‹ Catéchisme de persévérance, ou, Exposé historique, dogmatique, moral et liturgique de la religionChapitre 11 sur 48 · XXIX^ LEÇON · texte numérisé non relu

XXIX^ LEÇON

LE MESSIE PROMIS ET FIGURE

Confirmation de Palllance. —Sang des victimes répandu sur le peuple. — Sacrifices, dixième figure du Messie. — Idolâtrie des Israélites, Veau d'or. — Le Seigneur désarmé par Moïse. — Description de l'Arche et du Tabernacle. — Marche du peuple dans le désert. — Révolte de Cadesbarné. — Le serpent d'airain, onzième figure du Messie.

Outre les deux tables de pierre sur lesquelles était gravé le Décalogue, le Seigneur donna à Moïse un grand nombre d'autres lois infiniment sages et relatives, soit aux cérémonies de la Religion , soit aux actions de la vie'. Moïse les écrivit, et dès le lendemain matin il fit dresser un autel au pied de la montagne, qui était comme le trône de Dieu. Autour de l'autel étaient douze colonnes qui représentaient les douze tribus d'Israël. Cet ouvrage achevé. Moïse convoqua le peuple à la cérémonie de la confirmation de Talliancc .

Chacun s'y rendit, et tout le monde étant rangé autour de l'autel, on immola les victimes. Moïse lut de nouveau !e livre de la Loi. Tout le peuple répondit : Nous ferons

' Foyez, sur les lois des Hébreux, entre autres, l'ouvrage de M. Frère, VHomme connu par la révélation , et surtout la Critique des législations payennes et défense de la léyislat. mosaïque, par J. Brunati , prof, au Séminaire de Brescia. In 8»,

IGO CAIÉCHISAÎE

lout ce que le Seigneur commande. Alors Moïse se tenant debout auprès de l'autel , se fit apporter un bouquet d'hysope et de laine teinte en écarlate; il mêla de l'eau pure dans le sang des victimes et en arrosa le livre de la Loi . Ensuite les douze tribus se présentèrent l'une après l'autre et il les arrosa du même sang, en prononçant ces paroles : C'est ici le sang de l'alliance que le Seigneur a contractée avec vous.

Par cette aspersion , le Seigneur, représenté par Moïse , ratifiait l'alliance et s'engageait à l'accomplir ; le peuple , couvert du sang des victimes, confirmait ses serments et se soumettait aux châtiments de ses transgressions. En vertu de ce contrat, les enfants d'Israël devinrent dès ce moment à un titre particulier, le peuple de Dieu ; et Dieu lui-même se déclara spécialement le Dieu, le Père et le Roi des enfants d'Israël. Jamais on n'avait vu une cérémonie plus auguste ni plus imposante. Elle n'était cependant que l'ombre de celle qui, après plus de quinze siècles, devait confirmer la Nouvelle Alliance du Seigneur avec tous les hommes, lorsque le Messie, fils de Dieu et Dieu lui-même, voulut la ratifier par l'efFusion de son propre sang et devenir tout à la fois la victime, le prêtre et le médiateur du contrat : Moïse n'était ici que sa figure.

En effet, pour confirmer l'ancienne alliance. Moïse élève un autel environné de douze colonnes. Notre Seigneur , pour confirmer la Nouvelle Alliance , dresse aussi un autel environné de ses douze Apôtres. — Les douze colonnes représentaient tout le peuple d'Israël.

