XLIX' LEÇON
BUT DK NOTRE UNIOX AVKC LR NOUVEL ADAM
Jôsus-Chrlst , modèle de notre vie extérieure. — Modèle des supérieurs. — Des inférieurs. — De tous les liommes en général dans leurs devoirs envers Dieu, envers leur» semblables et envers eux-mêmes. — Modèle de tous les ûges. — De tous les États.
Ce n'est pas assez que nos pensées et nos afFections soient conformes à celles de Notre Seigneur, il faut encore que nos actions soient semblables aux siennes. Comme nous avons porté dans tout notre être limage de l'homme terrestre, nous devons aussi porter dans tout notre être l'image de l'homme céleste. Intérieurement et extérieurement, nous devons vivre comme le nouvel Adam a vécu. Il a voulu passer par tous les âges, par toutes les positions, afin de laisser à tous les hommes des exemples à imiter. Nous allons donc le considérer comme le modèle universel de notre conduite, quel que soit notre âge ou notre position.
Tous les hommes se divisent en deux grandes classes : les uns commandent et les autres obéissent.
1° Notre Seigneur est le modèle de tous les supérieurs en général , c'est-à-dire de tous ceux qu'il a élevés au-dessus des autres, en les faisant dépositaires d'une
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partie de son autorité. Ils sont tons ses lieutenants pour le bien. Lui-même a été le premier de tous les supérieurs, et sa vie se résume en trois mots : // a passé en faisant le bien. Cette vie, il la continue dans l'adorable sacrement de l'Autel. Aujourd'hui, comme autrefois,, on peut dire de lui : Il passe en faisant le bien. Et voilà ce qu'on doit pouvoir dire de chaque supérieur et graver sur sa tombe : Il a passé en faisant le bien. Ce n'est que pour (aire du bien aux hommes, que Dieu les a revêtus de son autorité. Or, le bien de l'homme, c'est sa fin; sa (in, c'est son salut ou la possession de Dieu. Pour passer en faisant le bien, les supérieurs doivent donc regarder comme le premier de leurs soins, et le plus sacré de leurs devoirs, le salut de leurs inférieurs. En est-il ainsi?
2° Notre Seigneur est le modèle de tous les inférieurs en général , et sa vie se résume en deux mots : // était soumis à Joseph et à Marie. L'obéissance pleine, entière, simple, constante en vue de Dieu, voilà le grand devoir des inférieurs. // leur était soumis , voilà ce qu'on doit pouvoir dire de tous les inférieurs et graver sur leur tombe. Cet exemple de soumission absolue, le Sauveur continue de le donner dans la sainte Eucharistie. Il se soumet au Prêtre avec la même docilité qu'à Joseph et à Marie ; le Prêtre l'appelle du Ciel et il vient ; il lui dit de rester dans le Tabernacle, et il y reste ; de visiter les malades , et il les visite ; de se donner aux Fidèles^ et il se donne.
Le nouvel Adam est aussi le modèle de tous les hommes. 1° Dans leurs devoirs envers Dieu. Qui fut
j)lus religieux que lui ? où son Père trouva-t-il jamais de plus parfait adorateur ? Il l'aima, il l'adora en esprit et en vérité; il chassa avec indignation les profanateurs de son Temple, et sa vie religieuse se résume dans ces trois mots : // fut un avec son Père; il procura toujours sa gloire, et il lui fut obéissant jusqu'à la mort, et à la mort de la Croix. Et voilà aussi ce qu'on doit pouvoir dire de chacun de nous à notre dernier soupir, et graver sur notre tombe : Il aima Dieu, il procura sa gloire et lui fut soumis jusqu'à la mort. Il faut môme qu'on puisse ajouter : Il fut toujours prêt à donner son sang pour lui, s' il eût été nécessaire. Cet exemple de religion , le Sauveur continue de nous le donner dans la sainte Eucharistie. Adorateur de son Père, Prédicateur de sa gloire, victime de l'obéissance, modèle de charité, il continue sa vie de religion qu'il commença dans la Judée.
