‹ Catéchisme de persévérance, ou, Exposé historique, dogmatique, moral et liturgique de la religion (volume 4)Chapitre 13 sur 30 · XL' LEÇON · texte numérisé non relu

XL' LEÇON

DE NOTRU UNION AVEC NOTRE SEIGNEUR LE NOUVEL ADAM , PAR LA COMMUNION

Suite du Sacrement de Pénitence, parties dont il se compose, Conlriliou , Confession, Satisfaction. — Examen de conscience, ses qualités. — Contrition, ses espèces, ses qualités, ses motifs. — Ferme propos. — Moyens de s'exciter à la Contrition. — Confession. — Avantages individuels et sociaux. — Facilité de la Confession , ses qualités. — Trait historique.

Le sacrement de Pénitence se compose de trois partics : la contrition , la confession et la satisfaction. Voici la liaison de ces trois choses. Nous offensons Dieu par nos pensées, par nos paroles et par nos actions. Il était donc jtistc, en nous soumettant aux clés de l'Eglise, d'apaiserlacolère de Dieu et d'obtenir de lui le pardon de nos péchés , par les mômes voies par lesquelles nous l' avons offensé, c'est-à-dire par nos pensées, par nos paroles et par nos actions.

Mais pour se repentir de ses péchés, il faut les connaître. De là l'indispensable nécessité de l'examen de conscience, c est-à-dire de la recherche diligente des fautes qu'on a commises depuis sa dernière bonne confession. Voici les principales qualités qu'il doit avoir et |cs moyens de le bien faire :

1" L examen de conscience doit 6tre exact. Nous devons rechercher avec soin toutes les fautes de l)ensée9, de paroles, d" actions et d'omissions que nous avons pu commettre contre les Commandements de Dieu et de l'Église, et en particulier contre les devoirs propres de notre état, depuis notre dernière bonne confession. Il faut donc voir avant tout si cette dernière confession a été bonne. Elle est telle, si nous l'avons fait précéder d'un examen suffisant, si nous lavons accompagnée d'une douleur surnaturelle, d'une entière sincérité, et d'une ferme et vraie résolution de nous amender. Si, au contraire, nous avons fait notre examen a la légère, c'est-à-dire en quelques minutes, nous contentant de ce qui nous revenait naturellement à la mémoire ; si nous avons manqué de sincérité dans la déclaration de quelque faute grave; enfin, si nous sommes retombés dans les mêmes péchés mortels, de suite après, sans combat et aussi souvent, notre confession est mauvaise ; car là où il n'y a point d'amendement, dit un Père de l'Eglise, la Pénitence est fausse '.

Pour donner à l'examen cette exactitude nécessaire, il faut le proportionner à la longueur du temps qui s'est \ écoulé depuis la dernière confession , à la multiplicité des affaires, à la variété des occasions qu'on a eues d'offenser Dieu. Il faut se reporter aux lieux qu'on a habités, aux personnes qu'on a fréquentées ; en un mot il faut imiter cette femme de l'Evangile, qui, pour retrouver sa drachme perdue, cherche dans tous les coins de sa

' Ubi emendalio nulla , Pœnitentia falsa. Tcrlull, de Pœnit.

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maison, visite tous ses meubles, rappelle tous ses souvenirs : ou pour me servir de l'expression de saint François de Sales, il faut démonter notre ame et l'examiner pièce à pièce.

2° L'examen de conscience doit être ■impartial. Il faut nous examiner comme si nous examinions un étranger, sans cela notre examen manquera d'exactitude. Ce qui doit surtout fixer notre attention, ce sont les péchés favoris, c'est-à-dire les péchés auxquels nous sommes le plus enclins, que nous commettons le plus souvent et avec le moins de remords. Oh! combien il est à craindre de se former là-dessus une fausse conscience. Il faut donc se juger et non pas plaider sa cause; «Hre juge et non avocat; ne rien craindre autant que de ne pas bien nous connaître et bien nous faire connaître, et malheureusement ce qu'on craint le plus, c'est de se voir et de se montrer tel qu'on est. Pour bien faire l'examen, il faut employer les moyens que la Foi et la raison môme nous indiquent.

1" La prière. Plus notre légèreté, notre ignorance ou nos passions nous exposent à mal faire notre examen, plus nous devons sentir le besoin de recourir à Dieu par la prière. On peut lui adresser, en le commençant, cette touchante invocation : « Source éternelle de lumières, Esprit-Saint, dissipez les ténèbres qui me cachent la laideur et la malice du péché; faites m'en concevoir, 6 mon Dieu ! une si grande horreur, que je le haïsse s'il se peut autant que vous le haïssez vous-même : je vous en conjure par le sang que vous avez répandu pour l'expier.»

