‹ Catéchisme de persévérance, ou, Exposé historique, dogmatique, moral et liturgique de la religion (volume 3)Chapitre 10 sur 46 · INTRODUCTION . H'Y · texte numérisé non relu

INTRODUCTION . H'Y

mystère de foi, d'amour et A* unités il s'ensuit que tous les moyens i\ union arec le nouvel Adam se rapportent à celui-là. Or, la sainte Eucharistie, c'est Jésus-Christ perpétuellement incarné au milieu du monde. De cette vérité sortent trois grandes conséquences : la première , que sous l'Evangile comme sous la Loi, Jésus-Christ est toujours l'alpha et l'oméga de la Religion; que tout se rapporte à lui et à notre union avec lui : que depuis l'instant de la chute originelle, il n'y eut de salut pour l'homme que dans son union av8C Jésus-Christ, sous les trois rapports possibles, par la foi, par l'amour et par la Communion : que le Juif pouvait et devait croire en Jésus-Christ à venir, qu'il pouvait et devait l'aimer, qu'il pouvait et devait communier avec lui en participant aux victimes qui le représentaient. Comme tout le culte ancien, cette Communion figurative n'était que l'ombre d'une Communion réelle, réservée à la loi de grâce. De là, encore une fois , ce beau mot de saint Ambroise : Le Juif n'avait que des ombres sans réalité, le Chrétien possède la vérité, mais

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cachée sous des Toiles , le Saint jouit de la vérité sans voiles.

La seconde conséquence est que le Protestantisme, en niant la présence réelle, fait rétrograder l'œuvre divine. Tandis qu'il reconnaît que la Religion a reçu par Jésus- Christ un développement immense dans la morale et dans le dogme , il la laisse sous le rapport de la Communion avec Dieu , dans un état inférieur au Judaïsme même. Cette seule observation démontre à priori l'erreur fondamentale de la prétendue réforme.

La troisième , c'est que l'auguste Eucharistie est dans le monde spirituel ce que le soleil est dans le monde physique. De même que tout gravite vers ce bel astre dont la lumière et la chaleur répandent partout la vie et la fécondité , de même tout gravite vers l'auguste Eucharistie. C'est par elle que la création toute^ntière qui découle incessamment du sein du Créateur, y remonte incessamment. Ouvrez les yeux et vous verrez l'accomplissement de cette loi mystérieuse.

Toutes les créatures tendent à se perfectionner, cela veut dire à passer d'une vie

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moins parfaite à une vie plus |)arlaile; mais il faut pour cela qu'elles perdent leur vie propre. Ainsi, les corps inorganiques, l'air et l'eau, par exemple, en devenant la nourriture des corps organiques, perdent leur vie propre pour prendre celle de l'être qui se les assimile ; le végétal , à son tour , est absorbé par l'animal qui lui commimiquc sa vie ; le végétal , l'animal , tous les règnes sont absorbés par l'homme qui, en se les assimilant , leur communique sa vie. Dieu enfin attire l'homme à lui, se l'assimile et lui communique sa vie divine et immortelle. Alors l'homme peut et doit dire : Ce n'est plus moi qui vis , c'est Dieu qui vit en moi. Qui n'adorerait ici, muet d'amour et d'admiration , le touchant mystère où s'accomplit cette dernière transformation qui ramène l'univers à l'unité !

6. Condition de cette triple union avec LE NOUVEL Adam. — Cette triple union de l'homme avec le nouvel Adam, commencée par la Foi, perfectionnée par la Charité, consommée par la Communion, suppose un

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moyen , une condition antérieure sans laquelle elle n'existerait pas. En effet, de lui-même l'homme est incapable de croire , d'aimer, de communier, de faire aucun acte surnaturel. Pour tout cela , il lui faut la Grâce. Cela est vrai de l'homme ayant sa chute , puisque l'état dans lequel il fut créé était surnaturel. A plus forte raison la Grâce lui est-elle nécessaire depuis l'affaiblissement et le brisement de ses forces par la chute originelle '.

Or, la Grâce, ce secours puissant, universel , accordé en vue des mérites du nouvel Adam , cette première Communion entre l'homme et Dieu; la Grâce par laquelle Dieu s'abaisse, devient présent à l'homme , et par laquelle l'homme fortifié , éclairé , remonte à son état surnaturel et en produit les actes , la Grâce s'obtient surtout par la Prière. La Prière l'attire sans cesse en nous : la Prière est donc le lien primitif de l'union permanente entre l'homme et Dieu.

De là chez tous les peuples la perpétuité

« Fracta ae debilitala. C. Trid.

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non interrompue de la Prière depuis l'origine du monde. De là , ce précepte par lequel le nouvel Adam formule la nécessité de cet acte fondamental de la Religion : // faut toujours prier et ne jamais cesser, précepte tout à la fois positif et négatif, qui oblige par conséquent semper et pro semper, suivant l'expression de la théologie catholique. Action aussi nécessaire , vérité aussi palpable que celle-ci : pour vivre, il faut toujours respirer et ne jamais cesser. Il est donc vrai, la Prière est la respiration de l'ame.

On voit que nous prenons ici la Prière dans son acception la plus générale. C'est pourquoi nous disons qu elle est l'ame et la vie du Christianisme. Aussi, pour les premiers Chrétiens, Prière et Christianisme étaient synonymes. Pour eux, un Chrétien, c'est un homme qui prie '. Chose étonnante ! cette idée si juste s'est retrouvée chez les peuplades sauvages du Nouveau-Monde. Dans leur langue, le Christianisme s'appelle non pas la Religion, mais la Prière : embrasser la Prière, être de la Prière , veut dire se faire ou être Chrétien.

' Ecce eniai orat. Jet. i\. ii.

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