2° Dans leurs devoirs les uns envers les autres. Et sa vie se résume en ces mots : // a aimé les hommes, il leur a fait du bien, il a versé son sang pour eux. Aimer, pardonner et souffrir, voilà aussi ce qu'on doit pouvoir dire de chacun de nous, et ce qu'on doit pouvoir graver sur notre tombe. Admirable exemple que le Sauveur continue de donner dans l'Eucharistie! là, il continue d'aimer les hommes d'un amour poussé jusqu'à l'excès, jusqu'à la passion, jusqu'à la folie, dit saint Augustin ; là, il continue de leur pardonner et de demander grâce pour eux; là aussi il continue de souffrir et de souffrir sans se plaindre.
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3" Dans leurs devoirs envers eux-mêmes. L'Iuimililt' opposée à lorgueil, la chasteté opposée à l'amour des plaisirs, la pauvreté opposée à l'amour des richesses, voilà quelles furent les vertus qui brillèrent dans la personne du nouvel Adam ; voilà celles qui doivent briller en chacun de nous. Combattre notre orgueil, notre amour des plaisirs et des richesses , est le devoir sacré que chacun de nous doit remplir envers lui-même. Et ces exemples d'humilité, de pureté, de pauvreté, le Sauveur continue de nous les offrir dans le Sacrement de l'autel .
S'il s'est anéanti dans le mystère de l'incarnation, ne faut-il pas avouer que dans l'Eucharistie, se repliant, se resserrant tout entier sous la moindre parcelle d'une hostie consacrée, il rend l'humilité de son incarnation plus étendue, se faisant plus petit et s'anéantissant davantage sur nos autels que dans la crèche? Oh ! oui, c'est avec raison que les Pères de l'Eglise ont appelé ce divin mystère une extension de lincarnation, c'est-àdire une incarnation réitérée plus hautement et comme plus étendue que la première. C est la perfection de l'humilité du nouvel Adam.
Il fut pur, il fut vierge, le Fils de la Vierge, celui qui voulut avoir un père nourricier vierge, un disciple bienaimé vierge, qui permit bien à ses ennemis de l'appeler blasphémateur et séditieux, de porter sur lui leurs mains homicides et de le crucifier comme un malfaiteur; mais qui ne leur permit jamais une parole, un doute, l'ombre d'un doute sur son infinie pureté. Admirable chasteté ! qu'il fait briller de tout son éclat sous nos yeux, au fond
de son sanctuaire. Il ne veut que des Prêtres vierges, il veut que tout ce qui l'environne annonce la pureté des Anges ; il est dans ce Sacrement avec tous ses sens , et il n'en fait point usage : tout en lui est divin. Bien plus, il y est comme le principe de toute chasteté. C'est en buvant son sang adorable que nous purifions le nôtre ; c' est à cette source qu'ont bu toutes les vierges.
Dans 1 Eucharistie, le Sauveur est encore un modèle de la plus parfaite pauvreté. Oh ! c'est bien là qu'il est le Dieu pauvre. Il fut pauvre à la crèche, à la Croix; mais dans l'Eucharistie n'est-il pas dans un état plus pauvre encore ? N'est-ce pas un état bien pauvre et bien misérable de ne vivre que d'emprunt, avec dépendance d'autrui , detre mal logé, pauvrement couvert, mal reçu et plus mal traité, être en dignité souveraine et n'en point porter les marques ? A la crèche, une étoile miraculeuse annonce sa gloire et sa naissance ; au Calvaire les astres et les éléments confondus publient sa divinité; mais dans l'Eucharistie tout se tait, il reste dans le plus profond abaissement, il est roi et il cache son sceptre et sa couronne. Voilà sa vie au saint Sacrement. Tandis qu'il conversait parmi les hommes, il n'avait ni retraite assurée, ni lieu pour reposer sa tète; et dans l'Eucharistie il n'a que des maisons d'emprunt, il n'est logé que là où nous voulons bien . Combien d'autels mal parés, combien d'Eglise pauvrement ornées, combien de lieux abjects et d'endroits misérables où notre délicatesse ne voudrait pas habiter, dans lesquels cependant il repose, proche et publie hautement sa pauvreté !
