‹ Catéchisme de persévérance, ou, Exposé historique, dogmatique, moral et liturgique de la religion (volume 3)Chapitre 41 sur 46 · XY^ LEÇON · texte numérisé non relu

XY^ LEÇON

OUVRAGE DES SIX JOURS

Fin du sixième pur. — Malice et pouvoir des mauvais Anges. — Bons Anges, leur nombre. —Leurs hiérarchies.— Fondions des bons Auges.

— Us louent Dieu. — Ils président au gouvernement du monde visible et invisible ; ils veillent à la garde du genre humain. — Des Empires.

— De chaque Église. — De TÉglise universelle. — De chacun de nous.

— Grandeur de l'Homme.

1° Malice et pouvoir des mauvais Anges. Jaloux du bonheur de nos premiers parents, le démon les a perdus et il ne cesse de nous tenter pour nous perdre nousmôraes. L'apôtre saint Pierre nous représente le démon comme un lion rugissant qui rôde nuit et jour autour de chacun de nous, cherchant à nous dévorer. Il osa bien pousser l'insolence jusqu'à s'approcher de notre Seigneur dans le désert, pour le tenter.

Une partie de ces Anges de ténèbres sont sur la terre ou dans l'air grossier qui l'environne, ce que Dieu permet pour l'instruction ou pour l'exercice de ses élus; mais leur peine n'en est pas moindre : partout ils portent l'enfer avec eux '. C'est le sentiment de tous les Doc-

' Diabolus ubicumquc sit, sive sub acre, sive sub terra secum fert torraenla suarum llanmiarum. — Clos, in cap. m Jacobi.

Saint Thomas dit la môme chose : Dtcmonibus duplex locus pœnalis debelur unus quidem ralionc suce culpic, et hic est infernus, alius auleni ralioneexcrcilatioDishumauacelhic est caliginosus acr.— p. i,q. G^,

OVt. IV.

DK PKKSllvÉRANCF.. 281

fours, (lil saint J<';roni(î, (jue I air qui est entre le Ciel et la terre est rempli de mauvais Anges '. Saint Augustin ne craint pas de dire que cette doctrine appartient à la foi apostolique'. Il le dit avec très-grande raison, puisqu'elle se trouve dans les Epîtresdc saint Pierre, de saint Paul, de saint Jude , et dans l'Apocalypse. Saint Paul nous déclare en propres termes que nous avons à lutter, non contre la chair et le sang, mais contre les principautés et les puissances , contre les esprits de malice, répandus dans l'air.

Ainsi, l'occupation continuelle des démons, c'est de nous tenter. Le démon, nous dit T apôtre saint Jean, est ce grand dragon , cet antique serpent qu'on appelle Satan et qui séduit 1 univers entier. La haine de ces tîsprits réprouvés contre l'homme est si grande que le tort qu'ils se font à eux-mêmes ne peut en arrêter les effets. Ils attaquent, dit saint Chrysostôme, ceux mêmes qu'ils n'ont aucune espérance de vaincre , par le seul motif de les fatiguer, de les inquiéter, de les troubler, s ils ne peuvent faire autre chose ^.

Quoique l'intention principale du démon soit toujours de perdre notre ame par le péché et de nous priver des dons de la grâce, sa haine le porte à nous faire tous les maux temporels qui sont en son pouvoir. Les excès auxquels il se porta contre Job; les vexations corporelles par

1 Hac omnium doclorum opinio csl quod acr iste qui oœliiin et Icr-^am mcdiiis dividit el inanc ;ippellatur, picnus rst contrariis forlitiidinii)i;>5. — Hier, iu c. VI, ad Ephcs.

' Lib. Il , de G en. ad lil t.

^ Ilomil. de Lazare.

lesquelles il tourmenta les possédés ' et qui sont décrites en plusieurs endroits de l'Ëvangile; les sacrifices cruels et inhumains qu'il exige de ses adorateurs, comme l'atteste l'histoire de presque toutes les nations; ses apparitions à tant de saints solitaires, sous des formes affreuses; ses menaces toujours suivies des effets, quand Dieu n'arrêtait pas sa fureur, sont autant de preuves de cette haine prédite et annoncée dès le commencement du monde'.

Les démons sont aussi en grande partie cause des maux temporels qui nous affligent. Dans tous les temps, l'Eglise a été vivement persuadée du pouvoir que Dieu a laissé aux démons sur les créatures , et de l'usage qu'ils font de ce pouvoir pour nuire aux hommes.

De là, les prières, les exorcismes, les bénédictions qu elle fait sur les créatures qui doivent servir aux sacrements et aux autres usages de la Religion. Il est certain qu'en général le pouvoir des démons, beaucoup diminué depuis l'incarnation du Fils de Dieu , est moindre parmi les Chrétiens que parmi les Idolâtres, Cette diminution de pouvoir paraît surtout en ce qui regarde les apparitions sensibles , les possessions , les vexations corporelles , beaucoup plus communes où l'idolâtrie règne encore, comme l'attestent les relations les plus dignes de foi^ La malice opiniAtre du démon, subsiste,

» Sur les possessions, voyct Histoire du peuple de Dieu, 2* partie, 1. 1, ■}), 199, cdii. de Jicsavçon.

3 Gcn., c. II.

5 royei le P. Bouchet. Lclirc cdif. Inde.

dit saint Cyprien , jusqu'à ce qu'on vienne aux cau\ salutaires du Haptt^me; mais elle perd sa force dans ce sacrement '.

