‹ Catéchisme de persévérance, ou, Exposé historique, dogmatique, moral et liturgique de la religionChapitre 14 sur 48 · LE MESSIE PROMIS ET FIGURÉ. — JOSUÉ , TREIZIÈME FIGURE DU MESSIE · texte numérisé non relu

LE MESSIE PROMIS ET FIGURÉ. — JOSUÉ , TREIZIÈME FIGURE DU MESSIE

Q . Quel fut le successeur de Moïse ?

R. Le successeur de Mo'ise fut Josué

Q . Que fit Josué ?

R. Josué introduisit les enfants d'Israël dans la Terre promise. La Terre promise a porté différents noms : V Pays de Chanaan, parce qu'elle fut habitée par Chanaan, petit-fils de Noé ; 2° Terre promise, parce que le Seigneur l'avait promise à Abraham , à Isaac, à Jacob et à leur postérité; 3" Judée, parce que ceui qui vinrent s'y établir, après la captivité de Babylone, était la plupart de la tribu de Juda; 4° Terre sainte, à cause des

2ô/t CATÉCHISME

grands miracles que Notre Seigneur y a opérés pour notre salut.

Q. Quelle fut la première ville que prirent les Hébreux?

R. La première ville que prirent les Hébreux, après avoir passé le Jourdain, fut Jéricho. Au bruit des trompettes et des cris de l'armée d'Israël, ses murailles tombèrent, tout fut passé au iil de l'épée, excepté Rahab et sa famille.

Q. Tous les Israélites furent-ils fidèles aux ordres de Dieu?

R. Dans la prise de Jéricho, tous les Israélites ne furent pas tidèles aux ordres de Dieu. Achan réserva pour lui une partie du butin. Son péché attira la colère de Dieu sur une partie du peuple ; mais il fut puni sévèrement par l'ordre du Seigneur.

Q. Que fit Josué après la prise de Jéricho?

R. Après la prise de Jéricho, Josué fit renouveler l'alliance avec le Seigneur.

Q. Qu'arriva-t-il pendant que Josué combattait les ennemis du Seigneur?

R. Pendant que Josué combattait les ennemis du Seigneur, le soleil s'arrêta. Josué, craignant que le jour finît avant l'entière défaite de ses ennemis, s'adressa auïout-Puissant, et tout à coup se tournant vers le Ciel , il dit au soleil : Arrêtez-vous 1 et le soleil ou plutôt Dieu voulut bien obéir à un homme qu'il avait revêtu de sa puissance. Rien n'est difficile à Dieu. Il ne lui en coûte pas plus pour arrêter le soleil, qu'il ne lui en a eoûté pour le mettre en mouvement.

DE PER5ÉVTiRANCI. 265

Q. Josué est-il la figure du Messie?

R. Oui, Josué est la douzième figure du Messie. — Josué veut dire Sauveur. Jésus veut dire Sauveur. — Josué succède à Moïse qui n'avait pu introduire les Hébreux dans la Terre promise. Notre Seigneur succède aussi à Moïse dont la Loi ne pouvait introduire les hommes dans le Ciel. — Josué introduit les Israélites dans la terre promise. Notre Seigneur introduit les hommes dans le Ciel. — Josué combat pendant six ans pour établir son peuple. Notre Seigneur combat pendant trois cents ans pour établir son Eglise.

Q. Continuez la même figure.

R. Après six ans de combats et de victoires, Josué voit son peuple régner sur la Terre promise. Aprèstrois cents ans de combats et de victoires. Notre Seigneur voit son Eglise régner sur le monde. — Josué meurt après avoir donné les plus sages conseils aux Hébreux . Notre Seigneur meurt après avoir donné aux Chrétiens les plus admirables leçons. — Tant que les Hébreux sont fidèles aux avis de Josué, ils sont heureux. Tant que les Chrétiens sont fidèles aux leçons de Notre Seigneur, ils sont heureux.

PRIÈRE

0 mon Dieu î qui êtes tout amour, je vous remercie d'avoir établi votre peuple dans la Terre promise et de m'avoir fait naître dans le sein de l'Eglise catholique . Conduisez-moi dans le Ciel , véritable Terre promise, où je vous louerai et vous aimerai sans crainte de vous perdre pendant toute l'éternité.