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Notre Seigneur est le modèle accompli de tous les âges. Il a parcouru toute la carrière de la vie humaine et laissé à chaque âge des exemples à imiter.
Il fut petit enfant, et avant de pouvoir faire usage de. ses pieds, il se présente au temple de Jérusalem, il s'offre à son Père, et dans ce premier âge, sa vie se résume en ces mots : En tête du livre de ma vie il est écrit : Voici que je viens, Seigneur mon Père, pour accomplir votre sainte volonté. Ainsi doit se résumer la vie du jeune enfant chrétien ; le premier usage de sa raison doit être une offrande de lui-môme et de sa vie tout entière à celui qui la lui a donnée. A l'Eucharistie, où il s'incarne tous les jours entre les mains du Prêtre, le Sauveur répète encore après sa naissance mystérieuse, ces mêmes paroles : Voici que je viens, à mon Dieu, pour accomplir votre sainte volonté.
Dans la jeunesse; il travaille et il obéit, et sa vie se résume en ces mots : Je fus dans les travaux depuis mon enfance. Et il travaillait et il obéissait en vue de Dieu, et voilà l'Évangile de la jeunesse : Evangile vivant, toujours ouvert sous nos yeux. En effet, dans la sainte Eucharistie, elles sont nombreuses, continuelles, les occupations du Sauveur : prier, adorer, demander grâce, parler à nos cœurs, exciter les remords, encourager notre faiblesse, dissiper nos erreurs, éclaircir nos doutes, voilà son travail et il dure jour et nuit depuis dix-huit siècles sur tous les points du globe.
Dans l'âge miàr; il se fatigue, il ne se donne ni repos ni paix parce qu'il a un grand ouvrage à faire, le
salut du monde; et sa vie se résume en ces mots : // élait fatigué du chemin , et il passait la nuit en prières . Prier et travailler pour accomplir la volonté de Dieu, voilà le modèle, je le dirai, la condamnation de l'Age mûr. Cet âge ne prie plus, ne travaille plus pour Dieu, mais pour la terre. Les affaires, les affaires, et toujours les affaires, c'est-à-dire les bagatelles de la vie, des châteaux de cartes que le souffle de la mort vient renverser à chaque instant, voilà ce qui absorbe toute son attention, tous ses soins, toute sa vie. Cependant l'exemple d'une conduite contraire ne lui manque pas. Notre Seigneur, dans l'Eucharistie, le donne continuellement ; son détachement universel nous crie du fond du tabernacle : Que sert à l'homme de gagner l'univers s'il vient à perdre son ame? Insensé, cette nuit on viendra vous demander votre ame, et ce que vous avez amassé, à qui sera-t-il? Imitez votre modèle, travaillez comme lui pour votre salut, cherchez avant tout le royaume de Dieu et tout le reste vous sera donné comme par surcroît.
Dans les derniers moments; l'approche de la mort, loin de ralentir le zèle du nouvel Adam, semble lui donner pins d'ardeur, et cette partie de sa vie se résume en CCS mots : Ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, il les aima jusqu à la fin. Jamais ses entretiens ne furent plus louchants, plus instructifs; de tendres adieux, des bénédictions abondantes, sortirent de sa bouche divine jusqu'au moment où, modèle parfait de rhomr.ic pour qui le monde n'est plus rien, tandis que
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Dieu est tout, il prononça ces paroles, les dernières qui doivent se trouver sur les lèvres d'un Chrétien mourant : Mon PcrCf je remets mon esprit entre vos mains. Voilà le modèle de tous ceux dont la dernière heure approche. La fin de leur vie doit se résumer comme celle du Sauveur en ces mots : Ayant aimé les siens qui étaient en ce monde, il les aima jusqu'à la fin. Oui, les aimer, non pas de l'amour du vieil Adam qui, au moment de tout quitter, ne songe qu'à l'or, qu'à l'argent, qu'aux domaines qu'il va laisser à d'avides héritiers. Au lieu de consacrer ses dernières heures à édifier les siens , à les bénir, et à se recommander lui-môme à Dieu devant qui il va paraître; au lieu de penser à l'éternité dont les portes vont s'ouvrir, il ne songe qu'à la terre qu'il va quitter.