2° La foi. Il faut bien se reinellrc devant les yeux que l'examen va décider de la confession, c'est-à-dire d'une action d'où dépend peut-ôtre notre salut éternel : cette pensée nous aidera merveilleusement à nous juger comme si nous devions à l'heure môme paraître devan^ Dieu. Or, ce n'est pas ici une vaine supposition. Après vous être examinés, vous paraissez effectivement devant Dieu, représenté par son ministre au tribunal de la Pénitence. Là, un jugement est prononcé pour ou contre vous, mais c'est sur les dépositions que vous faites que la sentence est réglée. Si elles sont franches et complètes, la sentence est juste, Dieu la ratifie dans le Ciel; si elles sont fausses ou incomplètes, la sentence est injuste et vous profanez ou vous rendez inutile le sang de Jésus-Christ. Il faut donc se souvenir qu'un jour Dieu fera lui-même notre examen de conscience pour nous traduire non plus au tribunal de sa miséricorde, mais au tribunal de sa justice. Heureux alors si nous nous sommes jugés avec équité!

3" Le recueillement. Pour s'examiner il faut autant qu'on le peut se retirer à l'écart, dans un lieu favorable, éloigné du bruit et du tumulte, et éviter tout ce qui pourrait nous distraire. Au reste, un excellent moyen de faciliter notre examen, c'est de contracter l'utila habitude de le faire tous les soirs. Les Payens euxmêmes conseillent celte pratique.

Après avoir reconnu ses fautes, il faut en demander pardon à Dieu. La contrition, voilà le sentiment qui doit commencer dans lame quand l'examen est fini.

C'est ici la première partie du sacrement de Pénitence. Suivant le concile de Trente, la contrition est une douleur de lame et une détestation du péché commis, accompagné du ferme propos de ne plus pécher à l'avenir ' . Le mot contrition signifie brisement de cœur. Comme les choses matérielles se brisent en morceaux lorsqu'on les frappe avec un marteau, ainsi le mot contrition fait entendre que nos cœurs endurcis par le péché, sont frappés et brisés par la force du repentir. Ce nest pas que la contrition doive être une douleur extérieure et sensible : non , elle est essentiellement un acte de la volonté. De lace mot deTertullien : Un homme qui se repent, est un homme irrité contre lui-môme.

La contrition regarde tout à la fois le passé et l'avenir. Pour le passé, elle est le regret d'avoir offensé Dieu; pour l'avenir elle est la ferme volonté de ne plus l'offenser. En effet, on comprend qu'il serait ridicule de dire qu'on est bien fâché d'une action si on n'était pas fortement résolu à ne la plus faire.

Il y a deux sortes de contrition : la contrition parfaite qui est la douleur d'avoir offensé Dieu parce qu'il est infiniment bon. Cette contrition, yoi'n/e au ucew du sacrement de Pénitence, suffit pour remettre les péchés. La contrition imparfaite qu'on appelle aussi attrition, est la douleur d'avoir offensé Dieu, conçue par le motif d'avoir perdu le Paradis, ou d'avoir mérité l'Enfer , ou de la laideur surnaturelle , mais particulière du péché : cette contrition suppose quelque commencement d amour de

' Sess. 14.

Dieu' . Pour remettre les péchés, la contrition imparfaite doit dtrc Jointe au sacrement de Pénitence. Voulez-vous bien comprendre la diflerence qui existe entre ces deux sortes de contrition et la crainte purement servile? Écoutez la parabole suivante :

Un père avait trois enfants qu'il envoyait tous les jours dans une prairie pour garder trois petits agneaux dont il leur avait donné le soin ; il arriva qu'un jour les enfants s'endormirent, et que pendant leur sommeil, les loups sortirent d'une foret voisine, se jetèrent sur les agneaux et les emportèrent. Les enfants éveillés par les bêlements plaintifs de leurs agneaux, voyant au loin les loups qui les emportaient, se mirent à pleurer et à remplir tous ces lieux de leurs gémissements et de leurs plaintes. Ils étaient tous trois inconsolables. Mais voici quelle était la cause de leur chagrin. Le plus âgé disait : Je pleure parce que mon père me battra et me mettra en pénitence pour avoir laissé emporter mon agneau; sans cela, je ne pleurerais pas. Le second disait : Pour moi, je pleure à cause des pénitences qu'on va me donner, et aussi à cause du chagrin que mon père éprouvera quand il saura que les loups ont mangé mon agneau. Le plus jeune qui pleurait plus amèrement que les autres, disait en fondant en larmes : Mon bon père sera bien^ désolé; j'aimerais mieux demeurer en pénitence toute ma vie, que de lui causer un tel chagrin'. Le premier de ces enfants, c'est le Chré-

' Hom. ap. Tract. 16. n. 14-16.

^ Méthode de Saint-Salpice. p. 273.

or.l\ CATiicnisMi-:

tien qui n'a qu'une crainte servile; le second, celui qui a la contrition imparfaite; et le troisième, celui qui a la contrition parfaite.

La contrition est absolument nécessaire. Jamais, dans aucun cas, on ne peut sans elle obtenir le pardon de ses péchés. Mais comme cette contrition peut èlro fausse et seulement apparente, il faut bien prendre garde de nous y tromper. C'est pour prévenir ce malheur que nous allons expliquer les qualités de la véritable contrition.

