‹ Catéchisme de persévérance, ou, Exposé historique, dogmatique, moral et liturgique de la religion (volume 3)Chapitre 7 sur 46 · XXX INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXX INTRODUCTION

Fidèle à Texemple de nos maîtres, nous commençons comme eux l'enseignement de la Religion par l'explication de l'œuvre des six jours. Dans un siè<Je où les hommes ne comprennent plus que ce qui tombe sous leurs sens, cette explication semble plus nécessaire que jamais. Elle rend pour ainsi dire palpables les grandes yérités comme les grands devoirs du Christianisme. Elle ramène Dieu dans toutes les parties du monde physique dont la science matériahste du dernier siècle l'avait banni, et dont l'indifferentisme du nôtre s'efforce de le tenu- éloiinié. L'univers n'est plus pour Fhomme un temple vide : Dieu s'y présente animant tout , conservant tout, vivifiant tout. SepouiTait-il que son auguste présence ne dît rien au cœur? Se pourrait-il que l'homme , environné de merveilles dont on aura pris soin de lui faire connaître f harmonie, le but et la raison, ne devînt à la longue plus reconnaissant et plus chrétien?

Peut-être sommes-nous dans Terreur :

mais , jusqu'à preuve contraire , il non 5 semble que fouvrage des six jours offre au-

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jourcrhili le sujet des instructions les mieux appropriées aux dispositions des esprits. Celles-là du moins auraient tout l'intérêt de la nouveauté. D'ailleurs, faire servir la nature cl la Religion , c'est répondre aux intentions du Créateur, et imiter un exemple souvent donné dans l'Evangile par le divin Précepteur du genre humain.

Dans cet admirable récit nous montrons les créatures inférieures gravitant toujours vers une création supérieure , celles qui précèdent appelant celles qui suivent , et toutes ensemble réclamant I'Homme : l'homme , qui doit leur donner le complément en devenant le centre de tous ces rayons divers , la clef de voûte de ce temple auguste, le médiateur, l'organe, le pontife par lequel tous les êtres descendus de Dieu doivent sans cesse remonter à Dieu. Voilà pourquoi l'homme paraît le dernier.

« Reconnaissez, dit encore ici la Bouche d'or, l'inépuisable bonté du souverain dominateur de la nature , et sa magnilicence à l'égard de l'homme. Il a commencé par dresser un magnifique banquet, servi avec •

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autant de pompe que de variété , par construire un palais qu'il destine au roi du nouvel empire , rassemblant à Favance tout ce qu'il y a de plus éclatant en beautés diverses ; ce n'est qu'à la suite de ces préliminaires qu'il crée Fhomme pour le mettre en possession de tant de biens, et Fétablir le maître de la nature.

Ce^ ainsi que lorsque Fempereur doit faire son entrée dans une ville , toutes les personnes attachées à son service prennent les devants, afin qu'à l'arrivée du maître tout se trouve disposé à le recevoir \ »

Après cela est-il difficile de faire comprendre à Fhomme cette parole salutaire : Homme, reconnais ta dignité, et garde-toi de te dégrader par une conduite indigne de ta grandeur '.

Nous disons la création de l'homme, sa gloire , sa puissance , sa royauté primitive. Nous le suivons au Paradis terrestre : avec lui nous jouissons de ce délicieux séjour. Là, nous entendons le Créateur intimant à nos

> Homil. Tii in Gen. scrm. ii et homil viii, in id» ' 9l-Leo. I serm. de iYn/iri7,

IXTRODUCTION . ïwiij

premiers parent^ cet unique et facile précepte : Vous ne mangerez point du fruit de l'arbre de la science du bien et du mal. Tel est rhommage que le Seigneur exige de son noble vassal. Est-ce trop ? A la fidélité de nos premiers parents est attachée le bonheur dans toute l'étendue du mot, d'abord pour eux et ensuite pour toute leur postérité.

Ici nous parlons de ce bonheur, qui devait être notre héritage, c'est-à-dire de l'état de l'homme avant sa chute.

Créé dans un état de grâce et de justice surnaturelle ,

1° Il connaissait Dieu très-clairement, il se connaissait lui-même, il connaissait toute la nature ; voilà pour l'intelligence. Née ' pour connaître, comme l'œil pour voir, l'intelligence du premier homme était donc pleinement satisfaite. Donc, sous ce premier rapport, bonheur.

2" Il aimait Dieu d'un amour vif, tendre, pur et tranquille, et en Dieu et pour Dieu il s'aimait lui-même ainsi que toutes les créatures; voilà pour le cœur. Né pour aimer, comme le feu pour brûler, le ca^ir du pre-

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mier homme était donc satisfait. Donc, sous ce deuxième rapport , bonheur.

5° Il était exempt d'infirmités , de maladie et de la mort. Dans son corps , il était donc

heureux ; en un mot , uni à l'Etre qui est lui-même la source du bonheur et de l'immortalité, l'homme tout entier participait au bonheur et à l'immortalité.

De là, pour Dieu, dans l'état primitif, empire absolu sur l'homme et par l'homme sur toutes les créatures : omnia in omnibus. De là, pour l'homme, vérité, charité, immortalité ; de là, entre Dieu et l'homme, union intime; de là, pour Dieu la gloire, pour l'homme la paix, pour la création tout entière l'ordre et l'harmonie.

Alors retentissait de toutes les parties de l'univers le délicieux cantique que les Anges, quarante siècles plus tard, devaient rapprendre à la terre , lorsque le Désiré des nations viendrait réparer son ouvrage. Gloire à Dieu dans les hauteurs des cieux , et pair sur latente aux hommes de bonne volonté'.

' Cum Adam peccaverit , manifestum est quod Deum per essentiani non videbat. rx)gnoscebal tamen Denm qnadam altiori cognitione quam

IXTRODUrTÎOîi . XII V

2. Chlte et Ré dk MPT ion. — Tel était riiomme, tel était le monde aux jours de rinnocence. A peine ayons-nous étudié cette belle page de notre histoire; car, hélas! le bonheur de l'homme sur la terre est écrit dans une page , que nous arrivons à la catastrophe épouvantable dont le souvenir est tout à la fois si profond et si universel , qu'on le retrouve en tête des théologies de tous les peuples.

L'homme est tombé ! !

A ce coup terrible, un long soupir s'échappe de notre bouche , à peine entr ouverte par la douleur. Hélas ! hélas ! et sans fin , hélas ! Mais voilà qu'une voix se fait

nos nunccognoscamus, et sic quodammodo ejus cognitio média erat inter cognitionem praesenlis status et coguitionem patrix, qua Deus per essentiam vidctur. Deus fecit liominem rectum. — Eccl. 7. — Haec autcm fecit rectitude hominis divinitùs institut], ut inferiora superioribus subderentur, etsuperiora ab inferioribus non inipedirentur. Undè homo primus non impediebatur per res exleriores a clara et firma contemplatione inlelligibilium ofTectuum quos irradiatione prima; veritatis percipiebat sive naturali cognitione, sive gratuita. Undè dicit Aug. in ii Gen, adlitt. 33, quod fortassis Deus primis liominibus antea loquebatur, sicul cuni angelis loquitur ; ipsa incommutabili veritate illustrans mentes eoruni , etsi non lanla participalionc divinx csseutix quantum capiunt angeli.

D. Th. q. %. art. ^.

L'Ange de l'école décrit ensuite fort au long les prérogatives de l'homme innocent : ce que nous en disons ici et ailleurs , n'est que l'abrégé de sa doctrine.

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