Comment recevaient-ils lesjièt.e du pain
R. Ils recevaient l'espèce du pain, les hommes dans leur main nue, et les femmes dans leur main droite couverte d'un linge fin et très-blanc. Ils portaient ensuite à leur bouche le corps sacré du Sauveur . Ils buvaient le |)récieux gang dans de grands calices portés par les Prêtres.
Q. Communiaient-ils quelquefois sous une seule espèce?
R. Oui, ils communiaient quelquefois sous une seule espèce; par exemple, le Vendredi-Saint.
Q. Donnait-on la Communion à ceux qui ne jHJUvaient pas assister au saint Sacrifice 1
R. On donnait la Communion à ceux qui ne pouvaient pas assister au saint Sacrifice. On la leur envoyait par des Diacres . Les premiers Chrétiens n'auraient pas cru pouvoir se soutenir dans la vertu sans ci pain des forts,
Q. Leur était-il permis d emporter l'Eucharistie dans leurs maisons?
R. Oui, il leur était permis d emporter l' Eucharistie
oji i'iiilsÉvÉKAW;ii. 2G3
dans leurs maisons et de se communier eas-mènaes. C'était surtout à l'approche de la persécution qu'iJs faisaient provision de cet aliment vivifiant.
Q. Leur était-il permis de l'emporter avec eux dîvns leurs voyages?
R. Il leur était permis de l'emporter atec eux dans, leurs voyages, comme un guide et un préservatif assuré contre tous les dangers du corps et de lame , Il n'était pas à craindre que le Sauveur devenu leur compagnon de voyage, souffrît aucune irrévérence de ces fervents Chrétiens, tant leur foi et leur piété étaient exemplaires. Le droit de porter l'Eucharistie en voyage, est aujourd'hui réservé au souverain Pontife qui, lorsqu'il sort de Rome, est précédé de la sainte Eucharistie magniQquement accompagnée.
Q. Comment conservait-on 1 Eucharistie dans les Eglises ?
R. On conservait l'Eucharistie dans des tabernacles faits en forme de tour ou de colombe, suspendus audessus de l'autel. La tour exprime la force de ce Sacrement ; et la colombe, la douceur, l'innocence, la candeur, toutes les aimables qualités qu'il communique à nos âmes.
PRIÈRE
0 mon Dieu ! qui êtes tout amour, je vous remercie d'avoir institué l'adorable sacrement de l'Eucharistie, pour me communiquer votre vie divine.
Je prends la résolution d' aimer Dieu |>ar-dessu9 toutes
choses et mon prochain comme moi-môme pour l'amour de Dieu; et, en témoignage de cet amour, /e ne manquerai pas de me me tire à genoux quand je verrai porter le Saint-Sacrement aux malades.
Dli PERSÉVÉRANCE. 265
XXXVIIP LEÇON.
DE NOTRE UNION AVEC NOTRE SEIGNEUR LE NOUVEL. ADAM , PAR LA COMMUNION
Matière derEuchar!stie,pain et vin.— Ce qu'ils représentent. — Forme.— Effets de la consécration, — Effets de l'Eucliaristle. — Dispositions pour la recevoir. — Moyen d'avoir ces dispositions. — Eapporls de l'Eucharistie avec les créatures. — Avec Dieu. — Avec l'homme — Avec la société.
Si le Baptême est le plus nécessaire de tous les Sacrements, l'Eucharistie est le plus auguste. La raison en est simple, il contient réellement l'auteur de toutes les grâces et de tous les Sacrements- Aussi nous avons vu de quel respect, de quelle vénération profonde il a été environné dans tous les siècles de l'Eglise. Quand nous parlerions la langue des Anges, il nous serait impossible d'en parler dignement. Nous allons donc nous contenter de dire ce qu'il faut en savoir pour le recevoir avec fruit.
La malien àe l'Eucharistie, c'est le pain et le vin Les Evangéiistes nous apprennent que Notre Seigneur prit du pain dans ses mains , le bénit et le rompit en disant : Ceci est mon corps; puis une coupe de vin qu'il bénit aussi en disant : Ceci est mon sang. Ainsi, le seul pain proprement dit, le pain de pur fro-
ment, comme le seul vin proprement dit, le vin de la vigne, sont la matière de l'Eucharistie. Telle est la tradition des Apôtres et l'enseignement exprès de l'Eglise catholique '.
