‹ Catéchisme de persévérance, ou, Exposé historique, dogmatique, moral et liturgique de la religionChapitre 15 sur 48 · LE MESSIE PROMIS ET FIGURÉ. — GÉDÉON, QUATORZIÈME FIGURE DU MESSIE · texte numérisé non relu

LE MESSIE PROMIS ET FIGURÉ. — GÉDÉON, QUATORZIÈME FIGURE DU MESSIE

Q. Par qui les Hébreux furent-ils gouvernés après la mort de Josué?

R. Après la mort de Josué, les Hébreux furent gouvernés par des Juges. Les Juges étaient choisis de Dieu. Ils conduisaient le peuple au combat, et rendaient la justice. Il n'y en avait jamais qu'un seul à la fois.

Q. Les Hébreux restèrent-ils long-temps fidèles au Seigneur ?

Il R. Les Hébreux oublièrent bien vite les promesses qu'ils avaient tant de fois renouvelées. Ils en vinrent jusqu'à oublier le Seigneur lui-même , et ils se livrèrent à l'idolâtrie. Ce fut une femme et son fils, nommé Michas, qui les premiers en donnèrent l'exemple.

Q. Comment Dieu punit-il ce crime?

R. Le Seigneur punit ce crime et tous ceux qui en furent la suite, en envoyant, contre les Israélites, des nations infidèles qui ravagèrent le pays. Au milieu de ces châtiments, le peuple recourait à Dieu, il faisait pénitence; et Dieu, toujours infiniment bon, se laissait toucher.

Q. Par qui les Hébreux furent-ils délivrés des Madianites?

R. Les Hébreux furent délivrés des Madianites par Gédéon. Depuis sept ans ces peuples ravageaient les terres d'Israël. Le Seigneur, touché des larmes de son peuple, envoya un Ange à Gédéon pour lui ordonner de délivrer les Israélites. Gédéon demanda un signe auquel il pût reconnaître la vérité de Tordre qui lui était donné. L'Ange lui dit de placer sur une pierre les chairs d'un chevreau et des pains sans levain. Aussitôt, à la voix de l'Ange, un feu sortit de la pierre, qui consuma l'hplocauste.

Q. Gédéon demanda-t-il encore d'autres miracles?

R. Gédéon ayant réuni son armée, demanda encore au Seigneur deux autres miracles : le premier qu'une toison étendue par terre pendant la nuit, fût couverte de rosée, tandis que tout à l'entour la terre demeurerait sèche; le second, contraire au premier, que la toison étendue par terre demeurerait sèche, tandis que tout à l'entour la terre serait trempée de rosée. Les deux miracles s'accomplirent.

Q. Que le Seigneur dit-il ensuite à Gédéon?

R. Le Seigneur dit ensuite à Gédéon : Votre armée

est trop nombreuse. Elle était de trente-deux mille hommes, et les ennemis en avaient cent trente-cinq mille. Je veux qu'Israël sache que c'est moi seul qui l'ai délivré. Il lui ordonna donc de ne retenir avec lui que trois cents hommes .

Q, Gédéon remporta-t-il la victoire?

R . Lorsque la nuit fut venue , Gédéon et ses trois cents soldats armés seulement de trompettes et de flambeaux allumés, cachés dans des cruches de terre, s'avancèrent en silence jusqu'auprès des ennemis. Aussitôt ils se mirent tous à sonner de la trompette ; ils brisèrent leurs cruches et élevèrent leurs flambeaux . Les ennemis, saisis d'épouvante , prirent la fuite, se renversant et se tuant les uns les autres sans se connaître. Quinze mille seulement purent regagner leur pays.

Q. Gédéon est-il la figure du Messie?

R. Gédéon est la quatorzième figure du Messie. — Gédéon est le dernier d'entre ses frères. Notre Seigneur a bien voulu paraître comme le dernier d'entre les hommes. — Gédéon, malgré sa faiblesse , est choisi pour délivrer son peuple de la tyrannie des Madianites. Notre Seigneur, malgré sa faiblesse apparente, est choisi pour déUvrer le monde de la tyrannie du démon. — Gédéon, avant de délivrer son peuple, offre un sacrifice. Notre Seigneur, avant de délivrer le monde, s'offre lui-même en sacrifice.