Certes, ce n'est pas la faute du nouvel Adam. Tous les jours il nous présente dansl Eucharistie, comme autrefois sur le Calvaire, le modèle d'une mort chrétienne. Au sacrement de nos Autels, le Sauveur montre qu'il aime les siens jusqu'à la fin, car en s'immolant chaque jour pour eux et pour la gloire de son Père, au milieu d'un dénuement universel, il leur donne une bien touchante leçon de détachement, d'amour mutuel et de confiance en Dieu.
Jésus-Christ n'est pas seulement le modèle de tous les âges, il l'est encore de tous les états. De même que Dieu a mis dans chaque créature quelques caractères de sa divinité, quelques vestiges de ses perfections adorabjes; de même il a voulu que chaque profession rc-
présentât quelqu'une des qualités et des perfections du nouvel Adam. De cette sorte, Notre Seigneur est le modèle de tous les états, puisque tous sont réunis en lui; car il est l'homme, l'homme se manifestant sous tous les rapports et dans toutes les conditions. C'est lui qui place chacun dans son état, et il veut que chacun dans son état partage ses dispositions et ses sentiments.
Il rend les Evèques et les Prêtres participants de son sacerdoce; car il est le souverain Prêtre, et il veut que comme lui ils soient appelés de Dieu et non par les hommes à celte haute dignité. Il veut qu'ils représentent au monde sa sainteté parfaite et qu'ils soient comme lui saints, sans tache, séparés des pécheurs, humbles et plus détachés des créatures que le commun des Chrétiens. Il veut qu'ils soient comme lui la lumière du monde, le sel de la terre, les consolateurs de tous les malheureux. II veut qu'ils portent comme lui les péchés du peuple et en fassent pénitence, sans jamais participer à sa corruption ; qu'ils veillent sur chacune des brebis du troupeau confié à leur sollicitude, les nourrissant du pain de la parole et des Sacrements, disposés à donner leur vie pour les sauver du péché et de l'Enfer. Tous ces exemples, il les donne sans cesse aux Prêtres dans sa vie eucharistique.
Il rend les rois participants de sa royauté; car il est Roi. C'est la qualité qu'il a prise lui-même et qu'on lui a donnée. Il a été assis sur le trône de David son père, et saint Jean le vit portant ce grand nom gravé sur ses
vêtements : Roi des rois, Seigneur des seigneurs' , et il s'est servi de son autorité pour détruire le royaume du démon et pour établir celui de Dieu. Or, il veut que les rois de la terre se servent de leur autorité dans les mômes vues, avec dépendance de lui-même, qu'ils doivent respecter comme leur Dieu et leur Souverain, à qui ils doivent rendre hommage en se soumettant à lui et obéissant à ses lois, comme il obéit lui-même aux lois de son Père. Il veut que comme lui, les rois de la terre gouvernent les peuples selon les règles immuables de la justice éternelle et de la sagesse divine . Il veut que comme lui ils défendent leurs sujets, protègent les innocents, prennent en main la cause des petits, des faibles et des opprimés, sans se laisser surprendre par les flatteries de ceux qui les approchent, et qu'enfin ils soient disposés à mourir s il le faut, comme lui, pour le salut de leur peuple. Tous ces exemples, il les donne sans cesse aux rois dans sa vie eucharistique.
Il rend les pères et mères participants de sa palernité. Le nouvel Adam a contracté un mariage ineffable avec l'Eglise; il a pris à son égard le litre d'époux, et lui a donné celui d'épouse ; il veut que les personnes mariées représentent dans leur mariage l'union toute sainte qui existe entre lui et son Eglise. Il veut que les époux aiment leurs épouses , comme lui-même a aimé l'Eglise, et s'est livré à la mort pour la sanctifier et la rendre sans tache et sans ride. Et il veut que les épouses aiment leurs époux comme 1 Eglise
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l'aime lui-môme, leur soient soumises comme l'Église l'est à son divin Epoux. Il veut que comme lui et l'Eglise, les époux no fassent avec leurs épouses qu'un seul esprit et qu'un seul cœur par la conformité de leurs sentiments, pour concourir à leur mutuelle sanctification et à celle de leur famille, afin que dans toute leur conduite, ils honorent l'alliance et la société du Fils de Dieu avec notre nature, et celle de Jésus-Christ avec son Eglise.