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Les douze Apôtres représentaient toute l'Église. — Ce fut après être descendu de la montagne, d'où il apportait aux Israélites la Loi de Dieu , que Moïse offrit son sacrifice. Ce fut après être descendu du Ciel et nous avoir apporté une Loi divine, que Notre Seigneur a ofiFert son sacrifice. — Moïse immola des victimes et en répandit la sang sur le peuple. Notre Seigneur s'immola lui-même et donna son sang à boire à ses Apôtres. — Moïse, en répandant le sang des victimes , prononça ces paroles : C'est ici le sang de l'alliance que le Seigneur fait avec vous. Notre Seigneur, en donnant son sang à ses Apôtres , prononça ces mêmes paroles : C'est ici le sang de la Nouvelle Alliance que le Seigneur fait avec les hommes — Le peuple, couvert du sang des victimes , devint le peuple de Dieu qui promit de le protéger dans le désert et de le conduire dans Ja Terre promise. Couverts du sang de Notre Seigneur, nous sommes devenus le vrai peuple de Dieu qui promet de nous protéger dans le désert de la vie et de nous conduire dans le Ciel, figuré par la Terre promise. — Depuis que l'alliance fut confirmée, il y eut chez les Hébreux deux espèces de sacrifices, des sacrifices sanglants et des sacrifices non sanglants. Depuis que Notre Seigneur a confirmé sa Nouvelle Alliance, il y a eu chez les Chrétiens le sacrifice sanglant du Calvaire et le sacrifice non sanglant de nos autels. — Dans les sacrificessanglants de l' ancienne Loi , la victime était mise à mort. Dans le sacrifice ^nglant de la nouvelle Loi, la victime a éu] mise à mort — Dans les sacrifices non

sanglants de l'ancienne Loi, la victime n'était pas mise à mort. Dans le sacrifice non sanglant de la nouvelle Loi , la victime n'est pas mise à mort comme sur le Calvaire , elle est mystiquement immolée , car Notre Seigneur une fois ressuscité ne peut plus mourir. — La matière du sacrifice non sanglant de l'ancienne Loi, était de la farine et du vin. La matière du sacrifice non sanglant de la nouvelle Loi , c'est le pain et le vin qui se changent au corps et au sang de Notre Seigneur. — Tous les divers sacrifices de l'ancienne Loi étaient offerts pour quatre fins principales : adorer, remercier, demander et expier. Le sacrifice de la nouvelle Loi renferme à lui seul tous ces avantages, c'est un sacrifice d'adoration, d'actions de grâces, de demande et d'expiation. — Dans l'ancienne Loi , pour tenir lieu de tous les sacrifices, on immolait chaque jour, le matin et le soir, un agneau sans tache. Pour perpétuer le sacrifice du Calvaire, qui remplace tous les sacrifices anciens, f Agneau de Dieu s'immole chaque jour et à chaque heure du jour et de la nuit sur nos autels; car depuis dix-huit siècles il y a toujours dans quelque partie du monde des prêtres à l'autel, qui célèbrent la sainte Messe.

Il est évident par là que tous les sacrifices de l' ancienne Loi n'étaient qu'une figure du sacrifice de Notre Seigneur, comme l'ancienne Loi n'était elle-même qu'une figure de la nouvelle. Aussi nous comptons les sacrifices anciens pour la dixième figure de Notre Seigneur.

En dictant sa Loi aux Israélites et en faisant alliance avec eux, le Seic:neur leur avait donné une grande

preuve de sa bonté, il leur en donna peut-être une plus grande en leur pardonnant le crime incroyable dont ils se rendirent coupables, au pied même du Sinaï. Après la confirmation de l'alliance, Moïse était remonté sur la montagne toujours couverte d'un épais Duage. Le peuple crut que son absence ne serait que de quelques jours ou de quelques semaines tout au plus; mais un mois s' étant écoulé sans qu'on eût de nouvelles de ce qui se passait sur la hauteur, la multitude se mit à murmurer. Le Seigneur nous a sans doute abandonnés, se dirent-ils, faisons-nous des dieux qui marchent devant et qui nous tirent des déserts où nous sommes engagés. Aussitôt, ils firent un veau d'or et lui offrirent d'abominables sacrifices. Après cela , ils se mirent à manger, à boire et à danser autour de l'idole. A ce spectacle , le Seigneur dit à Moïse : Allez, descendez; wire peuple, que vous avez tiré de la terre d'Egypte, a péché contre moi ; ils se sont fait un veau d'or qu'ils adorent à ma place. Laissez-moi, afin que ma colère s'enflamme contre ce peuple et que je l'extermine. Moïse connaissait trop bien le cœur de son maître pour lâcher prise. Il tombe aux genoux du Seigneur et le prie en ces termes : Non, Seigneur, vous ne frapperez point voire peuple que vous avez tiré de la servitude d'Egypte. Voulez-vous que les Egyptiens insultent à votre saint nom en disant que vous l'avez mahcieusement conduit dans ces solitudes pour le faire périr? Souvenez-vous des promesses que vous avez-^ faites à Abraham , Isaac et Jacob. Vous avez juré de multiplier leurs descendants

comme les étoiles du Ciel , et de les établir dans la terre de Chanaan.