Pour être véritable, la contrition doit avoir quatre qualités ou conditions. Elle doit être intérieure, souveraine, surnaturelle, universelle.

1° La contrition doit être intérieure. C'est le cœur qui a péché, c'est le cœur qui, en s' attachant immodérément à la créature, a été le principe et la source du péché. La contrition, qui est le remède, doit être dans le cœur pour y détruire 1" amour désordonné de la créature. L'ordre ne peut être rétabli que là où il a été violé. Aussi, les larmes, les protestations, les gémissements , toutes les marques extérieures de rep^'ntir, ne sont que des illusions et des mensonges si la volonté n'est pas changée. Dieu ne s'en contente pas; ce qu'il veut, c'est un cœur contrit et humilié. Convertissez-vous à moi, nous dit-il en cent endroits des saintes Ecritures , non pas de bouche, et du bout des lèvres, mats du fond de voire cœur' . Quoi de plus juste et de plus raisonnable !

' Joël. c. 2.

ni. ri'RSI TÉKANT.E. .•;?5

Bien que ces larmes cl ces protestations de repentir soient souvent trompeuses, comme l'expérience l'apprend, et comme nous le voyons par l'exemple d'Antiochus, néanmoins ces marques extérieures de repjret procèdent quelquefois d'une douleur intérieure et véritable d'avoir péché; douleur si vive, qu'elle afiligesen- • siblement le pécheur et le fait fondre en larmes. Telle était la douleur de David qui nous dit qu'il s'était lassé à force de gémir, et que chaque nuit il arrosait son lit de ses pleurs. Telle était la douleur de Madeleine qui arrosa de ses larmes les pieds du Sauveur dans la maison du Pharisien. Telle était la douleur de saint Pierre qui pleura amèrement sa faute. Heureuses larmes qui coulent d'une semblable source! Elles arrosent le Ciel, amollissent la terre, éteignent le feu de l'Enfer, et effacent l'arrêt de mort prononcé contre le pécheur ' .

1" La Contrition doit être sowyerame . Il faut que le péché mortel nous déplaise plus que tout autre mal qui puisse nous arriver, et que nous soyons plus fâchés de l'avoir commis, que nous ne le serions d'avoir [)erdu ce que nous avons de plus cher. La raison en est simple. Par le péché mortel , nous avons perdu Dieu. Dieu est le plus grand de tous les biens. Pour être raisonnables et vraiment contrits, il faut que nous soyons plus fâchés de cette perte que de toutes les autres ; il faut que le péché qui nous fait perdre Dieu, soit de tous les maux celui que nous craignions et détestions davantage. S'il en est autrement, notre contrition n'est pas souveraine. Nous

• s. Pet. Clirvsnl. Sevm. 93.

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préférons encore la créature au Créateur, Barrabas h Jésus-Christ. Combien nous devons rougir d'avoir tant de peine à exciter en nous cette contrition souveraine ! Saint Clément, martyr, ayant été pris, fut emmené devant le juge. Celui-ci espérant de le faire apostasier, fit apporter de l'or, de l'argent, de la pourpre, des pierres précieuses, et promit au Saint de lui donner tout cela s'il voulait renoncer à Jésus-Christ. Le Saint, humilié de voir qu'on mît son Dieu en parallèle avec toutes ces choses, et qu'on lui fît une pareille proposition, se contenta de soupirer et de hausser les épaules.

Cependant, pour que la douleur soit souveraine, il n'est pas nécessaire qu'elle soit la plus sensible de toutes les douleurs, c'est-à-dire que nous éprouvions les mêmes impressions de peine , que nous versions les mômes larmes, que nous poussions les mêmes sanglots qu'à la perte de nos parents, par exemple. Pourquoi ? Parce que tandis que l'ame est unie au corps, elle est plus émue par les objets sensibles que par ceux qui ne tombent pas sous les sens. Il suffit que nous soyons intérieurement décidés, moyennant la grâce de Dieu, à souffrir tous les maux plutôt que de commettre un seul péché mortel ' .

' Quelques personnes timorées ne sentant pas actufiUement celte disposition à tout souffrir, lu mort, par exemple, plutôt que de commettre un péché mortel , se troublent et craignent de n'avoir pas la contrition. Il faut leur faire remarquer que la grâce de subir ces redoutables épreuves ne leur étant pas aciiicllcmcnt nécessaire, il n'est pas étonnant qu'elles ne trouvent pas en elles celte disposition sensible à les souffrir. Elles doivent pour lemomcnt Otre disposées à faire lous les sacrifices que Dieu demande

DE PERSÉVÉHANCE. 337

3" La contrition doitôlre universelle. Il faut détester tous les péchés mortels qu'on a commis, sans en excepter un seul. On ne peut vraiment haïr un péché mortel sans haïr en même temps tous les autres, parce que Dieu est offensé par tous. On serait encore ennemi de Dieu si l'on conservait de la complaisance ou de l'affection pour. un seul péché mortel, parce que tout péché qui sépare l'ams de Dieu , est incompatible avec son amour. Le Sauveur , pour nous faire comprendre que nous devons nous repentir de tous nos péchés sans aucune réserve, guérit le corps et l'ame du paralytique; et quand il chassait les démons du corps des possédés, il les chassait tous , y en eût-il des légions ' . Les personnes sujettes à de mauvaises habitudes, sont très-exposées à faire ces exceptions funestes.