Je prends la résolution d' aimer Dieu par-dessus toutes choses et mon prochain comme moi-même pour l'amour de Dieu; et, en témoignage de cet amour, je ne ferai jamais rien par un motif purement humain.

DE PERSE VÉRANCT:. 50:

XXXIP LEÇON.

LE MESSIE PROMIS ET FIGURE

Partage de la Terre promise. — Gouvernement des Juges. — Israël tombe dans Tidolâtrie. — Il est puni. — Gédéon suscité de Dieu pour le délivrer des Madianites. — Double miracle de la Toison. — Victoire de Gédéon. — Gédéon, quatorzième Ggure du Messie.

Après une guerre de six ans, presque toute la Terre promise fut enlevée à ses anciens habitants. Possédée en toute souveraineté par les Israélites , elle fut divisée en douze petites provinces qui furent désormais le patrimoine du peuple de Dieu. Chaque tribu eut la sienne, excepté la tribu de Lévi : consacrée au ministère ecclésiastique, elle n'entra point dans le partage. Dieu voulut que les Lévites fussent répandus dans toutes les provinces, afin que parleur exemple et par leurs discours, ils pussent porter leurs frères au service du Très-Haut et conserver parmi eux , avec la mémoire de ses bienfaits . la Religion véritable. Caleb et les Anciens gouvernèrent après Josué ; mais la sagesse de leur administration , non plus que leurs exemples, ne purent arrêter les désordres où se précipitèrent alors les ingrats Israélites. Ils oublièrent les bienfaits du Seigneur; ils s'allièrent aux peuples voisins et partagèrent leur idolâtrie. Mais le

Seigneur vengea bientôt la violation de son alliance tant de fois jurée.

Quand on fait réflexion aux prodiges éclatants dont les Israélites avaient été témoins, aux bienfaits extraordinaires dont ils avaient été comblés, aux promesses si souvent réitérées d'être fidèles à Dieu, leurs fréquentes révoltes contre le Seigneur nous paraissent incroyables. Cependant, réfléchissons sur nos propres résistances, aux lumières de la foi et aux impressions des plus fortes grâces ; considérons les scènes tantôt bizarres , tantôt scandaleuses d'opiniâtreté ou de faiblesse qui se passent encore aujourd'hui sous nos yeux, et nous apprendrons à tout croire de l'indocilité du cœur de l'homme.

Dieu n'avait pas détruit tous les Chananéens, il en avait laissé subsister même un assez grand nombre qui habitèrent long-temps encore différentes parties de la Terre promise. Dieu le voulait ainsi, 1** pour tenir son peuple en haleine et lui faire mériter, par sa fidélité au milieu des Idolâtres, les bienfaits dont il avait résolu de le combler; 2° afin de se servir de ces Chananéens comme d'une verge, pour châtier son peuple lorsqu'il deviendrait prévaricateur. C'est ainsi que Dieu nous laisse des tentations pour éprouver notre vertu et nous donner occasion d'augmenter nos mérites.

Les Israélites ne résistèrent pas long-temps à l'épreuve à laquelle le Seigneur soumettait leur fidélité. Ils en vinrent jusqu'à tomber dans l'idolâtrie : une femme la première en donna l'exemple. Elle était de la tribu d'Éphraim, d'un âge avancé, veuve, superstitieuse et

apparemment à son aise. Elle avait réservé une somme considérable pour se faire des dieux étrangers, sur le modèle des Chananéens. Elle avait un tils nommé Michas , aussi superstitieux que sa mère. Ils s'adressèrent de concert à un ouvrier qui leur fit des idoles. Ils les placèrent dans un de leurs appartements ; il ne manquait qu'un prêtre pour brûler l'encens et offrir les sacrifices. Michas ne fut pas embarrassé; un homme qui faisait faire ses dieux pouvait bien leur donner un ministre de sa main. Son fils aîné fut fait prêtre de l'idole.

