Quelle était la vie des Patriarches
R. La vie des Patriarches était simple, laborieuse et frugale. Leur famille était comme un petit état, dont le père était le pontife et le roi .
(}. Les Patriarches possédaient-ils de grands biens?
R. Les Patriarches possédaient de grands biens, qui consistaient surtout en troupeaux. Ils ne bâtissaient point de maisons; ils habitaient sous des tentes, changeant de demeure suivant la commodité des pâturages. Dieu le voulait ainsi, afin de nous apprendre que la vie de l'homme ici-bas n'est qu'un voyage.
Q Quelles étaient les principales vertus des Patriarches?
R. Les principales vertus des Patriarches étaient la
OE PEUSÉVÉRANCE. 135
foi, qui les faisait sans cesse soupirer après une patrie meilleure; la charité pour le prochain, qui leur faisait exercer une généreuse hospitalité envers les étrangers; enfin, la tempérance et la sobriété, qui leur procurait une longue vie, exempte d'infirmités.
Q. Combien le patriarche Jacob eut-il de fils ?
R. Le patriarche Jacob eut douze fils, qui sont les pères des douze tribus d'Israël. Le plus célèbre c'est Joseph qui fut une des plus belles figures du Messie. En effet, Joseph est le fils bien-aimé de Jacob, son père. Notre Seigneur est aussi le fils bien-aimé de Dieu, son père. — Joseph est revêtu d'une robe de diverses couleurs ; il a des songes qui annoncent sa grandeur future ; pour cela, il est en butte à la jalousie de ses frères. — Notre Seigneur est orné de toutes les vertus ; il annonce aux Juifs, ses frères, sa grandeur future, et pour cela, il est en butte à la jalousie et à la persécution.
Q. Y a-t-il d'autres traits de ressemblance entre Joseph et le Messie?
R. Oui, il y a encore d'autres traits de ressemblance entre Joseph et le Messie. — Joseph est envoyé vers ses frères. Notre Seigneur est envoyé vers les hommes, ses frères. — Joseph est maltraité et vendu par ses frères à des marchands étrangers. Notre Seigneur est maltraité par les Juifs, ses frères; il est trahi par Judas, et livré aux Romains, qui le font mourir, — Joseph est condamné pour un crime dont il est innocent. Notre Seigneur est condamné pour des crimes dont il est innocent. — Joseph se trouve en prison avec
deux criminels ; il annonce à l'un sa délivrance, à l'autre son supplice. Notre Seigneur est placé sur la Croix entre deux malfaiteurs; il promet à l'un le Ciel, et laisse l'autre dans sa damnation.
Q. Continuez la même figure.
R. Joseph passe de la prison jusque sur le trône de Pharaon. Notre Seigneur passe de la Croix jusque sur le trône de Dieu, son père. — Joseph est proclamé le sauveur du monde. Notre Seigneur est proclamé le Sauveur du monde. — Joseph est obéi par les étrangers avant de l'être par ses frères. Notre Seigneur est obéi par les nations infidèles avant de l'être par le peuple juif. — Joseph sauva ses frères de la mort lorsqu'ils vinrent à lui. Notre Seigneur sauvera les Juifs de l'erreur lorsqu'ils auront embrassé le Christianisme. — Joseph pardonne à ses frères et les rend heureux . Notre Seigneur pardonnera aux Juifs et les comblera de bénédictions.
PRIÈRE
0 mon Dieu! qui êtes tout amour, je vous remercie de nous avoir révélé le Sauveur si long-temps d'avance, sous une figure aussi touchante. Donnez-moi, ô mon Dieu! 1 innocence de Joseph, sa douceur, son humilité et son amour pour le prochain.
Je prends la résolution d'aimer Dieu par-dessus toutes choses et mon prochain comme moi-même pour l'amour de Dieu; et, en témoignage de cet amour, je bannirai de mon cœur tout sentiment de jalousie.
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XXVIP LEÇON.
LE MESSIE PROMIS ET FIGURÉ
Jacob va en Egypte. — Cinquième promesse du Messie faite à Juda. — Sépulture de Jacob dans le tombeau d'Abraham. — Mort de Joseph. — Naissance de Moïse. — Il est sauvé et élevé par la fille de Pharaon. — Il se retire dans le désert de Madian. — Dieu lui apparaît et lui commande de délivrer son peuple. — Vocation d'Aaron. — Plaies de rÉgypte. — Agneau pascal, huitième figure du Messie.
La famille de Jacob, composée de trente personnes, se rassembla aux ordres du saint Patriarche ; elle partit de la vallée de Membre pour se rendre d'abord à Betsabée ou au puits du Serment, situé assez près du fleuve qui sépare l'Egypte de la terre de Chanaan. Jacob s'arrêta en ce lieu pour consulter leJSeigneur. Ne craignez rien, lui dit le Dieu de ses pères, descendez en Egypte, je veux y multiplier votre postérité; j'en rappellerai vos descendants pour les établir avec gloire dans la* terre que je vous ai promise . Confirmé par cette révélation, le Patriarche s'avança vers la capitale de l'Egypte. Quand il en fut à quelques lieues, il ordonna à son fils Juda de prendre les devants, et d'avertir Joseph de son arrivée. Joseph ne fut pas plutôt prévenu de l'arrivée de son père, qu'il fit atteler son char et se rendit auprès de lui. Il se jeta au cou du saint vieillard cl
l'arrosa de ses larmes. Il le conduisit ensuite avec tous ses frères auprès de Pharaon.
Jacob honorait les rois de la terre comme des hommes revêtus de l'autorité de Dieu; mais sa qualité de Patriarche et de chef de la famille sainte , le mettait beaucoup au-dessus d'eux. Le saint homme ayant donc salué le prince, lui dit avec un air de dignité convenable à son grand âge et à sa glorieuse destination : Que le Seigneur mon Dieu vous comble de sa bénédiction et qu'il vous donne d'heureuses années. Le prince, à son tour, lui demanda quel âge il avait. Les jours de mon pèlerinage sur la terre sont de cent trente ans , lui dit Jacob ; jours courts et mauvais, qui sont peu de chose en comparaison de la longue vie de mes pères. Après cette courte audience, Joseph prit congé du roi, qui donna à Jacob et à sa famille la province de Gessen, une des plus fertiles de l'Egypte. C'est là qu'habitèrent et se multiplièrent rapidement les enfants d'Israël.