Concluons (jue la puissance des démons surpasse beaucoup les forces de l'homme. Les effets extraordinaires que l'Ecriture leur attribue, ne peuvent laisser aucun doute sur cet article. Les bâtiments de Job renversés, ses troupeaux disparus, ses enfants mis à mort dans un môme jour, soit par le feu du Ciel, soit par les secousses de la terre, soit par l'impétuosité des vents ; ceux qu'il est prédit que l'Antéchrist opérera à la fin des siècles ; ce que nous lisons dans l'Evangile, des différents possédés guéris par Notre Seigneur , sont autant de preuves que la puissance des démons est bien supérieure à toutes les forces humaines. Aussi, saint Grégoire n'a pas craint de dire que quoique le démon ait perdu le bonheur dont il jouissait, il n'a pas perdu la grandeur de sa nature dont la force surpasse celle de tous les hommes " .

2" Bons Anges , km nombre , leurs hiérarchies . Quelque nombreuse que soit la multitude des démons, le nombre des bons Anges leur est bien supérieur : saint Augustin le dit expressément ^ D'ailleurs, ce que dit

' Sciât diaboli ncquiliam pertinaceni usque ad aquam salularem valerc, in Baptismo verù oranes nequltiae sua; vires amiUere. — Lib. cp. iv.

' Quamvis enim inleiiue feliciiatis beatitudineiii pcrdidit, naturx tamen suac niagniludincra non amisit, cujus adhuc viribus oinnia liumaua superat. — Li(>. 3!\, moral, c. 17.

3 Bonorum longe major numerus, in cœlcslibus siix naturcc ordincm juvaus. — Cil'. Dci lib, 2, c. 23.

l'apôtre saint Jean des prédestinés de toutes les nations, savoir que leur multitude est innombrable, peut se dire avec encore plus de raison des esprits célestes. On convient que le nombre des Anges sera beaucoup plus grand que celui des Saints.

Les théologiens remarquent, après les Pères, que les termes de milliers et de millions dont se sert l'Ecriture en parlant des Anges, ne signifient pas un nombre déterminé, mais que les auteurs sacrés ont employé ces expressions parce qu'ils n'ont pu en trouver d'autres pour marquer un plus grand nombre , qu'on peut regarder comme étant en quelque sorte infini ' .

Quelque grand que soit ce nombre, il n'y a cependant parmi les Anges ni désordre ni confusion. Le Dieu puissant qui entretient cette magnifique harmonie entre les millions de soleils suspendus et roulant dans l'espace, entretient aussi dans l'armée des Cieux un ordre admirable et une subordination merveilleuse. Parmi les Anges, sont diverses hiérarchies dont chacune renferme des chœurs différents, inégaux en dignité et subordonnés les uns aux autres.

La première hiérarchie comprend les Trônes, les Chérubins et les Séraphins;

La seconde, les Puissances , les Vertus e\ les Domi- 7iations;

La troisième, les Anges, \es Archanges et les 7^ri/icipautcs .

' Non (;uod lanta solum csset multitudo , scd quia niajoreni dicerc non polcrat. — Saint QiiL, liicros. caiccli. 15.

C est ce qu'enseignent, fondés sur lEcriture, saint Denis 1 aréopagite, saint Grégoire, saint Jean Damasiène, saint Thomas, et après lui prescjue tous les théolo-

giens

3° Fotictions des Anges. 1° Us louent le Seigneur. Il est de foi que les bons Anges jouissent de la vision intuitive. Notre Seigneur l'assure en termes formels; l'éclat de la majesté divine les pénètre dune crainte respectueuse. Us se prosternent et tiennent les yeux baissés de peur d'être éblouis par cette lumière inaccessible'. Isaïe les a vus environnant le trône de la majesté divine ; il les a entendus se répondant les uns les autres et disant éternellement : Saint, Saint, Saint est le Seigneur, Dieu des armées, la terre est remplie de sa gloire ^ Saint Jean les a vus de même autour du trône et les a entendus s'écrier nuit et jour, sans relâche : Saint, Saint, Saint, le Seigneur Tout-Puissant qui était , qui est et qui sera ^. 2° Ils président au gouvernement du monde visible. On a toujours été persuadé que la divine Providence gou-

' Prima hierarchia scilicet Seraphim et Cberubim et Throni , inspicit raliones rerum in ipso Deo; secunda vero, id est, Dominaliones etVirlutes et Poteslates, in causis universalibus; tertia vero scilicet Principatus, Angeli et Archangeli secundum determinationem ad spéciales effcctus. Et quia Deus est finis non solum Augelicorum ministeriorum, sed etiara tolius creaturre ad primam bierarcliiain pertinet consideralio finis ; ad raediani vero disposilio universalis de agendis; ad ulliniam auleni applicatio dispositionis ad affecUim quaî est operis cxccutio. — St. Thom p.i.q, cviii. art. VI. —Suivent d'admirables détails sur les fonctions propres de chaque hiérarchie.

^ Matth. c. xviii. opoc, c. vir.

5 Isaïe. c. VII.

4 Apocal. c. IV.

vernait ce monde par le ministère des Anges, et que leur ministère s'étendait môme aux éléments corporels et aux créatures inanimées. Les Payens eux-mêmes ont connu cette vérité qui d'ailleurs nous a été transmise par le témoignage unanime des Saints Pères.

