XXXV*^ LEÇON
DE NOTRE UNION AVEC NOTRE SEIGNEUR LE NOUVEL ADAM , PAR LA COMMUNION
Malicre et forme du Baptôme. — Baptême par immersion , par infusion , par aspersion. — Baplème d'eau, de ftu, de sang. — Ministre du Baptême. — Parrains et Marraines. — Leurs devoirs. — Effets du Caplôme. — Vœux et obligations du BaplCrae. — Explication des cérémonies et des prières qui accompagnent l'administration du BaptOme. — Avantage social du Baptime.
D(! tout ce que nous avons dit dans la leçon précédente, il est facile de conclure combien le Baptême est un Sacrement auguste et important, voyons maintenant ce qui la constitue. Deux choses constituent les Sacrements : la matière et la forme. La matière ou l'élément du Baptême, c'est toute espèce d'eau naturelle, l'eau de mer, de rivière, de marais, de puits, de funlainc, tout ce qui porte simplement le nom d'eau. Remarquons ici l'infinie bonté de Notre Seigneur. Le Sacrement de Baptême étant absolument nécessaire à tous, sans aucune exception, pour le salut, il a choisi pour en devenir la matière, l'eau qui se trouve toujours et partout sous la main de tout le monde. D'ailleurs, l'eau représente très-bien l'eiïet du Baptême ; elle lave les souillures du corps et par \i\ elle exprime sensiblement l'action
DE PEHSÉVÉRANCE. 193
ilu Baptême sur lame (}ii'dle purifie de ses p6clié>. ï)o plus, l'eau a la propriété de refroidir le corps, comme le Baptême a la vertu d'éteindre en grande partie l'ardeur des passions.
La (orme du Ba[)tôme, ce sont les paroles que le Ministre prononce en versant l'eau sur le corps du baptisé. Les voici : Je te baptise au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Ces paroles doivent être prononcées non avant ou après l'ablution, mais pendant que l'ablution se fait, et par celui-là même qui la fait, autrement le Baptême serait invalide. C'est sur la tête préférablement à toute autre partie du corps, que l'eau doit être versée , parce que la tête est comme le siège où aboutissent ^' '^ À tous les sens intérieurs et extérieurs.
L'Église admet trois façons d'administrer le Baptême d'une manière valide : en plongeant le baptisé dans l'eau, Baptême par immersion : en versant l'eau sur lui , Baptême par infusion : en la répandant sur lui, soit avec la main, soit avec un aspersoir, Baptême par aspersion.
Le Baptême par immersion était le plus usité dans les premiers siècles de l'Eglise. Le Prêtre et le parrain, si le baptisé était un homme, le Prêtre et la marraine, si c'était une femme, le tenant par la main, descendaient avec lui les marches des fonts sacrés ; de dessus la dernière , ils le plongeaient trois fois dans l'eau salutaire. Ces trois immersions, sans être nécessaires à la validité du Baptême, remontent cependant aux premiers temps du Christianisme ' : elles se faisaient au nom et en
' Tertul. de coron. MU. c. 3.
1 i>û CATÉCHISME
rhonneur des trois personnes de la Sainte-Trinité. Le Baplème par immersion a été en usage jusqu'au quatorzième siècle ; il est encore pratiqué dans plusieurs églises de l'Orient. Le Baptême par infusion est seul en usage parmi nous, il était déjà connu dans les premiers siècles. On l'administrait de la sorte dans les cas de nécessité et cette nécessité n'était pas rare. Comment , par exemple, plonger tout entier dans l'eau un homme malade, prêt à expirer? Comment un martyr, renfermé dans une étroite prison, aurait-il pu trouver assez d'eau pour y plonger ses gardes ou son geôlier qui se convertissaient à la vue de ses miracles ou en considérant sa patience et son courage? Enfin , le Baptême par aspersion a lieu dans le cas de nécessité . Peu importe au reste qu' on fasse une ou trois ablutions, le Baptême avec une ou plusieurs ablutions a toujours été regardé comme valide, mais il faut observer le rit prescrit par l'Eglise.
On distingue trois sortes de Baptême . Le premier est le Baptême à'eau, c'est le Sacrement ; le second est le Baptême de feu, c'est le désir de recevoir le sacrement de Baptême ; le troisième est le Baptême de sang, c'est le martyre. Le second et le troisième ne sont pas des Sacrements. On les appelle Baptêmes parce qu'ils purifient l'ame de ses péchés et suppléent le défaut du Sacrement lorsqu'on ne peut le recevoir.
Les ministres du sacrement de Baptême sont les Èvêques et les Prêtres. Cependant, dans les premiers siècles de l'Église, avant l'établissement des paroisses qui furent nommées Titres , comme les Evêques gou-
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vernaieiit leurs diocèses immédiatement et conjointement avec leur clergé, c'était ordinairement l'Évoque, comme premier Pasteur , qui administrait solennellement le Baptême, surtout à Pàque et à la Pentecôte. Cet usage subsistait encore au sixième siècle.
Dans la suite, quand le peuple de la campagne eut. embrassé la Religion chrétienne, les Evêques ne purent plus suffire seuls à donner le Baptême. On établit donc des baptistères dans les campagnes, pour la commodité des habitants à qui il aurait été fort à charge d'apporter de si loin leurs enfants dans la ville épiscopale pour les baptiser , surtout dans les grands diocèses de France et d'Allemagne. Dès-lors, les Prêtres baptisèrent ordinairement dans les petites villes et dans les villages où l'Evêque ne résidait pas , et les Diacres conféraient ce Sac-^ment dans les endroits où il n'y avait point de Prêtre. Cependant, les Diacres ne pouvaient et ne peuvent administrer le Baptême, sans la permission de l'Evoque ou du Prêtre.
Autrefois , les ministres du Baptême étaient et devaient être à jeun pour conférer cet auguste Sacrement. Toute l'Eglise même jeûnait pour attirer sur les Catéchumènes les regards favorables du Seigneur. Cette obligation du jeûne dut cesser lorsque la coutume de donner le Baptême tous les jours et à toutes les heures fut établie. Les ministres de l'Eglise se paraient pour cette grande cérémonie de leurs habits les plus magnifiques. Constantin-le-Grand avait fait présent à lEglise de Jérusalem d'un ornement tissu d'or, afin que I Evêque s'en revêtît lorsqu'il administrerait le Baptême.
Enfin, par un trait de son infinie bonté, Notre Seigneur a bien voulu que dans le cas de nécessité le Baptême piît être administré, mais sans cérémonie, par toute personne, même du peuple, homme ou femme, de quelque religion qu'elle soit. Dans ce cas de nécessité, le Baptême est également valide, qu'il soit donné par un Juif, ou par un Infidèle, ou par un Hérétique, pourvu qu' en baptisant il ait l' intention de faire ce que fait l'Eglise catholique, quand elle administre ce Sacrement. Ainsi, tous les Fidèles doivent connaître la manière de conférer le Baptême, puisqu'ils peuvent se trouver dans la nécessité de le donner. On prend de l'eau bénite, ou à son défant de l'eau naturelle de citerne ou de fontaine; on la verse sur la tête de l'enfant de manière qu'elle la touche, en disant : Je te baptise au nom du Père, et on verse l'eau en forme de f , ef du Fils, et on continue de verser l'eau en forme de f, cl du Saint-Esprit , et on achève de verser l'eau en for-
4mant une troisième f. Ajoutons encore que les parents sont rigoureusement obligés de faire baptiser leurs enfants aussitôt après leur naissance : s'ils meurent sans Baptême , ce qui peut très-bien arriver dans cet ûge fragile, ils sont responsables de leur perte'.
Outre toutes les personnes qui peuvent conférer le Baptême, il y en a d'autres qui concourent encore à cette cérémonie d'une manière différente. Ce sont les parrains et marraines. L'usage d'en donner à ceux qui se présentent pour recevoir le Baptême, remonte au
' Conf. d'Aug. /. vMi. 73.
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commencement de l'Eglise '. Les parrains et marraines présentaient les Catéchumènes, les surveillaient pendant leur catéchuménat , les recevaient au sortir des l'onts sacrés, en répondaient à l'Eglise et se rendaient garants de leur foi. C'est pour cela qu'on les nommait rvpondanls et cautions. Plus tard, on leur a donné celui de parrains et marraines, c'est-à-dire autres pères et mères, parce qu'ils concourent à la naissance spirituelle du baptisé.
Rien de plus sage que cette coutume. Pour s'en convaincre, il suffit de se rappeler que le Baptême est une régénération spirituelle par laquelle nous devenons enfants de Dieu. C'est ainsi que parle saint Pierre : Comme des enfants nouvellement nés, désirez le lait spirituel et tout pur"". Belles paroles que dans la primitive Église on adressait, on expliquait aux nouveaux baptisés, huit jours après leur bonheur. Or, dès qu'un enfant est venu au monde, il a besoin d'une nourrice et d'un maître. La première, pour lui donner les aliments nécessaires; le second, pour l'instruire plus tard dans les arts et les sciences. Ainsi, ceux qui viennent de naître à Jésus-Christ par le Baptême, ont besoin d'être confiés à la sagesse et aux soins de quelqu'un qui les forme à la pratique des vertus, qui les instruise des préceptes de la Religion et les fasse croître peu à peu dans le nouvel Adam, jusqu'à ce qu'ils deviennent avec la §racedeDieu, des hommes parfaits.
' Const. ap. Ttrliill. liv. 1. du Bapt., etc. " i. Petr. 2. 2.
1 98 CA lÉCHISMK
Tel est le devoir , telles sont les fonctions des parrains et marraines. Voici ce qu ils promettaient dans les premiers siècles de l'Eglise et cequ ils promettent encore aujourd'hui par cela seul qu'ils acceptent leur titre : Je promets d'exhorter cl d'engager soigneusement cet enfant, lorsqu'il sera en âge de comprendre la Religion, à renoncer à tout ce qui est mal, à professer sa foi et à remplir exactement les promesses qu'il fait maintenant à Dieu'. Quoique la plupart n'y songent guère, celte obligation subsiste encore aujourd'hui dans toute sa force; mais elle ne dure que jusqu'au moment où les filleuls sont en état de se conduire eux-mêmes. Il en est des parrains comme des tuteurs et curateurs : leurs obligations cessent lorsque les personnes confiées à leurs soins sont en état de s'en passer. Les rapports entre les parrains, marraines et leurs filleuls sont donc bien intimes et bien sacrés. Aussi, c est avec une profonde sagesse que l'Kglise a établi dos le commencement une affinité spirituelle entre celui qui baptise et celui qui est baptisé ; entre le parrain ou la marraine et son filleul, et le père et la mère de celui-ci; d'où il résulte que le mariage ne peut se contracter entre ces personnes, et que si on le contracte, il est réellement nul.