Jacob vécut encore dix-sept ans. N'ayant plus rien à désirer sur la terre depuis qu'il avait retrouvé Joseph, il vit tranquillement approcher sa dernière heure. Il fit avertir Joseph de le venir trouver, car, dès-lors, il ne sortait plus de son lit ; il lui fit promettre de ne pas l'enterrer en Egypte, mais de le faire porter dans la terre de Chanaan , dans le tombeau de ses pères Abraham et Isaac ; car la terre de Chanaan était réservée aux descendants du saint Patriarche. Joseph lui promit de le contenter, et le supplia de se reposer sur son obéissance.
Jacob se voyant près de sa fin, ne différa pas de consa-
DE PERSE VÉKANCE, 139
crer ses derniers moments par une des plus mémorables prophéties que le Seigneur ait jamais inspirées. Ayant fait assembler ses douze fils autour de son lit, il leur annonça ce qui devait arriver à leurs descendants; les différents états où ils se trouveraient après leur établissement dans la Terre promise, et les caractères singuliers qui distingueraient chacune des douze tribus dont ils seraient la tige.
Bientôt il en vint à Juda. Tout à coup le saint vieillard parut un autre homme. Envisageant Juda avec une sainte complaisance sur la grandeur future de sa tribu, il lui parla de la sorte : Juda, tes frères te loueront, ta main sera sur le cou de tes ennemis ; les enfants de ton père se prosterneront devant toi. Le sceptre ne sortira point de Juda jusqu'à ce que vienne Celui qui doit être envoyé et qui sera l'attente des nations.
1" Cette promesse prophétique confirme ce que les promesses précédentes nous ont annoncé du Rédempteur prédit dès l'origine du monde. Elle nous dit qu'il sera f attente et le salut de tous les peuples. Oui, la conversion des Gentils, tel est le grand caractère auquel on devra principalement le reconnaître. 2° Cet oracle célèbre de Jacob ne se borne pas comme les promesses précédentes à prédire un Sauveur, l'attente des nations : il détermine encore le temps où il doit paraître. Ce sera lorsque l'autorité souveraine , figurée par le sceptre , aura cessé dans la maison de Juda.
Paroles précieuses! qui nous font aujourd'hui voir de nos yeux que Jésus, fils de Marie, est ce divin Messie
lAÛ CATÉCHISME
promis par Jacob mourant. 3° Cette promesse nous tire encore d'un grand embarras. Nous savons, d'après les promesses précédentes , que le Messie naîtra de Jacob ; mais voilà que Jacob a douze fils : lequel d'entre eux sera le père du Rédempteur. La prophétie du saint vieillard lève tous nos doutes, elle écarte onze tribus, et nous avertit de chercher le Messie dans la tribu de Juda.
Le saint vieillard ne s'en tint pas là. Pour prouver à ses enfants la vérité de cette grande prophétie, il ajouta une seconde prédiction qui devait s'accompUr longtemps avant la première. 0 Juda! ajouta-t-il, ô mon fils ! que ta portion dans la Terre promise sera fertile et bien choisie! Les vignes en feront la richesse, et le vin, aussi commun que feau, y pourra servir à laver tes vêtements. Tout s'est vérifié à la lettre. La tribu de Juda fut toujours dans la suite, avant même qu'elle donnât des rois à son peuple, la plus p-uissante, la plus nombreuse, la plus riche des tribus.
Après avoir instruit ses enfants, Jacob mourut paisiblement au milieu d'eux, tout occupé de la pensée et du désir de ce Rédempteur que Dieu lui avait promis , dont il était la figure, et dont il venait d'être lui-même le Prophète, aussi il s'écria en mourant : J'attendrai, Seigneur, le Messie que vous devez envoyer. Joseph le fit embaumer et le transporta avec une grande pompe dans le pays de Chanaan, où il fut inhumé à côté d'Abraham et d'Isaac.
Joseph suivit bientôt son père au tombeau. Les
érainenls services qu'il avait rendus à l'Egypte furent proraptement oubliés, tant il faut peu compter sur la reconnaissance des hommes. Un nouveau roi monta sur le trône . Il fut effrayé de voir les enfants de Jacob se multiplier et former comme un nouveau peuple dans ses états. Il résolut d'abord de les affaiblir en les accablant des plus rudes travaux. Ce moyen ne réussissant pas au gré de ses désirs, il prit une résolution bien digne d'un tyran. Il ordonna de faire mourir tous les fils des Hébreux aussitôt après leur naissance. Mais que peut la malice des hommes contre le Seigneur et contre ceux qu'il protège? Cette cruauté tourna à la ruine de Pharaon. Un jour, la fille de ce prince descendait sur les bords du fleuve pour s'y baigner ; elle aperçut au milieu des roseaux une corbeille fermée ; elle donna ordre à une des personnes de sa suite de la lui apporter. L'ayant ouverte, elle y trouva un petit enfant qui pleurait ; elle en eut compassion. C'est, dit-elle, le fils de quelqu'un des Hébreux. Marie, sœur de l'enfant, était restée à quelque distance de son petit frère. Elle entendit les paroles de la princesse. Si vous voulez, dit-elle, j'irai chercher une femme des Hébreux qui prendra soin de cet enfant. Allez, lui répondit la princesse. La petite fille courut et appela sa mère. La fille de Pharaon lui dit de lui nourrir cet enfant, et lui promit une récompense ; en attendant, elle l'adopta et le nomma Moïse, qui veut dire tiré des eaux. Lorsqu'il fut grand, il fut remis à la princesse et élevé au sein même de la cour de Pharaon. Cependant Moïse, qui n'ignorait pas le secret de sa
ÎA2 CATÉCHISME
naissance, gémissait de voir ses frères dans l'esclavage. Il résolut de les délivrer. Le Seigneur lui-même l'avait choisi pour accomplir cette mémorable délivrance. Il quitta la cour de Pharaon et se retira dans le pays de Madian. Il y passa quarante années, occupé comme les Patriarches, du soin des nombreux troupeaux de Jethro, son beau-père. Un jour qu'il s'était avancé bien loin dans le désert, il se trouva au pied d'une haute et fertile montagne nommée Oreb. Là, le Seigneur lui apparut tout à coup du milieu d'un buisson ardent, sous la figure d'une belle et vive flamme qui brillait d'un éclat fort doux , et qui lui paraissait ne consumer ni les branches, ni les feuilles même du buisson. Moïse, étonné, se dit à lui-même : J'irai, je verrai cette merveille ; j'examinerai pourquoi ce buisson enflanimé comme il est ne se consume point.
