‹ Catéchisme de persévérance, ou, Exposé historique, dogmatique, moral et liturgique de la religion (volume 4)Chapitre 11 sur 30 · DE IM!;RSÉVÉUA^CE. 2G · texte numérisé non relu

DE IM!;RSÉVÉUA^CE. 2G

ou apparences sensibles qui restent ne sont soutenus par aucune matière et qu'ils subsistent par un miracle tout à lait incompréhensible.

On voit encore, il est vrai, après la consécration , les apparences du pain et du vin, la couleur, la ligure, on sent legoiit; cependant, la substance morne du pain et du vin est tellement changée au corps et au sang de Jésus-Christ, qu'il n'en reste absolument plus rien et qu'il n'y a réellement plus ni substance du pain ni substance du vin. Telle est la doctrine même du Sauveur, telle la foi invariable de l'Eglise depuis dix-huit cents ans'.

Il suit de là que Notre Seigneur tout entier est dans le Sacrement de l'autel^ et tout entier, soit sous l'espèce du pain, soit sous l'espèce du vin. L'espèce du vin contient avec le sang le corps entier, Jésus- Christ Dieu et Homme sans division. L'espèce du pain, à son tour, contient avec le corps, le sang, toute la personne du Sauveur sans division. Enfin, non-seulement Jésus-Christ, Dieu et Homme, tout vivant, tout entier, le môme qui est né de la sainte Vierge, qui a été adoré des Mages, qui a conversé visiblement pendant trentetrois ans parmi les hommes, qui a ressuscité les morts, guéri les malades, qui est mort lui-même sur le Calvaire,

' St. Ambr. lib. /j. de sacram. et de Us qui initiant, c. 9. St. Chrys. ad Pop. Antioch. Homil, 60 et 61. St. Aug. in Psal. 33. St. Cyril, lib. 4. in Joan. c. 13 et 14. et lib. 10, cap. 13; Justin. Apol. 2; lien. Jib. 3. contr. hœres. Dionys. de Eccl. hierar. c. 3 ; Hilar. lib. de Trinit.; Hicrony. €\iist. ad Damascum.; Joan. Damas, lib. l\' Orlhodox. Fide, c, 14. Conc. LTler. IV : Florent. Trid. , etc., etc.

270 r.ATÉ<: HISSE

est tout entier dans chiicnnc des espèces du pain et du vin; mais il estégalcmcnt tout entier dans la moindrepartie de chaque espèce . La raison fondamentale, c'est que Notre Seigneur est vivant dans l'Eucharistie. Ainsi, sa chair, son sang, ne peuvent être séparés. Ce changement admirable nar lequel toute la substance du pain et du vin se convertit au corps et au sang de Jesus-Christ, s'appelle transubstantiation.

Et maintenant, qui dira les effets de la sainte Eucharistie?

Représentez-vous une belle source d'eaux vives et abondantes, placée au sommet d'une haute montagne; six grands canaux conduisent ces ondes salutaires dans une vaste campagne. Là, vous voyez des fleurs, des jdantes, des arbres de toute espèce, une verdure magnifique et des fruits abondants.

Voilà l'Eucharistie et ses effets. Cet auguste Sacrement est réellement la source de toutes les grâces puisqu'elle en contient l'auteur lui-m;5me. Etablie sur la sainte montagne de l'Eglise catholique, elle répand ses eaux salutaires par six grands canaux qui sont les six autres Sacrements. Tout ce qu'il y a de beau, de bon, de bien, de vertu parmi les Fidèles est dû aux eaux de cette source vivifiante et toujours féconde. Mais quels sont en particulier les principaux effets que ce divin Sacrement produit dans nos amcs lorsqu'elles s'en approchent dignement préparées? Personne ne peut mieux nous en instruire que celui qui en est l'auteur . C'est le Sauveur lui-môme qui va parler, recueillons-nous pour l'entendre.

I)F. Pl'RSÉVliRA.Nr.E. 271

Le premier effet de la sainte Eucharistie, c'est de nous donner la vie. C'est ici, dit Noire Seigneur, k pain qui est descendu du Ciel, si quelqu'un mange da ce pain il vicra étemeUement. Le pain que Je donnerai, c'est ma chair pour la vie du monde. Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle. En vérité . si C-0M5 ne mangez la chair du Fils de l'homme et si vm^ ne buvez son sang, vous n'aurez point la vie en vous. Comme mon Père qui est vivant m'a envoyé et que je vis pour mon Père, de même celui qui me mange vivra pour moi'. Toutes les fois que le Sauveur parie de l'Eucharistie, il nous promet toujours de nous donner la vie. Pourquoi cela? sinon pour nous apprendre que c'est là son propre effet et pour nous porter en même temps à en approcher; car il ny a rien de plus doux que de ne pas mourir, et la passion la plus violente et la plus universelle, c'est le désir de vivre. C'est ainsi que le nouvel Adam répare la faute du premier et se montre admirablement notre Sauveur en nous délivrant, par la sainte Eucharistie, de la plus grande crainte que nous ayons, la crainte de la mort, et en nous rendant le plus grand de nos biens perdus, la vie.

Mais quelle sorte de vie le Sauveur nous donne-t-il dans la Communion? La sienne. Comme nous communiquons notre vie aux aliments que nous mangeons et qui se transforment en notVe propre substance, de même, dans la Communion, le Sauveur nous change en lui', nmis ôte la vie du vieil Adam et nous donne sa vie

Joan. c. VI,

divine. La vie du vieil Adam est une vie d'orgueil, d'ambition, d'amour des créatures, d'oubli de Dieu, d'intérêt personnel; en un mot, la vie de toutes les passions et de toutes sortes de péchés. Au contraire, la vie du nouvel Adam, communiquée par la sainte Eucharistie, est une vie de douceur, d'humilité, de patience, de charité , en un mot, la vie de toutes les vertus et de toutes sortes de bonnes œuvres. Telle est la vie que nous puisons dans la sainte Eucharistie. Pour nous la donner, Notre Seigneur ne se change pas en nous parce qu'il est plus parfait que nous, mais il nous change en lui pour nous rendre parfaits comme lui. De la, ces belles paroles que saint Augustin met dans la bouche du Sauveur : Je suis la nourriture des hommes faits ; croissez et vous me mangerez ensuite ; vous ne me changerez point en vous comme il arrive à la nourriture de votre corps , mais c'est moi-même qui vous changerai en moi ' .

« Pour vivre de l'esprit de Jésus-Christ, dit ailleurs le môme Père, il faut devenir le corps de Jésus-Christ. Il n'y a que le corps de Jésus-Christ qui puisse vivre de l'esprit de Jésus-Christ, comme il n'y a que notre corps qui vive de notre esprit. Voulez-vous donc vivre de l'esprit de Jésus-Christ? demeurez dans le corps de Jésus-Christ. Le corps de Jésus-Christ ne peut vivre d'un autre esprit que de l'esprit de Jésus-Christ. C'est pourquoi l'Apôtre voulant marquer quel est l'efTetde ce pain mystérieux, dit qu'on y participant nous devenons

■' Conf lib 7. c. 10.

