‹ Catéchisme de persévérance, ou, Exposé historique, dogmatique, moral et liturgique de la religion (volume 3)Chapitre 12 sur 46 · I.MKODUCIION. CJ · texte numérisé non relu

I.MKODUCIION. CJ

ver sur la route et de lui dire : Marchez.

Comme Taigle royal qui apprend à ses petits aiglons à voler, en volant lui-même devant eux; cet Aigle divin a pris son vol vers le Ciel en présence de l'homme, afin de lui apprendre à le suivre. Par une providence maternelle, il a voulu parcourir toutes les routes diverses , se trouver dans toutes les situations, dans tous les états par où l'homme peut passer, afin de les sanctifier comme il sanctifia tous les éléments, et d'apprendre à l'homme à les sanctifier lui-même.

Sur ces traces divines il a laissé des Grâces qui éclairent et qui rendent agiles les pieds de ceux qui les suivent. Puis, après avoir fourni glorieusement sa carrière, il s'est retourné vers l'homme et lui a crié du haut de la croix : Suivez-moi Je suis la voie, ta vérité, la vie; celui qui marche à ma suite ne marche pas dans les ténèbres ; Je vous ai donné l'exemple afin que vous fassiez comme J'ai fait. Enfin il est monté au Ciel, glorieux et triomphant; et du haut de son trône éternel, il crie à l'homme , en lui tendant les bras :

Cij IXTRODUCTIOX .

Suivez mes pas, et vous viendrez où Je suis moimême.

Ainsi , modèle de rhomme pendant la vie de la terre, le nouvel Adam l'est encore pendant l'éternité. Il est notre modèle obligé : comme nous avons porté l'image de rhomme terrestre , il faut que nous portions l'image de l'homme céleste : oui , il le faut. Le Ciel sera fermé à quiconque ne sera pas la copie fidèle du nouvel Adam '.

Ne nous étonnons pas que Notre Seigneur soit le modèle de tous les âges , de tous les états et de toutes les conditions : le Christ , c'est l'homme. Tel est le point de vue sous lequel nous le présentons.

Modèle de notre vie intérieure ; c'est sur les siens que doivent se former les jugements, les aii'ections, les désirs, les pensées de tous les hommes : Qua pensé , qua aimé le nouvel Adam ? Telle est la seule et infaiUible pierre de touche de toutes les pensées et de toutes les affections humaines. Oh ! combien de philosophie dans cette seule parole !

Modèle de notre vie extérieure; et sa vie»

« Jd Rom. VIII. 29.

INTRODLCTIOX. riij

se résume en trois mots : il a bien fait toutes choses ;

Modèle des inférieurs ; et sa vie se résume en trois mots : il était soumis;

Modèle des supérieurs ; et sa vie se résume en trois mots : il a passé en faisant le bien ;

Modèle de tous ceux qui souffrent , inférieurs ou supérieurs; et sa vie se résume en trois mots : quil soit ainsi , mon Père , puisque vous l'avez trouvé bon.

Cette partie essentielle de 1^ Religion ne se trouve expliquée dans aucun Catéchisme, surtout comme il nous semble qu on doit l'expliquer. En général , on ne montre le Sauveur modèle des hommes que durant sa vie mortelle. Toutefois il en est autrement.

Dans la crainte que les générations futures n oubliassent ses exemples ou crussent faussement qu'ils ne regardaient que certains siècles ou certains lieux, le nouvel Adam s'est établi k perpétuité dans l'Eucharistie. Habitant des villes et des campagnes, habitant de tous les climats et de tous les siècles , il redit de son tabernacle, et il redira perpétuellement à toutes les générations qui

civ INTRODUCTION.

viendront en ce monde , les leçons qu'il donna dans la Judée ; il oiiVe les mêmes exemples qu'il offrit et répète les mêmes paroles : Regardez et faites suivant le modèle qui vous est montré,

O hommes ! qui que vous soyez , pesez bien cette vérité. Elle vous donnera de grandes lumières pour comprendre les admirables leçons qui sortent du Tabernacle. De cette chaire de vérité, le grand Maître venu du Ciel s'en va publiant , avec un mystérieux silence, les grandes maximes de la perfection chrétienne. Pensez-y bien; s'il est vrai que par suite de son Incarnation le nouvel Adam a porté le titre de Maître , et la qualité de Docteur de justice; s'il en a rempli la charge et les fonctions si dignement durant sa vie mortelle, il n'est pas moins véritable qu'il tient encore académie de toutes les vertus dans le sacrement de l'Eucharistie.