Par ce que nous avons dit des devoirs des parrains et marraines, il est fiicile de voir quels sont ceux à qui on ne doit pas coniier une fonction si sainte.
Toutes les préparations qui précédaient autrefois le Baptême, tout ce concours de circonstances solennelles
' St. Denis de Ecct. kicrosohjm. cap. 1. p. 3.
qui en accompagnent ladminislration, n ont rien qui étonne quand on réfléchit A la grandeur de ce Sacrement. Jugeons-en par les efl'els qu'il produit : 1" il efi'ace le péché originel et tous les péchés actuels quon a commis avant de le recevoir, quelques énormes qu'ils soient. Telle est la doctrine constante de l'Eglise, formellement définie par le saint Concile de Trente ' ; â'' il remet toutes les peines dues aux péchés, de sorte que celui qui meurt incontinent après son Baptême, entre sans délai dans le Ciel; c'est encore la doctrine constante de lEglise'.
L'ignorance et la concupiscence qui demeurent en nous après le Baptême, sont bien des suites du péché originel, mais ne sont pas des péchés. Le nouvel Adam n'a pas voulu en délivrer l'homme pendant cette vie pas plus que des infirmités corporelles, afin qu'il se souvînt d'où il est tombé, que cette terre fût pour lui un lieu d'exil, qu'il y vécût dans l'humiliation et la défiance de luimême et que ces sortes de misères fussent un exercice continuel à sa vertu, lui donnassent lieu de mériter, et le fissent soupirer vers le Ciel où sa délivrance sera entière et parfaite.
3° Le Baptême nous fait enfants de Dieu. C'est là que nous devenons participants de la vie du nouvel Adam . Ainsi, la grâce du Baptême est une grâce inhérente à notre ame qui en efface toutes les taches, en purifie
' Sess. 5. c. 5; St. Aug. Hb. 1. contra d(ias epist. Pelag. c. 15. Stem. Grf g. lib. 9. ep. 39 ; con. Yietin. et Florent, in mater. Sacram.
^ St. Aug. lib. 1. de pecc merît. et remiss. c. 89 ; St. Ambr, In c. ii. ad Rem. D. Thom. p. 8. q. 66. art. 2. Greg. lib. 7. rcglst. epist. 24.
toutes les souillures, qui lui communique toutes les vertus infuses et les dons du Saint-Esprit, qui la rend belle et agréable à Dieu, qui nous incorpore à Jésus- Christ comme des membres à leur chef, et fait que Dieu nous adopte pour ses enfants et nous rend les héritiers de son royaume et les cohéritiers de Jésus-Christ. Tel'e est encore la doctrine de l'Eglise'.
4" Le Baptême nous fait enfants de l'Eglise. Il nous met au nombre des Fidèles , nous donne droit aux Sacrements et nous fait participer à tous les autres biens de l'Eglise. Sans le Baptême, nous ne serions pas capables de recevoir les autres Sacrements , si bien que l'ordination de celui qui aurait été ordonné Prêtre sans avoir été baptisé, serait absolument nulle et il faudrait la lui réitérer après r avoir baptisé . C" est encore la doctrine de l' Eglise '; 5° le Baptême imprime dans lame un caractère ineffaçable qui empêche de recevoir ce Sacrement une seconde fois. De même, dit saint Augustin, que selon l'ordre de la nature nous ne pouvons naître qu'une seule fois, ainsi, il n'y a qu une seule régénération spirituelle et jamais le Baptême ne peut être recommencé ^
Tels sont les effets du Baptême. Ils sont les mêmes pour tous, à ne considérer que la vertu du Sacrement; mais si Ion fait attention aux dispositions de ceux qui le reçoivent, il est bien certain que chacun en retire des
• Concil. Vienu. de Summa Tvinit. et fide cailwl. con. Trid. Sess. 6. c. 7. et can. 11. dejusiif.
* Si quis du chap. Vcnicns de Presby. non Baptis.
' Aug. Tract, ii. t>i Joan. con. Trid. Sess. 7. de Baptis, can. 11. et 13.
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fruits plus ou moins abondants suivant l'état de son cœur.
Quant aux obligations que nous contractons au Baptême, elles sont fondées : t°sur les promesses que nous y faisons à Dieu et qu'on appelle vœu.v, et il n'en est point de plus sacrés, dit saint Augustin ; 2" sur les dons inestimables que Dieu nous y fait. On redemandera beaucoup, dit le Sauveur, à celui à qui on aura beaucoup donné'. Ces obligations consistent : 1° à demeurer perpétuellement attachés à Jésus-Christ, à suivre son Evangile comme la règle de nos croyances et de nos mœurs, parce que le Baptême est une profession solennelle du Christianisme ; 2° A demeurer toujours unis à l'Eglise, à lui obéir et à ses Pasteurs, parce que le Baptême nous fait membres du corps mystique dont Jésus-Christ est le chef, c'est-à-dire de l'Eglise , hors de laquelle nous ne pouvons vivre de l'esprit de Jésus-Christ : qui n'a pas l'Eglise pour mère ne peut avoir Dieu pour père ' ; 3° à renoncer à tout ce qui est contraire à la vie que doivent mener les enfants de Dieu.
II est fort à propos de renouveler souvent les promesses du Baptême pour s'exciter à les accomplir, pour éviter de s'engager dans les pompes du siècle, et pour réparer les fautes qu'on a faites contre ces vœux solennels. Cette excellente pratique est souvent recommandée par les Pères de l'Eglise ^
■ Luc. c. 12.
^ St. Cyp. de unit, eccel.
^ Amb. lib. deiisqidinHianiur. mysler. St. Chrys. homil. 21. ad pop. Aniioch.
Venons maintenant à l'explication des prières et des cérémonies qui accompagnent l'administration du Baptême. Mieux que tous les discours, elles nous feront connaître et la dignité de ce Sacrement , et la grandeur à laquelle il nous élève, et l'obligation de sainteté qu'il nous impose. Pour rendre respectables, môme aux yeux de la raison, les prières et les cérémonies du Baptême, il suffit de dire qu'elles sont les mêmes qu'aux premiers jours, du Christianisme. Cette belle, cette vénérable antiquité qu'on aime tant aujourd'hui , qu'on recherche partout, nous la trouvons toute vivante dans les cérémonies du Baptême actuellement en usage. Si quelques-unes, en très-petit nombre, ne sont plus usitées, leur suppression même est une preuve de la sage sollicitude de l'Eglise. En voici deux exemples.
La triple immersion fut supprimée par le pape saint Grégoire dans les églises d'Espagne, parce que certains Hérétiques de ce paysprétendaient autoriser leurs erreurs sur la Trinité par cette triple immersion de laquelle ils inféraient et tâchaient de persuader aux autres qu'il y avait trois substances dans la Trinité. De même, l'usage de donner du lait et du miel aux nouveaux baptisés fut aboli, parce que dans certains endroits on s'était mis sur le pied de mêler le lait et le miel dans le calice avec le vin qui devait être consacré, ce qui est défendu. L'usage de donner le lait et le miel avait continué jusqu'au neuvième siècle.
nii PLRsHVÉRANCi:. 203
Et maintenant, pour bien comprendre les cérémonies du Baptême, il faut savoir que l'Eglise réunit aujourd'hui les cérémonies du catéchuménat à celles qui accompagnaient l'administration même du Sacrement. Nous allons expliquer celles qui précèdent, qui accompagnent et qui suivent le Baptême.
1" Cérémonies qui précèdent le Baptême. Ces cérémonies sont celles de l'ancien catéchuménat, le détail suivant va nous en convaincre. Lorsqu'un enfant est né, une humble femme le prend entre ses bras, et, accompagnée d'un parrain et d'une marraine, elle se rend à l'Eglise. Sur le seuil de l'édifice sacré, un Prêtre l'attend et l'arrête. Ce Prêtre est revêtu d'un surplis dont la blancheur rappelle l'innocence; d uneétoleàdeux faces, violette d'un côté et blanche de l'autre. La couleur violette, employée par l'Eglise dans les jours de tristesse et de deuil, indique ici l'état malheureux où le péché a réduit l'homme coupable. Après les exorcismes dont le but est de chasser le démon de cette petite créature de Dieu, le Prêtre retourne son étole et la couleur blanche qui se montre aux regards est le symbole de l'innocence que confère le Sacrement.
Le Prêtre arrête l'enfant à la porte de l'Eglise, pour lui faire connaître qu'il n'a pas droit d'entrer dans la maison de Dieu.
S'adressant au parrain et h la marraine, il leur dit : Quel nom donnez-vous à cet enfant? On lui impose un nom 1" pour lui apprendre que pa»* le Baptême il va *Hre engagé au service de Jésus-Christ ; 2" pour lui
donner un protecteur et un modèle dans le Ciel. C'est pourquoi il ne faut donner aux enfants que des noms de Saints . L' usage de donner un nom au nouveau baptisé est très-ancien dans 1 Eglise. On en voit des exemples dès les premiers siècles.
Le Prêtre dit à l'enfant : Que demandez-vous à r Église de Dieu ? — La /bt, répond 1" enfant par la bouche de ses parrain et marraine. — Que vous procure la foi^. — La vie éternelle. — SI donc vous voulez entrer dans la vie, gardez les Commandements. Et il lui fait en deux mots le sublime abrégé de toutes les lois divines et humaines : Vous aimerez le Seigneur votre Dieu de tout voire cœur, et votre prochain comme vous-même.
Content de ces dispositions, le Prêtre souflle trois fois sur l'enfant en disant : Sors, esprit immonde et fais place au Saint-Esprit consolateur. On se sert du souffle pour chasser le démon, 1° afin de témoigner le mépris qu'on fait de lui ; 2° pour faire voir son extrême faiblesse, puisqu'on le chasse comme une paille par le moindre souffle.