Il a voulu prendre la qualité de Père des Chrétiens et il l'est en effet selon l'esprit, et il a voulu avoir des enfants adoptifs dont l'Eglise est la mère. Il veut que les pères et mères aiment leurs enfants d'un amour saint, comme lui-même et l'Église aiment les leurs. Il veut qu'ils emploient tous leurs soins à conserver à leurs enfants la vie spirituelle qu'ils ont reçue au Baptême, ou à les aider à la recouvrer lorsqu'ils ont eu le malheur de la perdre, comme lui-même et l'Église le font pour leurs enfants. Il veut que les pères et mères apprennent à leurs enfants à se renoncer eux-mêmes, à porter leur croix chaque jour, à mé|)riser les biens du monde et ce qu'on appelle grandes fortunes, comme lui-même et l'Église l'apprennent à leurs enfants. Tous ces exemples le Sauveur les donne sans cesse aux époux et aux parents dans $a vie eucharistique.
Il veut que les pauvres représentent sa pauvreté. Le nouvel Adam a voulu naître, vivre et mourir pauvre. Il a choisi cet état si opposé à l'esprit du monde , comme le plus propre pour réparer les désordres que
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l'amour des biens de la terre causait parmi les hommes, pour nous apprendre à les mépriser et à chercher notre bonheur dans la possession des biens spirituels. Il a voulu être le premier des pauvres, le chef et l'ami des pauvres. Il veut qu'à son exemple les pauvres supportent avec amour et patience leur pauvreté ; ne ' murmurent jamais contre la Providence, acceptent en paix toutes les peines attachées à leur condition. Il veut qu'à son exemple les pauvres cherchent à gagner leur vie par le travail. Et si après avoir employé leurs soins et leurs travaux ils se trouvent dans la misère, il veut qu'à son exemple ils reçoivent avec reconnaissance et sans rougir , les aumônes de leurs frères. Il veut qu'à son exemple les pauvres ne désirent pas de sortir de leur état pour devenir riches et grands dans ce monde, puisque lui-même prit la fuite lorsqu'on voulut le faire Roi; et que l'Apôtre nous assure que tous ceux qui veulent devenir riches tombent dans la tentation et dans les pièges du démon, en divers désirs insensés et pernicieux qui les précipitent dans l'abîme de la perdition'. Tous ces exemples, le Sauveur les donne sans cesse aux pauvres dans sa vie eucharistique.
Il veut que les vierges représentent sa virginité. Le nouvel Adam voulant racheter le monde, a choisi l'état de virginité préférablement à tout autre, comme étant le plus saint, le plus parfait, le plus propre pour les fonctions toutes divines de son ministère, le plus conforme au dessein qu'il avait de détacher les hommes de l'amour
1 1. Timolh.vr, P.
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des plaisirs des sens, source trop ordinaire des désordres qui régnent dans le monde. Il veut que les vierges apprennent de lui quel amour elles doivent avoir pour cette vertu, et de quelle manière elles doivent vivre dans leur état. Pour leur faire connaître combien il aime la virginité , il a voulu que son corps fût formé du sang d'une vierge : que ce fût dans le sein de cette mère Vierge que son corps et son ame fussent consacrés à Dieu son Père comme une hostie sainte et sans tache, pour racheter les hommes par le sacrifice d'une victime vierge. Il veut quà son exemple les vierges se regardent comme consacrées à Dieu, pour le servir lui seul et pour honorer la sainteté et la pureté infinie de sa personne divine. Il veut qu'à son exemple elles vivent comme des Anges dans un corps mortel , comme si elles n'avaient des yeux que pour regarder le Ciel, des oreilles que pour entendre parler de Dieu, une langue que pour prier et publier ses louanges, un esprit que pour contempler ses grandeurs, un cœur que pour l'aimer, enfin, un corps que pour l'offrir à Dieu comme une hostie sacrifiée par la pénitence et la mortification. Tous ces exemples, le Sauveur les donne sans cesse aux vierges dans sa vie eucharistique.