DE persévérauck. 273

un môme pain et un môme corps. Celui qui désire de vivre trouve donc en Jésus-Christ et où il doit vivre et de auoiil doit vivre. Qu'il approche, qu'il croie, qu'il soit incorporé afind'ôtre vivifié. Qu'il s'unisse à ce corps, qu'il en soit uu membre sain, qu'il vive de Dieu et pour Dieu '. ))

Le second effet de la sainte Eucharistie, c'est de nous donner l'amour de Notre Seigneur en nous unissant à lui de la manière la plus étroite. Deux choses sont le fondement de toutes les amitiés : 1° les liens du sang; c'est pour cette raison qu'un père aime son fils, qu'un fils aime son père et que tous les parents s'aiment naturellement les uns les autres ; 2° l'union des esprits ; les adorables personnes de la Sainte-ïrinité s'entr'aiment infiniment parce qu'elles ne sont qu'un même esprit, et cette unité de nature est une des principales sources de leur bonheur.

Eh bien ! c'est pour gagner les cœurs de tous les hommes que le Fils unique de Dieu a voulu contracter , dans l'incarnation , une alliance corporelle et spirituelle avec la nature humaine ; mais parce que dans ce mystère il ne s'était uni qu'avec le corps et avec l'ame d'un seul homme, il a établi le sacrement de l'Eucharistie pour s'unir de corps et d'esprit avec tous ceux qui communient dignement, et pour les engager, par cette double parenté, à l'aimer parfaitement. Cette union corporelle que nous contractons avec le Sauveur en le recevant, est si étroite, que saint Cyrille la compare à celle de deux morceaux de cire fondus et mêlés

4 In Joan. p. 490.

T. lY. 18

ensemble. 0 homme ! s'écrie là-dessus saint Jean Chrysostôme, médite, considère l'honneur que tu reçois en approchant de la sainte Table. Nous y mangeons celui que les Anges ne regardent qu'en tremblant, nous nous unissons à lui, nous devenons avec lui une même chair et un même corps.

Cette union corporelle, tout intime qu'elle est, n'est cependant que l'image de l'union spirituelle que Notre Seigneur veut contracter avec nous. Cette seconde union est une suite de la première; car de môme que notre ame commence d'animer la nourriture que nous avons prise aussitôt qu'elle est unie avec notre corps , de même l'esprit du Sauveur commence à nous animer, aussitôt que parla Communion nous devenons ses membres. Le Sauveur devient donc l'amc de notre ame, la vie de notre vie, et nous pouvons dire en toute vérité comme saint Paul : Je vis; mais non, ce n'est plus moi qui vis, c'est Jésus-Christ qui vit en moi; c'est lui qui pense, qui aime, qui parle, qui souffre, qui agit en moi. 0 Mvstère de piété ! 6 lien de charité I Si l'union est une raison d'aimer, de quel amour la Communion ne doit-elle pas nous pénétrer pour Notre Seigneur avec qui elle nous unit si étroitement que nous ne faisons plus avec lui qu'un môme corps et un même esprit! Pouvait-il trouver un meilleur moyen de se faire aimer?

Le troisième effet de la sainte Eucharistie c'est de purifier notre ame. Il est certain que la sainte Communion remet les péciiés véniels ; c'est un antidote, dit le concile de Trente, qui nous délivre des péchés

ni: PERSÉVÉUANCE. 275

journaliers et nous préserve des mortels'. 1) où vient que saint Ambroise disait : Je dois toujours prendre le sang du Seigneur, afin d'obtenir toujours la rémission de mes péchés; puisque je pèche toujours, je dois toujours avoir le remède du péché'. Cependant, la Communion ne confère pas la première grâce par laquelle l'homme devient juste, de pécheur qu'il était. Elle suppose la grâce sanctifiante en ceux qui la reçoivent; son effet propre est de produire la seconde grâce par laquelle la charité habituelle reprend de nouvelles forces et reçoit un accroissement, de même que la vie du corps est fortitiée et augmentée par la nourriture corporelle. Ainsi, la Communion ne remet pas directement les péchés mortels. Instituée pour être la nourriture de nos âmes, elle ne profite qu'à celles qui vivent déjà de la vie de la grâce. Par conséquent ceux qui se sentant coupables de péché mortel osent communier, bien loin de recevoir la grâce reçoivent leur condamnation .

La sainte Communion ne remet pas non plus directement au Fidèle qui la reçoit la peine due à ses péchés ^ . Cependant, on peut dire qu'elle la remet indirectement parce qu'elle excite en nous des mouvements d'amour et de charité, et qu'elle nous communique des grâces spéciales pour en faire des actes très-parfaits. Or, il est certain que par ces actes d'amour et de charité on obtient la rémission de la peine due au péché.

' Ses3. 10. c. 2.

'■• Lib. 4 de Sacram. c. 6

î D. Th. p. 3. q. 79. a. 5.

Le quatrième effet de la Communion, c'est d'amortir en notre ame le feu des passions, de la fortifier et de l'embellir. Elle amortit le feu des passions. Lorsque Jésus-Christ est au-dedans de nous, dit saint Cyrille, il assoupit la cruelle loi de nos membres, il réprime l'ardeur des passions et guérit nos blessures ' . Elle la fortifie. Celui-là est incapable du martyre , dit saint Cyprien, qui n'est point armé par l'Eglise, et l'ame qui n'a pas reçu l'Eucharistie succombe*. Elle l'embellit. Le sang divin, dit saint Chrysostôme, fait briller en nous l'image de Jésus-Christ, il donne de la beauté et de la noblesse à lame et l'empêche, en la nourrissant, de tomber dans la langueur. Ce sang est son salut, il la purifie, l'embellit, l'embrase et la rend plus éclatante que l'or et le feu; comme celui qui trempe sa main ou sa langue dans l'or fondu, la retire toute dorée, ainsi lame plongée dans ce sang divin devient aussi pure et aussi belle que l'or.

Le cinquième effet, c'est de déposer en notre corps le germe de l'immortalité et de lui donner droit à la résurrection glorieuse. Ceux qui prennent cette viande et ce breuvage, dit saint Augustin, deviennent immortels et incorruptibles \ Et le Sauveur lui-même avait dit : Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle et je le ressusciterai au dernier jour '^ . Après

' St. Cyril. Alexand. lib. 4- i» Joan, -> Epist. 5/i.

3 Tract. 36. in Joan.

4 Joan. f. G.

i)H ^'EnsÉvÉI\A^(;E. 277

la Communion, le Chrétien peut donc répéter avec plus de raison que le saint homme Job, ces belles paroles : Je sais que mon Rédempteur est vivant et que je ressusciterai au dernier jour et que je verrai mon Dieu dans ma propre chair, cette espérance repose dans mon sein, elle dormira avec moi dans le tombeau. C'est ainsi que, par la Communion , le nouvel Adam répare dans notre corps aussi bien que dans notre arae les suites du péché originel.

Pour que la sainte Communion produise en nous ses admirables effets, il faut y apporter les dispositions convenables. Parmi ces dispositions, les unes regardent l'ame, les autres le corps. Les unes précèdent, les autres accompagnent et suivent la Communion. Les dispositions du corps sont le jeûne et la modestie. Personne n'ignore que Notre Seigneur institua le sacrement de l'Eucharistie après la Cène légale, et qu'il ne communia ses Apôtres qu'après avoir mangé l'Agneau pascal : il était juste que la figure précédât la réalité. Les premiers Chrétiens suivirent cet exemple. Réunis dans leurs saintes assemblées, ils recevaient f Eucharistie après avoir fait un repas ordinaire qu'on appelait agape, nom qu'on lui donnait, comme remarque ïertullien, parce que c'était un repas de charité auquel contribuaient principalement les riches , et auquel les pauvres étaient invités. Cette coutume dura peu. Les Apôtres euxmêmes, pour des raisons de convenance, réglèrent, en vertu du pouvoir reçu de Notre Seigneur, qu'on ne communierait plus qu'à jeun. Tel fut dès-lors l'usage

général de l'Eglise, en sorte qu'on se rendrait coupable d'un grand péché si on communiait sans ôtre à jeun, excepté dans le cas de maladie. Ce jeûne doit être absolu, c'est-à-dire qu'il ne faut avoir rien pris, absolument rien, depuis minuit du jour où l'on communie.