Il est aussi facile de Juger que ce doit être du pain sans levain, d'après la circonstance dans laquelle Notre Seigneur institua l'Eucharistie. C'était le premier jour des azymes, temps où il était défendu aux Juifs d'avoir dans leurs maisons du pain levé. Cependant, cette qualité d'être sans levain n'est pas tellement nécessaire que l'on ne puisse validement consacrer du pain levé. Ces deux sortes do pain sont également du pain véritable ; mais il n'est permis à personne de changer, de son autorité privée, la èainte coutume de l'Eglise. Cela est d'autant moins permis aux Prêtres de l'Eglise latine, que les souverains Pontifes ont défendu de célébrer les saints Mystères autrement qu'avec du pain sans levain.
Quoique le vin proprement dit, le vin qui vient du fruit de la vigne, soit aussi la matière de l'Eucharistie, I Eglise a toujours eu l'usage d'y mettre un peu d'eau. L'autorité des Conciles et le témoignage des Pères nous apprennent que Notre Seigneur le fit lui-même'. De plus, c'est une manière de rappeler le sang et l'eau qui coulèrent du côté de Jésus-Christ. Enfin, l eau étant la figure du peuple- , comme nous le voyons dans l'apoca-
. Con. llor. àTOrel. ad Aru).
5 Cypr. !ib. 2, ep. 37, coijcil. Trid., i.o;s. 22, de sacrif. miss., c. 7, can. 9.
^ Apoc, 17; 15.
[>E PEnSÉVÉRANCt. 267
lypsc do suint Jean, mèiée avec le vin du Sacriticc , elle représente l union du peuple lidèle avec Jésus-Christ SOI» chef. Cet usage est de tradition apostolique cl a toujours été observé dans l'Eglise.
Voyons maintenant combien les symboles du pain et du vin élaieot propres à représenter la nature et les effets de r Eucharistie.
1° Le pain et le vin étant la nourriture de riotrc corps, ils nous représentent que Notre Seigneur, dans l'Eucharistie, est la véritable nourriture de nos âmes. Lui-môme le dit : Ma chair est véritablement une nourriture , et mon sang est véritablement un breuvage. Celui qui mange ma chair et boit mon sang vivra éternellement '. Le corps de Jésus-Christ est donc pour ceux qui le reçoivent saintement, un aliment qui donne la vie éternelle. Il était donc très-naturel de le représenter et de le consacrer avec une matière qui est la nourriture et la vie du corps.
2° Le pain et le vin ont encore cet avantage qu'ils servent à nous convaincre de la présence réelle du corps et du sang de Jésus-Christ dans l'Eucharistie. En effet, tous les jours nous voyons que le pain et le vin se changent en notre chair et en notre sang. Quoi de plus propre que ce lait journalier et incontestable, à produire ou à conserver en nous la croyance que le pain et le vin sont changés par les paroles de la consécration, au vrai corps et au vrai sang de'Notre Seigneur?
3° Ce changement miraculeux du pain et du vin représente admirablement ce qui se passe dans lame. Do
' Joan. , G, 55.
2G8 CATliCIIlSMi;
môme que le pain et le vin sont réellement changés au corps et au sang de Jésus-Christ, saps qu'il y ait aucune apparence visible de ce changement; ainsi, quoique rien no paraisse changer en nous, au-dehors, lorsque nous communions, nous sommes cependant, par la vertu de l'auguste Sacrement, renouvelés, transformés, animés d'une vie nouvelle.
4" Le pain et le vin représentent parfaitement le grand mystère d'amour qui s'accomplit à l'Eucharistie, ainsi que les effets qu'elle doit produire et le but que Notre Seigneur s'est proposé en l'instituant. En effet. Comme le vin est fait de plusieurs raisins et le pain de plusieurs grains, ainsi tous tant que nous sommes ne formons qu'un seul corps composé de différents membres unis par les liens les plus étroits lorsque nous avons participé aux divins Mystères. C'est le langage même de l'Apôtre saint Paul'.
La forme de l'Eucharistie ce sont les paroles de la consécration. La foi catholique enseigne que trois effets admirables et miraculeux sont produits par ces paroles divines. Le premier, c'est que le pain et le vin sont changés au vrai corps et au vrai sang de Jésus-Christ, le môme qui est né de la sainte Vierge et qui est maintenant assis dans le Ciel, à la droite du Père. Le second, c'est que le pain et le vin sont tellement changés et détruits qu'il n'en reste absolument rien, quoique cela semble contraire au rapport des sens. Le troisième, qui est une suite des deux premiers, c'est que les accidents
' 1. Cor. XI.