Les Anges, dit Origène, président à toutes les choses visibles, à la terre, à l'air, au feu, à l'eau, c'est-à-dire aux principaux éléments, aux animaux, aux astres du Ciel , Leurs ministères sont partagés : quelques-uns sont chargés des productions de la terre, d'autres des fleuves et des fontaines. Les uns président aux vents, les autres à la mer '. Les autres Pères de l'Eglise ne parlent pas en termes moins formels ^

3° Ils président au gouvernement du monde invisible . Esprits administrateurs envoyés en mission pour procurer la sanctification des élus, les Anges exécutent les volontés de Dieu à l'égard des hommes. Il est certain

« Omnibus rébus Angeli pracsidcnt tara terne et aqua?, quam aeri et igni, id est praccipuis eleinentis et hoc ordine perseniunt ad omnia animalia, ad onine germen, ad ipsa qiioque astra cœli. — Orig. homil, vin. in Jcrcm. — Virlutes cœlesles hujus mundi ministeria ita suscepisse, ut illae terrac, vel arborum germinationibus, illac fluminibus ac fontibus, alise venlis, aliee nnuinis, ali.-c terrenis aniinalibuspr.Tsint. — Id. homiL in Jositc 23. — Divina: illcc virtutes quvc sununi Patris nuniine oibi universo, pra?sident, bonorum divisioni accommodât. — Euscb. prcvpar. Kvang. lib. vu. — Pronaque ad obsequiuni pars altéra suslinet orbcm auxiiioque suo servat. — Grcg. Saz. carmen. G. — Xon nulli cos Angelos esse arbitrantur qui quatuor démentis priesidenf, tcrraMidtlicet, aqux, igni, acri. — Hier. lib. 22. iu Epist. ad Gai. — l'naqu.'cqua? res visibills in hoc mundo liabct angclicam polcstafom sibi pra^posilam, sicut aliquot l^ris Scriptura divina testalur. — St. Aiig. lib. S^.quirst. 59.

^ Gcn. 18, 19, 22, 28, .",!, 32. Kxod. 0, 19.

qu'il s'est presque toujours servi de leur ministère dans es merveilles qu'il a opérées, dans les grâces qu'il a accordées, dans les justes jugements qu'il a exercés en faveur de son Eglise , soit dans lAncien, soit dans le Nouveau Testament.

Les apparitions célèbres faites à Abraham, à Loth , à Jacob, à Moïse, en sont une preuve ' . Un Ange délivre les Hébreux de la servitude d Egypte ' ; précède le peuple dans le désert et le conduit à la Terre promise ^ C'est un Ange qui charge Gédéon de délivrer Israël de l'esclavage des Madianites ; qui prédit la naissance de Samson ^, et qui fait respecter la loi pendant la captivité de Babylone ^ ; qui délivre les enfants de la fournaise et Daniel de la gueule des lions " ; qui combat avec les Machabées^; en un mot, dans tous les dangers, dans toutes les tribulations où le peuple s'est trouvé, l'Ange du Seigneur l'a sauvé ^.

Dans le Nouveau Testament, ils ont eu part à toutes les circonstances de la naissance, de l' enfance , de la vie, de la mort, de la résurrection et de l'ascension de Notre Seigneur. Ils prédisent la naissance de son Précurseur^. Uq Ange annonce à Marie le grand mystère qui devait s opérer en elle'". Ils annoncent aux bergers qu'il leur est né un Sauveur". Ils avertissent Joseph de fuir en Egypte; ils le font revenir dans la terre d'Israël". Ils s'approchent de Jésus-Christ pour le servir dans le dé-

• Num. 20.— - Ccii. ili et 23. —3 Jud. 6, 13.— i Dan. 3.— 5 Id. 3. «>. —6 Macch. 7.— 7 Is. 63. — 8 Luc. (■,— 9 Id. ibid.— 'o Id. 2.— " Mallli, 1. 3. — 'a Luc. h.

sert '. Ils le fortifient dans son agonie '. Ils publient sa résurrection; enfin, ils raccompagnent dans son ascension, et accomplissent ce qu il avait prédit, qu'on verrait les Anges monter et descendre sur le Fils de iHomme ^

Ils veillent également sur les Apôtres et l'Eglise naissante. Les Apôtres sont mis en prison, un Ange leur ouvre les portes et les fait sortir \ Le diacre Philippe est envoyé par un Ange sur le chemin qui conduit de Jérusalem à Gaza, afin d'instruire et de baptiser l'envoyé de la reine Candace, dont la conversion devait bientôt en opérer tant d'autres dans l'Ethiopie "*. Un Ange apparaît au centurion Corneille , et lui ordonne d'appeler l'apôtre saint Pierre, de qui il recevra l'instruction et le baptême ^. Il serait inutile de multiplier les témoignages : on les rencontre à chaque page du Nouveau Testament : chacun les connaît.

4"* Ils veillent à la garde du genre humain. Les différents ministères des Anges , à l'égard des créatures , se rapportent , comme les créatures elles-mêmes , au salut de l'homme. Ainsi , c'est principalement à la garde, au soin du genre humain que les intelligences célestes sont commises. Dieu, suivant Lactancc, a envoyé ses Anges

' Matth. 28.

a Joan. 1.

^ Act. 5.

', Act. S.

'Act. 4 0.

(■) Misit Dcus Angcios siios ad tutelam cuUuniqiie generis bumani. — Lih. IT, rfe inst, dir. c. Mi,

I)L F'tRSÉVÉKAiNCL. 289

pour garder et comme pour ( ultiver le genre humain ' ; ils sont nos guides et nos tuteurs'.

5° Ils gardent les empires. Il est parlé dans le chapitre X du prophète Daniel, de l'archange saint Michel qui est appelé un des premiers princes , d'un prince du royaume des Perses, et d'un prince des Grecs. Toute la suite du texte ne permet pas de douter que ces |)rinces ne soient des Anges. Telle est aussi l'interprétation commune des Commentateurs et des Pères. De ce passage et de quelques autres , ils concluent tous comme une chose certaine que chaque nation , chaque royaume a un Ange tutélaire. Saint Basile distingue positivement les Anges gardiens des nations et ceux des particuliers, et prouve , par l'Ecriture, I un et l'autre de ces ministères angéliques. Ainsi l'enseignent les autres Pères de l'Eglise ^ : l'un d entre eux déclare que cette vérité est fondée sur le témoignage de l'Ecriture^.

1 Ângelis tanquamprovidistutoribushumanigeneris curain demanda vit Deus adcustodiaui, salutemque humanain. — St. Basil, in cap. 8. Isaia:,

— Ad tutelam uostrani constitui exercilus Angelorum. — St. Chry. — salus in mioisterio Angelorum qui adprotectionem hominumdeputantur.