Il approchait, lorsque le Seigneur, qui voulait lui faire regarder cette apparition avec le profond respect qu'exigeait sa redoutable majesté, fit entendre sa voix du milieu du buisson. Mo'ise! Moïse! lui dit-il, gardez-vous d'approcher de plus près de ce buisson. Otez votre chaussure, car la terre où vous marchez est une terre sainte. Je suis le Dieu d'Abraham et de Jacob. Moïse , tremblant , se couvrit le visage. J'ai vu l'affliction de mon peuple, continua le Seigneur ; le temps est venu de le tirer de l'esclavage et de l'introduire dans la terre de bénédiction que j'ai promise à leurs pères. Préparez-vous, car c'est vous que j'ai choisi pour délivrer mon peuple de la servitude d'Egypte.
DE PERSÉVÉRANCE. \l\Z
Moïse s'excusa long -temps. Les Hébreux ne me croiront pas, ajouta-t-ii; mais ils diront : Un est pas vrai, le Seigneur ne vous a point apparu . Eh bien ! dit le Seigneur, je vais vous donner de quoi convaincre les incrédules . Que tenez-vous actuellement à la main? C est une baguette, répondit Moïse. Jetez-là à terre, dit le Seigneur. Moïse obéit, et la baguette à l'instant se changea en un horrible serpent, dont il eut peur, et qui l'obligea de s'enfuir. Ne craignez rien, dit Dieu à son serviteur, prenez ce serpent par l'extrémité de la queue. Il le fit , et il trouva qu'il tenait à la main sa baguette dans son état naturel. Ce qui vient de s'opérer devant vous, ajouta le Seigneur, vous le ferez en présence des Hébreux, et ils connaîtront à cette marque que le Dieu qui s'est montré à vous est le Dieu de leurs pères, le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob. Si ce prodige ne suffisait pas, en voici un autre qui les persuadera. Vous prendrez en leur présence de l'eau du fleuve , et ils la verront subitement changée en sang. Votre frère Aaron vous aidera dans le ministère que je vous confie.
Le Seigneur tlt donc entendre sa voix à Aaron qui était en Egypte , et lui dit : Partez sans différer; allez dans le désert à la rencontre de votre frère Moïse ; il vous apprendra quels sont mes desseins sur vous et sur lui. Aaron partit aussitôt et se réunit à son frère. L'union de ces deux grands hommes fut le salut d'Israël. Ils vinrent dans la terre de Gessen où étaient les Israélites. Moïse fit en leur présence les miracles qui devaient autoriser sa mission. Le peuple en reconnut la vérité,
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et bénit le Seigneur de ce qu'il s'était souvenu de son peuple. De là, les deux frères allèrent ensemble trouver Pharaon, et lui dirent avec une autorité convenable à leur caractère : Voici ce que vous dit le Seigneur, Dieu d'Israël. Donnez à mon peuple la liberté d'aller m'offrir un sacrifice dans le désert. Le tyran, choqué d'un langage auquel il n'était point accoutumé, refusa avec hauteur ; mais il fut la victime de sa résistance .
Le Seigneur frappa l'Egypte de dix grandes plaies. A chaque calamité. Pharaon promettait de donner la liberté aux enfants d'Israël. Mais Moïse n'avait pas plutôt fait cesser le châtiment, que le prince, obstiné, rétractait sa parole. Enfin , la dixième plaie fut si cruelle, que Pharaon s'empressa de conjurer les Hébreux de s'en aller au plus vite. Voici quelle fut cette dixième plaie : Au milieu de la nuit , lorsque tout était dans le calme et le silence , Dieu envoya l'Ange exterminateur, qui fit mourir tous les premiers nés des Egyptiens, depuis le prince fils aîné de Pharaon , jusqu'au fils aîné de l'esclave condamné à de pénibles travaux pendant le jour et aux rigueurs de la prison pendant la nuit. Les premiers nés des animaux périrent de même . Le matin , ce ne fut qu'un cri de désolation dans toute l'Egypte ; pas une maison où il n'y eût un mort. Pharaon envoie surle-champ chercher Moïse et Aaron : Partez , leur dit-il , retirez-vous de mes états, vous et tous les enfants d'Israël.
Quelques jours avant cette sanglante exécution , Moïse en avait prévenu les Hébreux . Pour vous mettre
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à couvert des coups de l'Ange exterminateur, voici, leur dit-il, ce que vous ordonne le Seigneur, Dieu de nos pères : (c Le dixième jour de ce mois, chaque père de famille mettra à part un agneau sans tache, mâle, et de l'année. Si la famille ne se trouvait pas assez nombreuse pour manger cet agneau dans un seul repas, on s'associera quelqu'un de ses voisins. L'agneau ainsi mis à part dès le dixième jour, sera gardé jusqu'au quatorzième. Le soir de ce jour, tous les enfants d'Israël immoleront cet agneau. On réservera du sang de la victime ; on marquera de ce sang les deux jambages et le linteau de la porte de chaque maison où se fera le repas. L agneau doit être rôti tout entier ; vous le mangerez avec des pains azymes et des laitues sauvages et amères . Voici maintenant en quel état vous serez pour prendre ce repas : Vous aurez les reins ceints, des chaussures aux pieds et un bâton à la main; vous mangerez debout et à la hâte comme des voyageurs ; car c'est la Pâque, c'est-à-dire le passage du Seigneur. Le sang de la victime qu'on aura mis sur les portes, sera la sauve-garde des enfants d'Israël. Je verrai ce sang, dit le Seigneur, et je n'entrerai point armé de mon glaive vengeur dans les maisons qui en seront marquées. » Plus loin, le Seigneur défend de rompre aucun des os de l'agneau.