La seconde disposition du corps, c'est la modestie. Il suffit d être profondément convaincu que Notre Seigneur est en personne dans la sainte Eucharistie, pour ne se présenter à la sainte Table qu'avec une sainte frayeur, une grande humilité et une parfaite modestie. Y venir avec des yeux égarés , un maintien peu réglé , un air de faste et de mondanité, c'est scandaliser et donner sujet de penser qu'on n'a ni foi, ni religion, ni piété. Les hommes et les femmes doivent recevoir l'Eucharistie à genoux, les yeux baissés, les mains nues et placées sous la nappe. Les hommes doivent être sans armes, et les femmes modestement habillées. Il faut éviter de cracher quelque temps après avoir communié. Si on est forcé de le faire, il faut cracher dans un linge propre, et non à terre, parce qu'il peut arriver qu'on rejette quelque parcelle des espèces consacrées. Pour éviter cet inconvénient, saint Chrysostôme exhortait les Fidèles à avaler un peu d'eau après avoir reçu l'Eucharistie. Cet usage se pratique encore en Allemagne.

Lesdispositionsdclamc sont, d'abord, l'état de grâce, c'est-à-dire l'exemption de péché mortel. Celui qui oserait communier avec un péché mortel sur la conscience, commettrait le plus horrible de tous les sacrilèges . Cependanl , si avant de commimier on se rappelle une faute grave

qu'ona omise par un oubli involontaire en se confessant, on n' est pas tenu de laconfesseravant la communion , mais il suffît , après en avoirde nouveau demandé pardon , de former la résolution de s' en confesser à la première confession . Quoique l'état de grâce suffise pour ne pas communier indignement, il ne faut pas se contenter d'une si faible . disposition. Il faut tâcher, autant qu'il est possible, de se mieux préparer, joignant à la pureté de conscience plusieurs autres saintes dispositions, afin que l'Eucharistie produise en nous tous ses fruits. Ainsi, la seconde disposition de lame, c'est une foi vive qui croie fermement que la personne adorable de Jésus-Christ est réellement itfésen te sous les espèces consacrées, sans vouloir pénétrer, par des recherches curieuses, la profondeur de ce mystère, qu'on doit adorer et admirer comme le chef-d'œuvre de la puissance divine. La troisième, c'est une espérance ferme ; car, que ne devons-nous point attendre d'un Sacrement dans lequel le Maître du Ciel et de la terre se donne tout entier à nous? La quatrième, c'est une charité ardente; car c'est là que Jésus-Christ nous témoigne le plus d'amour, et qu'il s'unit à nous de la manière la plus tendre; c'est là qu'il nous fait le plus debien.etqu'il nous donne le pain dévie. La cinquième, c'est une humilité profonde, semblable à celle du Centenier qui se crut indigne de recevoir Jésus-Christ dans sa maison ; car c'est le même Dieu que nous recevons chez nous. La sixième, un saint empressement de nous unir à Jésus-Christ et d'être sanctifiés, semblable à celui de l'abeille qui se jette sur la (leur pour en sucer le mie! .

La septième , une dévotion actuelle, exemple de tiédeur, de négligence , de précipitation .

Un bon moyen de former en nous ces dispositions , c'est de nous adresser dès le matin du jour où nous devons communier, ces trois questions : Quel est celui qui vient ? A qui vient-il ? Pourquoi vient-il ? Après la communion, il ne faut pas manquer à faire l'action de grâces. Quoi de plus juste ! Les moments qui suivent la communion sont les plus précieux delà vie. La divine Majesté, dit sainte Thérèse, a coutume de bien payer son logement à ceux qui lui font bon accueil. Heureux si nous communions de la sorte ! La sainte Eucharistie nous communiquera, en réaUté, la vie du nouvel Adam, vie de vertu sur la terre, et vie de gloire pendant l'éternité.

Entrons maintenant dans quelques considérations plus élevées sur l'Eucharistie.

Avec nos maîtres dans la foi , nous avons dit que la Communion est l'abrégé des merveilles du Tout-Puissant, le centre auquel tout aboutit, le mystère qui donne la vie à la société, et qui ramène l'univers à l'unité divine.

1° Pour comprendre cette dernière vérité, voyez ce qui se passe autour de nous. Toutes les créatures tendent à se perfectionner, cela veut dire à passer d'une vie moins parfaite à une vie plus parfaite; mais il faut pour cela qu'elles perdent leur vie propre. Ainsi, les corps inorganiques, l'air et l'eau, par exemple, en devenant la nourriture des corps organiques, perdent leur vie

propre pour prendre celle de l'être qui se les assimile • le végétai, à son tour, est absorbé par 1" animal qui lui communique sa vie en le transformant dans sa substance; le végétal, l'animal, tous les règnes sont absorbés par r homme qui, en se les assimilant, leur communique sa vie. Dieu enfin attire l'homme à lui, se l'assimile, et lui communique sa vie divine et immortelle. Alors, l'homme peut et doit dire : Ce n'est plus moi qui vis, c'est Dieu qui vit en moi. En possédant l'homme, Dieu possède la plénitude de ses œuvres, dont l'homme résume la vie, l'existence, les qualités, comme l'être supérieur auquel tous les autres aboutissent , et Dieu redevient tout en toutes choses '. Or, c'est dans l'Eucharistie que Dieu change ainsi l'homme en lui-même, et ramène l'univers à l'unité. Donc, l'Eucharistie est comme le soleil. De même que tout gravite vers ce bel astre^ dont la lumière et la chaleur répandent partout la vie et la fécondité , de même tout gravite vers l'augusteEucharistie . C'est par elle que la création tout entièrequi découle incessamment du sein du Créateur, y remonte incessamment.

2° Si vous considérez l'Eucharistie dans ses rapports plus immédiats avec Dieu, quelle magnifique idée vient ravir votre admiration et agrandir votre cœur !

L'Eucharistie, disent les Pères et les Théologiens, est l'extension de l'Incarnation. Dans l'Incarnation, le Verbe éternel ne s'unit qu'à un seul corps et à une seule ame; dans l'Eucharistie, il étend cette merveille et s'unit au corps et à l'ame de chacun de nous. L'union

' Ut sitDeus orania in omnibus. 1. Cor. xv. 28.

eucharistique n'atteint pas, il est vrai, I union hypostatique, cela est impossible ; mais après celle-là, elle est la plus intime qui se puisse concevoir. Le fer incandescent qui prend toutes les qualités du feu sans perdre sa propre nature ; deux gouttes de cire, fondues ensemble ; la greffe qui se nourrit de la sève de l'arbre sur lequel elle est entée; l'aliment qui se change en la substance de celui qui le digère; l'unité même qui est entre les divines personnes. Telles sont les sublimi'S idées que les Pères nous donnent de l'union de l' homme avec Dieu dans la Communion '.

Le but du nouvel Adam, dans ce mystère ineffable, est de faire du genre humain tout entier un autre Jésus-Christ, dont le Père éternel puisse dire en le contemplant du haut des Cieux : C'est là mon Fils bien-aimé, en qui j'ai mis toutes mes complaisances. Comme celte invention de la sagesse divine atteint admirablement le but de la Rédemption ! comme elle procure à Dieu la plus grande gloire extérieure qu'il puisse désirer !