Après avoir chassé le tyran qui tient sous son empire tous ceux qui viennent au monde, le Prêtre imprime à l'enfant le cachet d'un Maître bien différent ; il lui fait avec le pouce le signe de la Croix sur le front, afin qu'il ne rougisse jamais de Jésus- Christ ; sur la poitrine, afin qu'il l'aime toujours, et il lui dit : Recevez le signe de la Croix sur le front et dans le cœur, prenez foi aux divins préceptes et soyez tel par vos mœurs que vous puissiez devenir le temple de Dieu.
DE PI-RSÉViaiANCE. 205
Le représentant de Dieu, le Prêtre, met ensuite lu main sur la lôte de l'enfant pour marquer qu'il prend possession de lui au nom du Tout-Puissant, et i! adresse au Seigneur cette touchante prière : « DieuToul-Puissant et éternel, Père de Notre Seigneur Jésus-Christ, daignez regarder cet enfant que vous avez appelé à la grâce de la foi ; éloignez de lui tout aveuglement de l'esprit et du cœur. . . afin qu'il puisse fuir le souffle empesté de tous les vices, et, attiré par l'odeur de vos saints préceptes, vous servir plein de joie et croître chaque jour dans la vertu, par Notre Seigneur Jésus-Christ. »
Le Prêtre exorcise ensuite le sel, c'est-à-dire qu'il le purifie des influences malignes du démon; car en infectant l'homme, le démon a infecté toutes les créatures dont il se sert pour nuire à l'homme. Il met ensuite du sel béni dans la bouche de l'enfant , cela pour deux raisons : 1° parce que le sel préserve de la corruption; 2° parce qu'il donne de la saveur aux aliments. C'est pour ces mystérieuses raisons que l'Eglise l'emploie dans le Baptême et fait dire à son Ministre qui le donne à l'enfant : Recevez le sel de la sagesse . afin que vous puissiez plaire à Dieu et vous le rendre favorable pour obtenir la vie éternelle.
Le Prêtre vient de communiquer à l'enfant la sagesse chrétienne, le goût des choses divines, représenté par le sel. Alors il défend au démon de jamais lui enlever ce don précieux : « Espritimmonde, lui dit-il, je t'exorcise au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, afin que tu sortes et te retires de cet enlant. Celui qui te le com-
206 CAlllCHISME
mande, ange maudit, ange damné, est celui-là môme qui marcha sur les eaux de la mer et tendit la mainà Pierre qui périssait. Reconnais donc, ange maudit, la sentence qui te condamne; rends honneur au Dieu vivant et vrai; rends honneur à Jésus-Christ son Fils et au Saint-Esprit , et retire-toi de ce serviteur de Dieu que Notre Seigneur, par un don de son infinie miséricorde, appelle à la grâce du Baptême, et n'aie jamais l'audace de violer le signe auguste de la Croix que nous imprimons sur son front.» En môme temps, le Prêtre fait le signe de la Croix sur le front de lenfant et au nom de la Sainte-Trinité, il j)rend de nouveau possession de cette créature en mettant la main sur sa tête.
Fils de l'homme, tu vas devenir enfant de Dieu, entre dans la maison de celui qui bientôt dira, en te montrant aux Anges étonnés et ravis : Voilà mon fiisbien-aimé.
Et !e Prêtre place l'extrémité de son étole, symbole de son autorité, sur la tête de l'enfant et l'introduit dans l'Eglise en disant : Entrez dans la maison de Dieu, afin de vous unir à Jésus-Christ pour la rie éternelle. Le Prêtre fait ensuite réciter à l'enfant, par la bouche de ses parrain et marraine, le Symbole et le Notre Père. C'est ce que faisaient aussi les Catéchumènes avant le Baptême, afin de témoigner de leur foi et de leur instruction. Après cette nouvelle initiation, le Prêtre chasse de nouveau l'esprit immonde, afin qu'il la respecte.
Suit une cérémonie pleine de souvenirs et de mystères . Il est écrit que Notre Seigneur guérit un sourdmuet en lui mettant de la salive sur la bouche et sur les
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oreilles, disant : Ephpheta, ouvrez-{>ous . Voici un nouveau sourd-nnuet à guérir. Epouse de Jésus-Christ, dépositaire de son pouvoir, l'Eglise imite cet cxemjile; et le Prêtre prenant de sa salive, en touche les oreilles et la bouche du Baptisé, répétant la parole miraculeuse : Ephpheta, owrez-s;ous. Enfant d'Adam, triste esclave du démon, vos oreilles vont s'ouvrir à la vérité, votre langue va être déliée pour publier les bienfaits du Seigneur. Cette cérémonie remonte aux premiers âges de l'Eglise; saint Ambroise eu fait une mention expresse '. Voilà l'enfant arrivé jusqu'aux fonts régénérateurs. Ici s'accomplissent les dernières cérémonies du catéchuménat. 1° La renonciation : trois fois le Prêtre lui demande, comme on le demandait aux anciens Catéchumènes : Renoncez-vous à Satan? et trois fois il répond comme eux : J'y renonce. Quel compte à rendre au jugement de cette triple parole j'y renonce, si nous avons repris le joug de Satan' ! 2° L'Onction. Le Prêtre trempant son doigt dans l'huile des Catéchumènes, en fait le signe de la Croix sur la poitrine et les épaules de l'enfant; sur la poitrine, pour lui faire aimer le joug de Jésus-Christ; sur les épaules, pour lui donner la force de le porter; avec de l'huile, pour lui marquer la douceur de ce joug aimable.
, Lib, 1. deSacrcim. c. 1.
^ Voyez, là-dessus, Tertull. lib. de coron, mil. de spect. c. 24. St, Basile, de spirit. sancto. c. 27. St. Cyril. Catech. Myst. 1. St. Chrys. Hom. 21. adPopul. Antioch, St. Greg. de Naz. Serm. in Baptis, 40. St. Arabr. lib. de itj qui înitiantur. c. 2. et lib. 1. de Sacram, St. Jerom. in epist, i. ad Tim, et in cap. 6. Amas, St. Aug. epist. 149*
Église sainte, tendre épouse de Jésus-Christ, réjouissez-vous, votre tristesse va se changer en joie; un nouvel enfant va vous ôlre donné : encore un instant et vous pourrez le couvrir de vos baisers et le presser sur votre sein maternel. L'étole du Prêtre cache sa couleur violette; la blanche la remplace. Encore une question et 1 adoption divine aura lieu. 3° La Confession. Aujourd'hui comme aux premiers jours , l'Eglise ne se contente pas d'une profession de foi générale, elle en veut une particulière, explicite des vérités fondamentales dont le dépôt lui est confié. C'est pourquoi le Prêtre demande à l'enfant : Croyez-vous au Père, au Fils , au Saint-Esprit , à l'Eglise , à la communion des Saints , à la rémission des péchés , à la résurrection de la chair, à la vie éternelle. Et l'enfant répond : Je crois.
2" Cérémonies qui accompagnent et qui suivent le Baptême. — Toutes les préparations étant achevées, le Prêtre adresse à l'enfant cette question décisive : Voulez-vous être baptisé? Un aveugle, un paralytique spirituel est sous ses yeux; l'Eglise, avant de prononcer sur lui la parole toute puissante qui doit le guérir, imite le Sauveur au nom de qui le prodige va s'opérer. Voulez-vous être guéri , disait l' Homme-Dieu, au paralytique couché auprès de la piscine? Et à l'aveugle mendiant sur le bord du chemin : Que voulez-vous que je /as^cjJourtoMs/ Tel est le souvenir touchant que l'Eglise rappelle par cette question. Elle déclare aussi par là que son divin époux veut des enfants et non pas des esclaves , et qu'après avoir encouru la damnation en
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obéissant au démon, l'homme ne peut être sauvé qu'en se soumettant volontairement à Dieu. Par l'organe de ses parrain et marraine, l'enfant répond : Je h veux. Alors l'eau sainte de la régénération coule trois fois sur sa tétc en forme de croix, avec ces paroles sacramentelles : Je te baptise au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. On verse de l'eau trois fois en invoquant la Sainte-Trinité pour montrer que les trois personnes divines concourent à la régénération de l'homme dans le Baptême , et pour signifier que Jésus-Christ avec lequel nous sommes ensevelis par le Baptême , a été trois jours dans le sépulcre d'où il est sorti glorieux le troisième'. Pendant le Baptême, le parrain et la marraine touchent l'enfant, pour marquer qu'ils répondent de lui et qu'ils prennent l'engagement de lui faire tenir ses promesses : leurs mains étendues indiquent ce serment.
Le miracle est opéré. D'enfant du vieil Adam, le baptisé est devenu enfant du nouvel Adam. La cérémonie qui suit lui apprend les titres augustes, les prérogatives sublimes qu'il vient de recevoir. Le Prêtre, trempant son pouce dans le Saint-Chrême, lui en fait le signe de la Croix sur le front, et le sacre Roi, Prêtre et Prophète. Car c'est avec de l'huile sainte que furent sacrés les Rois, les Prêtres et les Prophètes. Le nouveau baptisé est Roi , Roi du monde et de ses passions : Prêtre, il doit s'offrir sans cesse à Dieu comme une
' st. Amb. lib. dcSpirit. Saucto, c. 40. St. Greg. lib, i. Regist. c. !i\0. çp. ad Coloss. c. 2.
hostie vivante et d'agréable odeur; Prophète, il doit par sa vie annoncer l'existence des biens futurs.
Le Prôtre lui lègue ensuite le seul héritage temporel que le Sauveur a laissé à ses Disciples, la paix : Que la paix soil avec vous, lui dit-il , et la bénédiction du Prêtre lui revient. Car le baptisé répond : El aussi avec votre Esprit. C'est là son remercîment. Le Prêtre met le chrémeau sur la tête de l'enfant et lui adresse ces mémorables paroles : Recevez celte robe blanche et portez-la sans souillure jusqu'au tribunal de Notre Seigneur Jésus-Christ, afin que vous ayez la vie éternelle. Le baptisé répond : Amen, puisse -t-il en être ainsi. Oh, oui , puisse-t-il en être ainsi , et pour moi qui écris ces lignes et pour ceux qui les liront , et pour tous ceux qui recevront le vêtement sacré de l'innocence baptismale ! Le chrémeau placé sur la tête de l'enfant , remplace les vêtements blancs des anciens Catéchumènes , et signifie comme eux, l'innocence, la liberté, le triomphe : le vêtement blanc était celui des affranchis et des triomphateurs romains.