Cet Agneau pascal est la huitième figure du Messie. En effet, l'Agneau pascal devait être sans tache. Notre Seigneur est l'Agneau de Dieu, l'Agneau sans tache , la pureté même. — L'Agneau pascal devait être mangé dans une même maison. Notre Seigneur
ne peut être mangé que dans le sein de la même maison,, l'Eglise catholique. — On ne devait briser aucun des os de l'Agneau pascal. Sur la Croix, on ne brisa aucun des os de Notre Seigneur, quoiqu'on rompit ceux des deux voleurs. — L'Agneau pascal devait être rtiatigé avec des pains azymes ou sans levain . Notre Seigneur doit être mangé avec la plus grande pureté de cœur, sans aucun levain de péché. — L'Agneau pascal devait être mangé avec des laitues amères. Notre Seigneur doit être mangé avec les laitues amères de la mortification et de la pénitence. — Ceux qui mangeaient l'Agneau pascal devaient avoir les reins ceints, un bâton à la main et des chaussures aux pieds, comme des voyageurs prêts à partir. Ceux qui mangent Notre Seigneur, doivent avoir les reins ceints, image de la chasteté ; un bâton à la main, image de la force, pour résister au démon ; et des chaussures aux pieds , comme de^ voyageurs qui ne touchent plus à la terre et qui marchent vers le Ciel. -^ C'était au moment de quitter l'Egypte et de se mettre en route vers la Terre promise , que les Hébreux mangèrent l'Agneau pascal. C'est lorsque nous sommes décidés à quitter le péché et à marcher vers le Ciel, véritable Terre promise, qu'il nous est permis de manger Notre Seigneur. — Le sang de l'Agneau pascal fut répandu sur les portes des maisons, et toutes les maisons marquées de ce sang furent épargnées par l'Ange exterminateur. Le sang de Notre Seigneur est répandu dans nos âmes, et toutes les âmes marquées de ce sang divin qu'elles auront bien reçu , seront épar-
DE PiERSÉVÉnANCE. l47
gnées par le Seigneur lorsqu'il viendra exterminer les méchants.
De plus que les précédentes , cette figure nous fait connaître V un des plus éclatants caractères du Messie, son'admirable douceur, il sera doux comme un agneau. 2° Elle nous révèle que le Messie s'unira aux hommes comme la nourriture s'unit à notre corps. 3° Qu'il n'v aura de sauvés que ceux qui s'uniront au Messie.
PRIÈRE
0 mon Dieu I qui êtes tout amour , je vous remercie de m' avoir délivré de la servitude du péché , comme vous délivrâtes votre peuple de la servitude d'Egypte ; je vous remercie surtout de m' avoir nourri de la chair adorable de votre fils, ce véritable Agneau dont celui des Hébreux n'était que la figure. Donnez-moi toutes les dispositions de pureté, de sainteté , de force et de détachement nécessaires pour le recevoir dignement.
Je prends la résolution d'aimer Dieu par-dessus toutes choses et mon prochain comme moi-même pour l'amour de Dieu ; et, en témoignage de cet amour, je ne négligerai rien pour communier souvent.
U'iS CATECHISME
LV MESSIE PROMIS ET FIGURÉ. — CINQUIÈME PROMESSE DU MESSIE FAITE A JUDA. — AGNEAU PASCAL, HUITIÈME FIGURE DU MESSIE.
Q. Jacob vécut-il long-lemps en Egypte?
îi. Jacob était âgé de cent trente ans lorsqu'il se rendit en Egypte ; il y vécut dix-sept ans , environné des respects et de la tendresse de son fils Joseph.
O. Quelle prophétie Jacob fit-il en mourant?
R. Jacob voyant sa fin approcher, rassembla autour de son lit ses douze fils , et leur annonça ce qui arriverait à leurs descendants. Lorsqu'il en fut à Juda , il parla ainsi : Juda, vos frères vous loueront, et le sceptre ne sortira point de votre race, jusqu'à l'arrivée de Celui qui doit être envoyé et qui sera 1" attente des nations.
Q. Quel est le sens de cette promesse?
R. Cette promesse annonce que l'autorité souveraine résidera dans la tribu de Juda, jusqu'à l'arrivée du Messie attendu par les nations. Elle s' est vérifiée au temps de Notre Seigneur, car alors c'était Hérode, Iduméen de nation, qui le premier régnait en Judée.
Q. Que nous apprend-elie encore?
R. Elle nous apprend encore deux choses : IMe temps où le Messie paraîtra : ce sera celui où la tribu de Juda aura cessé de régner ; 2° que c'est dans la tribu de Juda, à l'exclusion de toutes les autres , qu'il nous faut désormais chercher le Messie. Ainsi elle rend plus précises toutes les promesses précédentes.
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Q. Quarriva-t-il aux enfants de Jacob après sa mort?
/?. Après la mort de Jacob, ses enfants se multiplièrent rapidement; Joseph mourut, un nouveau roi monta sur le trône d'Egypte et opprima les Hébreux.
Q. De qui Dieu se servit-il pour délivrer son peuple?
R Pour délivrer son peuple de la servitude d'Egypte , le Seigneur se servit de Moïse et d'Aaron , son frère. Ils allèrent ensemble trouver Pharaon, firent de grands miracles en sa présence , pour lui montrer que le Seigneur luiordonnait de laisser partir les enfants d' Israël . Pharaon résista. Moïse frappa l'Egypte de dix grandes calamités, qu'on appela les dix plaies de l'Egypte; enfin, Pharaon se rendit, et les Hébreux furent délivrés.
(?. Avant de partir , que fit le peuple hébreux ?