— St. Anxbr. in psat. 43.

» Angeli omnes ut appellatioaem unam ita etiam eamdeni omnino in ter se habent naturam ; sed ex iis quidam proefecti suut gentibus , alii vero unicuique Gdelium adjuncti sunt comités. — St. Basil, lib. 3. contra Eunom. — Régna et gentes sub Angelis posila sunt. — 5/ Epiph. hœrcs. 51. — Angeli singulis praesuut gentibus. — St Uicr. lib. 6. in cap. 45. haïœ.

3 Quin etiam cuique genti proprium Angelum prœesse aflinnat Scriptura. — Theodovet. q. 3. in Gcn.

4 Flomil. 42-13. in Ezecli. in Luc. 25.

290 CAIECHiSME

G" Chaque église . Ce que saint Basile , saint Epiphane , saint Jérôme et plusieurs autres anciens auteurs , disent des royaumes et des nations, ils le disent aussi de chaque église particulière, qu'ils ne doutent point être sous la protection spéciale d'un Ange tutélaire. Origène l'assure en plusieurs endroits qu'il serait trop long de rapporter. Eusèbe de Césarée n'est pas moins formel. Dieu veut, dit-il , que chaque Ange veille à la garde de l'éfijlise qui lui est commise '.

Saint Grégoire de Nazianze ne doute pas que chaque église n'ait son Ange protecteur. C'est pour cela que dans cet admirable discours qu il ht en quittant Constantinople , et prenant congé de tout ce qui a rapport à cette église , il met au premier rang les saints Anges qui en étaient les protecteurs ^ . Tous les Pères ont été persuadés avec saint Ambroise , que Dieu ne s'est pas contenté d'établir un évêque sur chaque troupeau, mais qu'il a encore commis un Ange pour le garder ^

7° L'Eglise universelle. Si chaque église particulière a un Ange tutélaire , nous ne devons pas douter qu'à plus forte raison il n'y en ait un grand nombre qui veillent sans cesse au bien de l'Eglise universelle. Les puis-

* VultDeus Ângelos singulosepclesiarumsingularum sibi commissarum H^uslodes esse. — Jn psal. Ip.

"> Angelis hujus urbis cura commissa est. Nec eniin mihi dubium est quin alii. aliarum ecdcsiarum priesides et patroni sint, quemadmodum in Apocalypsi Joannes me docet. — Orat. 32.

3 Non solum ad euradem gregem Dcminuj Episcopos ordinavit, sed eliam Angeles ordinavit. — Lib, 2, in Luc. et lib, 1. de pœnit. c, 21i

Dt PEUStVÉRANCE. 291

sances célestes , tlitEusùbe, «gardent l'Église de Dieu '. Saint Hilaire les représente comme environnant de toutes j)arts le bercail de Jésus-Christ, et faisant en quelque sorte à son égard les fonctions de soldats destinés pour la garde d'une ville '. Saint Grégoire delVysse les compare à cette tour dont il est parlé dans le Cantique des Cantiques, d'où pendait un grand nombre de boucliers, [jour nous faire entendre que ces bienheureux esprits protègent et défendent l'Eglise dans la guerre continuelle qu'elle soutient contre les puissances des ténèbres ^

8** Chacun de nous. Chaque homme a un Ange gardien destiné à l'éclairer, à le défendre, à le conduire pendant toute la durée de cette vie. Cette vérité si consolante est , après les dogmes expressément décidés , une des mieux fondées dans l'Ecriture et dans la tradition , en sorte que , suivant les théologiens , quoiqu'elle ne soit pas tout à fait expresse dans les livres saints, ni absolument définie par l'Eglise, elle est cependant reçue par un consentement unanime de cette même Eglise universelle. ^ Elle a d'ailleurs un fondement si solide dans les textes de l'Ecriture, entendus suivant l'interprétation

' Oivinis potestalibus quae Ecclesiam Dei ejusque religiosum institutuin custodiunt. — Jn psal. 47.

' Ac ne levé praesidium in Angelis qui Ecclesiam quadain custodia circumsepiunt esse putarcmus. — In psal. 124.

3 Existimo autcm eam turrim mulliludine clypeorum signiflcare Angelicum praesidium, quocircum septi sumus.

4 Assertio catholica est quamvis enim non sit expressa in Scripturis, vel ab Ecclesia dcfinila lanto consensu Ecclesiae universalis recopia est, et in Scriplura prout à patribus inlcllecta est, lam magnum liabel fundamentum ul sine ingenti lemerilale, ac fere eiTorc negari non po.sit.

des saints Pères , qu'on ne peut le nier sans une trèsgrande témérité et presque sans erreur.

Ce sont les paroles de Suarez qui remarque en outre que Calvin est le premier qui ait d'abord osé révoquer en doute cette vérité et ensuite la rejeter. Le catéchiste dira donc simplement et absolument: nous avons chacun un Ange gardien .

Le Seigneur , dit le Prophète-Roi , a ordonné à ses Anges de vous garder dans toutes vos voies. Tous les saints Pères entendent ce passage , non-seulement de Notre Seigneur, mais encore de tous les hommes, et plus particulièrement des Justes. Ailleurs, Jésus-Christ lui-même dit ces concluantes paroles : les Anges des enfants voient toujours la face du Père céleste.