Si nous ne pouvons le contempler vivant parmi les hommes dans l'exercice d'une ardente charité, d'une humilité tiH^s- profonde , d'une extrême pauvreté , d'une immense libéralité , d'une infatigable pa-

IXIROULCTION. CV

ûence, sans éprouver en nous le désir de le suivre et de l'imiter : à combien plus forte raison devons-nous être touchés des mêmes sentiments, quand nous le considérons, tout glorieux qu'il est, dans la pratique des mêmes vertus , dont il nous donne des exemples si illustres dans nos saints Tabernacles' !

Sainteté dans le temps , bonheur dans l'éternité, telle est la fm de notre union avec le nouvel Adam : union délicieuse etsubUme qui , transformant l'homme en Dieu , rend au genre humain sa perfection primitive; mais union qui, pendant la durée de notre terrestre épreuve , peut encore , hélas ! être rompue. C'est ici que nous parlons, pour en inspirer de l'horreur, de ce mal affreux qui peut anéantir, à l'égard de chacun de nous , le bienfait de la Rédemption , nous , séparer pour jamais du nouvel Adam; et, • nous faisant sortir de la vie , plus coupables que nous n'y sommes entrés, fixer notre place entre le démon et ses anges. Ce mal afl'reux , ce mal unique, c'est le péché. Pour

' Entretiens sur la vie cachée <le Jésus-Christ dans l'Eucharistie, /xmic l\ Lallcmanl^ ;;. 6 et 7.

CVJ INTRODUCTIOX.

en préserver les jeunes Chrétiens, nous nous efforçons de le montrer dans ses causes, dans ses progrès et dans ses occasions.

8. Perpétlité de notre union avec le nouvel Adam. — Les quarante jours que Notre Seigneur devait rester sur la terre après sa résurrection , touchaient à leur fin. Le divin Maître avait instruit à fond ses Apôtres, des secrets du royaume de Dieu; il leur avait donné l'intelhgence des Écritures. L'admirable économie de la Rédemption humaine, la fin pour laquelle le Verbe de Dieu était venu en ce monde , avait voulu naître , vivre , mourir et ressusciter ; la nécessité de l'union de tous les hommes avec lui , par la Foi , par la Charité, par la Communion de sa chair et de son sang; la condition et le moyen indispensable de cette union, la Grâce et la Prière ; le but de cette union, dans le temps, l'imitation de sa vie ; dans l'éternité, la participation de sa gloire; la seule cause qui peut rompre cette union sainte et nous rendre le Christ inutile, le péché : tout cela était désormais connu des

iNTnoDCCTiopr. cvij

Apôtres , ils étaient en état d'en instruire l'univers.

Que reste-t-il au nouvel Adam ? Deux choses essentielles : i" pourvoir à la conservation ; 2" à la propagation de son Œuvre divine , afin que tous les hommes venant en ce monde , puissent en recueiUir les fruits. Lui-même cependant ne doit pas instruire plus long-temps en personne ; sa mission terrestre est accomplie , il va remonter à la droite de son Père. Comment fera-t-il pour perpétuer sa Rédemption et en rendre le bienfait accessible à tous les peuples j usqu'à la consommation des temps ?

Il se substitue un autre lui-mcme : il se donne un V icaire. La plénitude de la puissance qu'il a reçue de son Père , il va la lui confier ; sur lui , ii va se reposer du soin de perpétuer et d'étendre le grand ouvrage qu'il est venu commencer. Jamais homme ne sera élevé à une dignité si haute ; jamais responsabilité si formidable ne pèsera svu' un mortel. Quel sera ce lieutenant du Fils de Dieu? 0 abîme de miséricorde et de sagesse! Ce sera celui-là même qui, peu de

Cviij INTRODUCTION.

jours auparavant , reniait trois fois son maître à la voix d'une servante. Tout ce qu'il y a de plus faible pour l'œuvre la plus importante ! Un roseau pour soutenir l'univers ! Un grand pécheur pour être le docteur de la foi et le père des Chrétiens ! Pour tout dire en un mot, ce Vicaire du nouvel Adam sera l'apôtre saint Pierre,

Rien de plus sublime à la fois et de plus touchant que les circonstances de son ordination.

Lorsqu'un roi veut confier une charge importante à l'un de ses sujets, il lui demande des garanties, il exige une caution; ainsi fait Jésus-Christ. Ce divin Pasteur qui venait de verser son sang pour sauver ses brebis, était au moment de les quitter. Avant de lui remettre son précieux troupeau , il exige de saint Pierre une caution, il lui demande des garanties. Mais quelle caution peut-il obtenir d'un pauvre pêcheur sans lettres, sans autre fortune que sa barque et ses filets ? La plus grande et la plus sûre qu'un homme puisse oil'rir, l'amour; mais l'amour porté jusqu'à l'héroïsme ,J'amour prêt à s'immoler

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