Tout ce qui tenait au Baptême était cher et sacré aux premiers Chrétiens. Non-seulement ils conservaient avec un respect religieux leurs vêtements blancs, mais encore les linges que leurs parrains leur avaient présentés pour se couvrir en sortant des fonts sacrés. C'était comme un monument du bienfait signalé qu'ils avaient reçu, et comme une marque de l'alliance qu'ils avaient contractée avec Dieu par le Baptême. Nous avons de cela un illustre exemple.
i)E PtR.Sl-VÉKANCl-. 211
Au cinquième siècle, les Vandales porséculaient l'Église d'Afrique. Comme on appelait par ordre tout le Clergé pour être exposé aux tourments, le diacre Muritta se signala entre les autres. Il avait levé des fonts un jeune homme nommé Elpidiphore qui avait apostasie et était alors le plus ardent persécuteur des Chrétiens. Après que les Prêtres et l'archidiacre Salutaris eurent ' été tourmentés, Muritta qui était le second Diacre parut à son tour : c'était un vieillard vénérable. Quand on commença à l'étendre sur le chevalet et avant qu'il fût dépouillé, il tira tout d'un coup les linges dont il avait couvert Elpidiphore au sortir des fonts, et qu'il avait cachés sous ses habits; il les déploya devant tout le monde et dit à Elpidiphore qui siégeait comme son juge : Voilà les linges qui t'accuseront quand le grand Juge viendra, et qui te précipiteront dans le puits de soufre parce que tu t'es revêtu de malédiction en perdant le Sacrement du vrai Baptême et de la foi. A cette vue, à ces mots, Elpidiphore pàlil; tremblant, confus, il n'osa pas même ouvrir la bouche pour répondre. On appelait ces linges Sahana.
Reste la cérémonie du cierge allumé que le Prêtre remet entre lesmams de l'enfant, en lui disant : Recevez €6 flambeau ardent el conservez sans tache la grâce de votre Baptême ; observez fidèlement les CommandcmeiiH de Dieu, afin que lorsque Jésus-Christ viendra pour célébrer ses noces , vous puissiez aller à sa rencontre avec tous les Saints, dans la cour céleste, jouir de la vte éternelle et vivre aux siècles des siècles. Le baptisé répond encore Jmm, qu'il soit ainsi. Cette prière explique
le sens de cette cérémonie. Réjouissez-vous maintenant ^ sainte épouse de Jésus-Christ, vous qui. voyageuse encore sur la terre, habitez déjà les Cieux, un enfant vous est né. Et voici les cloches qui sonnent et les orgues qui jouent pour marquer la joie que cause à l'Eglise militante et triomphante l'arrivée d'un nouvel enfant dans la grande famille catholique.
On passe ensuite à la sacristie. Là, on inscrit le nom de l'enfant, celui de ses père et mère, parrain et marraine, la date de son Baptême, dans le registre public. c( Ce livre doit être à nos yeux l'image du livre de vie ; » en même temps que nos noms y ont été transcrits, » Dieu les plaçait de sa main dans le livre du Ciel. Ré- » jouissons-nous et méritons par une conduite irrépro- )) chable qu' il ne les efface jamais ! »
Que dire maintenafit des avantages sociaux du Baptême?
Où trouver une plus grande leçon de sainteté ! quelle connaissance il donne à l' homme de la grandeur du péché , de la dignité à laquelle il est élevé; des obligations qui lui sont imposées! Le voilà, lui, simple mortel, consacré dans tous ses sens, consacré comme un ciboire, comme un calice; le voilà une chose sainte. Croyez-vous que cette pensée n'ait pas souvent retenu l'homme au moment de la tentation , et empêché une foule de ces crimes secrets qui tuent le corps et lame, désolent les familles, et rainent la société à petit bruit?
Et puis, quel respect pour la vie de l'enfant, avant et après sa naissance. Combien de mères coupables ou im-
DE PERSÉVÉRANCIL. 213
prudentes qui eussent donné, et qui donneraient encore la mort temporelle à leur enfant, si elles n'étaient retenues par la crainte de lui donner la mort éternelle ! Et après la naissance, le moyen de faire disparaître l'enfant? les témoins de son baptême, et le registre où il est inscrit , ne seraient-ils pas là pour déposer ? Mais surtout quelle garantie pour l'éducation morale de l'enfant, pour cette éducation qui forme les citoyens vertueux, dans cette pensée rendue si frappante par le Baptême, que l'enfant est un dépôt sacré, qu'un Ange veille sur lui, qu'un Saint le protège, qu'il est le Fils de Dieu, le cohéritier de Jésus-Christ, le Frère des Anges? Ainsi, grâce au Baptême, dès les premiers pas que l'homme fait dans la vie, son existence s'agrandit aux yeux de ses parents, par l'auguste caractère que la Religion lui imprime.
Combien cette grande idée d'une régénération divine répand de délices sur les sentiments maternels ? Combien elle ajoute d'intérêt aux jouissances paternelles ! Combien elle rend les parents heureux d'avoir donné la naissance à un être qui vient d'acquérir des droits à la possession de Dieu même ! Comparez à ces fortunés mortels un père et une mère, sans religion et sans foi, disciples des faux sages, matérialistes ou sceptiques. Quels retours amers la vue de leur enfant nouveau-né doit produire en eux, quand ils ne voient dans son existence que celle de la brute, et qu'ils se considèrent eux-mêmes dans la classe des êtres , comme le mâle et la femelle de l'animal ! Que de pareilles idées sont capablesd'avilir les premiers soins de la maternité ! Qu'ils
les rendent insipides et dégoûtants ! Ah ! je ne m'en étonne pas, que les plus saints devoirs de la nature deviennent , pour de telles mères , des chaînes insupportables; je ne m' en étonne pas, qu'il s'en trouve parmi elles qui évitent d'être mères, tomme elles détourneraient de dessus leurs têtes une calamité ! Je ne m'en étonne pas, enfin, que de tels époux blasphèment contre la Providence, et que celte parole de désespoir trop souvent leur échappe : « 11 eût mieux valu à l'homme ne point naître, » ou mourir aussitôt après la naissance'. »
Ainsi, otez le Baptême, et la naissance de l'homme n'est plus un événement; l'enfant n'est plus qu'un petit de l'espèce humaine, qu'on enregistre à son entrée dans la vie , comme une pièce de bétail qui entre dans une ville. Quelle dignité! Otez le Baptême, et vous verrez l'infanticide et l'exposition se multiplier, souiller, flétrir, ensanglanter vos carrefours et jeter l'épouvante dans la société. Souvenez-vous de ce qui se passait chez les Payens; voyez ce qui se passe encore aujourd'hui dans la Chine. « Ou les accoucheuses y étouffent les enfants dans un bassin d'eau chaude, et se font payer pour cette exécution , ou on les jette dans la rivière , après leur avoir lié au dos une courge vide, de sorte qu'ils flottent encore long-temps avant d'expirer; les cris qu'ils poussent alors feraient, partoutaillcurs, frémir la nature humaine; mais là on est accoutumé à les entendre, et on n'en frémit pas. La troisième manière de s'en défaire est de les exposer dans les rues où il passe tous les matins, et surtout à
' yojez Jauffret , du Culte public.
DE PERSÉVÉRANCE. 31Sr
Pékin , des tombereaux sur lesquels on charge ces enfants ainsi exposés pendant la nuit, et on va les jeter dans une fosse où on ne les recouvre point de terre, dans l'espérance que les Mahométans en viendront tirer quelques-uns; mais avant que ces tombereaux qui doivent les transporter à la voirie surviennent, il arrive souvent que les chiens et surtout les cochons qui remplissent les rues' dans les villes de la Chine, mangent ces enfants tout vivants. Je n'ai point trouvé d'exemple d'une telle atrocité, même chez les antropophages de l'Amérique. Les Jésuites assurent que dans un laps de trois ans, ils ont compté neuf mille sept cent deux enfants ainsi destinée à la voirie : mais ils n'ont pas compté ceux qui avaient été écrasés à Pékin , sous les pieds des chevaux ou des mulets, ni ceux qui avaient été noyés dans les canaux , ni ceux que les chiens avaient dévorés , ni ceux qui avaient été étouffés au sortir du sein maternel, ni ceux dont les Mahométans s'étaient emparés, ni ceux dont on s'est défait dans les endroits où il n' y a pas de Jésuites pour les compter ' . » Que dis-je, voyez ce qui se passe déjà parmi nous, depuis que la foi au Baptême et à la Religion diminue? L'histoire, et l'histoire contemporaine n'est-elle donc pas assez hideuse pour vous prouver que le Baptême est un bienfait môme temporel , une barrière à une foule de crimes qui, directement ou indirectement, retentissent au cœur de la société, la désolent , la dégradent et l'ébranlent jusque dans ses fondements ?
' Recherches philosophiques sur les Chiuois, ouvrage non snspcct de favoriser le Christianisme, t. i. p. 63 ; id. Torrens, Reisenach China, etc.
'J1(> CATIÎCIUSME
PRIÈRE
0 mon Dieu! qui êtes tout amour, je vous remercie de tout mon cœur de m'avoir adopté pour enfant ; ne permettez pas que je déshonore jamais un si beau titre .
Je prends la résolution d'aimer Dieu par-dessus toutes choses et mon prochain comme moi-môme pour l'amour de Dieu; et, en témoignage de cet amour, j'aurai toujours un grand respect pour les cérémonies de l'Église.
BE NOTRE UNION AVEC NOTRE SEIGNEUR LE NOUVEL ADAM, PAR LA COMMUNION. DU B.\PTÈME.
Q. Quelle est la matière du sacrement de Bap^ teme?
R. La matière du sacrement de Baptême, c'est leau. L'eau de mer, de rivière, de marais, toute espèce d'eau naturelle.
Q. Quelle est la l'orme du sacrement de Baptême?
R. La forme du sacrement de Baptême, ce sont les j)aroles que le Prêtre prononce en versant l'eau sur la tête du baptisé, les voici : Je te baptise au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Ces paroles doivent être prononcées non avant ou après l'ablution, mais pendjint^ qu'elle se fait et par celui qui la fait.
