très-fins ou d'étoffes de soie; quelquefois ils les revêtaient d'habits précieux. Ils les laissaient exposés trois jours, ayant grand soin de veiller auprès en prières*; ensuite ils les portaient au tombeau, accompagnant le corps avec quantité de cierges et de flambeaux, double symbole de la charité du défunt et de la résurrection future, et chantant des psaumes et des hymnes
« ^pol., c. 30.
* Jl^id., c. 42.
" Ibid., ib.
* Baron., aun,, 34, d. 310.
DE PERSÉVÉRANXE. 211
OÙ respirait la douce espérance *. On priait aussi pour eux ; on offrait le saint sacrifice, et l'on donnait le festin qu'on nommait agape. On faisait aussi d'autres aumônes; on renouvelait la mémoire du défunt au bout de l'an, et l'on continuait d'année en année, outre la commémoraison que l'on en faisait tous les jours au saint sacrifice ^.
Pour honorer les morts "et conserver le souvenir de leur vie, on enterrait souvent avec eux diverses choses, comme les marques de leur dignité, les instruments de leur martyre, des fioles ou des éponges pleines de leur sang, les actes de leur martyre, leur nom, des médailles, des feuilles de laurier ou de quelque autre arbre toujours vert, des croix, l'Evangile, et même la sainte Eucharistie. Ces aromates étaient en si grande quantité, et les tombeaux si bien fermés, que, plus de douze siècles après, il s'en exhalait encore un parfum très-agréable^. On observait de poser le corps sur le dos, le visage tourné vers Torient : cette position était un dernier symbole de l'espérance et comme un dernier cri d'immortalité.
PRIÈRE
0 mon Dieu! qui êtes tout amour, je vous remercie d'avoir remplacé la loi de haine qui régnait dans le Pa-
• Const. apost. 6. Prud. Uyni. exeq.
« Tertuli., Cor. mil., c. 3. Orig., ui Job, hoin. 3; et Cjp., ep, 46. Mamacbi, î. 3, p 07 et suiv. Heury, p. 2G3.
» Foy. Boldetti, Osservazioni sopra i cimiteri, fetc, lib. 1, c. ô9, p. 307.
âî2 CATÉCHISME
ganisme, par la douce loi de la charité universelle ; faites-nous la grâce d'imiter les beaux exemples que nos pères nous ont laissés.
Je prends la résolalioii d'aimer Dieu par-dessus toute chose, et mon prochain comme moi-même pour l'amour de Dieu; et, en témoignage de cet amour, je ne veux jamais dire des autres ce que je ne voudrais pas qu'on dît de moi.
PETIT CATÉCHISME
LE CHRISTIA>'ISME ÉTABLI
(Premier siècle.)
Q. Qu'opposaient nos pères h la loi de haine et de cruauté qui régnait parmi les Païens?
R. A la loi de haine et de cruauté qui régnait parmi les Païens, nos pères opposaient la loi de la charité universelle, et accomplissaient à la lettre le commandement du Sauveur : Vous aimerez votre prochain comme vous-même. D'abord les pertes et mères aimaient leurs enfanis. Au lieu de les faire périr avant ou après leur naissance, les premiers Chrétiens prenaient un soin extrême de conserver leurs enfanis ; ils les regardaient comme un dépôt précieux dont ils étaient obligés de rendre compte ; ils ne négligaient rien pour les instruire de la Religion et les former à la vertu. Leur plus grand soin était d'éloigner d'eux les compagnies et les livres dangereux ; l'Evangile était l'unique ouvrage qu'ils
DL PERSÉVÉRAaCE. 213
mettaient entre leurs mains. Ils voulaient qu'ils fussent propres dans leur habillement, mais sans aucune espèce de luxe et de vanité.
Q. Les pères et mères s'aimaient -ils les uns les autres ?
R. Les pères et mères s'aimaient les uns les autres; leur tendresse était toute surnaturelle et se manifestaitpar une aflFabilité constante, par des égards, par des soins empressés, et surtout par des prières ferventes et continuelles, lorsque l'un ou l'autre n'avait pas le bonheur d'être Chrétien. Les enfants imitaient l'exemple de leurs parents, et ils s'aimaient entre eux de l'amour le plus sincère. On les voyait prier, combattre et mourir ensemble dans les amphithéiîlres.
Q. Les premiers Chrétiens s'aimaient-ils tous les uns les autres?
R. Les premiers Chrétiens s'aimaient tous les uns les autres. Les Païens en étaient étonnés et jaloux ; ils s'écriaient : « Voyez comme ils s'aiment et comme ils sont prêts à mourir les uns pour les autres ! » Pour marque de cette tendre charité, ils se donnaient entre eux les doux noms de père, de mère, de frères, de sœurs, de fils et de fille ; ils annonçaient par là qu'ils ne formaient qu'une seule famille. Celte charité s'étendait aux Chrétiens des Eglises les plus éloignées. Ils étaient heureux quand ils pouvaient les recevoir dans leurs maisons. Les Chrétiens des différentes Eglises s'envoyaient des aumônes pour soulager leurs pauvres, et des eulogies en signes d'union.
Q. Quel était l'objet particulier de leur charité? . R. L'objet particulier de leur charité, c'étaient les ministres du Seigneur. Ceux-ci s'occupaient entièrement du salut des fidèles, et les fidèles, par leurs offrandes, fournissaient à tous leurs besoins. Ils aimaient encore d'un amour spécial les pauvres, les veuves, les orphelins, les Chrétiens condamnés aux mines pour la cause de la foi ; ils ne craignaient pas d'aller les visiter ; ils achetaient des geôliers la permission de les voir ; ils baisaient leurs chaînes ; ils se recommandaient à leurs prières et priaient pour eux. Quand nos pères n'avaient plus de quoi donner pour soulager ceux qui étaient dans le besoin, ils se vendaient eux-mêmes. On en a vu un grand nombre donner ce grand exemple de charité.
Q. Nos pères aimaient-ils tous les hommes?
R. Nos pères aimaient tous les hommes, même les Païens. Ils leur rendaient toutes sortes de bons offices ; ils les secouraient dans leurs besoins ; ils priaient môme pour leurs persécuteurs ; ils payaient fidèlement les impôts, et s'acquillaienl de tous les devoirs de bons soldats ou de citoyens consciencieux.
Q. Quelle était la charité de nos pères envers les morts ?
R. La charité de nos pères s'étendait aux morts aussi bien qu'aux vivants. Pour mieux témoigner la foi de la résurrection, ils avaient grand soin des sépultures; ils lavaient les corps, les embaumaient, les couvraient de linges très-fins ou d'étofl'es de soie ; ils priaient et faisaient l'aumône pour le repos des âmes. On plaçait
le corps sur le dos, le visage tourné vers l'orient, pour marquer l'espérance de la résurrection.
PRIÈRE
O mon Dieu! qui êtes tout amour, je vous remercie d'avoir remplacé la loi de haine qui régnait dans le Paganisme par la douce loi de la charité universelle; faites-nous la grâce d'imiter les beaux exemples que nos pères nous ont laissés.
Je prends la résolution d'aimer Dieu par - dessus toute chose, et mon prochain comme moi-même pour l'amour de Dieu ; et, en témoignage de cet amour, je ne veux jamais dire des autres ce que je ne voudrais pas qu'on du djc moi.
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