7?. Avant de partir, le peuple hébreux immola l'Agneau pascal, suivant l'ordre da Seigneur. L'Agneau pascal est la huitième figure du Messie. Cet Agneau pascal devait être sans tache. — Notre Seigneur est le véritable Agneau sans tache. L'Agneau pascal devait être mangé avec des pains sans levain et des laitues amères. Notre Seigneur doit être mangé avec une grande pureté de cœur, sans aucun levain de péché et avec les laitues amères de la mortification et de la pénitence. — Ceux qui mangeaient l'Agneau pascal , devaient avoir les reins ceints, un bâton à la main, des chaussures aux pieds, comme des voyageurs prêts à partir .Ceux qui communient doivent avoir les reins ceints, image de la chasteté; un bâton à la main , image de la force pour résister au mal ; des chaussures aux pieds , comme des voyageurs qui sont
prêts à tout entreprendre pour arriver au Ciel. — Toute les maisons marquées du sang de l'Agneau pascal , furent épargnées par l'Ange exterminateur. Toutes les âmes marquées du sang de Notre Seigneur qu'elles auront bien reçu, seront épargnées par le Seigneur lorsqu'il viendra exterminer les méchants.
PRIÈRE
0 mon Dieu ! qui êtes tout amour , je vous remercie de m' avoir délivré' de la servitude du péché et de m' avoir nourri de la chair du véritable Agneau , dont celui des Hébreux n'était que la figure. Donnez-moi toujours les dispositions de pureté et de charité , nécessaires pour le recevoir dignement e
Je prends la résolution d'aimer Dieu par-dessus toutes choses et mon prochain comme moi-même pour l'amour de Dieu ; et, en témoignage de cet amour , /e ne négligerai rien pour communier sowent.
DE PEHSEVERAKGE. 15 1
XXVIIP LEÇON.
LE MESSIE PROMIS ET FIGURE
Départ des Israélites. — Colonne de nuée. — Passage de la Mer-Rouge. — Manne, neuvième figure du Messie. — Rocher d'Oreb. — Victoire remportée sur les Amaléciles. — Arrivée au pied du Sinaï. — Publication de la loi. — Sixième promesse du Messie faite par l'organe de Moïse.
Pendant que les Egyptiens étaient occupés à ensevelir leurs morts , Moïse donna aux Hébreux le signal du départ. Au nombre d'environ six cent mille hommes, non compris les femmes et les enfants , les descendants de Jacob , se mettent en marche et se dirigent vers la Mer-Rouge. Dès le commencement, le Seigneur donna à son peuple une nouvelle marque de sa protection. Pour lui faire connaître le chemin qu il devait suivre, le temps de marcher et de s'ai^rêter , les lieux de campements et la durée du séjour, il forma une grande colonne dont la base répondit dans la suite à la largeur du tabernacle et dont la pointe s'élevait fort haut. Durant le jour , elle avait la couleur d'une belle nuée ; mais durant la nuit , elle paraissait toute de feu et lumineuse comme le soleil - Lin Ange était chargé de la conduite de la colonne des-
tinéeà servir de guide aux Hébreux. Quand il fallait se mettre en route , la colonne se levait et allait se placer au-dessus du pavillon de la tribu qui devait partir la première. On marchait tant que la colonne était en mouvement et on suivait exactement ses déterminations. Lorsqu'il était temps de s'arrêter , la colonne s'arrêtait jusqu'à ce que l'ordre du Seigneur lui fît faire un nouveau mouvement pour avertir le peuple de la suivre . Sa pointe en s' élevant s'inclinait du côté du soleil, et étendue comme un grand voile sur tout le peuple , elle protégeait les voyageurs contre les ardeurs du soleil , qui , sans ce secours , eussent été insupportables dans les sables brûlants du désert.
Après quelques campements , on arriva au bord de la Mer-Rouge, Les Israélites se trouvaient enfermés de tous côtés : au-devant par la mer , et derrière par les ennemis; car Pharaon s' étant repenti d'avoir laissé partir les Hébreux, avait assemblé son armée et s'était mis h leur poursuite. Mais Moïse, plein de confiance au Seigneur , rassura les Hébreux : Ne craignez rien , leur dit-il , attendez seulement le miracle que le Seigneur va faire en voire faveur. Aussitôt , la colonne qui était à la tête des Israélites changea de place. Elle se porta entre leur camp et celui des Égyptiens. Cfette nuée était lumineuse du côté des Israélites ; mais du côté des ennemis, elle formait une nuit obscure qui les empêchait d'avancer. Moïse en ce moment étendit !a main vers la mer qui s'entr' ouvrit , et les Israélites y marchèrent à pied sec , 3yant les eaux à droite et à gauche , comme si c'eût été
DE PERSE VÉUANCE. 153
de hautes murailles. Ils effectuèrent ce miraculeux passage pendant la nuit'.
Aux premiers rayons du jour, les Egyptiens s'aperçurent que leur proie leur échappait. Ils se jetèrent avec précipitation dans une route si nouvelle , qui n'était pas ouverte pour eux. C'est là que le Seigneur les attendait. Tout à coup une horrible confusion se met dans l'armée; les chars se brisent, on n'entend plus que ce cri d'alarme : Fuyons les Hébreux, le Seigneur combat pour eux contre nous. Il était trop tard , le Seigneur dit à Moïse : Etendez k main sur la mer , afin que les eaux reprennent leur cours et abîment les Egyptiens , et leurs chars et leurs cavaliers. Moïse étend la main , l'abîme se referme , et tout disparaît englouti dans les flots. Il n'échappa pas un seul homme qui pût porter en Egypte la nouvelle de cet épouvantable désastre. A la vue de ce miracle , Moïse et tout le peuple firent éclater leur joie et leur reconnaissance par un cantique d'actions de grâces : jamais miracle ne fut mieux avéré , puisqu'il s'est passé sous les yeux de plus de six cent mille témoins.
Après avoir franchi la Mer-Rouge , les Israélites entrèrent dans un vaste désert , pour arriver dans la Terre promise. Bientôt les provisions leur manquèrent et le peuple se mit à murmurer contre Moïse et Aaroa. Le saint Conducteur eut recours à Dieu qui lui ordonna
' Sur le passage de la Mer-Kougc et le voyage dans le désert , voya les lettres du savant père Picard, missionnaire tn Egypte, dans 1p Recaeii des Lettres édifiante?.