DE PERSÉVÉRAiNCE. 217
Q. De combien de manières peut-on donner !e Baptême?
/^ On peut donner le Baptême de trois manières : par immersion, en plongeant dans l'eau le baptisé; c'est ainsi qu'on baptisait autrefois. Par infusion, en versant l'eau sur la tète du baptisé; c'est ainsi qu'on baptise aujourd'hui; par aspersion, en jetant de l'eau sur la tète du baptisé : cette manière de baptiser a été rarement en usage.
Q. Combien distingue-t-on de sortes de Baptêmes? R . On distingue trois sortes de Baptêmes : le premier, le Baptême et eau, c'est le sacrement de Baptême ; le second, leBaptême de sang', c'est le martyre; le troisième, le Baptême de /eu, c'est le désir de recevoir le Baptême. Le second et le troisième ne sont pas des Sacrements; on les appelle Baptêmes parce qu'ils purifient lame de ses péchés et suppléent le défaut du Sacrement , lorsqu'on ne peut le recevoir.
Q. Quels sont les ministres du sacrement de Baptême ?
R. Les ministres du sacrement de Baptême sont les
Evêques et les Prêtres. Dans le cas de nécessité, toute
personne peut baptiser, mais sans cérémonies. C'est
pourquoi chacun doit savoir baptiser.
Q. Esl-on obligé de faire baptiser les enfants aussitôt après leur naissance?
R. Oui, on est obligé de faire baptiser les enfants aussitôt après leur naissance : l'Eglise l'ordonne.
Q. Quelles sont les obligations des parrains et maïraiîM3s?
7^ Les obligations des parrains et marraines, sont de veiller à ce que leur filleul accomplisse fidèlement les promesses du Baptôme. Cela fait voir quels sont ceux qu'il faut choisir pour des fonctions si saintes.
Q. Quels sont les effets du Baptême?
R. Les effets du Baptême sont nombreux et admirables. 1° 11 efface le péché originel et tous les péchés qu'on a commis par sa propre volonté, avant de le recevoir; 2° il remet toutes les peines dues aux péchés; en sorte que celui qui meurt aussitôt après son Baptême, entre sans délai dans le Ciel ; 3° il nous fait enfants de Dieu, c'est pur lui que nous devenons participants de la vie du nouvel Adam; 4" il nous fait enfants de l'Eglise, nous donne droit aux Sacrements et à tous les biens de l'Eglise notre mère; 5° il imprime dans notre ame un caractère ineffaçable qui nous distingue de tous ceux qui ne sont pas Chrétiens.
Q. Quelles sont les obligations du Baptême?
R. Les obligations du Baptême sont bien saintes. 1° Ce Sacrement nous oblige à rester toujours attachés à Jésus-Christ; à prendre son Evangile pour la règle unique de notre vie; 2" à demeurer unis à l'Eglise et à lui obéir fidèlement; 3° à renoncer à tout ce qui est contraire à la vie que doivent mener des enfants de Dieu. Il est très-utile de renouveler souvent les promesses de son Baptême.
Q. Les cérémonies qui accompagnent l'administration du Baptême sont-elles bien dignes de nos respects?
/». Rien n'est plus vénérable ijue les cérémonies qui
OE PERSÉVÉRAÎICE 219
accompagnent l'adminislralion du Baptôme. Elles remontent aux premiers siècles de j'Eglise, et représentent parfaitement toute la grandeur et tous les elFcts du sacrement de Baptême.
PRIÈRE
0 mon Dieu ! qui êtes tout amour, je vous remercie de tout mon cœur de m'avoir adopté pour enfant; ne permettez pas que je déshonore jamais un si beau titre.
Je prends la résolution d'aimer Dieu par-dessus toutes choses et mon prochain comme moi-même pour l'amour de Dieu ; et, en témoignage de cet amour, j'aurai toujours un grand respect pour les cérémonies de l'Église..
XXXVP LEÇON.
DE NOTRE UXION AVEC NOTRE SEIGNEUR LE NOUVEL ADAM, PAR LA COMMUNION
Sacrement de Confirmatton. — Sa définition, son histoire. — Matière et forme de la Confirmation. — Ministre. — Parrain. — Obligation de recevoir la Confirmation. — Effets de ce Sacrement. — Dispositions pour le recevoir. — Trait historique. — Prières et cérémonies de la Confirmation. — Avantage social.
L'enfant du vieil Adam est devenu, par le Baptême, enfant du nouvel Adam. Tendre rameau d'un arbre empoisonné, il est enté sur l'arbre de vie. Il se nourrit de sa sève, il portera un jour des fleurs et des fruits de bénédictions. Mais celte greffe a besoin d'ôtre cimentée, fixée au nouvel arbre; cette vie nouvelle a besoin d'être fortifiée et développée; d'autant pins que cet enfant est né pour être soldat. Les eaux du Baptême n'ont point éteint en lui le foyer de la concupiscence. Il devra combattre toute sa vie contre des ennemis intérieurs et extérieurs, nombreux, infatigables; car sa vie est une épreuve. C'est pour lui assurer la victoire, que Notre Seigneur a institué la Confirmation.
Or, la Confirmation est un Sacrement de la loi nouvelle, instituée par Noire Seigneur Jésus- Christ , qui donne à ceux qui ont été baptisés, le Saint-Iisprit avec
tous ses dons. Selon le sentiment du pape et martyr saint Fabien, Notre Seigneur a lui-mùme déterminé les cérémonies et les paroles que l'Eglise catholique emploie pour l'administrer' : disons un mot de son intéressante histoire.
A peine sortis du Cénacle, les Apôtres confèrent ce sacrement de force aux nouveaux baptisés. Saint Pierre et saint Jean se rendent à Samarie, et confirment les Fidèles baptisés par le diacre saint Philippe'. Ils leur imposent les mains, et ils reçoivent le Saint-Esprit. La même chose était pratiquée dans toute la suite des siècles. Lorsque nous sommes sortis du bain sacré, dit Tertullien , nous sommes oints de Y huile bénite . . . Cette onction se fait sur le corps, mais elle produit son effet sur l'ame. Ensuite on nous impose les mains par la bénédiction, en invoquant et en invitant le Saint- Esprit^ Celte onction se faisait sur le front; l'Evêque seul avait le droit de la donner^.
L'imposition des mains et l'onction dont nous venons de parler, n'étaient pas des cérémonies muettes : elles étaient accompagnées de paroles sacrées et d'une grande vertu, pour attirer la grâce et la sanctification à ceux sur qui on les prononçait. Les premiers Chrétiens avaient un tel respect pour ces saintes paroles, comme pour toutes celles qui expriment nos mystères, qu'ils les cachaient
■ Epist. 2. inUio,
' Act. 8. lA. 15. 17.
5 De Bapt. c. 7. et 8. de Resur. car. c. 8. St. Cyp. cp. 70.
4 Innocent. 1. ep. ad Décent. Eugtib. c. 3.
avec grand soin , de peur qu'elles ne vinssent aux oreilles et à la connaissance des profanes'. On invoquait par ces paroles sacrées ou par ces prières, lEspritaux sept dons. Souvent même, dans cette prière, on ajoutait plusieurs fois amen, comme cela se pratique encore aujourd'hui. Nous en avons la preuve dans cette prière extraite d'un pontifical du huitième siècle'. L'Evoque dit : « Dieu tout-puissant et éternel, qui avez daigné régénérer votre serviteur de l'eau et du Saint-Esprit, et qui lui avez donné la rémission de tous ses péchés, répandez du haut du Ciel sur lui, les sept dons de votre Esprit-Saint. Amen. Donnez-lui l'esprit de sagesse et d'entendement. Amen. L'esprit de force et de conseil. Amen. L'esprit de science et de piété. Atnen. Remplisscz-lc de l'esprit de la crainte de Dieu et de Notre Seigneur Jésus- Christ, et marquez-le du sceau de la sainte Croix pour la vie éternelle. Amen.y> En faisant l'onction du Sainl- Chrème, l'Evèque disait ces paroles : Je te confirme au nom du Pcre , du Fils et du Sainl-Espril^ .
Le Saint-Chrcmc dont l'Evèque se servait pour la Confirmation, n'était point de l'huile ordinaire, mais elle était bénite et consacrée par la prière, sur l'autel même où se faisait la consécration de l'Eucharistie. Cette consécration remonte jusqu'aux Apùlres, comme celle de l'eau du Baptême ^ . Celte huile était consacrée au nom de
' Inno. 1. op. ad. Dcccni. Etigiib. c. 3.
5 Pontifical manuscrit de rarchevèque Egbert, qui vivait vers le VIII* sii^'clc.
s Ordre romain écrit vers le vni* siècle. 4 St. Cyp. op. 70. St. Basile de Spir, sancin. c. 17.
DE PEUSÉVÉRANCE. 223
Jésus-Christ qui veut dire otnl, et qui marque l'onction môme. C'est pour cela qu'elle s'appelle Chrême après cette consécration, parce que Chrême et Christ viennent d'une môme origine'. On reconnaissait au Saint-Chrême une telle vertu, que saint Cyrille de Jérusalem compare cette huile mêlée de baume, après qu'elle a été ainsi sanctifiée, au pain eucharistique, et qu'il assure qu'elle opère par la présence de la divinité. Ne vous imaginez pas, dit ce Père, que ce parfum soit une chose commune. Carde même que le pain de l'Eucharistie, après l'invocation du Saint-Esprit, n'est plus un pain ordinaire, mais le corps de Jésus-Christ ; de même, le saint parfum n'est plus quelque chose de simple , ou si vous voulez , de profane, mais un don de Jésus-Christ et du Saint-Esprit, qui est devenu efficace par la présence de la divinité'.
Voilà ce qui regarde la matière et la forme de la Confirmation dans les premiers siècles de l'Eglise, Quant au lieu où se donnaitce Sacrement, il paraît qu'à cet égard il n'y avait point d'autre règle que la volonté de l'Evêque qui le conférait, ou dans l'Eglise même, ou dans la sacristie^ Beaucoup plus vastes que celles qu'on a construites dans les siècles postérieurs, les sacristies anciennes étaient disposées pour ces sortes de cérémonies. Celle de Sainte-Sophie de Constantinople était si spacieuse, que les Turcs en ont fait leur arsenal, un des plus considérables de l'univers.