En effet, quatre choses contribuent à la perfection de cette sorte de gloire : la dignité de celui qui honore , son discernement, son équité et son désintéressement. Plus il est élevé, et plus ses adorations sont profondes; plus il a de discernement et d'équité, plus elles sont justes et proportionnées, et plus il est désintéressé , plus elles sont sincères. Or, le Sauveur en perfectionnant dans nous la qualité d'enfants de Dieu, nous communique

' Introd. ;). ic.

tous CCS avantages. Il nous élève à la plus sublime dignité où la créature puisse arriver. Car après Dieu , y a-l-il rien de si grand que de lui ressembler, et de porter le caractère de sa grandeur? Il remplit notre esprit de lumière et notre volonté de justice, et cet illustre litre d'enfants de Dieu, en nous donnant droit à l'héritage éternel, nous rend désintéressés Ainsi quand l'homme en cet état adore Dieu , c'est un enfant semblable à son père, qui s'abaisse, qui s'humilie, qui s'anéantit devant lui, non par nécessité, mais par justice, et moins par espérance que par amour. Que la gloire qu'un Chrétien rend alors à Dieu lui est agréable ! Que les services rendus , non par crainte , mais par pure inclination , lui sont glorieux !

Cependant tout cela ne suffisait pas encore pour satisfaire le désir insatiable dont le Fils de Dieu brûlait de glorifier son père. Il a trouvé une invention admirable pour rehausser d'un nouvel éclat la gloire que tous les hommes lui doivent rendre. Comme le Verbe incarné surpasse en sagesse , en justice et en amour les hommes les plus saints, il s'unit avec eux par la communion, comme le chef à ses membres, afin d'agir en eux et par eux, toutes les fois que par leurs actions ils glorifient Dieu . De sorte que c'est Jésus-Christ qui adore son Père quand nous l'adorons; c'est lui qui chante ses louanges quand nous les chantons; c'est lui qui travaille, qui souffre, quand nous travaillons et que nous souffrons pour la gloire de Dieu . C'est le même Seigneur , dit saint Paul , qui opère toutes choses dans tous les Fidèles. Idem Deus qui ope-

28/j CATÉCHISME

ratur omnia in omnibus. Ce n'était pas assez pour Jésus- Christ d'avoir pris un corps dans le sein de la bienheureuse Vierge , de s'être uni avec une seule ame; il veut s'unir mystiquement de corps et d'esprit avec tous les Fidèles, afin de s'en servir comme d'autant d'instruments pour glorifier lui-même son Père. C'était trop peu pour lui d'avoir travaillé durant trente-trois ans à le faire honorer sur la terre , il veut y travailler jusqu'à la fin des siècles ; les bornes de la Judée étaient trop étroites pour renfermer l'ardeur de son zèle, il veut l'étendre dans tout l'univers; une bouche, une langue, un cœur ne suffisaient pas pour contenter le désir qu'il a de publier les grandeurs de son père et de l'aimer, il faut que toutes les bouches, toutes les langues, tous les cœurs lui servent d'organes pour annoncer ses admirables perfections, pour l'adorer et pour l'aimer . Ce n'était pas assez d'avoir sacrifié sa vie sur le Calvaire, et de renouveler ce sacrifice autant de fois qu'on célèbre la sainte Messe; il veut encore vivre dans toutes les bonnes âmes, afin de subir la mort pour la gloire de son Père, en toutes les manièresdont les Saints mourrontjusqu'à la fin du monde. Ainsi Jésus-Christ , en vertu de l'union qu'il contracte avec nous, est Apôtre dans les Apôtres, Martyr dans les Martyrs , Confesseur dans les Confesseurs , Vierge dans les Vierges. Il prêche en mille endroits, il est tourmenté et il répand son sang en mille manières; il souffre les macérations dans les pénitents, il endure les calomnies dans ceux qui sont persécutés ; il est pauvre dans les pauvres, infirme dans les malades;

il est tout ce que nous sommes, il se trouve partout où nous nous trouvons, il fait tout ce que nous faisons, il souffre tout ce que nous souff'rons pour l'honneur et la gloire de son Père.

Vous m'objecterez peut-être que le Sauveur, depuis sa résurrection, est impassible et immortel. Cela est vrai, si vous ne considérez que son corps naturel. Mais si vous considérez le corps mystique dont il est le chef, il peut encore et souffrir et mourir dans tous ceux qui en sont les membres. Et de même qu'on dit que Dieu , quoiqu'il soit éternel , impassible et immortel de sa nature, est né dans une crèche, a souffert, est mort sur la Croix, à raison de l'union hypostatique du Verbe avec la nature humaine; de même on peut dire avec quelque proportion que Jésus-Christ tout glorieux qu'il est dans le Ciel, à raison de l'union mystique qu'il contracte avec nos âmes par le sacrement de l'Eucharistie, travaille, souff're, meurt, quand nous travaillons, quand nous souffrons, et quand nous mourons, dans le même sens que saint Paul disait : J'accomplis dans mon corps ce qui manque à la passion de Jésus-Christ. Car à ne regarder que le corps naturel du Sauveur, il n'a rien manqué à ses souffrances : il a été déchiré, comme parle un prophète, depuis les pieds jusqu'à la tête. Mais si vous considérez son corps mystique, il manque quelque chose à sa passion jusqu'à ce que tous les Fidèles qui le composent, persécutés ou mortifiés, puissent dire avec autant de vérité que le même Apôtre : Je suis attaché à la Croix avec Jésus-Christ. 0 mon aimable Sauveur ! qu'ad-

mirerai-je davantage , ou le zèle dont vous brûlez de glorifier votre Père , ou l'invention que votre sagesse a trouvée de le contenter tout infini qu'il était, en instituant l'Eucharistie? Quand donc nous agissons, quand nous endurons pour la gloire de Dieu, nous secondons !e plus ardent désir de Jésus-Christ. Que ce motif me paraît puissant pour porter une ame qui l'aime, à ne perdre jamais aucune occasion de pratiquer la vertu ! Car enfin, y a-t-il rien de si doux que de pouvoir satisfaire la personne pour qui on a de l'amour, dans ce qu'elle souhaite avec le plus d'ardeur '?

3° Si vous considérez l'Eucharistie dans ses rapports avec la société, votre admiration redouble. Il faudrait des volumes pour expliquer tous les effets du soleil sur la nature; toutes les inlluences du cœur sur le corps humain . Eh bien , nous le répétons , ce qu' est le soleil dans la nature, ce qu'est le cœur dans le corps humain, l'Eucharistie l'est dans la société; ôtez le soleil , et la nature périt; ôtez le cœur, et le corps humain tombe en dissolution. Ne croyez pas qu'il y ait ici exagération ; la parole humaine cstimpuissanteàtouldirc, quand ils'agil du mystère qui, suivant saint Bonaventure.estlabasedel'Eglise catholique, par conséquent le fondement de la société, la force de la foi, le principe vital du Christianisme'.

Nous n'avons pas le temps de parler ici de l'influence de l'Eucharistie sur les arts, la peinture, la musique,

' f'oyei, Vanbort, Dévul. à J.-C. t. i. p. 93.

' Per lioc SacrumenUim , slat Ecclesia, (ides roboralur, viret et viget • liiistiîina roligio tl divlnus culU»?.