15Zi CATÉCHISME
de dire au peuple : Je fournirai aux enfants d'Israël une nourriture envoyée du Ciel. Le peuple sortira le matin : chacun en ramassera précisément ce qui suffit pour la nourriture d'un jour. Le sixième jour ils en ramasseront deux mesures, afin qu'ils puissent sanctifier le septième jour qui sera celui du Sabbat. Moïse s'empressa de communiquer au peuple l'oracîe de son Dieu. Dès demain matin , leur dit-il, le Seigneur vous enverra du Ciel une nourriture qui , désormais, ne vous manquera plus. En effet , la manne ne cessa de tomber régulièrement chaque matin , excepté le jour du Sabbat , pendant les quarante ans que les Israélites passèrent dans le désert. Le lendemain de grand matin , la promesse du Seigneur s'accomplit. On aperçut tous les environs du camp couverts d'une rosée sur laquelle était répandue une multitude de petits grains blancs et si serrés les uns contre les autres, qu'ils ressemblaient à une gelée blanche répandue sur la campagne. Jamais on n'avait rien vu de pareil . Les Israélites étonnés , se demandaient les uns aux autres en leur langue manhu , qu'est-ce que ceci? ce qui fit donner à ces grains le nom demamie. Personne n'osa d'abord y toucher. On alla consulter Moïse. C'est là , leur dit-il, le pain que le Seigneur vous a promis. Dès qu'on fut instruit, on se mit en action, Chaque Israélite fit sa récolte. Quelques Israélites voulurent en ramasser pour plusieurs jours , mais ce qui ne fut point mangé le premier jour se corrompit : Dieu voulant dès-lors que les hommes apprissent à n'être inquiets que du présent et à laisser le soin du lende-
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main à la Providence. Pour se nourrir de ces grains , on les brisait sous la meule avec une pierre . On les réduisait en une pâte blanche qu'on faisait cuire dans un vase, et on retirait un pain d'un goût délicieux. Bien plus , ceux que leur foi rendait agréables au Seigneur, y trouvaient encore quelque chose de plus exquis . La manne prenait à leur gré tous les goûts qu'il leur plaisait. Il fallait recueillir la manne dès le matin , car elle fondait aux rayons du soleil.
C'est là un des plus grands miracles que le Seigneur ait opéré en faveur de son peuple , et une des plus admirables figures du Messie, — La manne était une nourriture qui tombait du Ciel. Notre Seigneur dans la sainte Eucharistie, est un pain vivant descendu du Ciel,
— La manne tombait tous les jours . La sainte Eucharistie est notre pain de chaque jour. — La manne n'était que pour les Israélites. La sainte Eucharistie n'est que pour les Chrétiens. — La manne ne fut donnée aux Israélites qu'après le passage de la Mer-Rouge. La sainte Eucharistie n'est donnée aux Chrétiens qu'après le baptême figuré par le passage de la Mer-Rouge. — La manne remplace tous les aliments. La sainte Eucharistie est le pain par excellence , le pain qui suffit à tous nos besoins.
— La manne avait tous les goûts. La sainte Eucharistie a tous les goûts : elle fortifie les faibles , console les affligés, éclaire l'esprit, embrase le cœur. — La manne cependant n'empêchait pas de mourir. La sainte Eucharistie donne le gage de la vie éternelle. — La manne tomba tant que le peuple fut dans le désert . La sainte
Eucharistie sera donnée aux hommes tant qu'ils seront sur la terre. — La manne cessa lorsque les Hébreux furent entrés dans la Terre promise . La sai n te Eucharistie cessera lorsque nous serons entrés dans le Ciel, c'est-àdire que nous verrons sans nuage le Dieu que nous recevons sous les voiles du Sacrement.
Cette figure ajoute de nouveaux traits au tableau. l*" Tandis que l'Agneau pascal ne devait être mangé qu'une fois par an, la manne , figure de la sainte Eucharistie , devait être mangée tous les jours ; 2° elle nous annonce que la nourriture que le Sauveur réserve à nos âmes , sera une nourriture céleste ; 3"* que cette nourriture nous sera donnée tant que nous serons voyageurs dans le désert de la vie.
Les Israélites , nourris d'un pain miraculeux , continuèrent leur marche dans le désert. Bientôt les provisions d'eau furent épuisées : suivant sa coutume, le peuple se mit à murmurer . Le Seigneur , dans son inépuisable bonté , ne répondit à leurs plaintes que par un nouveau prodige. Il dit à Mo'ise : Prenez la baguette dont vous avez frappé le fleuve d'Egypte; frappez le rocher d'Oreb , vous en verrez sortir des eaux en si grande quantité , que tous les hommes et toutes les bêtes auront abondamment de quoi se désaltérer. Moïse obéit; au premier coup de la baguette miraculeuse, il sortit du sein du rocher une source si pleine et si rapide, que toute la vallée en fut arrosée comme des eaux d'une belle rivière.
Bientôt un nouveau danger menaça le peuple voyageur. Les Amalécites, nation brave et nombreuse, vinrent les
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attaquer. Pendant que les enfants d Israël combattaient dans la plaine, Moïse monta sur une montagnevoisine.il éleva les mains vers le Ciel : chaque fois que ses mains se portaient en haut , Israël remportait un avantage considérable; mais aussitôt qu'il les baissait, les Amalécites reprenaient le dessus et gagnaient du terrain . On s'aperçut de cette vicissitude. Aaronetun autre Israélite qui étaient avec Moïse , lui soutinrent les bras élevés jusqu'au coucher du soleil, et la bataille fut gagnée. Exemple frappant de ce que peut la prière animée par la foi.
Après ce nouveau prodige, on continua de se diriger vers r intérieur du désert . Le quarante-sixième jour après le passage de la Mer-Rouge, la colonne vint s'arrêter au pied du mont Sinaï. De toutes les stations du peuple Hébreu dans le désert , celle-ci fut assurément la plus célèbre . C'est là que le Seigneur lui donna sa loi. Voici pourquoi et comment cela eut lieu.