' St. Optât, lib. 7. di Schis.
' Catécli. myst.
^ Ordre romain.
•22Zi CATÉCHISME
On prenait des parrains pour la Confirmation comme pour le Baptôme . Cet usage remonte aux temps apostoliques. C'était aussi la coutume que ceux qui devaient 6tre confirmés, portassent avec eux une bandelette de toile dont on leur enveloppait le front après que l'on y avait fait l'onction du Saint-Chrême. Cette bandelette, ou ce bandeau, devait être d'une toile de lin, épaisse, sans nœud et sans fracture , large de trois doigts et d'une longueur convenable, blanche et propre' . L'usage était de la porter quelque temps sur le front , par respect pour le Saint-Chrème, et de peur qu'il ne pût être touché par d'autres \
Tant de précautions extérieures indiquent assez les préparations intérieures qu'on exigeait pour recevoir ce Sacrement. On voulait que les futurs confirmés travaillassent avec soin à purifier leur conscience de toute tache de péché , en recourant à la pénitence et à la confession. On voulait de plus que ceux qui recevaient ce Sacrement en âge de raison, fussent suffisamment instruits des principaux mystères de la Foi; et quand on les soupçonnait d'ignorance, on les interrogeait pour s'assurer s ils étaient instruits de l'Oraison Dominicale, de la Salutation Angélique, du Symbole et du Décalogue. On exigeait encore qu'ils fussent à jeun; et que la veille de la Conlirmation ils se lavassent le front et qu'ils se fissent couper les cheveux qui leur pouvaient
' Pontifical d'Egbcrt au viii» siècle; Concile de Wigornc et de Cologne,
' Con. deCbarlrcs, 1526.
tomber sur les yeux, afin que rien n'empôchût 1 application duSaint-Clirème'. L'Evêquequi confère le Sacrement devait aussi être à jeun, comme cela se pratique encore aujourdliui. Noos disons l'Evêque, car depuis les Apôtres jusqu'à nos jours, les Evêques seuls ont eu le droit d administrer la Confirmation. Si de simples Prêtres en ont été quelquefois les ministres, ce n est que par tolérance", ou en vertu d'une permission spéciale. Cela se fait encore aujourd'hui dans quelques missions étrangères.
Nous ajouterons que l'usage de donner la Confirmation aussitôt après le Baptême, s'est continué jusqu'au neuvième siècle. A cette époque, on commença à séparer, dans quelques églises, le sacrement de Confirmation de celui du Baptême; la principale raison de ce changement fut la multitude de ceux à qui il fallait le donner. La nuit de Pâque ou de la Pentecôte ne suffisant plus pour conférer le Baptême et la Confirmation, on remit aux jours suivants l'administration de ce dernier Sacrement. On voit encore ici que les changements apportés par l'Eglise à son ancienne discipline, sont demandés par les circonstances, et montrent la sagesse de cette vigilante épouse du nouvel Adam. Telle est l'histoire abrégée de la Confirmation depuis les Apôtres jusqu'à nos jours. Il est temps d'entrer dans quelques détails instructifs sur ce grand Sacrement.
Et d'abord, l'Eglise a toujours enseigné que la matière
' Concil. de Cologne, cité plus liant.
' Cela eut lieu en Sardaigne. Foyez saint Grég. lib. 3. epist.
du sacrement de Confirmation, c'est le Saint-Chrême '. Le Saint-Chrême est une composition d'huile d'olive et de baume , qui se fait le Jeudi-Saint par la bénédiction solennelle de l' Evoque . Ces deux choses mêlées ensemble expriment admirablement la diversité de dons qui nous sont communiqués par ce Sacrement. L'huile, symbole de douceur et de force, indique le double caractère du nouvel Adam, appelé tout à la fois l'agneau de Dieu et le lion delà tribu de Juda. Voilà le Chrétien après la Confirmation. Le baume, dont le parfum est très-agréable, signifie la bonne odeur de toutes les vertus que les Fidèles répandent après avoir été rendus parfaits par la Confirmation et qui leur permet de dire avec saint Paul : Nous sommes la bonne odeur de Jésus-Christ devant Dieu"". Dans ces symboles si expressifs, quelle source de méditation et peut-être de gémissements pour un grand nombre de Chrétiens !
La forme du sacrementde Confirmation, consiste dans ces parolesque l'Evêque prononce en faisant l'onction du Saint-Chrême : Je vous marque du signe de la Croix, et je vous confirme par le Chrême du salut, au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit^. Toutefois, il est nécessaire d'assister à l'imposition des mains et à la prière qui a lieu avant que l'Evêque prononce les paroles
» Fab. pap. epist. 3. ad épis. Orient. Aug. in psal. 44. v. 91 et lib. 13. de Trinit. c. 2G ; Grog, in c. 1. can. con. Laod, c. I^S. et Carthag. 2. c. 2 et 3. c. 39. Diony. de Eccl. Iderar. c. 2 et 4 • de oleo vid. Âinbr. in psalm, 118. et lib. deSpir. sancto. c. 3. ; Cypr. epist. 30.
ï 2 Cor. 2. 15.
3 Calécli. du Concil. de Trente. Décret d'Eug. iv aux Armén,
DE PERSE VÉRANCli:. 227
citées plus haut. Cette prière et cette imposition sont un rit essentiel toujours pratiqué depuis les Apôtres ' .
Le ministre ordinaire de la Confirmation , c'est l'Evoque seul. Cette fonction est résen'ée aux Evoques, parce qu'elle était réservée aux Apôtres dont ils sont les successeurs. Concluons de là qu'elle est la dignité de ce Sacrement.
Dans beaucoup d'églises, pour la Confirmation comme pour le Baptême, on prend un parrain. Cet usage remonte, ainsi que nous l'avons vu, aux temps apostoliques ; si les jeunes soldats ont besoin de maîtres pour apprendre la manière d'attaquer et de vaincre l'ennemi, en se défendant eux-mêmes et en se préservant de ses coups, combien à plus forte raison, les jeunes Chrétiens n'ontils pas besoin dune personne qui les guide et qui les instruise lorsqu'ils ont été revêtus des armes puissantes que donne la Confirmation, et qu'ils sont entrés dans la lutte spirituelle qui a pour récompense le royaume du Ciel? C'est donc avec raison qu'on fait venir des parrains pour le sacrement de Confirmation. Mais ils contractent les mêmes affinités que les parrains de Baptême, et le mariage leur est interdit avec les mômes personnes.
Le sacrement de Confirmation n'est pas comme le Baptême, d'une nécessité absolue pour être sauvé; toutefois, il est nécessaire en quelque manière. Il est facile de le comprendre. Ceux qui nont reçu que le Baptême, sont faibles comme des enfants nouvellement nés ; ce ■sont des soldats sans armes. Ainsi, ils ne sont point en
' Ponlif. rom.
état de soutenir les combats spirituels qui leur sont livrés parle démon, parle monde et par la chair. Au contraire, étant munis du sacrement de la Confirmation , ils peuvent se défendre contre tous ces ennemis et en triompher. C'est pour cela que la théologie catholique enseigne que le sacrement de Confirmation est nécessaire aux adultes de droit divin et ecclésiastique . De droit divin , car Dieu veut que nous nous procurions, quand nous le pouvons, tous les secours spirituels dont nous avons besoin pour notre salut; par conséquent, c'est aller contre sa volonté que de se priver d'un aussi puissant secours qu'est celui de la Confirmation. De droit ecclésiastique , puisque l'Eglise veut que tous les Chrétiens reçoivent ce Sacrement' .
Il suit de là, qu'on pèche très-grièvement quand par négligence ou par mépris on ne reçoit pas le sacrement de Confirmation . On est censé le mépriser et le négliger, quand on demeure dans les lieux éloignés de la ville épiscopale , danslesquels r Kvèque vient rarement et qu'on ne se dispose pas à recevoir la Confirmation lorsqu'on sait que l'Evêque doit venir l'administrer. De môme sont inexcusables ceux qui demeurent dans les villes épiscopales où les Evoques résident, qui ont atteint l'âge comjiétenl et nont pas reçu le sacrement de Confirmation, s'ils ne se présentent pas à leur Evoque la première fois qu il ladministre. Selon saint Charles, ils sont sujets aux
1 f'oyet îe Concil. d'Elvire, can. 38 et 48; et dans les temps modernes, les Conciles de Milan, de Rouen, de Bordeaux, de Tours, de Reims, clc, clc
peines portées par les canons contre ceux qui négligent ou méprisent de recevoir ce Sacrement.
Mais pourquoi faut-il qu'on soit obligé de rappeler aux Fidèles la nécessité de la Confirmation? Hélas! ne la trouvent-ils pas dans leur propre faiblesse, peut-être dans leurs chutes déplorables? Or, le remède à ces maux est dans le Sacrement de force Voici les effets qu'il produit : 1° il perfectionne la grâce du Baptême, et d'enfants timides il nous fait soldats de Jésus-Christ; 2° il nous donne de nouvelles lumières et nous communique la force de confesser hautement le nom du Sauveur, de ne jamais rougir de sa Religion et de vivre en parfaits Chrétiens , malgré les exemples et les railleries du monde .
Voyez ce qui arriva aux Apôtres . Avant la passion et même dans le temps de la passion, ils étaient si timides et si faibles qu'ils prirent la fuite aussitôt qu'ils virent saisir leur bon Maître. Pierre lui-même, le chef du collège apostolique, la colonne de l'Eglise, effrayé à la voix d'une femme, nie qu'il soit le Disciple du Sauveur, non une fois, ni deux fois, mais trois fois de suite. Tous les Apôtres, après la Résurrection, se retirent et s'enferment dans une maison par la crainte qu'ils avaient des Juifs. Mais au jour de la Pentecôte, ils sont tellement remplis de lavertii-du Saint-Esprit, qu'ils prêchent l'Evangile avec un courage inoui, à Jérusalem, à Samarie et jusqu'aux extrémités du monde. Ils vont jusqu à faire leur gloire et leur bonheur de souffrir pour le nom de Jési'.s-Christ les affronts, les tourments et
les croix'. Eh bien , l'Esprit-Saint qui nous est communiqué par la Confirmation est le môme aujourd'hui qu'il était alors.