Prodigieuse puissance de la prière ! A la voix de Moïse, le Seigneur est désarmé, et l'arrêt qui condamnait les Hébreux à une ruine totale est révoqué. Les plus coupables seuls furent punis comme ils le méritaient. Le Seigneur ordonna ensuite à Moïse de faire l'arche d'alliance. C'était un coffre destiné à recevoir entre autres choses le livre de la Loi et les deux tables de pierre sur lesquelles était gravé le Décalogue. L'arche était faite d'un bois incorruptible, revêtue au-dedanset au-dehors de l'or le plus fin , ornée tout à Tentour d'une couronne d'or, fermée par un couvercle revêtu d'or et surmonté de deux Chérubins d'or massif. C'était de dessus cette arche que le Seigneur voulait désormais faire entendre ses volontés et exaucer les voeux de son peuple. L'arche avait en tout deux coudées et demie de longueur sur une coudée et demie de largeur et de hauteur . L'arche était placée dans le tabernacle.

Le tabernacle était un pavillon d'étoffes précieuses et enrichies de broderies ; il avait trente coudées de long sur dix de large. Ce temple portatif marquait l'Église pendant qu'elle était encore sur la terre dans un état d'instabilité et dans un lieu de passage ; comme depuis, le temple de Salomon figura l'Église dans son état de stabilité et dans la demeure des Cieux. Le tabernacle était porté par la tribu de Lévi , toute consacrée au Seigneur. Aaron, qui était de cette tribu, fut choisi pour Grand-Pontife.

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Le Seigneur établit aussi trois principales fêtes en mémoire des trois plus grandes grâces qu'il avait accordées à son peuple . La fêle de Pàque , en mémoire de la délivrance d" Egypte et du passage de la Mer-Rouge ; la fête de la Pentecôte, en mémoire de la publication delà Loi sur le mont Sinai; elle se célébrait sept semaines après celle de Pâque ; enfin la fête des Tabernacles ou des Tentes, en mémoire de leur voyage miraculeux dans le désert, pendant lequel ils avaient habité sous des tentes.

Cette fête durait sept jours comme les deux précédentes. Pendant ces sept jours, les Israélites habitaient sous des tentes ou sous des berceaux de feuillage. Lorsqu'ils furent maîtres de la Terre promise , tous les Israélites étaient obligés de se trouver à Jérusalem aux trois grandes solennités, et il était permis aux femmes d'y venir.

On assistait aux prières et aux sacrifices , toujours accompagnés de musique et auxquels succédaient d'innocents plaisirs. Aussi , on estimait heureux ceux qui pouvaient s'y trouver, et on se croyait malheureux de n'avoir pas la liberté d'y aller. Tels doivent être la conduite et les sentiments des Chrétiens dans ces jours augustes et solennels où ils célèbrent la mémoire des bienfaits qu'ils ont reçus de Dieu.

Lorsque toutes ces choses furent réglées , la colonne de nuée se leva et on s'éloigna de la montagne à jamais célèbre du Sinaï. Voici Tordre dans lequel on se mit en marche. Tout le peuple se partagea en quatre grands corps composés chacun de trois tri-

bus; au milieu était le tabernacle porte par les Lévites. Ces quatre grands corps , non plus que les tribus, ne devaient jamais se confondre ni dans le séjour ni dans la marche. De cette sorte, le peuple était toujours en état de faire face de quelque côté que les ennemis pussent s'approcher pour le combattre. Chaque tribu avait son chef et son drapeau. Au centre de chaque tribu, étaient les femmes, les enfants, les vieillards, les chariots et les troupeaux. De cette manière , la marche se faisait sans confusion et dans le plus bel ordre qu'il fût possible d'imaginer.