C'était déjà un grand malheur pour Israël, qu'une famille particulière osât lever l'étendard de l'idolâtrie; mais ce n'était là qu'une étincelle qui , peu à peu , alluma l'incendie et embrasa quelques années après la plus grande partie de la nation. L'idolâtrie amena bientôt de nouveaux crimes. Pour châtier ce peuple tant de fois infidèle, le Seigneur envoya tour à tour les divers rois chananéens qui se trouvaient encore dans la Terre promise. Israël devenait leur esclave. L'excès du malheur ouvrait son cœur au repentir, et le Seigneur toujours miséricordieux suscitait quelque personnage extraordinaire qui brisait ses chaînes. Telle est, en deux mots, l'histoire des Hébreux sous le gouvernement des Juges, c'est-à-dire depuis la mort de Josué jusqu'à Saiil leur premier roi. Un de ces hommes extraordinaires que Dieu suscita pour délivrer son peuple, fut Gédéon.

Depuis sept ans, les Israélites, en punition de leur idolâtrie, étaient opprimés par les Madianites et les Araalécites. Ces peuples pillaient et 'désolaient le pays, T. IL .14

ils ruinaient les moissons, en sorte que la misère était extrême. Alors les Israélites retournèrent au Seigneur. Il fut touché de leurs gémissements et envoya un de ses Anges pour leur choisir un libérateur. L'Ange prit la figure dun voyageur et vint s'asseoir sous un chêne non loin duquel travaillait un homme d'un âge mûr. Cet homme, c'était Gédéon.

Dans l'attente où l'on était de l'irruption prochaine des ennemis, il se disposait comme les autres à la fuite et préparait les provisions pour sa famille. Il était occupé à battre et à nettoyer du blé ; l'Ange le salua en lui disant : Le Seigneur est avec vous, ô le plus brave des enfants d'Israël ! Seigneur , reprit Gédéon, si le Seigneur est avec nous, pourquoi sommes-nous en proie à tous les maux qui nous accablent? L'Ange jeta sur Gédéon un regard plein de douceur et lui dit : Non , le Seigneur ne vous a pas abandonnés, c'est vous qu'il a choisi pour délivrer son peuple de la persécution de Madian. S' il en est ainsi, répondit Gédéon, donnez -moi un signe auquel je reconnaisse que c'est vous, ô mon Dieu, qui me parlez. Qui que vous soyez, demeurez ici, je vais vous chercher à manger. Gédéon apporta un chevreau et des pains azymes. Prenez ces viandes et ces azymes, ordonna l'Ange du Seigneur, placez-les sur la pierre qui est devant vous. Gédéon obéit. Du bout de la baguette qu'il tenait à la main, l'Ange toucha les chairs et les azymes, un feu subit sortit de la pierre, dévora l'holocauste, et l'Ange disparut. Gédéon ne douta plus de sa vocation.

Cependant, une nuée de Madianites et d'Amalécites

vint fondre sur les terres d'Israël. Plus de cent trentecinq mille , suivis de nombreux troupeaux , avaient passé le Jourdain et s'étaient tranquillement établis dans la belle vallée de Jezraël. L'esprit de Dieu saisit Gédéon. Celui-ci appela auprès de sa personne tous les braves d'Israël. On obéit avec promptitude, et en peu de jours, Gédéon se trpuva à la tête de trente-deux mille hommes. Pour les remplir tous de conliance, il supplia le Seigneur de lui accorder quelques miracles qui répondissent à son armée qu'elle suivait un chef auto, isé du Ciel. Seigneur, dit-il à haute voix, en présence des officiers et des troupes, s'il est vrai que c'est par mon ministère que vous avez résolu de sauver Israël , donnezmoi la preuve que j'ai choisie de la vérité de ma mission : je vais étendre une toison de laine sur la place , si la toison seule est mouillée de la rosée et que la terre demeure sèche tout à l'entour, je saurai que vous m'avez choisi. La chose fut exécutée. On étendit la toison sur la terre, et Gédéon s'étant levé de grand matin, trouva la terre parfaitement sèche, mais la laine si trempée qu'il en exprima une grande quantité d'eau. Gédéon ne se contenta pas de ce premier prodige. Seigneur, dit-il, que votre colère ne s'allume pas contre moi, si je vous demande sur la même toison, un prodige tout contraire au premier : Je voudrais que la terre fût couverte de rosée et que la toison demeurât sèche. Le Seigneur se rendit encore aux désirs de son général, et ses vœux furent exaucés ; la toison demeura sèche et tout à l'entour la terre fut couverte de rosée .