Q. Continuez la même figure.

R. Deux grands miracles prouvent que Dieu a choisi Gédéon. Des miracles plus grands prouvent que Notre

Seigneur est le Libérateur des hommes. — Gédéon, avec trois cents hommes seulement, marche contre une nuée d'ennemis. Notre Seigneur marche à la conquête de l'univers avec douze pêcheurs. — Les soldats de Gédéon ne s'arrêtent pas même pour boire. Pour convertir le monde , les Apôtres de Notre Seigneur oublient les choses les plus nécessaires à la vie , et se privent de toutes les satisfactions terrestres. — Les soldats de Gédéon n'ont point d'armes. Les Apôtres de Notre Seigneur n'ont point d'armes. — Les soldats de Gédéon ne portent avec eux que des trompettes et des ilambeaux. Les Apôtres de Notre Seigneur n'ont que la prédication et le flambeau de la charité. — Gédéon et ses soldats triomphent des Madianites. Notre Seigneur et ses Apôtres triomphent du monde entier. — Gédéon affaiblit l'idolâtrie. Notre Seigneur détruit l'idolâtrie.

PRIÈRE

0 mon Dieu l qui êtes tout amour , je vous remercie de la grande miséricorde dont vous avez si souvent usé envers moi ainsi qu'envers votre peuple. Je veux désormais vous rester fidèle quoiqu'il m'en coûte, comme les soldats de Gédéon lui restèrent fidèles , malgré la soif et la fatigue.

Je prends la résolution d'aimer Dieu par-dessus toutes choses et mon prochain comme moi-même pour l'amour de Dieu; et, en témoignage de cet amour, je me privera i chaque jour de quelque chose pour expier mes péchés .

XXXIIP LEÇON

LE MESSIE PROMIS ET FIGURE

Les Israélites retombent dans l'idolâtrie. — Ils sont réduits en servitude par les Philistins. — Ils ont recours au Seigneur. — Samson est envoyé pour les délivrer. — Il brûle les moissons des Philistins. — Enlève les portes de Gaza. — Il est trahi. — 11 meurt. — Samson, quinzième fis:ure du Messie.

Les fidèles Israélites pleurèrent la mort de Gédéon dès qu'il leur fut enlevé; mais ils ne sentirent bien toute la grandeur de leur perte que par le renouvellement de l'idolâtrie et les calamités qui en furent la suites On encensa les idoles ; on renonça à l'alliance du Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob, pour faire de sacrilèges traités avec Baal et on jura de le reconnaître pour Dieu. La résolution fut si générale et si rapide , qu'à peine seraitelle croyable, si ce qu'on a déjà vu de la conduite des Hébreux n'apprenait à tout croire de leur inconstance.

Ils ne portèrent pas loin le châtiment de leurs prévarications. Les Philistins , nation idolâtre qui habitait un petit canton de la Terre promise , appelée Palestine, les réduisirent à la plus humiliante ^servitude. Ils désarmèrent tous les Hébreux : ils leur enlevèrent même tous leurs ouvrages en fer et en acier , en sorte que c'était même chez les Philistins qu'on allait de tous les quartiers

d'Israël pour faire aiguiser le soc des charrues. Telle fut ia nouvelle espèce de servitude que les Israélites éprouvèrent d'abord pendant vingt années. Us crièrent alors vers le Seigneur. Mais leur inconstance avait besoin d'une longue épreuve, ainsi leur esclavage se prolongea encore pendant vingt autres années. Toutefois, durant cette époque, un nouveau Juge que Dieu leur donna pour les soulager, en adoucit beaucoup la rigueur, jusqu'à ce qu'en finissant ses jours, il épouvanta tellement les ennemis de son peuple, que le joug des Philistins sembla tout à fait rompu et la Hberté d'Israël entièrement recouvrée.

Ce nouveau Juge si différent des autres sauveurs d'Israël, ce guerrier qui, sans compagnons, sans armes, sans soldats , lutte seul contre tout un peuple , est le célèbre Samson , si fameux dans l'histoire du peuple de Dieu. Il fut miraculeusement accordé aux prières de son père et de sa mère. Le Seigneur bénit cet enfant en lui donnant une force de corps prodigieuse , et en lui révélant les grandes actions qu'il devait faire, en qualité de libérateur d'Israël, contre les Philistins. Il reconnut qu'il était né leur fléau , qu' il avait sur eux tous les droits du grand Maître qui l'envoyait; qu'il n'était point astreint aux formalités ni aux déclarations de guerre , et que tout ce qu'il ferait à la ruine de ces Idolâtres, serait avoué du Seigneur. Plein de ces grandes idées , il n'eut pas plutôt atteintl'ag^ de vingt ans qu'il se mit en action .

Il fit un voyage chez les Philistins , et pour avoir occasion de leur faire tout le mal qu'ils méritaient; il résolut de s'y marier. Son père et sa mère y consentirent

avec peine , car ils ignoraient que ce fût le Seigneur qui conduisait toute cette affaire. Cependant ils accompagnèrent leur fils pour en régler les conditions. Comme ils approchaient de la ville, ils entrèrent dans une vigne où Samson s'écarta insensiblement. C'est là qu'il fit le premier essai de ses forces prodigieuses.