On commença donc le voyage dans cet ordre tout divin qui formait le plus magnifique et tout ensemble le plus formidable spectacle qu'on eût jamais vu. C'était une armée de plus de six cent mille combattants , sans y comprendre un peuple entier de deux millions de femmes, d'enfants et de vieillards, conduits par le Seigneur leur Dieu qui se faisait gloire de marcher à leur tête et de les mener, rangés comme ils étaient sous leurs drapeaux et sous leurs chefs, à la conquête d'un beau pays promis à leurs pères, pour y établir, sur la ruine des anciens habitants, leurs familles, leur rehgion et leur empire. Ce grand projet allait s'exécuter; mais le succès dépendait de la fidélité de ces mômes hommes qui y avaient tant d'intérêt.

Environ deux mois après leur départ du Sinaï, les Israélites arrivèrent en vue du pays de Chanaan. La colonne s'arrêta et ils campèrent dans un endroit nommé Cadesbarné. Ce séjour était destiné de Dieu à

prendre les dernières résolutions pour attaquer les ennemis qu'on allait avoir à combattre et pour se mettre en possession de cette terre si long-temps promise. Moïse assembla donc les enfants d'Israël : Cette terre où vous touchez, leur dit-il, est le pays où le Seigneur a promis à vos pères de vous introduire; il est temps d'en entreprendre la conquête sous sa protection; ne craignez rien, comptez sur un succès que le secours et les promesses du Ïout-Puissant rendent infaillible.

Cependant, avant dépasser la frontière, on résolut d'envoyer un certain nombre d'hommes pour reconnaître le pays. On choisit douze députés, un pour chaque tribu. De ce nombre furent Caleb et Josué. Ces députés partirent et s'acquittèrent heureusement de leur commission. En revenant, ils apportèrent entre autres fruits dés figues et des grenades, mais surtout une grappe de raisin si prodigieuse, qu'ils furent obligés d'en couper la branche pour la passer sur un long levier, dont deux hommes étaient chargés. La course fut de quarante jours, au bout desquels les députés arrivèrent au camp de Cadesbarné .

Dès qu'on les vit paraître, on s'assembla auprès de Moïse et d'Aaron, à qui les douze voyageurs vinrent rendre publiquement compte de leur commission. Ils firent d'abord parler pour eux les beaux fruits qu'ils avaient rapportés. Jugez, dirent-ils au peuple, par ces fruits monstrueux , quelle est la fertilité de la terre que nous venons de reconnaître. On ne vous a pas trompés quand on vous a dit que là coulaient des ruisseaux de

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lait et de itiiel. Moïse était charmé de ce début; mais quelle fut sa surprise et sa douleur lorsqu'il entendit les députés continuer en ces termes : Mais ce pays est plein de grandes villes, bien murées. Il est habité par des hommes d'une grandeur et d'une force extraordinaires ; nous y avons vu des géants d'une taille énorme : près d'eux nous ne serions que des sauterelles. La terre elle-même , toute fertile qu'elle est, dévore ses habitants, et il ne nous serait pas possible d'y vivre.

On peut juger des étranges impressions qu'un pareil récit, appuyé par le grand nombre des envoyés, fit sur le peuple, déjà bien mal disposé et tout prêt à la révolte. Le découragement se peignit sur les visages, et des murmures commencèrent a sortir de tous les rangs. Cependant, deux députés fidèles, Caleb et Josué, s'efforcèrent de détromper le peuple. On vous trompe grossièrement, s'écrièrent-ils; ayons seulement le courage de nous présenter devant nos ennemis, et ils disparaîtront devant nous.

La nuit approchait; le peuple rentra dans ses tentes ; mais le temps ne fit qu'aigrir le mal. Dès le lendemain matin , ce fut une confusion effroyable dans le camp. Tous criaient contre Moïse et Aaron. Que ne sommes-nous morts dans f Egypte, leur disait-on en face, ou que ne nous fait-on tous périr dans ce désert ? Non , nous ne voulons point entrer dans cette terre pour y être immolés par le fer de nos ennemis. Moïse, affligé au-delà de ce qu'on peut dire, eut beau remontrer, gémir, exhorter, on ne r écouta pas. La sédition augmentait de plus en pins-.