DE PERSE VlvRANCE. 287

la poésie. T architecture; et cependant, que n'aurionsnous pas à dire ? Arrivons directement au but, et voyez l'induence de ce Sacrement auguste sur 1" homme individuel.

Enfant de Dieu par le Baptême , soldat de Jésus-Chris t , Roi , Prêtre et Prophète par la Confirmation , le jeune enfant va recevoir la preuve sensible de la réalité de ces titres magnifiques. Dieu', il lui fautunenourrituredivine; il va bientôt la manger. Tabernacle, temple, ciboire, il va bientôt recevoir le Dieu pour lequel il a été consacré. Une parole, mais une parole féconde en vertus angéliques, retentit à son oreille. Mon enfant, lui dit l'Eglise par la bouche d'une pieuse mère ou du Pasteur aux cheveux blancs qui lui donna le Baptême , voyez dans le lointain l'époque de votre première communion. Et qu'est-ce que la première communion, répond fange de la terre ? 0 mon enfant! un jour viendra où le Dieu qui vous a créé, qui vous a consacré au Baptême, qui vous a adopté pour son fils, descendra du Ciel et viendra solennellement prendre possession de votre cœur et de votre corps : en ce moment, les Anges seront prosternés à vos pieds. Plus heureux que le disciple bien-aimé, vous ne reposerez pas seulement sur le sein de votre Sauveur , lui-même reposera sur vos lèvres, et descendra en personne dans votre poitrine. Aussi heureux que Marie, vous posséderez celuidont elle est f auguste mère.

Mon enfant, votre première communion est un contrat solennel, une magnifique alliance que vous allez former

' Egoautem dixi : dii eslis. Ps. 81.

avec Dieu. De son côté, votre Dieu se donnera tout entier à vous. Ce qu'il a, ce qu'il est, son corps, son ame, sa divinité, ses trésors de grâces, tout deviendra votre partage ; en échange, il vous demande tout ce que vous avez et tout ce que vous 6tes, corps, esprit, cœur, vie, vous allez tout lui donner, sans réserve et sans retour; ne craignez rien, votre Dieu ne vous demande vos biens que pour vous les conserver et vous les rendre agrandis et immortalisés. Ce contrat aura pour témoins, les Anges, les Saints du Ciel et de la terre; il sera écrit et signé avec le sang de votre Dieu. Les Anges l'emporteront dans le Ciel, et il y sera conservé jusqu'au jour de votre mort. C'est sur la manière dont vous en aurez rempli les conditions que se réglera la sentence de votre éternité.

A cette annonce, je ne sais quelle impression religieuse, quelle frayeur tempérée par l'amour s'empare de l'ame de l'enfant. Et voilà que pour le rendre digne de la visite de son Dieu, des instructions, des prières, des aumônes, des bonnes œuvres de tout genre, d'autant plus méritoires, qu'elles ne sont vues que des Anges, sont indiquées et pratiquées. Et les habitudes fâcheuses sont rompues, et les passions se taisent, et l'obéissance, €t la piété, et la douceur, viennent édifier la famille et préparer T alliance.

Enfin, le jour arrive où le Créateur des mondes doit descendre, habiter, vivre dans le cœur d'un enfant. Ici je m'arrête. Il n'appartient pointa une langue humaine de dire ce qui se passe alors entre Dieu et son Ii!s bien-aimé

Tout ce que je sais, c'est que le sang divin qui coule dans ces jeunes cœurs, les embellit, les vivifie : comme on voit une douce pluie rafraîchir le lys du vallon , lorsqu'il ouvre son calice parfumé aux premiers feux du soleil. Ils ressentent, dit l'aimable et saint Evêque de Genève, que Jésus-Christ s'espanche et se communique h toutes les parties de leurs âmes et de leurs corps. Ils ont Jésus-Christ au cerveau, au cœur, en la poitrine, aux yeux, aux mains, en la langue, aux oreilles, aux pieds. Mais ce Sauveur, que fait-il tout par là? Il redresse tout , il purifie tout , il mortifie tout , il vivifie tout ; il aime dans le cœur, il entend au cerveau, il anime dans la poitrine, il voit aux yeux, il parle en la langue, et ainsi des autres. Il fait tout en tout; alors nous vivons, non point nous-mêmes, mais Jésus-Christ vit en nous'.

Qui dira les impressions vives, douces, calmes, profondes, délicieuses, qu'ils ressentent? Tout ce que je vois, ce sont des larmes de tendresse qui baignent des joues colorées par l'ardeur de lamour virginal; c'est l'immobilité du recueillement, c'est l'extase de la foi; c'est une volupté divine. Que vois-je encore? c'est une famille attendrie, c'est une mère qui mouille de ses pleurs la dalle du sanctuaire où elle s'agenouille pour communier à côté de son enfant ; c'est une sœur, c'est un frère, c'est un père, c'est toute une parenté qui, ce jour-là, éprouve un bonheur nouveau, des regrets, des remords peut-être, d'indéfinissables sentiments, germes ■d'un retour futur dans la voie de la vertu.

' Epist. lii\ II.

290 CATÉCHLSilE

Ce que je vois enfin, c'est une nouvelle vie qui commence pour l'enfant ; c'est un souvenir éternel de ce grand jour; souvenir puissant, barrière aux passions, remords salutaire après les chutes, encouragement dans toutes les peines de la vie, consolation dernière au moment suprême.

Oh ! que de vertus semées dans le cœur par la première Communion! que de passions naissantes étouffées, que de crimes prévenus, partant que de larmes pour les (iimilles, que de désordres et de scandales pour la société, arrêtés par l'action toute puissante du sang réparateur, la première fois qu'il coule, pour y dévorer le germe du mal , jusqu'au fond des entrailles et jusque dans la moelle des os du jeune Catholique ! Connaissez-vous , dites-moi , quelque chose d'aussi éminemment social que l'acte solennel de la première Communion?

Faut-il citer ici les paroles d'un homme dont on ne peut prononcer le nom sans rougir? « Nous avons reçu Dieu, dit Voltaire, Dieu est dans notre chair et dans notre sang; qui pourra commettre après cela un seul péché, ou en concevoir seulement la pensée? il était impossible d'imaginer un mystère qui retînt plus fortement les hommes dans la vertu ' . »

Avancez maintenant dans la carrière de la vie , jeune convive d'un Dieu , dites seulement à votre hôte comme les disciples d'Emmaiis : Demeurez avec moi , Seigneur , car il se fait tard , et le jour est déjà sur son déclin. Tant que vous lui permettrez de guider vos pas,

' Imaginer csl bien dit !

OK rKUSrVÉRA?<CE. 591

vous ne vous égarerez point, tant qu'il réglera les mouvements de votre cœur , vous pourrez les avouer et votre mère n'aura point de larmes à répandre , ni la société de scandales à déplorer ou de forfaits à punir.

Principe de vertu et de charité dans l'homme , la Communion l'est par conséquent dans la société. Tous les miracles de charité qui depuis dix-huit siècles couvrent le monde d'un pôle h l'autre, sont fils de l'Eucharistie. Vérité trop peu connue, qu'il est plus nécessaire de rappeler aujourd'hui que jamais .