Les Anges , dit Origène , ont soin de nos âmes qui leur sont confiées, comme des tuteurs ont soin de leurs pupilles '. Nous avons appris de l'Ecriture , ditEusèbe de Césarée , que chacun de nous a un Ange que Dieu lui a donné pour le conduire '. La dignité de nos âmes est si grande , dit saint Jérôme , que , dès notre naissance , chacun a un Ange commis à sa garde ^ . Chaque ame, dit saint Anselme , est confiée à un Ange en même temps qu'elle est unie au corps ^ . Sur ce point , la tra-

' Angeli tenent curam animarum nostrarum et eis ab infantia tanquam tutoribus et curatoribus coramittuntur. — Homil. 8. in geiu

' Angelum uuicuique ad custodiam divinitus datum ex Scriplura didicimus. — Euscb, i?>. prœpar. Etang, c, 7.

3 Magna dignitas animarum ut unaquxquae ab ortu nativitatis habeat in custodiam sui Angelum delcgatura. — In cap. 18. Matth.

4 llnaqu?pquse anima dum in corpus mittilur angelo commillilur — In elucid.

DE PDRSEVKhAN» t. 295

dition ne saurait être plus suivie, plus constante, plus uniforme.

9* Bienfaits des An^îcs jzardiens. Quoique le salut de nos âmes soit l objet principal des soins de nos Anges tutélaires , ils étendent cependant leurs soins à nous procurer les biens de celte vie ; ils nous préservent des accidents auxquels nous sommes tous exposés , et nous délivrent des maux quand nous y sommes tombés. Ils vous porteront dans leurs mains, dit I Ecriture, de peur que vous ne heurtiez contre la pierre. Le Seigneur enverra ses Anges autour de ceux qui le craignent, et il les délivrera de leurs tribulations.

C est surtout pendant le temps de l'enfance et dans les voyages, que nous sommes exposés à plus de dangers; c'est alors aussi que nos Anges gardiens redoublent de sollicitude, comme s'exprime saint Augustin '. Les saints Anges nous procurent encore les biens temporels, en empêchant les Démons de nous nuire. Le Seigneur, dit Origène, nous a donné les Anges comme des tuteurs charitables , alin que les mauvais Anges et leur prince, qui est aussi appelé le prince de ce monde, ne puisse rien contre nous'.

Notre faiblesse, dit saint Uilaire, ne pourrait résister à.la malice des mauvais Anges, sans le secours des Anges gardiens\ Dieu aidant, dit saint Cvrille . nous n'avons

■' Soliloq. c. 17.

- Tutores piis addit suos angelos ut nec conlrarii angeli, nec eorum princeps qui et hujus seculi princep? dicitar, quidquam valeat conU-a Deo dicatos homines. — Origen. contra Cels.

^ Neque enim infîrmitas nostra nisi datis ad custodiam angelis

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rien à craindre des puissances des ténèbres; car il est écrit : l'Ange du Seigneur campera autour de ceux qui. le craignent et les délivrera ' . Les Anges gardiens ne se contentent pas de nous faire éviter les pièges du Démon, et de nous détourner du vice ; ils nous aident encore dans la pratique de toutes les vertus '.

Ils offrent nos prières à Dieu , et y joignent les leurs. J'ai présenté votre prière au Seigneur, disait l'ange Raphaël à Tobie ^ Nous lisons aussi dans l'Apocalypse, qu'on donna à l'Ange qui se tenait debout devant l'autel , un encensoir d'or , avec une grande quantité de parfums, afin qu'il en accompagnât les prières de tous les Saints, en les offrant sur l'autel d'or qui est devant le trône, et la fumée des parfums, jointe aux prières des saints, s'élevant de la main de l'Ange, monte devant Dieu-i.

Nos Anges gardiens , dit Origùnc , offrent nos prières à Dieu par Jésus-Christ , et ils prient aussi pour celui qui leur est confié^. C'est une vérité constante, dit saint

toi tantisque Rpîritualium cœlestium nequitiis resisteret. — In psal. 13^5-

1 Deo omnipotente auxiliante, quod contra nos irascantur montes, id est principatus et potestates rectores tenebrarum harum nihil est ; scriptum est enim : castrametabuntur angeli circa timentes eum , et eruet eos — Lib. i, in Isa, orat. 4>

' Angelicae virtutes nobis ad optima qua^qua? adjumento suot. — Greg. Naz. orat, 40.

3Tob. 12.

4 Apoc. c. 8.

^ Angélus christiani pcrpcluo faciem cœlestis patris aspiciens senaper procès ejus in cœlum offert per unicum Pontificem suromo Deo , ipsc qiioquc pro sibi commiîSo doprccans. Lib. S, contra Ccls.

Hilaire, que les Anges présidenl aux prières des fidèles ' . Les An^es, ajoute saint Augustin , ne nous annoncent pas seulement les bienfaits de Dieu , mais ils lui offrent aussi nos prières ; non pas , dit-il ailleurs , que Dieu les ignore, mais pour nous obtenir plus facilement les dons de sa miséricorde et nous rapporter les bénédictions de la grâce ^

Plusieurs saints Pères , dont nous avons rapporté les témoignages, étendent l'assistance des Anges généralement à tous les hommes, en sorte que chacun en particulier et sans exception ait son Ange gardien qui ne le quitte jamais. D autres semblent restreindre l'assistance des Anges gardiens aux Justes, et seulement pour le temps qu'ils persévèrent dans la justice. Cette contrariété apparente se concilie aisément. En effet, les Anges ont un soin bien plus particulier des Justes à proportion de leur ferveur dans la pratique des vertus, en sorte que le péché semble les éloigner, en ce qu'il interrompt ou diminue plus ou moins l'effet de leur vigilance. C'est ainsi que s'expliquent eux-mêmes les saints Pères qu'on objecte. Les Anges , dit saint Basile, sont toujours auprès de chaque fidèle, à moins qu'on ne les éloigne par

I Fideliuni orationibus prxesse Angeles absoluta auclorilas est. — In Matth., c. 18.