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II était temps que le Seigneur prît en main la ca(use de ses ministres. Au moment qu'on se préparait à les accabler de pierres, la colonne de nuée qui reposait sur le toit du Tabernacle, se changea en un feu menaçant, et laissa entrevoir à ces furieux toute lindignation d'un Dieu outragé, résolu de les exterminer. Moïse luimême, tremblant pour eux, courut demander leur grâce. Le Seigneur répondit avec une bonté que Moïse osait à peine se promettre. Je leur pardonne comme vous le souhaitez ; ils ne périront pas tous en un jour par la peste comme je l' avais résolu ; mais je suis le Dieu vivant , et j'en jure par moi-même, ma gloire ne souffrira point du pardon que je leur accorde. Voici l'arrêt que vous leur annoncerez : Vous serez traités comme vous avez souhaité de l'être; vous tous qui depuis l'âge de vingt BUS et au-dessus, avez murmuré contre moi , vous mourrez dans ce désert, vos cadavres y pouriront, vous n'entrerez point dans la terre dont j'ai juré à vos pères de donner la possession à leurs descendants. Je n'excepte de ma sentence que Caleb et Josué ; mais vos enfants seront errants dans la solitude durant quarante ans, jusqu'à ce que les cadavres de leurs pères soient consumés.

En même temps les dix députés infidèles tombèrent morts , frappés de la main de Dieu , en présence de la multitude. Le Seigneur demeura inflexible, et il fallut se résoudre à reprendre la route du désert, pour y voir périr un million d'hommes proscrits, et pour y exécuter, durant plus de trente huit ans, l'arrêt porté par le juste

juge dans le jour de son indignation contre son peuple rebelle.

Plusieurs années après, le peuple se révolta de nouveau. Pour les punir de leurs murmures continuels, le Seigneur envoya contre eux des serpents dont la morsure , brûlante comme le feu, leur donnait la mort. Dans ce pressant danger, ils coururent à la tent de Moïse : Nous avons péché en parlant contre le Seigneur et contre vous , lui dirent-ils ; priez-le de nous délivrer de ces serpents.

Dieu choisit ce moment pour nous donner une nouvelle figure du Messie. Moïse pria donc pour eux, et le Seigneur lui dit : Faites un serpent d'airain, et mettez-le sur un endroit élevé, quiconque le regardera sera guéri de sa blessure. Moïse obéit, et le venin disparaissait aussitôt qu'on avait tourné ses yeux mourants vers le serpent attaché au bois salutaire. C'est ici la onzième figure du Messie. — Les Hébreux sont mordus par des serpents qui donnent la mort. Le genre humain, dans la personne d'Adam, a été mordu par le serpent infernal qui lui a donné la mort. — Le Seigneur est touché des maux que les serpents causent à son peuple. Le Seigneur est touché des maux que le serpent infernal fait aux hommes. — Dieu ordonne de faire un serpent d'airain, et de le mettre sur un endroit élevé. Notre Seigneur se fait homme , et par l'ordre de son Père il est élevé sur la Croix. — Tous ceux qui regardaient le gcrpent d'airain étaient guéris de leurs morsures. Tous ceux qui regardent avec foi et amour Notre Seigneur sur la Croix, sont guéris des morsures du serpent infer-

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nal. — Le serpent d'airain ne fut exposé aux regards que d'un seul peuple. Notre Seigneur est ex* posé aux regards du monde entier. — Le serpent d'airain ne resta pas long-temps à la vue du peuple. Notre Seigneur restera toujours exposé sur la Croix, afin de guérir les blessures que le serpent infernal fera aux hommes jusqu'à la fin du monde. — Les morsures ne pouvaient être guéries que par la vue du serpent d'airain. Ce n'est que par la foi en Notre Seigneur que les plaies faites à notre ame par le démon , peuvent être guéries. — Cette figure nous dit de plus que la précédente : 1° que le Messie guérira les maux de notre ame ; 2° que pour en être guéri il faudra le regarder, c'est-à-dire l'aimer et croire en lui; 3° qu'il sera l'uniqi^e médecin de l'humanité.

PRIÈRE

0 mon Dieu î qui êtes tout amour , je vous remercie de tous les prodiges que vous avez faits en faveur de votre peuple ; rendez-moi reconnaissant pour tous ceux que vous avez daigné opérer en ma faveur, en vous immolant sur la Croix comme un tendre agneau. Donnezmoi la foi et la charité nécessaires pour profiter de votre mort.

Je prends la résolution d'aimer Dieu par-dessus toutes choses et mon prochain comme moi-môme pour l'amour de Dieu; et, en témoignage de cet amour, je porterai toujours un Crucifix sur moi.