Les vérités que Dieu avait enseignées à Adam, et dont la connaissance avait passé des pères aux enfants par la voie de la tradition, commençaient à s'altérer; il était à craindre qu elles ne s'effaçassent bientôt de la mémoire des hommes . Pour les conserver , et surtout pour conserver la grande promesse du Messie, Dieu résolut de les donner par écrit. Il appela Moïse sur la montagne, et lui commanda de dire de sa part aux Israélites : Vous avez vu de quelle m.anière je vous ai tirés de l'Egypte, et comment je vous ai choisis pour être mon peuple. Si vous écoutez ma voix, et si vous gardez mon alliance, j' établirai mon règne au milieu de vous : vous serez la nation
îr.8 CATÉ{:ms^rE
sainte. Moïse descendit de la montagne, et répéta fidèle* ment aux Israélites ce que le Seigneur lui avait dit. Il leur demanda une réponse précise. Toute la nation répondit d'une voix unanime : Nous ferons tout ce qu'a dit le Seigneur.
Moïse repartit pour porter cette réponse à son Dieu, qui lui dit : Purifiez vos Hébreux, et qu'ils soient prêts pour le troisième jour; alors, je descendrai devant tout le peuple sur la montagne de Sinaï. Vous mettrez une barrière autour de la montagne ; sous peine de mort, il sera défendu de la passer. Tous ces préparatifs étaient nécessaires pour la solennité de la publication de la loi, et pour disposer les cœurs à la recevoir dans les sentiments d'une religieuse vénération. Dès le matin du troisième jour, on entend des tonnerres, on voit briller des éclairs ; une nuée épaisse couvre la montagne ; du sein de la nue éclate le son perçant de la trompette qui convoque le peuple; mais le peuple, effrayé, se tenait à couvert dans ses tentes. Moïse cependant le rassura, et les ayant fait sortir, il les rangea dans l'espace qu'on avait laissé libre entre le camp et le pied de la montagne, où l'on avait placé des barrières. Alors, Dieu fit entendre sa voix du milieu de la nue enflammée, et publia les dix Commandements de sa loi, écrits sur deux tables de pierre, c'est ce qu'on appelle le Decaîogue'.
' A ce que nous avons dit de TÉcriture dan.s la deuxième leçon du Catéchisme, nous croyons utile d'ajouter la note suivante. Le Peiilateuque contient l'alliance de Dieu avec le peuple juif, comme l'Évangile contient i'jiHiance de Dieu avec le peuple chrélien. Les autres livres historiques de l'Ancien Testament nous racontent la manitre dont Dieu et le peuple
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Des que le Seigneur eut cessé de parler, le bruit des tonnerres et le son des trompettes recommencèrent avec le même éclat qu'auparavant. La montagne, toujours fumante, couverte de la nuée, et étincelante de flammes, s'ébranla. Les Hébreux, dans un saisissement et dans une frayeur inexprimable , se retirèrent vers leurs tentes, et Moïse les y suivit. Les Anciens dirent à Moïse : Parleznous vous-même désormais; mais que le Seigneur ne nous parle plus immédiatement, autrement, c'en est fait
iuif ont tenu leurs engagements. D'une part, nous voyons Dieu aussi fidèle à ses promesses qu'à ses menaces; de l'autre, le peuple tour à tour inconstant et soumis, recevant infailliblement des récompenses ou des cliâlitnerits. Cette alternative de biens et de maux est la sanction de l'alliance, et contribue merveilleusement à la faire observer; l'espérance et la crainte étantlesdeuxp:rands mobiles des actions humaines. Les livres prophétiques n'annoncent pas seulement une alliance future , ils ont aussi pour but de maintenir le peuple dans sa fidélité à ses engagements. Ils lui rappellent ce qu'il doit craindre ou espérer , suivant qu'il sera obéissant ou prévaricateur. Les livres moraux ont pour but de faire observer l'alliance dans son esprit. Ce sont pour ainsi dire les articles organiques de la loi.
De même, dans le Nouveau Testament , l'histoire de l'Église a pour but de montrer de quelle manière Dieu et le peuple chrétien observent cette alliance auguste, scellée par le sang du Rédempteur. D'une part, on voit Dieu depuis dix-huit siècles , dispensant tour à tour les châtiments et les récompenses, suivant la fidélité ou l'infidélité des nations chrétiennes; de l'autre , les nations chrétiennes , tour à tour heureuses ou malheureuses, suivant qu'elles sont dociles ou rebelles, en sorte qu'en tête de chaque pagede l'histoire d'un peuple chrétien on doit lire ces paroles: La fidélité à l'alliance du Calvaire élève les nations, leur infidélité les abaisse et les rend malheureuses. Justitia élevât gentem, miseros aatem facit populos peccaium. Ainsi, on voit que toute l'histoire du monde, sous l'Ancien comme sous le Nouveau Testament, a pour but de maintenir la double alliance, et d'enseigner aux peuples à être fidèles par la vue des châtiments ou des récompenses, qui sont l'infaillible salaire de l'obéissance ou delà tévolle.
de notre vie? Qu'est-ce qu'un homme de chair pour écouter la voix du Dieu vivant, lorsqu'il parle du milieu des flammes ? Moïse partit ; et, s'étant enfoncé dans les redoutables ténèbres qui couvraient la montagne, il représenta au Seigneur les alarmes de son peuple. Je connais sa demande, répondit le Seigneur, elle ne m'a point déplu.
Dans son infinie bonté, le Seigneur choisit ce moment pour renouveler de la manière la plus touchante la grande promesse du Messie. Retournez vers le peuple, dit-il à Moïse, et vous lui direz : Le Seigneur vous promet de vous donner un Prophète de votre nation et pris d'entre vos frères, semblable à moi, qui suis chargé devons l'annoncer. Votre Dieu mettra ses paroles dans sa bouche : vous lui obéirez avec soumission. Si quelqu'un ne veut pas écouter ce Prophète, Dieu en tirera une vengeance éclatante.
