‹ Catéchisme de persévérance, ou, Exposé historique, dogmatique, moral et liturgique de la religion (volume 3)Chapitre 6 sur 46 · INTRODUCTION. 1\V · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. 1\V

Tel est le plan que nous avons essayé de remplir. Pouvions-nous en choisir un meilleur? La jeunesse du dix-neuvième siècle y perdra-t-elle , si nous lui donnons pour catéchiste saint Augustin? Ainsi l'exposé de la Religion depuis le commencement du monde jusqu'à nos jours; la Religion avant, pendant et après la prédication de Jésus- Christ, voilà l'objet de cet ouvrage.

Le cours de nos leçons dure quatre ans.

PRE^TIIÉRE AIVN^E.

1. Dieu. — Ouvrage des six jours. — Pendant la première année, remontant à ce commencement qui précède tous les commencements, nous adorons dans son essence ineffable le Dieu de l'Lternité qui a créé le temps et toutes les créatures qui doivent vivre dans le temps. L'existence et les perfections de cet Etre par excellence, fixent d'abord notre attention. Nous disons

WVJ INTRODUCTION.

sa puissance, sa sagesse, sa bonté, sa liberté, son immutabilité.

Après FaToir contemplé en lui-même, nous le considérons dans ses œuvres. Avec les astres du matin ', nous assistons au magnifique spectacle de la création de l'univers. Chaque jour de cette grande semaine ajoute une nouvelle syllabe à ce mot que nous lisons enfin gravé en lettres de flammes au front de chaque créature : Dieu.

Tout nous dit funité , la puissance , la sagesse , la bonté, la providence paternelle de ce grand Etre qui veille avec le même soin et sur les globes immenses dont la course majestueuse doit durer autant que les siècles, et sur le brin d'herbe dont la vie commencée avec l'aurore, finit avec le jour. Des hymnes de reconnaissance et d'admiration s'échappent involontairement de nos lèvres , et Funivers devient le premier livre où Fenfant apprend à connaître et à aimer son Dieu.

En cela nous suivons non-seidement le

^ Ubi rras quando ponobam fundanicnta tcrrae, ctim me laudarcDt

simul asln matutina, rt jubilarnif onincs filii Deî ?

Job. 38.

INTRODICTION. XXVij

conseil et Texcmple de saint Augustin et des plus illustres Pères de TEi^lise, mais encore Tinvitation formelle du Saint-Esprit. Interrogez les animaux, nous dit-il, et ils vous enseigneront; et les oiseaux du ciel, et ils vous feront connaître leur créateur. Parlez à la terre, et elle vous rc pondra; et les poissons de la mer vous raconteront ses merveilles \

On sait que nos maîtres dans l'enseignement de la Religion , tels que saint Bazile , saint Grégoire, saint Ambroise , saint Augustin, saint Chrysostôme, se faisaient un devoir sacré d'expliquer à leurs peuples l'ouvrage des six jours \ Mais peut-être ne connaissons-nous pas bien la raison de leur conduite : Instruisons-nous aux paroles de l'éloquent Patriarche de Constantinople.

« Yousnous demandez, dit saint Gbrysostome , comment , avant qu'il y eût des livres. Dieu enseignait aux hommes aie connaître? Comment? De la même manière que nous nous y sommes pris nous-mcmes pour vous

' InteiTOjça jumcnla et docebunt le; et volatilia cœli et indicabnnt tibi loquerc terra., et narrabupt pisccs maris. Quis ignorât quod omnia bac manusDominifecerit? Job. 12.

^ Voyez leurs hcxaemeron et leurs sermons sur la Genèse.

IXviij INTRODUCTION.

amener à la connaissance de cet Êti^e souverain. Nous vous avons promenés en esprit sur le théâtre tout entier de l'univers; nous vous avons montré le ciel, la terre, la mer, les campagnes , les vergers , les richesses et les variétés de la nature; nous sommes remontés jusqu'aux éléments des productions diverses; et tous ensemble, unissant nos voix à Faspect de tant de merveilles étalées à nos yeux , nous nous sommes écriés dans le transport de l'admiration : Que vos ouvrages sont grands , o Seigneur! que vos desseins sont profonds \ »

Ainsi, les Pères de l'Église commençaient l'enseignement de la religion comme Dieu lui-même l'a commencé. Ils expliquaient avant tout le grand livre dans lequel le Créateur a voulu que les enfants des hommes lussent d'abord son existence et ses perfections adorables.

« On demande encore , continue saint Chrysostôme, pourquoi le livre des écritures, étant si utile , Dieu ne Ta pas donné au monde dès le commencement? C'est que

> Sermon. L in Cents.

INTRODUCTION. XXix

Dieu voulait instruire les hommes par les choses , c est-ii-dire par les créatures et non par les livres... Si Dieu eût commencé à nous instruire au moyen des livres et des caractères, intelligibles pour le savant, ils auraient été sans aucune utilité pour l'ignorant. Le riche en aurait pu faire Facquisition ; le pauvre , non. Il eut fallu , pour les entendre , connaître la langue dans laquelle ils auraient été écrits : ils eussent été perdus par le Scythe , le Barbare , l'Indien, l'Egyptien, pour tout homme, en un mot, à qui cette langue eût été étrangère.

Il n'en est pas ainsi du grand spectacle du ciel. Tous les peuples du monde entendent son langage. Ce livre est ouvert indistinctement au sage comme au simple, au pauvre comme au riche. Aussi le Prophète ne dit pas que les cieux témoignent, mais qu'ils racontent la gloire de Dieu : Prédicateurs éloquents , qui ont pour auditoire le genre humain tout entier, et pour livre le magnifique spectacle qu'ils développent \ »

I Homil IT, ad poput. antioch.

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