LÉ MESSIE PROMIS ET FIGURÉ. — DIXIÈME ET ONZIÈME FIGURES DU MESSIE, LES SACRIFICES ET LE SER- PENT d'airain.

Q. Où Dieu donna-t-il sa Loi aux Israélites?

R. Dieu donna sa Loi aux Israélites du haut de la montagne de Sinaï. Cette Loi que Dieu donna par le ministère de Moïse, s'appelle la Loi écrite. Jusque-là les vérités de la Religion s'étaient transmises des pères aux enfants par tradition. Cette Loi écrite n'était pas nouvelle, puisque les premiers hommes croyaient les vérités qu'elle renferme.

Q. Comment Dieu donna-t-il sa Loi? ^

R. La Loi ancieniie était une Loi de crainte. Dieu la donna au milieu d'un appareil formidable. Toute la montagne fut couverte d'un épais nuage, d'où sortaient des éclairs et des tonnerres.

Q. Que fit Moïse après avoir apporté aux Israélites la Loi du Seigneur?

R. Après avoir apporté aux Israélites la Loi du Seigneur, il la fit confirmer par des sacrifices. Les sacrifices que Moïse offrit pour confirmer la Loi du Seigneur, ainsi que tous les autres sacrifices de l'ancienne Loi, étaient la figure de celui de Notre Seigneur.

Q. Montrez-nous cette vérité?

R. Moïse fit dresser un autel environné de douze colonnes. Notre Seigneur, après avoir prêché la Loi

nouvelle, dressa une table qui était un véritable autel environné de ses douze Apôtres. — Les douze colonnes de Moïse représentaient les douze tribus d'Israël. Les douze Apôtres de Notre Seigneur représentaient toute l'Eglise. — Moïse répandit le sang des victimes sur tout le peuple. Notre Seigneur donna son sang adorable à ses Apôtres. — Moïse , en répandant sur le peuple le sang des victimes, prononça ces paroles : C'est ici le sang de l'alliance que le Seigneur a faite avec vous. Notre Seigneur, en donnant son sang à ses Apôtres, prononça ces mêmes paroles : C'est ici le sang de la nouvelle alliance que le Seigneur fait avec les hommes. — Les sacrifices de l'ancienne Loi étaient sanglants et non sanglants. Le sacrifice de Notre Seigneur a été offert d'une manière sanglante sur le Calvaire , et il est offert d'une manière non sanglante sur l'autel. — Les sacrifices de l'ancienne Loi étaient offerts pour quatre fins : adorer , remercier , demander et expier. Le sacrifice de Notre Seigneur est offert pour les quatre mêmes fins. Ainsi, les sacrifices de l'ancienne Loi sont véritablement la dixième figure de Notre Seigneur.

Q. Quelle est la onzième?

R . La onzième figure de Notre Seigneur, c'est le serpent d'airain . Les Hébreux coupables sont mordus par des serpents qui leur donnent la mort. — Le genre humain, dans la personne d'Adam, a été mordu par le serpent infernal qui lui a donné ia mort . — Le Seigneur fait faire un serpent d'airain qu'on place dans un endroit élevé. Notre Seigneur se fait homme et monte sur là

Croix.— Ceux qui regardaient le serpent d'airain étaient guéris de leurs blessures . Ceux qui regardent Notre Seigneur avec foi et amour, sont guéris des blessures du serpent infernal. — Il n'y avait que la vue du serpent d'airain qui pût guérir les morsures des serpents. Il n'y a que la foi et l'amour de Notre Seigneur qui puissent guérir les plaies que le démon fait à notre ame.

PRIÈRE

0 mon Dieu! qui êtes tout amour, je vous remercie de tous les prodiges que vous avez faits envers votre peuple d'Israël ; rendez-moi reconnaissant pour tous ceux que vous avez daigné opérer en ma faveur, en vous immolant sur la Croix comme un tendre agneau ; donnez-moi la foi et la charité nécessaires pour profiter de votre mort.

Je prends la résolution d'aimer Dieu par-dessus toutes choses et mon prochain comme moi-même pour l'amour de Dieu; et, en témoignage de cet amour, je porterai toujours un Crucifix sur moi.

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