La comparaison du catholicisme et du protestantisme présente ici un phénomène remarquable du monde moral , entrevu par Voltaire lui-môme : « Les peuples séparés de la communion romaine , dit-il , n'ont imilc qu'imparfaitement la généreuse charité qui la caractérise. »

L'espritd'une Eglise quelconque se manifestant éminemment dans son clergé , comparons au sacerdoce catholique , j'allais dire le sacerdoce, non, le ministère protestant. Tous les traits de bienfaisance individuelle que l'on citera en son honneur, je les admets d'avance. Je ne demande qu'une chose : montrez-moi, dans ce clergé pris en masse , l'esprit de sacrifice. Je n'ai pas vu dans son histoire, môme à l'époque de sa plus grande ferveur religieuse, qu'il ait reçu la grâce de braver la peste pour remplir le premier de ses devoirs.

« E<i 1543, des ministres se présentent au conseil de » Genève, avouant qu'il serait de leur devoir d'aller con- » soler les pestiférés, mais qu'aucun d'eux n'a assez de » courage pour le faire, priant leconseil do leur pardonner

î!92 CATÉCHISME

» leur faiblesse, Dieu ne leur ayant pas accordé la grâce » de vaincre et d'affronter le péril avec Vinlre'piditénéces- » saire, à la réserve de Matthieu Geneston, lequel offre » d'y aller si le sort tombe sur lui'.))

C'était bien un autre langage que le cardinal Borromée adressait à son clergé presque à la même époque , et dans de semblables circonstances . « Les plus tendres soins dont )) le meilleur des pères doit entourer ses enfants dans ce » temps de désolation, l'Evêque doit les leur prodiguer » par son zèle et son ministère , afin que tous les autres » hommes, enflammés par son exemple, embrassent )) toutes les œuvres de la charité chrétienne. Quant aux » curés et à tous ceux qui ont charge d'ames, loin deux » la pensée de priver du plus petit service leur troupeau, » dans un temps où ils lui sont nécessaires; mais qu'ils » prennent la détermination fixe de tout braver de bon » cœur, même la mort, plutôt que d'abandonner, dans cet » extrême besoin de toutes sortes de secours, les Fidèles » confiés à leurs soins parle Christ qui les a rachetés de » son sang'. » Ni lui, ni ses prêtres, ni tant de pauvres moines, dont V intrépidité des pasteurs de Genève se moquait fort à l'aise, n'attendirent que le sort tombât sur eux pour voler au lit des pestiférés.

A toutes les époques, et récemment encore lorsqu'une maladie contagieuse ravagea quelques cantons de l'Allemagne , où les deux cultes sont en présence,

> Extraits des registres du conseil d'état de la république de Genève, de 1535 à 1792.

5 Coricil.fHcdiol. v, part, u, cap. l\.

DE ri:«SEVÉUAiN(.£. 295

le même contraste a éclaté : les feuilles publiques en ont fait la remarque.

Il n'y a pas trois ans, que le choléra-morbus Ta montré sur une plus grande échelle, aux regards de lancien et du nouveau Monde. Tous les journaux ont parlé de ces ministres prolestants des Etats-Unis, qui, entrouvrant la porte de leur demeure, disaient au messager qui les appelait auprès des cholériques de leur communion : nous ne pouvons y aller; nous avons des femmes et des enfants; adressez-vous au Missionnaire catholique. Et le Missionnaire volait auprès du malade, et sa miraculeuse charité obtint plus d'une fois sa plus douce récompense, le retour de l'enfant égaré dans le giron de lEglise.

Encore aujourd'hui il existe un fait qu'il est bon de faire connaître à l'Europe : Dans l'Australie, dont l'Angleterre a fait un vaste cachot , on compte une population de cinquante mille condamnés. L'île de iVorfolk renferme les plus coupables. Qui le croirait? L'Evêque protestant et le secrétaire des colonies anglaises cherchent depuis plusieurs années un ministre protestant pour celte île : ils n'ont pu en trouver un seul dans leur communion, qui ait voulu consentir à entreprendre une mission pareille. Ces infortunés n'ont été visités jusqu'ici que par un Missionnaire catholique".

Le même esprit se retrouve partout : « Comparez les » missions prolestantes à nos missions : quelle inexpri-

' Anncd, de la Prcp. de la Foi, n. 59. 462.

29/j CATÉCHISME

)) niable diiîërence dans l'esprit qui les forme , et dans » les succès et dans les moyens ! Où sont les ministres » protestants qui sachent mourir pour annoncer à l'A- » méricain sauvage ou au Chinois lettré la bonne nouy) t'elle du salut? L'Angleterre peut, tant qu'elle voudra, » nous vanter ses apôtres à la Lanca$ter et ses sociétés » bibliques ; elle peut , dans de fastueux rapports , nous » peindre les progrès do l'agriculture chez les Nègres , y> et des sciences élémentaires chez les Indous ; toutes y> ces pitoyables missions de comptoirs dont la politique » est l'unique moteur, comme l'or en est l'unique agent, T) ne prouveront jamais autre chose que l'incurable )) apathie religieuse des sociétés protestantes, que l'in- » térèt seul remue ; et quiconque sait distinguer une » grande action , inspirée par un sublime motif, d'une y) démarche dictée par un vil calcul, reconnaîtra, s'il )) est de bonne foi, qu'il y a l'infini entre cet Evèque de » ïabraca , qui vient de périr sous le glaive de la persé- » cution, dans le Sutchucn, au milieu du troupeau que » son courage et ses sueurs avaient conquis au Chris- » tianisme , et le Missionnaire méthodiste que son zèle )) prudent ne conduit que dans les lieux où sa vie ne » court aucun danger, et qui, d'après un marché conclu » d'avance, se fait payer tant par tôle ses convertis.»

Mille faits se présentent à l'appui de ces paroles : en voici seulement quelques-uns.

Parmi les prétendus succès dont se vantent les Missionnaires protestants dans la conversion des nations idolAtres, ils citent surtout ceux qu'ils disent avoir obtenus

DE PERSÉVÉllANCE. 295

«lans les îles de la mer du Sud, nommément h Otahityct à Sandwich. Des voyageurs qui ont récemment visité ces îles et dont les ouvrages ont été publiés en Angkterre, nous ont mis à môme d'apprécier à leur juste valeur le résultat des efforts des Missionnaires. Ils nous représentent leurs travaux comme si mal conçus et si mal dirigés que, loin d'avoir amélioré la condition morale et physique de ces insulaires par leur conversion au Protestantisme, ils les ont rendus pires qu'auparavant sous tous les rapports, et les ont jetés dans un état de dégradation qui approche de l'abrutissement.

Lisez plutôt l'extrait suivant d'un ouvrage anglais, protestant , qui se publie à Londres ' .

En faisant la revue d'une nouvelle publication de M. Barrow , l'ouvrage en question s'exprime ainsi au sujet d'Otahity :

« Le capitaine Barrow n'est pas un grand admirateur des Missionnaires (protestants) qui sont dans l'île, et nous sommes de son avis. Il est vraiment à regretter qu'on n'ait pas choisi pour travailler à la conversion de ces insulaires des hommes d'un jugement plus sain ! . . .» Après avoir parlé de l'état florissant de l'île avant l'arrivée des Missionnaires, le capitaine Barrow continue en ces termes :

« Tels étaient , dit-il , l'état florissant de celte île délicieuse et les manières attrayantes des indigènes , dans le temps où le capitaine Wallis.la découvrit, et à lépoque où le lieutenant Cook la visita. On ne peut réfléchir sans éprouver une vive douleur sur ce qu'ils

' Family Libranj (Bibli.olUèque des Famil'cs) n. 25.