' Annuntiant Angeli non sol u m bénéficia Dei, scd etiara ipsi precc<; noslras. — Kp. 120. de gratia nov. testament. — Gemitus nostros alque suspiria referenles ad le, non quideni quod Deus illa ignorot, sed ul impetrent nobis facilem lu* bonignilatis propilialionom , et refeiani ad nos , tuae gratix benedictionern. — Snlilnq. r . 7.

de mauvaises actions '. Est-ce qu ils abandonnent entièrement les pécheurs? Non ; mais ils n en prennent pas le même soin que des Justes. Les Anges gardiens , dit encore ce saint docteur, assistent plus spécialement ceux qui s'adonnent aux jeûnes'. Saint Thomas enseigne expressément que l'Ange gardien n" abandonne jamais entièrement les pécheurs ^ ; et le catéchiste dira la même chose. Dans la quatrième partie de cet ouvrage, nous parlerons de nos devoirs envers les saints Anges.

Tel est le monde invisible qui nous environne , tels en sont les habitants , tels leurs rapports avec nous .

Et maintenant , ô homme ! être sublime , mesure si tu peux la grandeur de ta dignité. Placé par ton corps au sommet de l'échelle des êtres matériels , tu vois au-dessous de toi , et gravitant vers toi , des milliers de créatures enchaînées les unes aux autres. Depuis le brin d'herbe jusqu'au cèdre du Liban , depuis la goutte de rosée jusqu'à l'immense Océan , depuis l'atome jusqu'au soleil , depuis la mitte jusqu'à l'éléphant , toute la création matérielle se rapporte à toi. Roi de la terre, tu es vassal du Ciel. Placé par ton ame au premier degré du monde spirituel , tu es le lien des deux mondes. Au-dessous de

' Assidet Angélus cuilibet iu Domino credenli, nisi operibus pravis abigatur — 7n psal. 33.

^ Vitye nostrae custodes Angeli diligentius adsunt iis qui jejunio purgatani habent animam. — Homil. 2, de jejunio.

^ Cuni custodia angelorum sit qua'dam executio divinx providentiaB qua; nunquam hominem v\ tolo derelinquil, nec Angclus cuslos nunquam ex toto hominem descrit licel peimillat quandoque sccundum ordinationem divinorum judiciorum vel pnnx, vel culpa* defoclum pa!i. — D. Th. 1,;?. 9. cviiij.rr/. VI.

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toi tu ne vois que des créatures matérielles , au-dessus de toi tu ne vois que des substances spirituelles; et ces substances elles-mômes , quoique d' une nature supérieure à la tienne, se rapportent à toi . 0 homme! être sublime , mesure si tu peux la grandeur de ta dignité.

Que le voile épais qui te cache le monde invisible se lève à tes yeux. Quel spectacle! A ta gauche, des millions d'Anges révoltés, nuit etjours'agitant autour de toi, semant des pièges sous tes pas , épuisant leurs forces et leur génie pour t'attirer sous leurs drapeaux ; à ta droite, d'innombrables légions d'Anges tutélaires, toujours les armes à la main pour te protéger ; au-dessus de ta tête , rÉtcrnel te contemplant du haut de son trône, d'une main te présentant la couronne, de l'autre t'ofFrant son appui. Pourquoi ce grand combat du Ciel et de l'Enfer? pourquoi cette lutte incessante? Parce que c'est toi qui dois être le prix du vainqueur. Pourquoi tant de prières de la part de Dieu même? pourquoi tant de sollicitations opposées de la part de Lucifer et de ses Anges, de Michaël et des siens? Parce que ta volonté seule peut faire pencher la balance et décider la victoire. Comprends-tu maintenant la mystérieuse délibération de ton Dieu avant de te créer? comprends-tu pourquoi, après t'avoir créé, ce grand Dieu ne te traite qu'avec un profond respect ' ! comprends-tu enfin pourquoi tu fus le dernier acte de la puissance créatrice ! O homme ! être sublime, mesure si tu peux la grandeur de ta dignité '.

1 Cum magna revcrenlia di«iponis nos. Sop. 12. 18.

2 'fu honio, tanluDinomcn, siintclligaste. — TcrtulL npolog. c. xltiij.

L'homme, telle fut donc la dernière créature par laquelle Dieu finit le sixième jour, et l'œuvre de la création.

Le Seigneur Dieu vit alors toutes les choses qu'il avait créées, et il les trouva très-bonnes. A la fin de chaque jour , Dieu s'était contenté de dire de chaque ouvrage séparé qu'il était bon. Mais aujourd'hui qu'il les considère tous d'une seule vue, qu'il les compare entre eux et avec le modèle éternel dont ils sont l'expression, il en trouve la beauté et la perfection excellentes.

L'univers est à ses yeux comme un magnifique tableau qu' il vient de finir , et auquel il a donné la dernière main . Chaque partie a son usage ; chaque trait a sa grâce et sa beauté ; chaque figure est bien située et produit un bel effet ; chaque couleur est appliquée à propos . le tout ensemble est merveilleux ; les ombres môme donnent du relief au reste.

Mais pourquoi l'Ecriture nous dit-elle si souvent que Dieu fut l'approbateur et l'admirateur de ses propres ouvrages? C'est pour nous apprendre l'admiration qu'ils devraient nous causer , quelle étude nous en devrions faire et de quelles réflexions ils sont digne?; c'est aussi pour confondre d'avance notre débile raison qui, dans son ignorant orgueil, s'imagine trouver des défauts et des inutilités dans les œuvres de Dieu. Vraiment l'homme aurait bonne grâce à trouver mal ce que Dieu a trouvé bien. C'est enfin pour nous reprocher notre stupidité qui ne pense à rien, notre ingratitude qui ne rend grâce de rien , et qui demeure toujours ignorante et

imbécille, quoique nous vivions au milieu des prodiges les plus étonnants, et que nous en soyons nous-mêmes un des plus incompréhensibles.