4° La contrition doit être surnaturelle . Se repentir de ses péchés, à cause des chagrins qu'ils nous causent, de la honte ou des châtiments qu'on en craint aux yeux des hommes ou des maux temporels qui en peuvent être la suite, c'est en avoir une douleur toute naturelle et tout humaine. Cette douleur ne suffit pas pour en obtenir le pardon devant Dieu. ïl faut une douleur surnaturelle, c'est-à-dire produite par un mouvement de la grâce, et fondée sur les motifs que la foi nous découvre ; <:ar elle doit avoir Dieu pour fin, et détester le péché

d'elles actuellement ; et pour les autres, compter sur sa grâce qui De leur manquera pas au besoin. Dieu est Gdùle, et il ne permettra pas que vous ioyez tentées au-dessus de vos forces.

' Auctor. lib. de vera et falsa prenit. inter opéra D. Aug. c. 'J.

comme étant une oft'ense de Dieu. x\insi, la contrition est un don de Dieu . L' homme ne peut se repentir comme il faut sans l'inspiration et le secours du Saint-Esprit. Le péché ayant donné la mort à l'ame, il est impossible qu'elle puisse ressusciter sans le secours de Dieu qui est l'auteur de la vie '.

Nous avons dit que la contrition regardait tout ensemble le passé et l'avenir. Pour le passé, c'est le regret d'avoir offensé Dieu ; pour l'avenir, c'est la résolution de ne plus l'offenser. Cette résolution se nomme ferme propos. Il est évident que le ferme propos est une partie essentielle de la contrition. Ainsi, il doit avoir les mômes qualités , ou pour parler plus exactement , le ferme propos n'est que la contrition elle-même en tant qu'elle regarde l'avenir. Cette disposition de ne plus offenser Dieu est absolument nécessaire ; sans elle , celui qui a la prétention de se repentir est un homme qui se trompe ou qui cherche à tromper Dieu. C'est un homme qui tient ce langage : « Je suis bien fâché d avoir offensé Dieu, je lui en demande pardon, mais je ne suis pas résolu à ne pas recommencer. » Si votre ennemi venait vous adresser de semblables paroles, ne prendriezvous pas ses excuses pour une dérision, et son repentir pour une feinte? Pour être reçue de Dieu, la contrition V ,doit donc être par rapport à l'avenir comme par rapport au passé : intérieure, souveraine, universelle, surnaturelle. On a lieu de se rendre le consolant témoignage que telle a été notre contrition lorsqu'on a pris soin de

I Con. trld. Sess. 14. c. 6. et Sess. 6. cm\. 2.

Dli PlinstVÉRANCE. 3o9

luit non-seulement le péché, mais encore les occasions à\\ péché .

Quant aux motifs de nous repentir, la Foi nous en propose deux principaux, la crainte et l'amour de Dieu. Voici la manière dont un suint Evoque du siècle dernier en faisait usage. Il commençait par adresser à Dieu des prières ferventes pour obtenirla contrition. En cela il suivait l'exemple de saint Charles, archevêque de Milan, qui passait quelquefois trois heures à genoux avant de se confesser, pour demander à Dieu le repentir de ses offenses. C est aussi par la prière que nous devons comrïiencer. La contrition est un don de Dieu : si nous voulons l'obtenir, il faut la demander.

Après avoir prié, notre saint Evêque faisait trois stations : la première dans l' Enfer , la seconde dans le Ciel , et la troisième sur le Calvaire. Il entrait d'abord, par la pensée, dans le lieu des tourments, et y voyait la place qu'il Croyait avoir méritée, au milieu du feu dévorant et éternel, dans la société des démons et des réprouvés. Il remerciait le Seigneur de ne l'y avoir pas précipité ; il le priait de lui faire miséricorde, et lui demandait la grâce dont il avait besoin pour s'en préserver. Il montait ensuite dans le séjour de la gloire et du bonheur. Il gémissait de ce que par le péché il s'en était fermé les portes, il suppliait le Seigneur de les lui ouvrir, et invoquait les Saints. Ces deux premières stations avaient pour but d'exciter dans son ame une vive crainte de Dieu. De la crainte il passait à l'amour. C'est pour cela qu'il faisait sa troisième station sur le Calvaire. Là, fixant altentive-

ZàO CATÉCHISME

ment avc^ amour l'image de son Sauveur crucifié, il se disait à lui-même : Voilà mon ouvrage ; je suis la cause des douleurs que Jésus-Christ a endurées ; j'ai coopéré avec les autres pécheurs à couvrir de plaies le corps d'un Homme-Dieu, à le crucifier, à lui donner la mort. 0 Jésus ! quel mal m'aviez-vous fait? comment ai-je pu vous traiter ainsi, vous qui m'avez aimé jusqu'à l'excès, vous que je devrais aimer d'un amour infini, si je pouvais aimer infiniment? C'est parce que vous êtes infiniment aimable, que je vous aime et que je me repens de vous avoir offensé.