2i^6 CATÉCHISME

sont à présent en voyant la description qui en a été faite par le capitaine Beechey. Tous les divertissements, même les plus innocents auxquels ils se livraient auparavant , ont été condamnés et abolis par les Missionnaires et remplacés par des habitudes d'indolence et d'apathie. La simplicité de leurs manières qui était une compensation pour plusieurs de leurs fautes , a cédé sa place à la ruse, à la duplicité et à l'hypocrisie.

» L'ivrognerie, et la pauvreté et les maladies qui en sont la suite, ont diminué leur population d'une manière épouvantable. D'après un recensement fait en 1794 par les Missionnaires eux-mêmes, le nombre des habilants se montait alors à seize mille quarante. Le capitaine Waldegrave assure que, d'après un nouveau recensement fait en 1830 par ces mêmes Missionnaires, la population entière de l'île se trouvait réduite à cinq mille âmes, et il n'y a que trop de raison d'attribuer cette diminution autant aux règlements rigides imposés à ces insulaires par les Missionnaires, aux prières et au chant continuel des psaumes qui leur sont enjoints, qu'à l'usage des liqueurs fermentes [Dram-Drinking] , etc.

» L'île dOlahity a la forme de deux cercles unis par un isthme bas et étroit. Le plus grand cercle est appelé Oiahitij-Momé , et a environ trente milles de diamètre. Le plus petit se nomme Axiarabou , et a environ dix milles de diamètre. Une ceinture de terre basse, qui se termine en plusieurs vallées délicieuses montant par une douce pente à une montagne placée au centre, d'environ sept mille pieds de haut, entoure le grand cercle. Il en est de même du petit, proportion gardée. Le long de ces

DE rEU.SÉVKnANCK. 297

vallées coulent des torrents et des ruisseaux d'eau limpide. Un feuillage toujours vert, et qui charme la vue, couvre leurs côtés ainsi que les fleuves et la cime des montagnes qui les séparent.

» C'est au milieu de ces agréables vallées qu'étaient jadis disséminées les habitations riantes des indigènes, et leurs petites plantations. Tout cela a été entièrement détruit, et ce qui reste de la population s'est groupé sur le terrain plat et marécageux près de la mer, entièrement asservi aux sept établissements des Missionnaires, qui ont enlevé à ces insulaires le peu de commerce qu'ils faisaient auparavant, et s'en sont emparés eux-mêmes. Ces derniers ont leurs magasins, sont agents de commerce et possèdent le monopole absolu de tout le bétail qui est dans l'île. En retour ils ont donné aux insulaires une nouvelle religion et [risum teneatis?) un parlement; mais ils les ont en même temps réduits à l'état de misère. Tout cela comme ils le disent, et comme ils aiment sans doute à se le persuader, pour la gloire de Dieu, et pour le salut des âmes de ce pauvre peuple. Que de sujets de déplorer un pareil changement , opéré par de tels moyens! Quel sujet de regret qu'une île sur laquelle la nature semblait s'être plu à prodiguer ses bienfaits , ait été condamnée à un pareil sort, dans un siècle de lumières, et par des gens qui se disent civilisés ! »

L'absence du principe de charité catholique se l'ait sentir dans les autres Missions protestantes. Les journaux les plus mondains n'ont pu s'empêcher d en faire l observation.

« Un fait très-digne de remarque, disait, il y a six seniaines , le Moniteur industriel , c'est que dans tous les pays où les Missionnaires (protestants) se sont établis, la population des naturels a diminué en raison des succès de la prédication. On peut citer Otahiti , jadis ornée d'une population si belle, si nombreuse et si active, au rapport de Cook et deBougainville. Deux générations ont suffi pour rendre l'île à peu près déserte, et remplacer la belle race antique par une race rachitique sans énergie et sans intelligence. Dans beaucoup d'autres îles de la Polynésie , le môme résultat a signalé la venue des Missionnaires anglais. Les écrivains de la métropole attribuent ces pernicieux effets aux tableaux sombres et mélancoliques que les prédicants ont constamment présentés à ces imaginations enfantines , qui , prenant tout au pied de la lettre , ont été saisies de frayeur , et ne se sont pas senti le courage de soutenir une vie de privations qui devait se term.iner par la damnation éternelle ; ce qui pourrait faire supposer qu'il y a du vrai dans cette observation , c'est que rien de semblable n'a lieu avec les Missionnaires catholiques . dont la morale est beaucoup plus consolante et encourage l'homme au lieu de le terrifier. »

Le dévouement de nos Missionnaires a embrassé plus que l'univers , il a traversé tous les genres de douleur t>l de mort. On les a vus s'engloutir dans les bagnes de Constantinople, expirer, en chantant des hymnes, soua la hache de pierre des Sauvages, et verser à grands flots, sur les calvaires du Japon, ce sang du Rédempteur

Dli l'IUlSliVÉRANCE 299

qui coulait dans leurs veines. Nommez quelque désert, quelque rocher de l'Océan dédaigné par la politique et le commerce : on vous y montrera le tombeau d'un martyr de la charité catholique. Et tandis que l'amour qui anime l'Eglise semble devoir ôtre épuisé par tant de pertes, je le vois, dans le sein de la chrétienté, se reproduire sous toutes les formes, dans cette foule de congrégations religieuses, dont tous les membres, dévoués corps et ame au service de l'humanité souffrante, se donnent eux-mêmes comme une aumône : dévouement plus beau , à quelques égards , que le martyre. Car , s'il faut un effort de courage pour sacrifier sa vie, il faut quelque chose de plus pour supporter toute une vie de sacrifices.

Un journal protestant, voulant citer les deux héros de la charité chrétienne, choisit chez les catholiques Vincent de Paul, et chez les protestants, non pas un ministre, ce qui est à remarquer, mais un estimable voyageur philantrope. Un seul trait suffit pour peindre ces deux hommes. Le monument élevé dans l'abbaye de Westminster à la mémoire d'Howard, le représente tenant à la main des plans de bienfaisance en rouleaux de papier. Le pauvre prêtre catholique a écrit la sienne, comme Dieu écrivit sa puissance, dans ses œuvres, et une de ses créations est le cœur de ses vierges , héroïques mères de tous les malheureux. Qu'est-ce que le don de quelques pièces d'or, qui n'enlève pas au riche une seule de ses jouissances, en comparaison du don de soimême? Est-ce que l'on n'entend pas qu'il y a quelque

300 cailcjusmî;

différence entre un souscripteur des sociétés bibliques et une sœur hospitalière? Le mérite du dévouement catholique brille d'autant plus qu'il se cache. J'en atteste la conscience universelle : si le Protestantisme présente des administrations de bienfaisance, on cherche en vain, partout où il règne, les humbles victimes de la charité' .

Et maintenant, quelle est la source de cette charité catholique si féconde en merveilles et si supérieure à la philantropie mondaine et à la bienfaisance protestante? Demandez-le à tous ces Anges de la terre, dévoués corps et biens au soulagement des infirmités humaines; demandez-le au Missionnaire catholique perdu au milieu des Sauvages. Pour réponse, tous vous niontrerontl'Eucharistie. Oh ! oui, l'Eucharistie, voilà le véritable foyer de la miraculeuse charité de l'Eglise catholique. En voulez-vous la preuve? Partout où l'on cesse de croire ou de participer à ce mystère d'amour, la charité s éteint pour faire place à l'égoïsme et à la philantropie. Regardez, excepté chez les Catholiques qui communient , plus de dévouement héroïque au soulagement de 1 homme souffrant, plus de Missionnaires, plus de Sœurs de charité. Le Prolestant, le philantrope peut bien donner quelques pièces de monnaie, mais jamais il ne se donnera lui-môme : sa religion ne va |)as jusque-là ' .