Evitons désormais ce reproche ; considérons souvent avec reconnaissance le spectacle de l'univers. Ln spectacle digne de Dieu peut bien ôtre digne de nous. Ce qu'il admire est-il au-dessous de notre admiration? et ce qui lui donne de la complaisance et de la joie , est-il incapable de nous en donner?

Après avoir achevé son ouvrage, Dieu se reposa le septième jour . Cette expression : Dieu se reposa, ne veut pas dire que Dieu ait cessé d'agir, puisqu'il crée tous les jours de nouveaux esprits, les âmes humaines, et que depuis le commencement du monde il ne cesse point de conserver par sa puissance et de gouverner par sa sagesse tout ce qu'il a créé. Mon Père, dit Jésus-Chris*, ne cesse point d agir jusqu'à présent, et fagis aussi incessamment'. L'univers n'est point à l'égard de Dieu comme un palais à l'égard de l'architecte qui l'a bâti. Le palais une fois achevé, subsiste sans le secours de l'architecte, et lui survit pondant des siècles. Mais les ouvrages de Dieu ne peuvent continuer d'être , si la même volonté qui les a produits ne les conserve, en les créant pour ainsi dire tout de nouveau, à chaque instant.

Le repos de Dieu n'est donc point la cessation d'agir; c'est moins encore un délassement semblable à celui de l'ouvrier après la fatigue du travarl. Inc puissance infinie ne s'épuise et ne se lasse point. Ainsi l'expres-

> 1 Joan. 5. 17.

sion de 1 Ecriture signifie simplement qu après les ouvrages du sixième jour, Dieu cessa de produire de nouvelles espèces de créatures. Il était en quelque manière sorti de lui-môme et de son repos éternel pour créer l'univers : il y rentra , en ce sens qu'après les six jours sa puissance cessa de se rendre visible par de nouveaux

ouvrages.

C'est pourquoi il bénit le septième jour et il le sanctifia. En mémoire de ce repos où Dieu était entré, il destina particulièrement le septième jour de la semaine à son culte; et il voulut que ce jour fût pour l'homme un jour de repos et d'actions de grâces, où libre des travaux corporels qui le dissipent pendant la semaine, et qui ne lui laissent que peu de moments pour penser à Dieu , il put , à la faveur de ce saint loisir, rappeler à lui son esprit et son cœur, méditer ses merveilles , lui rendre grâces de ses bienfaits , lui exposer ses besoins , étudier sa loi , et s'occuper surtout du repos éternel auquel il est appelé, et où doivent tendre toutes ses pensées et ses désirs ' .

» Sur l'ouvrage des six jours, voyez saint Thomas, 1. p. q. 65 et suivantes; Sturm , Considérations sur tes OEuvrcs de Dieu : Pluche, Spectacle de la nature: Duguet, Ouvrage des six jours; Charles Bonnet, Contemplation delanaturc; saint Clirysostôme, Homélies sur la Genèse: saint Augustin, de la Genèse dans le sens littéral: saint Grégoire de Nazianze, Discours 38 et ^2 ; saint Grég. de ISysse, Mécanisme de l'homme; saint Ambroise, Hexaemeron-, saint Basile, Hcxaemeron. Ce dernier ouvrage surtout dont saint Gr^oire de Na^ianze disait : Lorsque je l'ai dans les mains ou sur les lèvres, transporté avec lui sur le trôoe du Créateur, je comprends foute réconomie de ses ouvrages; j'approads è admirer le sublime auteur de toutes choses, plus que je n'avais fait en

PRIERE

O mon Dieu! qui êtes tout amour, je vous remercie d'avoir créé pour moi le monde et les Anges môme que vous chargez de me défendre ; ne permettez pas que je fasse jamais rien qui soit indigne de moi.

Je prends la résolution d aimer Dieu par-dessus toute chose, et mon prochain comme moi-môme pour l'amour de Dieu ; et , en témoignage de cet amour , je me recommanderai chaque jour à mon bon Ange.

PETIT gat|:chisme.

OUVRAGE DES SIX JOURS. — FIN DU SIXIÈME JOUR

Q. Les Anges sont-ils supérieurs à l'homme ?

R. Les Anges sont supérieurs à l'homme en science et en force. Ils connaissent beaucoup de choses que l'homme ne connaît pas; ils connaissent aussi bien mieux que nous les choses que nous connaissons ; et ils peuvent faire beaucoup de choses que nous ne pouvons pas faire.

Q. En quel état les Anges ont-ils été créés?

R. Tous les Anges ont été créés dans la sainteté et

le contemplant. — Sur les Anges en particulier, la savante instruction pastorale de Mgr. de la BasUe, évêque de Saint-MAlo, et la Bible de Vence, t. viu. 260 et /. xii. p i. — Notre travail ne présente qu'une bien rapide analyse de tous ces ouvrages.

l'innocence, mais cet heureux état ne les rendait pas impeccables : la jouissance éternelle de Dieu devait être la récompense de leur fidélité. Les uns refusèrent de s'humilier devant Dieu, et ils furent changés en démons.

Q. Quelle est l'occupation des mauvais Anges?

JR. L'occupation des mauvais Anges, c'est de tenter les hommes et de nous faire tout le mal qu ils peuvent , comme on le voit par l'exemple du saint homme Job . Cependant , le démon ne peut nous nuire sans la permission de Dieu. Il lui permet de nous tenter afin d'éprouver notre vertu, mais il nous donne toutes les grâces nécessaires pour triompher de ses attaques. Si nous sommes vaincus, c'est toujours notre faute.

Q. Y a-t-il quelque distinction parmi les bons Anges?

R. Oui, il y a quelque distinction parmi les bons Anges. Ils se partagent en trois hiérarchies, qui contiennent chacune trois ordres ; ces neuf ordres s'a|>pellent les neuf chœurs des Anges. La première hiérarchie renferme les Trônes, les Chérubins et les Séraphins ; la seconde, les Puissances, les Vertus, les Dominations ; la troisième, les Anges, les Archanges et les Principautés.