Dans cet exemple, nous trouvons tout ensemble les motifs de contrition et les moyens de nous y exciter. Suivons-ls,etnous pourrons espérer de ne jamais manquer de cette condition indispensable au sacrement de Pénitence,

Une autre partie essentielle du sacrement de Pénitence, c'est la confession. La confession est r accusation de ses j)échcs faite à un Prêtre approuvé, pour en obtenir l'absolution. Voici, sans contredit, le moyen le plus propre à réformer nos mœurs. La preuve en est bien claire : lorsqu'on veut mener une vie sainte, ou se v\ vA convertir après une vie de péché, on se confesse. Au contraire, lorsqu'on veut s'abandonner à ses passions, on cesse de se confesser. C'est à la confession que l'on doit en grande partie tout ce qu'il a plu à la bonté infinie de Dieu do conserver en ces temps-ci, dans son Eghse de sainteté, de piété et de religion. Est-il étonnant que toutes les passions se soient liguées avec l'ennemi du

genre humain pour détruire ce dogme qui est comme le rempart de la vertu chrétienne? Mais la violence même de leurs attaques est une preuve excellente de sa nécessité, de son efficacité et de ses avantages'.

Oui, la confession est nécessaire d'abord à l'homme. 1° Elle le guérit. L'orgueil est le premier de nos vices. C'est la source de tous les autres péchés, le principe do nos malheurs. L'orgueil ne peut être guéri que par l'humilité, et l'humilité ne peut être produite que par l'humiliation. L'acte le plus humiliant pour l'homme dégradé c'est le récit franc, complet de sa vie, de ses pensées, de ses désirs et de ses paroles : la confession est ce récit. Donc, de tous les moyens de briser notre orgueil, le plus efficace, c'est la confession. Le nouvel Adam nous aimait trop, il voulait trop sincèrement notre régénération, pour nous épargner ce remède salutaire. Et voilà pourquoi il a établi et commandé la confession .

2° Elle l'instruit. Après avoir consacré l'homme par le Baptême, la Confirmation et l'Eucharistie, et lui avoir ainsi révélé la dignité de son être et la noblesse de ses destinées, l'Eglise catholique continue cet enseignement dans le secret de la confession. Mon fils, lui dit-elle, vous êtes un mélange de grandeur et de bassesse; si vous élevez votre tête jusqu'aux Cieux, des pieds vous louchez à la terre : en vous est le germe de tous les vices aussi bien que de toutes les vertus. Vous portez deux hommes en vous : ils sont toujours en

' Ciitéch, Con. Trid. art, Coiif.

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guerre. Je vais vous mettre en garde contre I homme ennemi qui n'aspire qu'à vous dégrader. Oh ! que cette révélation est importante ! quelle foule d'écueils, de démarches imprudentes, de fautes, dont une seule suffit pour empoisonner la vie, sont prévenus par la confession !

En cflFet, dans le secret du tribunal sacré, un amj sage, ierme, incorruptible, expérimenté, plonge son regard éclairé par la foi, jusqu'au fond du cœur de l'enj fimce , de l'adolescence, de Vù.ae mûr et de la vieillesse; car il a des leçons de sagesse pour tous les âges et des remèdes pour tous les maux. Il voit, il saisit, il dévoile les artifices cachés des passions, il signale au pénitent une foule de vipères naissantes que l'amour-propre, l'inexpérience, la légèreté, la préoccupation, l'empêchent d apercevoir, et qui néanmoins grandiraient bien vite et lui déchireraient les entrailles; il le met, quelque soit son Age ou sa position , en garde contre une foule d'illusions et de maximes dangereuses; d'une main ferme il trace à chaque état la ligne de ses devoirs , et affermit nos pas dans la route de la vertu qui est, môme dès cette vie , la route du bonheur. Qu'est-ce qui peut, dites-moi , remplacer ces salutaires leçons? Ni le père, ni la mère, ni l'ami ordinaire, ne connaissent le dernier mot du cœur de leur enfant ou de leur ami. Il est des sccrels que f homme ne peut et ne veut révéler qu'à Dieu. Qu'ils sont donc, aveugles , pour ne rien dire de plus, les parents qui éloignent leurs enfanls de la confession et qui croient jxtnvnir obtenir le monopole de leur

DE TERSÉVÉIUNCE. oZ|o

confiance? Ah 1 ils ne savent guère comment le cœur de l'homme est fait.