Le Seigneur, qui avait accordé à Gédéon des prodiges de toute-puissance, en exigea presque aussitôt des prodiges de confiance, et il fut obéi. Gédéon partit durant la nuit et vint camper à la tête de ses trente-deux mille hommes au-dessus de la vallée de Jezraël. Les Madianites s'étendaient, dans la vallée, au nombre décent trente-cinq mille. La partie était déjà bien inégale ; mais Dieu jugea que Gédéon était encore trop accompagné.

Vous avez une armée trop nombreuse, lui dit le Seigneur, Madian ne sera pas livré entre vos mains, Israël s'attribuerait, aux dépens de ma gloire, l'honneur de sa délivrance. Assemblez votre armée, et, selon l'ordonnance de la Loi, faites publier à haute voix, dans tous les rangs, que non-seulement vous permettez, mais que vous commandez à tous ceux de vos soldats qui ont peur de se retirer dans leurs maisons. Plus des deux tiers quittèrent la partie, c'est-à-dire qu'il ne resta à Gédéon que dix mille hommes. C'est encore trop, lui dit le Seigneur, conduisez vos dix mille hommes sur les bords d'un ruisseau, je les veux éprouver en cet endroit. Gédéon obéit ; on marcha pendant une partie du jour ; tous les soldats devaient être fatigués du chemin et de la soif. Lorsqu'on fut sur les bords du ruisseau, le Seigneur dit à Gédéon : Il en est parmi vos soldats qui se coucheront sur le bord de l'eau pour se désaltérer à leur aise; d'autres, au contraire, ne feront que se baisser en passant, et porteront quelques gouttes d'eau à leur bouche dans le creux de la main ; vous les séparerez les uns des autres .

Sur dix mille hommes que comptait alors le général, il ne s'en trouva que trois cents qui ne s'arrêtèrent point pour boire et qui avalèrent, en marchant toujours, le peu d'eau qu'ils pouvaient enlever. Gédéon les mit à part. Ce sera, lui dit le Seigneur, par le moyen de ces trois cents hommes que je délivrerai mon peuple . Renvoyez les autres. Les neuf mille sept cents hommes congédiés s'écartèrent à la faveur de la nuit.

Gédéon, avec les trois cents qui lui restaient, campa sur le bord du ruisseau, dans un terrain élevé, au-dessus de l'armée de Madian qui occupait toute la vallée. Au milieu de la nuit, le Seigneur appela Gédéon et lui dit : Je veux que vous appreniez de vos ennemis qu'ils se regardent comme des hommes déjà vaincus et que j'ai Hvrés entre vos mains. Descendez sans bruit avec un de vos domestiques et vous entendrez leurs discours. Gédéon, accompagné du seul Phara, se coula sans être aperçu, si près de la garde avancée des ennemis, qu'il était à portée d'entendre le discours de la sentinelle. Il l'entendit qui disait à un de ses camarades : Je m'imaginais voir durant mon sommeil un pain d'orge cuit sous la cendre, ce pain me paraissait rouler du haut de la colline dans notre camp ; je l'ai vu passer jusqu'à la tente du général, la culbuter de son poids et la renverser par terre. Ce songe est sérieux , répondit le soldat madianite . Voici sans doute ce qu'il nous annonce : Le pain d'orge est l'épée de l'Israélite Gédéon ; le Dieu qu'il adore lui a hvré Madian, nous sommes perdus.

Gédéon ayant entendu ce songe et son interprétation,

remercia le Seigneur, et reprit le chemin de son camp. Levez-vous, dit-il à ses soldats, il est temps d'agir; les Madianites sont à nous. Prenez tous une trompette d'une main, et de l'autre une cruche vide dans laquelle vous renfermerez un flambeau allumé. Le son de ma trompette vous donnera le signal. Lorsque je sonnerai, vous sonnerez tous avec moi; nous casserons ensuite avec un grand fracas nos cruches de terre les unes contre les autres; nous prendrons de la main gauche nos flambeaux allumés; nous les porterons élevés en haut; delà droite nous tiendrons nos trompettes, dont nous sonnerons continuellement ; de temps en temps nous pousserons do grands cris, en disant tous ensemble : Uépée du Seigneur etrépcede Gédéon. Là-dessus ils se mirent en marche et arrivèrent au camp ennemi par trois différents côtés. Au signal donné,toutes les trompettes retentissent, les cruches sont brisées, les flambeaux élevés en l'air, et de toute part retentit le cri de guerre : L'épée du Seigneyr et l'épée de Gédéon. Ils ne s'ébranlèrent point; ils continuèrent seulement de sonner de la trompette et à crier alternativement.