' Voj'pz. Dogme gcnéraieur de la Pieté catholique.

■' Celte oxprcssiou , pleine de naïveté, est d'une jeune prolestante. Elle visilait avec admiration un bûpilal tenu par des religieuses françaises : Je voudrais bien être comme vous, leur disait-elle; mais je sens bien que notre religion ne va pas jusque-là!

ni: PKftsiiVKRAXCE. 301

Au contraire le Catholique qui vient de communier et qui se dit à lui-môme : Mon Dieu en personne immolé pour mon salut, vient de se donner à moi; pour son cœur il me demande le mien , pour sa vie la mienne , que puis-je lui refuser? Mais pour lui il n'a besoin de rien , il cède ses droits aux pauvres , auxmalades,aux malheureux , aux petits , ils sont ses frères ; pour eux il me demande mon cœur, il me demande ma vie. Pour payer son amour, je n'ai que cela, mais il s'en contente. Et voilà qu'une douce voix se fait entendre au fond del'ame, une volupté divine l'inonde, une impression victorieuse se fait sentir, et le Catholique ravi à lui-même se donne. Et voilà , si Dieu le demande, un Missionnaire, un Martyr, une Sœur de charité, une servante des pauvres; toute une vie de dévouement et de sacrifice.

Le feu qui a consumé l'holocauste vient-il à se ralentir, le Catholique sait le rallumer au foyer de l'amour : il revient à la Table sainte. C'est le sang qui des extrémités retourne au cœur d'où il était parti , pour en repartir encore réchauffé, purifié, et reporter à tous les membres la chaleur et la vie : voilà les merveilles de la Communion dans le monde catholique Comment se défendre d'une profonde admiration pour la sagesse du Rédempteur qui fait une loi de la Communion, et pour l'Eglise catholique qui oblige tous ses enfants à communier au moins une fois chaque année ? Tandis que Jésus-Christ et l'Eglise ne semblent s'occuper que de notre sanctification personnelle , ils procurent plus

efficacement la paix et le bonheur de la société, par cette seule loi, que tous les législateurs ensemble.

PBIÈRE.

0 mon Dieu ! qui êtes tout amour, je vous remercie de toutes les communions que j'ai faites pendant ma vie; je vous demande pardon des fautes dont je m'y suis rendu coupable.

Je prends la rcsoltilion d'aimer Dieu par-dessus toutes choses et mon prochain comme moi-même pour l'amour de Dieu; et, en témoignage de cet amour, je renouvellerai chaque année l'anniversaire de ma première Communion.

DE NOTRE UNION AVEC NOTRE SEIGNEUR LE NOUVEL ADAM, PAR LA COMMUNION. — DE LEUCHARISTIE.

Q. Quelle est la matière de l'Eucharistie?

R. La matière de lEucharistie, c'est le pain et le vin. Pour consacrer son corps et son sang, Notre Seigneur prit du pain et le bénit, en disant : Ceci est mon corps ; il prit ensuite du vin et le bénit, en disant : Ceci est mon sang.

Q. Pourquoi Noire Seigneur a-t-il choisi le pain et le vin pour la matière de l'Eucharistie?

II. Notre Seigneur a choisi le pain cl le vin pour la uialière de llMicharislie, alin de nous apprendre 1° que

UE PKRSÉVI'KANCi:. ,'505

son corps et son sang doivent être la nourriture de notre ame, comme le pain et le vin sont la nourriture de notre corps ; 2° que le but de ce Sacrement est de nous unir étroitement avec lui et avec nos frères. Comme le vin est fait de plusieurs raisins, et le pain de plusieurs grains, ainsi nous ne formons plus, après la communion, qu'un seul et même corps , composé de plusieurs membres étroitement unis.

Q. Quelle est la forme de l'Eucharistie ?

R. La forme de l'Eucharistie, sont les paroles de la consécration que le Prêtre prononce à la Messe.

Q. Que se passe-t-il au moment de la consécration ?

/?. Au moment de la consécration, le pain et le vin sont réellement et entièrement changés au corps et au sang de Notre Seigneur. Ce changement s'appelle transsubstantiation. Ce qui paraît ensuite à nos sens comme la couleur, la figure et le goût, n'est plus qu'une apparence. C'est la doctrine même du Sauveur, et la foi invariable de l'Eglise depuis son origine.

Q. Notre Seigneur est-il tout entier dans la sainte Eucharistie ?

R. Oui, Notre Seigneur est tout entier dans la sainte Eucharistie, c'est-à-dire en tant que Dieu et en tant qu'homme; son corps, son ame et sa divinité étant inséparablement unis.

Q. Notre Seigneur est-il tout entier sous chaque espèce ?

/{. Notre Seigneur est tout entier sous chaque espèce, et sous la moindre partie de chaque espèce; car

30 'l CATÉCHISME

Notre Seigneur étant vivant dans rEucharislie, il ne peut ôtre divisé.

Q. Quels sont les effets de la sainte Communion?

R. Les effets de la sainte Communion sont admirables ; car la sainte Eucharistie contient l'auteur même de la grâce. C'est pourquoi elle est le plus auguste de tous les Sacrements. Il serait impossible de dire tous les effets qu'elle produit dans les âmes bien préparées.

Q. Nommez-en quelques-uns?

R. La Communion nous donne la vie du nouvel Adam. Celui, nous dit le Sauveur, qui mange ma chair et qui boit mon sang, a la vie éternelle. C'est ainsi que par la Communion le nouvel Adam se montre vraiment notre Sauveur, en nous délivrant du plus grand des maux , la mort éternelle, et en nous rendant le plus grand de nos biens perdus, la vie éternelle.

Q. Continuez.

R. La Communion nous unit corporellement et spirituellement à Notre Seigneur, mais d'une union si étroite, qu'un Père de I Eglise la compare à celle de deux morceaux de cire fondus et mêlés ensemble. Par cette union, le Sauveur veut se faire aimer de nous et nous faire vivre de sa v e. La Communion afftiiblit l'ardeur de la concupiscence, fortifie notre ame, l'embellit, et communique à notre corps le principe de la résurrection glorieuse.

Q. Quelles sont les dispositions pour bien communier ?

R. Les dispositions pour bien communier regardent

DE l'ERSÉVÉRANCE. 30»

le corps et lame. Les dispositions du corps sont le jeûne et la modestie; celles de lame sont l'ëtat de grâce , la foi, l'espérance, la charité, Ihumilité, et un grand désir de communier atin de devenir meilleur.

Q. Quel péché commettrait celui qui communierait avec un péché mortel sur la conscience ?

R. Il commettrait le plus horrible de tous les sacrilèges. Le moyen d'éviter ce malheur, c'est de faire une bonne confession ; et le moyen de se préparer à bien communier, c'est de s'adresser, dès le matin, ces trois questions : Quel est celui qui vient? A qui vient-il? Pourquoi vient-il ? Après la communion, il faut faire l'action de grâce avec beaucoup de recueillement.

PRIÈRE

0 mon Dieu ! qui êtes tout amour, je vous remercie de toutes les communions que j'ai faites, et je vous demande pardon de toutes les fautes dont je m'y suis rendu coupable.

Je prends la résolution d'aimer Dieu par-dessus toutes choses et mon prochain comme moi-même pour l'amour de Dieu; et, en témoignage de cet amour, je renouvellerai chaque année r anniversaire de ma première Communion.

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