Ces paroles annonçaient le Messie. Saint Pierre, parlant aux Juifs, les applique à Notre Seigneur, qu'il leur prêchait. Cette promesse nous découvre un nouveau caractère de Notre Seigneur. Elle nous apprend qu'il fera un jour, d'une manière douce et familière, ce qui venait de se faire au milieu d'un appareil formidable ; ce ne sera point avec terreur, mais avec douceur et bonté, qu'il apprendra aux hommes les volontés de Dieu. Elle nous apprend encore qu'il sera comme Moïse, Législateur, Médiateur entre Dieu et les hommes. Chef et Libérateur de son peuple, quoique d'une manière plus excellente. Or, tout cela ne s'est accompli littéralement qu'en
Notre Seigneur, iils unique de Dieu, né du sang des rois de Juda, Chef, Législateur, Médiateur et Sauveur d'un peuple nouveau . Telle est la sixième promesse du xMessie .
PRIÈRE
0 mon Dieu ! qui êtes tout amour , je vous remercie d'avoir confirmé par des miracles si éclatants les vérités de ma foi. Que votre lumière me conduise pendant la vie comme la colonne conduisait votre peuple dans le désert. Je vous remercie de m' avoir si souvent nourri du véritable pain descendu du Ciel , et de m'avoir donné par Notre Seigneur Jésus-Christ la loi de grâce bien supérieure à la loi ancienne. Faites que je dise avec plus de sincérité que les Israélites : Je ferai tout ce que le Seigneur me commandera.
Je prends la résolution d'aimer Dieu par-dessus toutes choses et mon prochain comme moi-même pour l'amour de Dieu; et, en témoignage de cet amour, je chercherai V occasion d instruire les ignorants.
PETIT CATECHIS31E.
LE MESSIE PROMIS ET FIGURÉ. — NEUVIÈME FIGURE DU MESSIE , LA MAXXE . — SIXIÈME PROMESSE DU MESSIE FAITE A MOÏSE . >
Q. Quel est le premier miracle que le Seigneur
fit en faveur de son peuple lorsqu'il le tira de l'Egypte ?
/?. Le premier miracle que le Seigneur fit en faveur de
162 CAlÉCHÎSiME
son peuple en le tirant de T Egypte , fut la colonne de nuée . Cette colonne, lumineuse pendant la nuit, et sombre pendant le jour, dirigeait le peuple dans sa marche, et marquait les endroits où Ion devait s'arrêter. Pendant le jour, elle s'étendait comme un grand voile sur le camp, afin de protéger les Hébreux contre les ardeurs brûlantes du soleil.
Q. Ce miracle dura-t-il long-temps ?
R. Ce miracle dura environ quarante années; aussi long-temps que les Israélites furent dans le désert .
Q. Quel fut le second miracle du Seigneur en faveur de son peuple ?
R. Le second miracle du Seigneur en faveur de son peuple fut le passage de la Mer-Rouge. Pharaon se repentit d'avoir laissé partir les Hébreux. Il se mit à leur poursuite avec son armée j A la voix de Moïse, les eaux de la Mer-Rouge se divisèrent et laissèrent un libre passage aux enfants d'Israël. Les Egyptiens voulurent y entrer; mais ce chemin n'était point fait pour eux. Au commandement de Moïse, les eaux reprirent leur cours et engloutirent les Egyptiens, sans qu'il en échappât un seul.
Q. Quel fut le troisième miracle du Seigneur en faveur de son peuple?
R. Le troisième miracle du Seigneur en faveur de son peuple, fut la manne.
Q. Qu'était-ce que la manne ?
R, La manne était une nourriture miraculeuse que le Seigneur faisait tomber chaque matin autour du camp
i)t J>lrsévéraN(:e. IgJ
des Hébreux. Elle était composée de petits grains blancs et serrés. Elle ressemblait à une gelée blanche. On la ramassait chaque matin de bonne heure ; elle avait un goût délicieux.
Q. La manne est-elle la figure du Messie ? /?. La manne est la neuvième figure du Messie. En effet, la manne était une nourriture qui tombait du Ciel. Notre Seigneur, dans la sainte Eucharistie, est un pain vivant descendu du Ciel. — La manne n'était que pour les Israélites. La sainte Eucharistie n'est que pour les Chrétiens. — La manne remplaçait tous les aliments. La sainte Eucharistie est le pain par excellence ; elle suffit à tous les besoins de notre ame. — La manne avait tous les goûts. La sainte Eucharistie a toutes les vertus ; elle console, elle fortifie, elle éclaire, elle embrase. — La manne cessa loi'squé les Hébreux furent entrés dans la Terre promise. La sainte Eucharistie cessera lorsque nous entrerons dans le Ciel, c'est-à-dire que nous verrons sans nuase le Dieu que nous recevons sous les voiles du Sacrement. Q . Quelle est la sixième promesse du Messie ? R. La sixième promesse du Messie fut faite à Moïse. Les Israélites, tremblants au pied du mont Sinaï, conjurèrent Moïse de leur parler lui-même, et non pas le Seigneur, dont ils ne pouvaient plus, sans mourir, soutenir la majesté. Le Seigneur alors dit à Moïse : La demande de mon peuple ne me déplaît point. Je susciterai un Prophète semblable à vous, que tous pourront entendre, et à qui tous seront obligés d'obéir. Ce Prophète,
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plein de douceur, qui annoncera la loi du Seigneur, sans aucun appareil redoutable, en sorte que tous pourront l'approcher, c'est le Messie. Saint Pierre nous l'apprend lorsqu'il applique à Notre Seigneur cette promesse que Dieu fit à Moïse.
PRIÈRE
0 mon Dieu! qui êtes tout amour, je vous remercie d'avoir confirmé par des miracles si éclatants les vérités de ma foi. Conduisez-moi pendant cette vie comme la colonne conduisait votre peuple dans le désert, afin que j'arrive à la véritable Terre promise.
Je prends la résolution d'aimer Dieu par- dessus toutes choses et mon prochain comme moi-même pour l'amour de Dieu ; et , en témoignage de cet amour , je chercherai V occasion d! instruire les ignorants.