Voyez encore les premiers Chrétiens. Quel courage ils puisaient dans la Confirmation î Destinés au combat dès le berceau , exposés chaque jour à passer des fonts sacrés à l'amphithéâtre, on ne manquait jamais de la leur donner aussitôt après le Baptême . Outre les effets intérieurs de lumière, de force, de charité, la Confirmation leur communiquait encore le don des miracles, le don des langues et des prophéties. Ces effets merveilleux étaient nécessaires pour affermir l'Eglise. Ils ont duré pendant tout le temps des persécutions. L'Eglise cimentée par le sang et les miracles, ces dons extraordinaires cessèrent d'être communs, mais ils ne furent point abolis. Cette grâce surnaturelle , en quittant les villes et les assemblées ordinaires des Fidèles, se retira pour ainsi dire dans les déserts où les solitaires en é.taient si remplis qu'ils semblaient se jouer de la nature. Nous l'apprenons de saint Athanase, de Cassien, de Pallade, de saint Jérôme, de Ruffin et d'une foule d'autres écrivains également recommandables par leur science et leur piété. Après avoir montré que le Chrétien rempli du Saint-Esprit est maître du démon et du monde, Dieu apprenait encore qu'il est maître de la nature.
3° La Confirmation imprime en notre ame un caractère ineffat.'able qui empêche de la recevoir plusieurs fois. Nouveau motif de bien s'y préparer. Ce caractère
' Act. 5. 41.
est différent de celui qu'on reçoit au Baptôme. Celui-ci est le caractère d'enfant de Dieu, celui-là est le caractère de soldat de Jésus-Christ qui nous rend propres à combattre pour sa noble cause.
Quant aux dispositions pour bien recevoir la Confirmation, elles regardent le corps et lame. Celles qui regardent le corps, sont :
V D'être à jeun, si on le peut, particulièrement quand on reçoit ce Sacrement le matin ;
2° D'être modeste dans ses habits et dans tout son extérieur ;
3° D'avoir les habits propres et le visage net, surtout le front où l'Evêque fait l'onction.
Les dispositions de l'ame consistent :
1° A avoir été baptisé. La Confirmation suppose nécessairement le caractère du Baptême dont il est la perfection. De sorte que si quelqu'un recevait la Confirmation avant d'avoir été baptisé, il ne recevrait pas ce Sacrement ;
2° A être instruit des éléments de la foi ; car ce Sacrement est établi pour donner la force de la confesser devant les tyrans, les hérétiques et les impies ;
3° A connaître l'excellence de ce Sacrement , les grâces qu'il confère, et les effets qu'il produitdans l'ame;
4° A savoir l'Oraison Dominicale, la Salutation Angélique, le Symbole des Apôtres et le Décalogue ;
5<* A être en état de grâce , car la Confirmation est un Sacrement des vivants; enfin, à s'approcher de ce Sacrement avec piété, foi et dévotion.
Jamais ces dispositions furent-elles plus nécessaires que dans un siècle où le respect humain fait tant de lâches apostats parmi les Chrétiens?
Ils sont donc bien coupables , et par conséquent comme bien à plaindre, ceux qui négligent de recevoir ou qui reçoivent mal le sacrement de Confirmation. N'est-ce pas à cela que nous devons attribuer les chutes honteuses , les défections sans nombre qui déshonorent l'Eglise et font blasphémer les impies? Les Pères de l'Église, les Saints, n'hésitaient pas à rapportera cette cause les grands scandales qui venaient quelquefois affliger la Religion . Témoin le trait suivant : Un homme, nommé Novatien, fut baptisé dans une maladie, en danger de mort. Il négligea ensuite de recevoir le sacrement de Confirmation. Faible enfant dans la foi, soldat sans armes, il devint bientôt le jouet du démon. Poussé par des motifs indignes , il trouva moyen de se faire ordonner Prêtre. Il produisit un schisme qui dégénéra en hérésie, et troubla long-temps l'Église. Il mourut misérablement, et les Pères nous disent sans hésiter, qu'il tomba dans tous ces crimes, pour avoir négligé de recevoir le Sacrement de la lumière et de la force' .
Et maintenant voulez-vous en quelque sorte voir de vos yeux, toucher de vos mains, et la grandeur de ce Sacrement , et la dignité à laquelle il nous élève , et les dispositions saintes , nécessaires pour le recevoir. Soyez attentifs au détail des prières et des cérémonies qui en accompagnent l'administration .
' IJisf. des Sacirtnciits. t. 1.
L Évoque qui doit donner la Confirmation, se revêt du rochet, symbole de l'innocence; de l'étole, marque de son pouvoir divin, et de la chappe, dont la couleur rouge indique la charité brillante de l'Esprit qui va descendre. Il se lave les mains, pour montrer la grande pureté qu'exige l'auguste fonction qu'il va remplir. Il s'approche ensuite de l'autel, et se tournant vers ceux qui doivent être confirmés , il fait entendre ces paroles : Que l Esprit-Saint descende en vous, et que la vertu du Très-Haut vous préserve de tout péché. Ces paroles expriment et les vœux du Pontife , et les merveilles qui vont s'opérer, et les obligations des nouveaux confirmés. A ces paroles succède le signe de la Croix; lEvéque le fait sur lui-même pour appeler en lui la force de Dieu, car il dit : Tout notre secours est dans le nom du Seigneur. Et ce secours est sûr et victorieux, car c'est h Seigneur qui a fait le Ciel et h terre , répondent les assistants. Rassuré par cette divine réponse, le Pontife ajoute : Seigneur, exaucez ma prière ; les assistants se joignant à lui pour former le même vœu , ajoutent : El que mes cris montent jusqu'à vous.
'Ces touchantes invocations telles qu'on n'en trouve dans aucune langue humaine , sont montées jusqu'au Ciel. L'Eglise connaît la puissance de la prière, et le Pontife connaît aussi la science. Il a été envoyé pour être le dispensateur des miséricordes de Dieu. Cependant, il a le sentiment de sa faiblesse; et dans la crainte que son indignité ne mette obstacle aux dons du Seigneur , il a recours à celui qui est le Dieu saint et fort ;
il l'appelle à son aide en faveur de ceux qui, prosternés aux pieds des autels, attendent avec impatience le moment où le Saint-Esprit prendra possession de leurs cœurs'. Alors, ayant étendu les mains sur eux, pour montrer que le Saint-Esprit va les couvrir de son ombre, il fait cette belle prière , déjà en usage au huitième siècle : « 0 Dieu éternel et tout-puissant ! qui avez daigné régénérer de l'eau et du Saint-Esprit vos serviteurs , et qui leur avez accordé la rémission de tous leurs péchés, envoyez en eux, du haut du Ciel, votre Paraclet, l'Esprit auteur de tous les dons. Les assistants répondent : Qu'il en soit ainsi. Amen, — L'Esprit de sagesse et d'intelligence. — Amen. — L'Esprit de conseil et de force. — Amen. — L'esprit de science et de piété. — Amen. Remplissez-les de l'esprit de votre crainte; et les appelant à la vie éternelle , marquez-les du signe de la Croix de Jésus-Christ. Nous vous en conjurons par le même, Notre Seigneur Jésus-Christ, votre Fils, qui vit et règne avec vous, en l'union du même Saint-Esprit, dans tous les siècles des siècles. Amen.j^
Pendant que le Pontife prononce cette belle prière, tous ceux qui doivent être confirmés doivent s'efforcer d'être dans les sentiments des Apôtres au Cénacle, attendant r Esprit-Saint, et conjurer ce divin Esprit de venir les changer en des hommes nouveaux, saints, zélés et fermes dans la foi. Après l'imposition des mains, l'Évèque s" approchant de chacun de ceux qu'il confirme, lui fait l'onction du Saint-Chrême sur le front , en
' Esprit des cérémonies de rÉglise, par M. Thiiat.
disant : Je vous marque du signe de la Croix. Puis avec la main formant au-dessus de la tête trois fois le signe de la Croix, il ajoute : Et je vous confirme avec le Chrême du salut, au nom du Père et du Fils et du Saint- Esprit. Au nom du confirmé , l'assistant de l'Evèque répond : Qu'il en soit ainsi. Amen.
Ensuite l'Evêque frappe légèrement la joue du nouveau confirmé avec sa main, pour lui faire entendre que, comme un généreux athlète, il doit être préparé à soufTrir avec un courage invincible toutes sortes de contradictions pour le nom de Jésus-Christ. En donnant ce léger soufilet, le Pontife dit ; Que la paix soit avec ious. La récompense de votre courage sera la paix , la paix de Dieu, qui est au-dessus de tout autre bien, paix à la vie, à la mort, pendant l'éternité.
Pendant que l'Evèque purifie ses mains, on chante une antienne , pour supplier le Seigneur d'achever l'ouvrage qu'il vient de commencer. L'antienne achevée, le Pontife, à l'autel, forme les vœux les plus ardents pour la persévérance des confirmés, et leur donne sa bénédiction en prononçant sur eux ces magnifiques paroles : Que du haut du, Ciel le Seigneur vous bénisse , afin que tous les jours de voire vie vous voyiez les biens de Jérusalem , et que vous obteniez la vie éternelle.
Aucune expression humaine ne peut traduire et faire comprendre tout ce qu'il y a de charité, de tendresse paternelle dans celte bénédiction que l'Eglise fait donner à ses enfants par son ministre. L'Evêque avertit de nouveau les confirmés de prier pour lui, et de réciti^r
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une fois le Symbole des Apôlres, l'Oraison DominicaJu et la Salutation Angélique : ce qu'ils font avant de sortir de l'église. Tous ensuite se retirent après avoir chanté le psaume qui convient si bien à la circonstance : « Que toutes les nations louent le Seigneur , que tous les peuples le bénissent. Parce que sa miséricorde s'est reposée sur nous, et que sa vérité demeure éternellement ! » Heureux les nouveaux confirmés , si celte vérité de Dieu demeure intacte dans leur cœur jusqu'au dernier soupir!