Q. Quelles sont les fonctions des bons Anges?

R . La première fonction des bons Anges , c' est d'adorer et de louer Dieu. Saint Jean nous les représente abîmés de respect devant le trône de sa divine majesté, répétant éternellement ce cantique : Saint, Saint, Saint, est le Dieu tout-ouissant qui a été, qui est, et qui sera.

DE PLRSÉVÉRANCE. 305

O. Quelle est la seconde fonction des bons Anges ?

R. La seconde fonction des bons Anges, c'est de présider au gouvernement du monde visible et invisible, et d'exécuter les ordres de Dieu à l'égard de l'homme. C'est par le ministère des Anges que tous les grands événements de T Ancien et du Nouveau Testament se sont accomplis.

Q. Quelle est la troisième fonction des bons Anges?

R. La troisième fonction des bons Anges, c'est de veiller à la garde de l'Eglise universelle. Les saints Pères nous enseignent que des millions d'Anges environnent le bercail de Jésus-Christ, pour le défendre dans la guerre continuelle qu'il soutient contre les mauvais Anges. C est encore de veiller à la garde des royaumes et des empires. L'Ecriture nous parle de l Ange gardien des Perses et des Grecs, et les saints Pères nous disent que chaque Eglise a pour la garder non-seulement un Evèque, mais encore un Ange protecteur.

Q. Quelle est la quatrième fonction des bons Anges?

/?. La quatrième fonction des bons Anges, c'est de veiller à la garde de chacun de nous . Au premier moment de notre existence un Ange est venu se placer à nos côtés r pour nous défendre et nous conduire au Ciel . 11 présente à Dieu nos prières et nos bonnes œuvres , et il prie pour nous.

Q. Que faut-il conclure de tout l'ouvrage des six jours ?

R. Il faut conclure : 1° que Dieu est bien puissant, bien sage et bien bon ; 2° que l'homme est bien grand,

306 CATÉCniSME

puisque les créatures inférieures se rapportent à lui, et que les Anges même travaillent continuellement pour lui; 3° que nous devons bien aimer Dieu, user de toutes choses pour sa gloire, et bien nous respecter nous-mêmes ; 4"* que nous devons observer le dimanche avec beaucoup de fidélité .

PRIÈRE

0 mon Dieu ! qui êtes tout amour , je vous remercie d'avoir créé pour moi le monde et les Anges eux-mêmes que vous chargez de me défendre ; ne permettez pas que je fasse jamais rien qui soit indigne de moi .

Je prends la résolution d'aimer Dieu par-dessus toute chose, et mon prochain comme moi-même pour 1 amour de Dieu; et, en témoignage de cet amour, je me recommanderai chaque jour à mon bon A nge .

XVI* LKÇON

CHLTE DE L HOMME

Ruse du démon. — Imprudence d'Eve. — Faiblesse d'Adam. — Bonté de Dieu. — Interrogatoire des coupables. — Sentence contre le démon. — Miséricorde et justice envei-s nos premiers parents. — Pénitence d'Adam. — Sa sépulture sur le Calvaire.

Comblés de gloire et cl honneur, nos premiers parents jouissaient, dans le Paradis terrestre, de tout ce qui peut satisfaire des créatures raisonnables : autour d'eux un monde soumis à leurs ordres, devant eux une vie de délices et une éternité de jouissances ineffables dans le Ciel. Le démon, qui venait de perdre son bonheur, résolut de se faire des compagnonsde sa ruine, en faisant de nos premiers parents les complices de sa révolte. Le cruel 1 il attaqua ces deux innocentes créatures, afin de perdre le genre humain tout entier dans sa tige .

Le serpent lui parut propre h son dessein. Il s empara du corps de cet animal, le plus rusé, le plus adroit, le plus souple de tous ceux que le Seigneur avait créés sur la terre. Sous cette figure, il s'adressa à la femme dont il connaissait le naturel faible, curieux et crédule. Il la flatta d'abord ptir l'amour de la liberté, et lui dit avec une fausse compassion : Pourquoi Dieu ne vous T. I. 20

a-t-il pas permis de manger indifféremment de tous les fruits de ce jardin ?

Eve, au lieu de rejeter cette voix empoisonnée, et de ne pas même l'écouter, pour témoigner à Dieu combien elle lui était fidèle, répondit à ce séducteur : Nous avons la liberté de manger du fruit de tous les arbres qui sont dans le Paradis. Quant au fruit de cet arbre qui est au milieu, le Seigneur nous a défendu d'en manger et môme d'y toucher, de peur que peut-être nous ne venions à mourir.

C'était un grand préjugé pour le succès de la tentation que ce commencement d'entretien, tant il est vrai qu'il ne faut jamais raisonner avec l'ennemi du salut. Il réussissait trop bien au tentateur pour en demeurer là . Cet esprit de mensonge osa bien dire , contre la parole formelle de Dieu, que cela ne serait pas. Il eut môme la hardiesse d'attribuer cette défense de Dieu à une basse jalousie . Vous êtes bien simples, dit-il, de vous laisser ainsi intimider ; Dieu sait que le jour oh vous mangerez de ce fruit, vos yeux s'ouvriront: vous serez comme des dieux, vous connaîtrez le bien et le mal.

Ainsi, la première faute de notre mère fut d'entrer en conversation avec le tentateur; la seconde fut d'arrêter ses regards sur le fruit de l'arbre défendu. Au lieu d'en détourner la vue comme d'une chose qui lui était interdite, elle se complut à regarder ce dangereux objet. Le fruit était beau; il paraissait devoir être d'un goût exquis. Les promesses du tentateur étaient flatteuses. La curiosité, la vanité, la présomption, attirèrent l'oubli

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