Il aperçut un jeune lion qui, la fureur dans les yeux, s'avançait vers lui en rugissant. Samson n'avait à la main ni armes ni bâtons ; mais animé de l'esprit du Seigneur, il saisit l'animal et le met en pièces avec la même facilité qu'il eût fait d'un jeune chevreau. Il n'en dit pas un mot à ses père et mère.

Le mariage conclu, Samson revint dans son pays, et repassant par le vignoble , il fut curieux d'y voir le cadavre du lion qu'il avait tué. Quelle fut sa surprise de trouver dans la gueule du lion mort, un essaim d'abeilles et un rayon de miel ! Trente jeunes Philistins assistèrent aux noces. Je veux, dit-il aux Philistins, suivant l'usage de ce temps-là, vous proposer une énigme : je vous donnerai sept jours pour l'expliquer . Si vous devinez juste, je vous donnerai trente habillements; mais si vous ne pouvez y réussir, vous m'en donnerez autant que je vous en promets . Les jeunes Philistins se piquèrent d' honneur, et la gageure fut acceptée. Voici donc l'énigme , leur dit Samson : Celui qui dévore a fourni la nourriture, et la douceur est sortie de la force. L'énigme était facile pour qui aurait su la rencontre du lion déchiré par Samson, et du miel trouvé dans sa gueule; mais personne n'en avait connaissance.

Les Philistins se mirent à la torture ; mais ils eurent beau chercher, ils ne trouvaient rien qui les satisfît. Ils eurent recours à l'épouse de Samson , elle ne réussit point d'abord à vaincre le silence de son mari; le septième jour arrivait, la Philistine fit tant par ses importunités, que Samson fatigué se laissa vaincre et lui expliqua le mystère que l'infidèle s'empressa d'aller dire aux Philistins. Ils vinrent trouver Samson et, d'un air triomphant lui donnèrent le mot de l'énigme. Vous avez raison, dit-il, j'ai perdu la gageure, je la payerai; à l'instant l'esprit de Dieu fond sur lui, il court hors de la ville, tue trente Philistins et en apporte la dépouille. Après cette terrible exécution, il quitte brusquement son épouse sans lui dire adieu et se retire chez son père. Quelque temps après il apprend que cette femme, se croyant méprisée, avait épousé un des jeunes Philistins qui assistaient aux noces. Cet affront était trop sensible pour que Samson le laissât impuni. Il déclara la guerre à tous les Philistins.

C'était alors le temps de la récolte, et les blés, dans leur maturité, n'attendaient que la main des moissonneurs. Samson prit de là occasion de rêver une sorte de vengeance dont peut-être jamais on ne s'était avisé. La terre d'Israël était infestée d'une multitude de renards, et les voyageurs attestent qu'encore aujourd'hui, souvent les habitants sont forcés de se rassembler pour les détruire, sans quoi ils ravageraient les campagnes. Samson leur donna la chasse et en prit jusqu'à trois cents. Il les lia deux à deux par la queue à

laquelle il attacha une torche alhimée. En cet état, il les lâcha dans les belles plaines des Philistins qui se pré paraient à couper leur froment. Les renards furieux couraient sans s'arrêter et mettaient le feu partout sans qu'il fut possible d'éteindre l'incendie en tant d'endroits différents. Les blés furent brûlés sans ressource, le feu se communiqua aux vignes et aux oliviers. La perte fut irréparable et la famine en fut la suite.

Après cette exécution , Samson se retira dans une caverne de rocher, dans la tribu de Juda. Les Philistins ne tardèrent pas à connaître l'auteur de leur disgrâce et à découvrir le lieu de sa retraite. Ils assemblèrent une armée dans les formes et vinrent camper à quelque distance de la caverne. Les habitants de la tribu de Juda se joignirent à eux. On détacha trois mille hommes de cette tribu, avec ordre de se saisir de Samson. On le trouva dans sa caverne. On lui fit de grands reproches sur ses téméraires vengeances. De quoi se plaignent les Philistins, répondit-il froidement, je les traite comme ils l'ont mérité? Quoi qu'il en soit, dirent les soldats, nous venons vous prendre et vous livrer entre leurs mains^ Jurez-moi que vous ne me tuerez point, dit Samson, et je m'abandonne à vous. On donna h Samson l'assurance qu'il demandait ; on le lia avec deux cordes neuves, on Tenlpva de son fort et on le porta à la vue du camp enné^îii .

Dès qu'il fut aperçu des Philistins, ce ne furent qu'acclamations et cris de joie. L's coururent pour se saisir du prisonnier ; mais pour être fortement enchaîné,

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