Heureuses aussi les familles et la société, car c'est pour leur bonheur que la Confirmation a été instituée. L'enseignement social, commencé an Baptême, continue dans la Confirmation. A son arrivée dans le monde, l'Eglise dit à l'homme : Soyez saint, vous êtes le fils de Dieu, le frère des Anges, le temple de f auguste Trinité. Toutes les vertus qui font de l'enfance l'Age le plus aimable de la vie, sont commandées par le Baptême. Voici l'homme qui va entrer dans la carrière du monde, l'Eglise le laissera-t-elle sans enseignement? Oh! non. Tendre mère, elle court au-devant de son fils. Mon fils, lui dit-elle, comprenez ce que vous êtes. La vie terrestre est une guerre; vous êtes un soldat; et, réunissant ici toutes les traditions antiques, elle envoie son pontife pour armer le jeune soldat. Que dis-je, mon fils, vous devez être un soldat vainqueur ; votre carrière doit être une longue suite de victoires; voici vos ennemis : le démon, la chair et le monde. Voici vos armes : la vigilance, la mortification , la foi. Athlète du Christ, lils de tant de héros, c'est sous les yeux de tous ces nobles
Dt PERSRVF.R'VNr.ï: 2*7
vainqueurs, sous les yeux des Anges et de votre mère, que vous allez combattre ; soyez digne du nom que vous portez. Et voilà que T huile «ainte qui coule sur le front des rois pour les couronner, coule aussi sur son jeune front; ca- lui aussi doit être roi, roi de lui-même et roi vainqueur : mais c'est par de rudes combats qu'il doit acheter et défendre sa royauté. Sur la terre il portera une couronne d'épines, pour en porter une de gloire dans l'éternité. Et un léger soufflet lui apprend à supporter de grands affronts.
Vous ÊTES ROI, première parole que l'Eglise dit à l'homme dans la Confirmation.
Fils et frère de Jésus-Christ, vous êtes quelque chose de plus noble encore, vous êtes prêtre. Votre autel, {'est votre cœur; votre victime, c'est vous, c'est le monde, c'est tout ce qui vous environne; voilà l'.holocauste que vous devez offrir à chaque heure du jour et de la nuit, depuis ce jour jusqu'à votre dernier soupir. Le feu qui doit le consumer doit toujours brûler en vous. Ce feu, c'est l'esprit d amour , qui descend en vous comme il descendit au Cénacle, feu consumant, feu à l action duquel rien ne résiste. Et voilà que l'onetion sainte du sacerdoce coule sur le front du jeune chrétien.
Vous ÊTES PRÊTRE , secondo parole que l'Eglise dit à 1 homme dans la Contirmation.
Le Fils de Dieu fut prophète; comme lui, mon fils, soyez prophète. Prophète par vos paroles, annoncez les biens futurs; prophète par vos œuvres, témoignez que la terre est pour vous un exil , que votre patrie est ailleurs j
prophète par votre sainteté, annoncez à tous que vous êtes l'enfant d'un Dieu trois fois Saint,. que vous croyez à ses formidables jugements, que vous craignez sa redoutable colère, et que vous attendez la récompense qu'il a promise à ceux qui lui resteront fidèles. Et voilà que l'huile sacrée qui coula sur le front d'Isaïe , de Jérémie, de Daniel, coule sur le front du jeune chrétien.
Vous ÊTES PROPHÈTE, troisième parole que l'Eglise dit à l'homme dans la Confirmation.
Et maintenant, comprenez-vous quels traits de lumière sur le but de la vie, sur les devoirs de l'homme, dans cette triple parole! Savez-vous tout ce qu'il y a de grand, de poétique, de sublime dans cette triple consécration? Croyez-vous de bonne foi, qu'elle ne dit rien au cœur si ardent, à l'imagination si vive de l'adolescent? Connaissez-vous un moyen plus imposant d'enseigner à l'homme la sainteté et d'obtenir le miracle des miracles, la chasteté dans un cœur de quinze ans où bouillonnent les passions naissantes? D'arrêter ainsi dans sa source ce torrent d' iniquités qui , après avoir dégradé l'homme, désolé les familles , porte le trouble et la confusion dans la société. Et puis toutes ces longues préparations qui précèdent la réception de ce Sacrement, toutes ces instructions, ces prières ferventes des parents et des enfants, et puis l'arrivée du Pontife, long-temps annoncée, impatiemment attendue, ses paroles, que sais-je! tout ce concours de circonstances solennelles. Croyez-vous qu'elles n'aient aucune action sur les mœurs publiques? Que sera-ce si vous ajoutez que ce
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n'est point ici un enseignement stérile et impuissant; mais une parole qui porte avec elle la force de faire ce qu'elle dit? Comprenez-vous maintenant comment la Confirmation tend à ennoblir l'homme, à lui inspirer des sentiments et des actions vraiment dignes de lui, et dignes de la société, parce qu'elles seront dignes de Dieu et dignes du Ciel.
Otez la Confirmation, et l'homme entre dans la vie au hasard, sans aucun sentiment de sa dignité, sans boussole, sans but : aveugle qui ne sait où il va; enfant robuste qui ne saura faire usage de ses forces que pour battre et déchirer ceux qu'il rencontrera sur sa route.
Otez la Confirmation, plus de poésie dans l'existence de l'homme, plus de nobles pensées pour le soutenir dans sa longue lutte, plus de miracles, de continence, plus de lys et de roses sur le front du jeune homme, plus d'esprit, de sacrifice dans le cœur de l'homme fait : partout dégradation , flétrissure, égoïsme. Après cela, dites ce que deviendra la société?
PRIÈRE
0 mon Dieu , qui êtes tout amour, je vous remercie de m'avoir donné votre Saint-Esprit avec tousses dons; ne permettez pas que je centriste jamais en moi cet Esprit de sainteté et de charité.
Je prends la résolution d'aimer Dieu par-dessus toutes choses et mon prochain comme moi-même pour l'amour de Dieu ; et, en témoignage de cet amour, je ne rougirai jamais de me montrer Chrétien .
1)K NOTRE UNION AVEC NOTRE SEIGNEDR LE NOUVEL ADAM , PAR LA COMMUNION. — DE LA CONFIRMATION.
Q. Qu'est-ce que la Confirmation ?
R. La Confirmation est un Sacrement qui nous donne le Saint-Esprit avec tous ses dons, et nous rend parfaits Chrétiens.
Q. Quel est le Ministre de la Confirmation?
R Le Ministre de la Confirmation , c'est l'Evêque. Successeur des Apôtres, il a seul le droit de confirmer, parce que ce droit n'appartenait qu'aux Apôtres.
Q. Quelle est la matière du saci'ement de Confirmation ?
R. La matière du sacrement de Confirmation, c'est le Saint-Chrômc. Le Saint-Chrême est une composition d" huile d olive et de beaume, consacré par 1 Evoque le Jeudi-Saint. Lhuiliî marque la douceur et la force qui nous est communiquée par le Sauit-Esprit, et le baume, dont le parfum est très -agréable, indique la bonne odeur des vertus que doivent répandre ceux qui ont reçu la Confirmation.
Q. Quelle est la forme du sacrement de Confirmation ?
R. La forme du sacrement de Confirmation consiste dans ces paroles que TEvèque prononce en faisant l'onction du Saint-Chrême : Je vous marque du signe de
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la Croix, et je cous confirme par le Chrême du salut, au nom du Père el du Fils et du Saint-Esprit. Fï imposition des mains et la prière qui 1" accompagne, sont aussi un rit essentiel, qui remonte jusqu'à Notre Seigneur Jésus-Christ.
Q. Pourquoi 1 Évoque fait-il l'onction du Saint- Chrême sur le front ?
R. L'Eveque fait l'onction du Saint-Chréme sur le front, pour nous apprendre à ne pas rougir de notre foi.
Q. Pourquoi l'Évêque frappe-t-il légèrement la joue de celui qu'il a confirmé?
R. L'Eveque frappe légèrement la joue de celui qu'il a confirmé, pour lui apprendre qu'il doit être prêt à souffrir toutes sortes de contradictions pour Jésus- Christ.
Q. Est-il nécessaire de recevoir la Confirmation?
R. Oui, il est nécessaire de recevoir la Confirmation, parce que nous avons besoin de forces pour pratiquer fidèlement la Religion. Celui qui, par négligence' ou par mépris, ne recevrait pas la Confirmation, se rendrait coupable devant Dieu d'un grand péché.
Q. Quels sont les effets de la Confirmation?
R. Voici les principaux effets de la Confirmation : 1" elle perfectionne en nous la grâce du Baptême, et d'enfants timides elle nous fait soldats de Jésus-Christ; 2° elle nous communique de nouvelles forces et de nouvelles lumières, et donne le courage de confesser la Religion au milieu des persécutions ; 3° elle imprime en nous un caractère ineffaçable qui empêche de la
recevoir plusieurs fois. Pendant hîS premiers siècles de l'Église, elle communiquait aussi le don des miracles, le don des langues et de prophéties; ces dons extraordinaires ont duré tant qu'ils ont été nécessaires à l'établissement de l'Église.
Q. Quelles sont kis dispositions pour recevoir la Confirmation?
R. Les dispositions pour recevoir la Confirmation sont de deux sortes, les unes regardent le corps, et les autres l'ame. Voici les dispositions qui regardent le corps : r être à jeun , si on le peut ; 2° être modeste dans ses habits et dans tout son extérieur ; 3" avoir le visage net, surtout le front, oùTEvèque fait l'onction sainte.
Q. Quelles sont les dispositions de lame?
R. Les dispositions de lame sont 1° d'être baptisé; 2" desavoir les éléments de la foi , de connaître l'Oraison Dominicale, le Symbole et leDécalogue, et d'être instruit de ce qui regarde le sacrement de Confirmation ; 3° d'être en état de grâce.
PRIÈRE
O mon Dieu ! qui êtes tout amour , je vous remercie de m' avoir donné votre Saint-Esprit avec tous ses dons; ne permettez pas que je centriste jamais en moi cet Esprit de sainteté et de charité.
Je prends la résolution d'aimer Dieu par-dessus toutes choses, et mon prochain comme moi-même pour l'amour de Dieu ; et, en témoignage de cet amour, je m rougirai jamais de me montrer Chrétien.
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