Une frayeur soudaine se répand dans le camp ennemi. Tout y est dans le tumulte et la confusion ; chacun fuit où il peut; dans les ténèbres, on se culbute, on s'égorgo sans pouvoir se reconnaître, et en quelques heures la vallée de Jezraël se trouve teinte du sang de Madian, dont Israël n'a pas fait couler une seule goutte. Ce qui échappa au carnage se hâta de prendre la fuite et de repasser le Jourdain.

Après avoir délivré son peuple de ses ennemis , Gédéon songea à détruire l'idolâtrie qui avait attiré tant de calamités sur Israël. S'il ne parvint pas à l'éteindre entièrement, il réussit du moins à rendre le crime timide, et à lui donner des bornes qu'il n'osa franchir de son vivant avec cette liberté scandaleuse qui provoquait infailliblement la vengeance du Seigneur. Gédéon gouverna le peuple pendant quarante ans , après quoi il mourut plein de jours et de mérites ; glorieux par ses exploits, mais plus glorieux encore par sa ressemblance avec le Messie, dont il est la quatorzième figure.

En effet, Gédéon est le dernier d'entre ses frères . Notre Seigneur a bien voulu paraître comme le dernier d'entre les hommes. — Gédéon, malgré sa faiblesse, est choisi de Dieu pour délivrer son peuple de la tyrannie des Madianites. Notre Seigneur, malgré sa faiblesse apparente, est choisi de Dieu pour délivrer le monde de la tyrannie du démon. — Gédéon, avant de délivrer son peuple, offre un sacrifice. Ce n'est qu'après s'être offert en sacrifice sur la Croix, que Notre Seigneur délivre le monde. — Deux grands miracles prouvent que le Seigneur a choisi Gédéon. Des miracles plus grands prouvent que Notre Seigneur est le Libérateur des hommes. — Par le premier miracle fait en faveur de Gédéon, la toison seule est couverte de rosée, tandis que toute la terre à l'entour est sèche. Le seul peuple Juif est arrosé par Notre Seigneur des bénédictions du Ciel . — Par le second miracle fait en faveur de Gédéon , la toison demeure sèche , tandis que toute la terre est cou-

verte de rosée. En punition do ses ingratitudes, le peuple juif est privé de la rosée céleste, tandis que toutes les nations la reçoivent par les Apôtres de Notre Seigneur.

— Gédéon marche au combat contre une nuée d'ennemis avec trois cents hommes. Notre Seigneur marche à la conquête de l'univers entier avec douze pêcheurs.

— Les soldats de Gédéon ne s'arrêtent pas même pour boire. Pour convertir le monde, les Apôtres de Notre Seigneur oublient les choses les plus nécessaires à la vie, et se privent de toutes les satisfactions terrestres.

— Les soldats de Gédéon n'ont point d'armes. Les soldats de Notre Seigneur n'ont point d'armes non plus.

— Les soldats de Gédéon n'ont que des trompettes et des flambeaux. Les Apôtres de Notre Seigneur n'ont que la trompette de la prédication et le flambeau de la charité. — Les soldats de Gédéon triomphent des Madianites. Les Apôtres de Notre Seigneur triomphent du monde entier. — Gédéon affaiblit l'idolâtrie. Notre Seigneur détruit l'idolâtrie.

Cette figure nous dit de plus que les précédentes que Notre Seigneur sauvera le monde par les plus faibles moyens, et que les Gentils seront mis à la place des Juifs.

PRIÈRE

0 mon Dieu ! qui êtes tout amour, je vous remercie de la grande miséricorde dont vous avez tant de fois usé envers votre peuple malgré ses infidélités; je ne vous dois pas moins de reconnaissance pour moi-même. Corn-

bien de fois ne m'avez-vous pas pardonné ! Je veux désormais vous rester fidèle au prix de tous les sacrifices , comme les soldats de Gédéon restèrent fidèles à leur chef malgré la soif et la fatigue.

Je prends la résolution d'aimer Dieu par-dessus toutes choses et mon prochain comme moi-même pour l'amour de Dieu; et, en témoignage de cet amour, je me priverai chaque jour de quelque chose pour expier mes péchés.

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