Aussi , plein d'admiration pour les heureux effets de la confession, un philosophe non suspect s'écriait dans le dernier siècle : « Quel préservatif pour les mœurs, de l'adolescence, que l'usage et l'obhgation d'aller tous les mois à confesse ' !

3° Elle le réhabilite. Non-seulement la confession, instruit l'homme dans l'art de combattre ses ennemis, elle le réhabilite encore à ses propres yeux, lorsqu'il est devenu coupable, et lui rend le courage de la vertu. Voyez ce qui se passe dans le jeune homme, surtout au moment où il commet son premier péché : qu'il est amer, grand Dieu! le fruit qu'il vient de goiîter! «Me voilà flétri! J'ai manqué à toutes mes promesses; la robe de mon Baptême est souillée, l'alliance de ma première Cornrauniott, brisée. Jésus-Christ n'est plus dans mon cœur, je ne suis plus son enfant, je suis déshonoré aux yeux des. Anges » L'infortuné ! il l'est aussi à ses propres yeux; il ne peut plus descendre au fond de lui-môme sans rougir. Et voilà qu'il devient triste, chagrin, à charge à luimême et aux autres: la nuit approche et il a peur de mourir ; le jour reparaît, et il est empoisonné par le remords . Voilà ce qui se passe dans l'homme la première fois qu'il tombe dans une faute grave, surtout après sa première Communion. Oh ! qu'il est à plaindre !

Que va-t-il devenir? L'esprit tentateur qui lui avait promis le bonheur pour l'engager à devenir coupable,

' Marmontel.

.^A/i CA'if.cnisMi;

change tout à coup ses balleries. Pour le retenir dans le mal , il grossit à ses yeux l'énormité de sa faute, il en augmente la honte ; il lui exagère les difficultés du pardon; surtout il lui monire l'impossibilité absolue de reconquérir sa vertu tout entière. Et un grand ennui lui saisit le cœur, il se décourage; de nouvelles chutes arrivent, il désespère de pouvoir rompre ses chaînes; et, de guerre lasse, il s'abandonne à toute la fougue de ses passions : et voilà des larmes dans une famille, des scandales dans la société, des infirmités honteuses, une vieillesse avant le temps, bientôt peut-être un suicide de plus. Parcourez les villes et les campagnes, descendez dans le secret de la vie, et dites si ce n'est pas là de Ihistoire contemporaine, de l'histoire journalière?

Or, qu'est-ce qui réduit l'homme, le jeune homme surtout, à cet état? Si vous avez étudié son cœur, répondez : n'est-ce pas le plus souvent par le désespoir de no pouvoir désormais reconquérir sa vertu tout entière, qu'il fait peu d'efforts pour retourner à elle? n'est-ce pas encore par le découragement on son ame se trouve plongée, qu'il finit par cesser d'aspirer à régler sa vie , et par lâcher les rênes à sa volonté inconstante? Eh bien! cette sorte d impuissance pour la vertu, à laquelle le vice réduit l'homme, cesse dès que vous offrez à l'homme un moyen sûr et facile de réhabilitation, jiarcc que là il retrouve toute la vigueur de son ame. Oui, c'est une nécessité de notre nature, il faut à l'homme coupable un moyen de réhabilitation, sans cela vous n'en tirerez, aucun parti

DE PEUSl'VÉnANCF.. 3/l5

Pourquoi les peines infamantes, les bagnes, par exemple, no rendent-ils pas l'homme meilleur? Parce qu'au lieu de le réhabiliter ils le couvrent aux yeux de la société d'une flétrissure éternelle. Or, une vie flétrie, flétrie sans retour, sera toujours une vie inutile ou dangereuse. Mais ce moyen de réhabilitation qui vous le" donnera? le monde? Non, car la réhabilitation, c'est le pardon, c'est la paix avec Dieu rendue et notifiée : le monde n'a pas mission pour cela. Le trouverez-vous dans les sectes religieuses où la confession sacramenteHe est supprimée? Pas davantage. Il est vrai, les Protestants ont conservé l'aveu des péchés, fait à Dieu sans le secours du tribunal et des formes sacramentelles; mais il n'y a plus ici de moyen efficace qui parle aux sens, qui pénètre l'esprit et le cœur d'une religieuse confiance. Il n'y a plus dans cet aveu des fautes, qu'un secours que nous avons déjà dans la prière; une chose essentielle manque, c'est l'acte de juridiction divine, auquel le Ciel a attaché la grâce du pardon. La sentence de rémission n'est pas prononcée au coupable. Il ne peut, quoiqu'il fasse, se dire à lui-même : « Aujourd'hui le Ciel m'a pardonné, aujourd'hui mes premières erreurs sont oubliées, la vie de l'homme immortel recommence en moi, elle recommence pure et sainte, et il m'est donné cette fois de pouvoir aspirer a une grande vertu sans mélange de vice, w

Il ne peut se nourrir de ces consolantes pensées : il ne peut y puiser le courage et la hardiesse du bien. Il fut coupble, il lésait; ne l' est-il plus, il n'en sait rien; pcr-

3Zj6 CATÉCHISME

sonne ne le lui dit : personne qui ait autorité pour cela. Et combien de tristesse dans cette incertitude ! combien elle laisse douteux le renouvellement des mœurs ! De là ce mot qui fend le cœur et qui trahit si bien l'impuissance de la confession protestante : Que vous 6tes heureux, nous disaient naguère quelques-uns de nos frères séparés, quevousêtes heureux de pouvoir vous confesser!