Il veut que les personnes persécutées représentent ses vertus au milieu des persécutions. Le nouvel Adam, dont la doctrine et la vie étaient entièrement opposées à celles du monde, a été méprisé, haï, persécuté par le monde. Pour ses bienfaits il a reçu des ingratitudes; pour ses miracles, des blasphèmes; pour sa doctrine,
(les censures. Il a été contredit [tendant sa vie et après sa mort et il le sera jusqu'à la fin des temps dans l'Eucharistie et dans tous ses membres. Il nous a laissé sa Croix en héritage et il veut que nous la portions comme lui. Il veut qu à son exemple nous soyons, au milieu de toutes nos peines, tranquilles comme une brebis qu'on mène à la boucherie, et que nous n'ouvrions pas plus la bouche pour nous plaindre qu'un agneau qui demeure muet devant celui qui le tond '. Il veut que nous n'attribuions point nos peines à nos persécuteurs, mais à la puissance et à la justice de Dieu , disant comme il disait lui-môme àPilate : Vous n auriez aucun pouvoir sur moi s il ne vous avait été donné d'en haut \ Il veut qu'à son exemple nous n'ayons pour ceux qui nous font du mal que des bénédictions sur les lèvres et la charité dans le cœur; car il pria pour ses bourreaux. Tous ces exemples, le Sauveur nous les donne sans cesse dans sa vie eucharistique.
Enfin le nouvel Adam est le modèle de tous les hommes dans toutes leurs paroles et leurs actions, et sa vie se résume en trois mots : // a bien fait toutes choses, et il veut que nous nous appliquions à bien faire toutes les choses que nous faisons tous les jours ; c'est de là qu'il fait dépendre notre perfection et notre salut. Or, pour faire nos actions d'une manière méritoire pour le Ciel, trois conditions sont nécessaires : 1° la pureté d'intention; 2° des circonstances convenables; 3° l'état de grâce.
, Act. VIII. 23.
2 Jean. 19. 11.
Ainsi, le premier fruit de notre union avec le nouvel Adam est de nous faire vivre comme lui sur la terre, de nous rendre parfaits comme notre Père céleste luimôme est parfait, d'assurer ainsi notre bonheur autant que le bonheur peut être compatible avec les misères inséparables de l'exil.
Le second, c'est de nous faire vivre de sa vie glorieuse dans le Ciel. Comme le nouvel Adam, nous sommes rois. Si, sur la terre, nous portons comme lui une couronne d'épines, dans le Ciel nous porterons avec lui une couronne de gloire . Si nous lui ressemblons par notre sainteté sur la terre, nous lui serons semblables dans le Ciel par la participation de son bonheur. Oui, la consommation de l'homme en Dieu pendant toute l'éternité , voilà le but de toute la Religion , et le dernier mot de toutes choses.
PRIÈRE
0 mon Dieu î qui êtes tout amour, je vous remercie d'avoir bien voulu passer par tous les états afin de les sanctifier et de m' apprendre à m'y conduire saintement ; faites-moi la grâce de remplir envers vous les devoirs attachés à ma vocation particulière, afin que je partage votre gloire dans l'éternité.
Je prends la résolution d'aimer Dieu par-dessus toutes choses et mon prochain comme moi-môme pour l'amour de Dieu; et, en témoignage de cet amour, je veux bien faire mes actions de chaque jour.
DE PERSÉVÉRANCE. VJl
BUT DE NOTRE UNION AVEC NOTRE SEIGNEUR LE NOUVEL ADAM
Q. Notre Seigneur est-il aussi le modèle de notre vie extérieure î
R. Oui, Notre Seigneur est aussi le modèle de notre vie extérieure ; il faut que nos actions aussi bien que nos pensées et nos sentiments soient conformes aux siens, afin que tout en nous porte 1 image de l'homme céleste, comme tout a porté 1" image de l'homme terrestre.