En effet, le sort du jeune Catholique est bien différent? Que dis-je, du jeune Catholique, ah ! il faut dire du Catholique de tout âge, quelque coupable qu'il soit. 11 sait qu'un tribunal de miséricorde est établi où Dieu même, ce Dieu qu'il a offensé, et avec qui il doit faire sa paix, réside dans la personne de son ministre. Il sait que ce Dieu lui promet la paix et le pardon entier, parfait, quelles que soient ses iniquités; il a cette consolante certitude que la parole de paix qui retentira à son oreille sera ratifiée dans le Ciel. Ici nul doute, nulle inquiétude, il aura de son pardon, de sa réhabilitation, toute la certitude qu'il peut moralement obtenir : cette certitude fait sa joie, double ses forces pour recommencer une vie nouvelle ; et voilà dans son cœur le courage, dans ses yeux de douces larmes, dans la famille un membre édifiant, et dans la société un citoyen utile, parce qu'il est vertueux.

De ces miracles de réhabilitation , il n'est pas un Prêtre qui, dans sa carrière sacerdotale, n'en voie et n'en opèrq un grand nombre. Pour mieux faire apprécier tout ce qu ils ont d'utile cl de consolant, nous allons en citet un seul pris entre mille.

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« Un ancien officier de cavalerie passait un jour par un lieu où le P. Brydaine donnait une mission. Curieux dentendre un orateur d'une si grande renommée, il entra dans l'église lorsque ce Missionnaire. après les exercices du soir, développait dans un avis l'utililc et la méthode d'une bonne confession générale.' Le militaire, touché, forme à l'instant la résolution de se confesser, vient aux pieds de la chaire, parle au P. Brydaine, et se décide à rester à la mission ; sa confession fut faite dans les sentiments d'un vrai pénitent. Il lui semblait, disait-il, qu'on ôtait de dessus de sa tôle un poids insupportable. Le jour où il eut le bonheur de recevoir l'absolution, il sortit du tribunal témoin de ses aveux, versant des larmes que tout le monde lui vit répandre. Rien ne lui était si doux, disait-il, que ces pleurs qui coulaient sans efTort par amour et par reconnaissance. Il suivit le saint homme, lorsqu'il se rendit h la sacristie, et là, en présence de plusieurs Missionnaires, le loyal et édifiant militaire exprima en ces termes les sentiments dont il était animé :

a Messieurs, écoutez-moi de grâce, et vous particu- » lièrement, P. Brydaine : je n'ai goûté de ma vie des » plaisirs si purs et si doux que ceux que je goûte depuis » que je suis en grâce avec mon Dieu : je ne crois pas » en vérité que Louis XY , que j'ai servi pendant trente- » six ans, puisse être plus heureux que moi. Non, ce y> prince dans tout l'éclat qui environne son trône, au » sein de tous les plaisirs qui l'assiègent, n'est pas si ^> content, si joyeux que je le suis, depuis que j'ai dé-

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)) posé l'horrible fardeau de mes péchés. » A ces mots, se jetant aux genoux deBrydaine, ethii serrant les mains : « Que je dois, ajouta-t-il, rendre d'actions de grâces à » mon Dieu! il m'a conduit dans ce pays comme par la » main . Ah ! je ne pensais , mon père, à rien moins qu'à » ce que vous m'avez fait faire. Je ne puis vous oublier » jamais. Je vous conjure de prier le Seigneur qu'il » me laisse le temps de faire pénitence : il me semble > que rien ne me coûtera , si Dieu me soutient. »

Rien ne me coûtera!! Voyez-vous l'efTet de celte parole : vous êtes pardonné! Comprenez-vous ce que peut sur l'homme la certitude de sa réhabilitation? Quelle énergie pour la vertu! voilà les forces de l'ame doublées! quelle ardeur pour le bien! c'est au point que la sagesse du confesseur est quelquefois obligée d'en modérer les transports. Tels sont les miracles de la confession; et ces miracles, chaque Prêtre peut en raconter aujourd'hui, même dans ce siècle, où la confession méconnue, est si généralement abandonnée.

Voilà quelques-uns des bienfaits de la confession à l'égard de l'individu. Que dirons-nous de ses avantages relativement à la société ?