Q Notre Seigneur est -il le modèle de tous les hommes ?
y». Notre Seigneur est le modèle de tous les hommes, car tous les hommes se divisent en deux grandes classes : les uns commandent et les autres obéissent.
Q. Notre Seigneur est-il le modèle des supérieurs?
7^. Notre Seigneur est le modèle des supérieurs et sa vie est renfermée en trois mots : Il a passé en faisant le bien. Ainsi doivent faire ceux qu'il a rendus dépositaires de son autorité.
Q. Notre Seigneur est-il le modèle des inférieurs?
/î. Notre Seigneur est aussi le modèle des inférieurs, et sa vie est renfermée dans ces trois mots : Il était soumis à Joseph et à Marie.
Q. Notre Seigneur est-il le modèle des hommes dans l'accomplissement de leurs devoirs envers Dieu? T. IV. 57
R. Notre Seigneur est le modèle des hommes dans l'accomplissement de leurs devoirs envers Dieu et sa vie est renfermée dans ces mots : Il aima Dieu son Père et lui fut obéissant jusqu'à la mort, et à la mort de la Croix .
Q. Notre Seigneur est-il le modèle des hommes dans l'accomplissement de leurs devoirs envers leurs semblables ■?
R. Notre Seigneur est le modèle des hommes dans l'accomplissement de leurs devoirs envers leurs semblables et sa vie est renfermée dans ces mots : Il a aimé les hommes et a versé son sang pour eux.
Q. Notre Seigneur est-il le modèle de l'accomplissement de nos devoirs envers nous-mêmes ?
R. Notre Seigneur est le modèle de l'accomplissement de nos devoirs envers nous-mêmes. Il nous a donné et il nous donne encore dans l'Eucharistie l'exemple de l'humilité, de la pureté et du détachement.
Q. Notre Seigneur est-il le modèle de tous les âges?
R . Notre Seigneur est le modèle de tous les ùges ; dans sa première enfance , il se consacre à Dieu son Père dans le temple de Jérusalem ; dans sa jeunesse, il travaille et il obéit ; dans son âge mûr, il prie et s'occupe de la gloire de son père ; à ses derniers moments , il donne ses dernières instructions à ses Apôtres et remet son ame entre les mains de son Père.
Q. Notre Seigneur est-il le modèle des dilTéreuts états et conditions?
R Notre Seigneur est aussi le modèle des différents
états et conditions. Comme chaque créature représente quelques-unes des perfections de Dieu , il veut que chaque état représente quelques-unes de ses qualités et de ses vertus. Il veut que les Prêtres représentent sa sainteté , les rois son autorité , les époux son amour pour lEglise , les parents sa paternité divine , les pauvres sa pauvreté , les vierges sa virginité , ceux qui souffrent, ses vertus au milieu des persécutions qu'il endura ; et il veut que tous pratiquent les vertus divines que chaque état doit représenter.
Q. Notre Seigneur est-il le modèle de toutes nos actions?
R. Notre Seigneur est le modèle de toutes nos actions et sa vie est renfermée dans ces trois mots qu'on doit pouvoir dire de chacun de nous : Il a bien fait toutes choses .
Q. Redites-nous quel est le but de notre union avec le nouvel Adam?
R. Le but de notre union avec le nouvel Adam c'est de nous rendre Saints comme lui sur la terre et heureux avec lui dans le Ciel. C'est la fin de toute la Religion.
PRIÈRE
0 mon Dieu ! qui êtes tout amour, je vous remercie d'avoir bien voulu passer par tous les états, afin de les sanctifier et de m'apprendre à m'y conduire chrétiennement ; faites-moi la grâce de bien remplir les devoirs attachés à ma vocation particulière.
Je prends la résolution d'aimer Dieu par -dessus
toutes choses et mon prochain comme moi-même pour l'amour de Dieu; et, en témoignage de cet amour, je veux bien faire mes actions de tous les jours.