D'où pensez-vous que viennent tous les crimes qui inondent la terre, troublent les familles, et bouleversent les empires? N'est-ce pas du cœur de l'homme? n'est-ce pas là que se conçoivent , que se préparent , que se mûrissent tous les for laits dont chaque joiir nous sommes les témoins ou les victimes? Pour sauver la société, pour y faire régner la bonne foi, la justice, le dé-

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sintéressemcnt , h pureté des mœurs , il faut doiïc commencer par faire régner toutes ces vertus dans le cœur de l'homme. Mais qui s'en emparera? qui pénétrera jusque dans ses profondeurs pour le purifier et le rendre bon ? Les lois humaines peuvent bien opposer quelque digue au torrent, mais il ne leur est pas donné. d'en tarir la source ! Elles agissent sur les actions : les désirs et les pensées, principes des actions, leur échappent. A la Religion seule est réservé ce pouvoir salutaire. Mais comment l'exercera-t-elle ? par quelle voie pénétrera-t-el le jusqu'au fond du cœur humain?

Sans doute la prédication est un moyen pour la Religion de parvenir au cœur de l'homme; mais le discours s' adressant à tous en général, ne s'adresse à personne en particulier. Chacun en prend ou en laisse, suivant ses dispositions ou son degré de connaissance. D'ailleurs, l' amour-propre, si habile à nous tromper, nous empêche souvent d'y voir ce qui est pour nous ; plus souvent le courage nous manque pour nous en faire une généreuse application. Delà, l'inutilité malheureusement si générale aujourd'hui du discours public, pour la réforme de nos mœurs»

Quel moyen reste-t-il dès-lors à la Religion de porter le remède au fond de nos plaies. Ah ! vous l'avez nommé; vous l'avez nommé en tremblant, peut-être, tant vous savez qu'il est efficace. Ce remède, c'est la confession. Là, dans le secret du tribunal sacré, le cœur se dévoile tout entier. Là, le Prêtre, homme de Dieu, défenseur incorruptible de ses droits ; le Prêtre , ami ferme et

sincère du coupable , le Prêtre , médeciu charitable , joint à tous les moyens de connaître le malade, toute l'autorité pour appliquer le remède à ses plaies. Il brijle, il coupe, il retranche, sans respect humain et sans miséricorde, tout ce qui est gangrené ; moins que tout le reste il épargne la fibre délicate, la passion favorite qui, pour échapper à la destruction, se cache jusque dans les derniers replis de la conscience.

Le mal connu et avoué, le confesseur songe à la guérison; et le voilà qui substitue aux pensées fausses, aux affections déréglées du vieil homme, conséquemment anti-sociales , les pensées vraies, les affections saintes de l'homme nouveau; en un mot, il communique à l'esprit et au cœur une vie nouvelle, vertueuse et par conséquent sociale.

Viennent ensuite des avis parfaitement appropriés à l'état actuel du pénitent, parce que le confesseur le connaît, et qui prémunissent ce cœur encore si faible contre de nouvelles rechutes. C est ainsi que la confession applique, approprie la Religion aux besoins de chaque homme; c'est ainsi qu'elle l'implante dans le cœur de l'individu, par conséquent dans le cœur môme de la société. C'est ainsi qu'au tribunal de la Pénitence, le Prêtre est l'homme de la société, le plus utile défenseur de ses intérêts, le grand réparateur de ses maux.

Trouvez un seul intérêt public ou privé, moral ou matériel, que la confession ne protège, et ne protège mille fois plus efficacement que les magistrats armés de t-<jute l'autorité des lois humaines. Elle protège la sainte

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tiutorité des parents et des rois contre l'insubordination des enfants et des peuples ; la vie morale et môme physique des enfants contre la négligence et le mauvais vouloir des parents ; l'innocence, la réputation, la propriété, la vie, la tranquillité de tous contre les passions coupables qui les menacent, passions dont le germe se trouve dans le cœur de tous les enfants d'Adam. Oui, hommes aveugles! qui avez le malheur de ne plus vous confesser; pères, mères, négociants, riches et pauvres, jamais vous ne saurez tout ce que vous devez à la confession. Depuis long-temps, peut-être, le déshonneur pèserait sur ce que vous avez de plus cher ; la calomnie aurait flétri votre nom ; l'injustice aurait ébranlé votre fortune ; une coupe d'amertume aurait abreuvé votre vie sans la confession. Que dis-je? sans la confession il en est peutêtre plusieurs de ceux qui s'en moquent et qui la méprisent, qui n'auraient jamais vu le jour. Qui que vous soyez, qui lisez ces lignes, pouvèz-vous vous dire que vous n'êtes pas de ce nombre ?

Pour résumer en quelques paroles ce raisonnement sur la nécessité sociale de la confession , je dis : Point de société sans croyances et sans mœurs ; point de croyances ni de mœurs sans Religion ; point de Religion vraiment efficace sans son application à la société ; point d'application réelle et vraiment efficace de la Religion à la société sans la confession. La preuve en est que le premier devoir qu'on rejette quand on veut s'affranchir de la Religion, c'est la confession. On sait que c'est là ce qui met le Christianisme en contact réel, efficace, avec

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