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Samson n'était pas pris. L'esprit du Seigneur s'empare de lui , il brise ses liens, il trouve sous ses mains la mâchoire d'un âne, étendue sur la terre; il s'en saisit, et, dans l'impétuosité d'une seule course, il tue jusqu'à mille Philistins, le reste est mis en fuite et c'est à qui regagnera plus vite un lieu de sûreté.
Samson, vainqueur de ses ennemis, se reposa paisiblement à l'ombre des ailes du Seigneur. Il n'eut pas plutôt réparé ses forces qu'il songea à continuer ses exploits contre les ennemis de son peuple . Il est à croire que pendant les vingt années qu'il fut Juge en Israël , il en fit un grand nombre qui ne sont pas connus, et qu'il rendit les Philistins beaucoup plus traitables. Ce qu'il y a de certain, c'est que le seul bruit de son nom les faisait trembler.
Un jour il entra dans une de leurs villes nommée Gaza , il fut reconnu et trahi par la personne chez qui il se retira. Elle avertit ses concitoyens qu'elle tenait la proie dont on s'efforçait inutilement de se saisir depuis si long-temps. Les Philistins profitèrent de cet avis. Ils n'osèrent cependant l'attaquer dans la crainte qu'au premier bruit qu'ils feraient, ce lion ne s'éveillât et ne remplît leur ville de sang, avant qu'on pût l'arrêter. Ils se contentèrent de bien fermer les portes de la ville ; ils y mirent des gardes pendant la nuit afin de le tuer le matin lorsqu'il voudrait sortir. Samson dormit jusqu'à minuit ; à cette heure il se leva et vint à la porte de la ville. Ce fut en cette occasion que parut plus que jamais la force prodigieuse du héros d'Israël : il enleva les deux
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battants des portes avec les verroux et les serrures, il les chargea sur ses épaules et il les porta au sommet dune montagne. Les sentinelles, éveillées au bruit, ne furent pas tentées de courir après lui.
Ces actions nous paraissent bien extraordinaires , mais il fallait qu'elles le fussent, pour frapper les esprits d'un peuple grossier . Pour confondre l' orgueil des Madianites , Dieu avait vaincu leur armée de cent trente-cinq mille hommes avec les trois cents soldats de Gédéon , armés seulement de trompettes et de flambeaux; aujourd'hui, pour confondre l'orgueil des Philistins, il juge à propos de n'opposer à un peuple entier qu'un seul homme ; plus tard, le prodige sera encore plus grand, ce sera lorsqu'il fera faire la conquête du monde par douze pauvres pêcheurs.
Les Philistins, désespérant de vaincre Samson à force ouverte, eurent recours à la ruse. Ils engagèrent une femme de leur nation, nommée Dalila, chez laquelle Samson s'arrêtait souvent, à tirer de lui son secret et à savoir d'où lui venait cette force prodigieuse. Si vous y parvenez, lui dirent-ils, nous vous donnerons chacun onze cents sicles d'argent. Dalila promit. Dès la première fois qu'elle revit Samson : Dites-moi , je vous prie, lui demanda-t-elle avec grand empressement, d'où vient votre force prodigieuse, et quels liens il faudrait employer pour vous tenir captif ? Une pareille question, de la part d'une femme philistine, n'avait pas assurément de quoi surprendre un homme sage. Samson le fat assez pour ne pas se trahir. Si on me liait, répondit-
il, avec sept bonnes cordes faites de nerfs encore pfeins de suc, je ne pourrais m'en défaire et je serais aussi faible que les autres hommes.
Il ne l'eut pas plutôt quittée, quelle fit avertir les Philistins de ce qu elle avait découvert. Ils se rendirent chez elle en assez grand nombre, et lui apportèrent les cordes de nerfs (vi'elle avait demandées. Elle cacha ses amis dans une chambre voisine de l'appartement où elle recevait Samson. Il vint le jour qu'on l'attendait, et il eut la complaisance de se laisser Her par cette femme avec les cordes qu'il avait indiquées. Aussitôt elle se mita crier : Samson, sauvez-vous, les Philistins vont vous saisir. Au cri deDalila, le fort d'Israël rompt ses liens avec la même facilité que le feu consume un filet d'étoupes. Dalila se plaignit de ce qu'il l'avait trompée. Aujourd'hui du moins, lui dit-elle, apprenez-moi votre secret. Samson lui donna encore le change plusieurs fois. Dalila, cependant, ne cessait de se plaindre, et ne lui laissait pas un instant de repos. Samson, vaincu par les importunités et les larmes de cette femme perfide, commit enfin la déplorable indiscrétion qui le perdit. Je suis Nazaréen, lui dit-il, consacrée Dieu dès mon enfance. Un des engagements de ma consécration, c'est de ne point me faire couper les cheveux; jamais le rasoir n'a passé sur ma tète. Si on vient à bout de me raser, ma force m'abandonnera.
Aussitôt Dahla fait avertir les princes des Philistins. Ils se rendent au jour marqué dans la chambre voisine de celle (le Samson. Celui-n s'endort. Daliln l'ii fait
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couper les sept tresses de cheveux auxquelles sa force était attachée. L'opération achevée, la perfide s'écrie : Samson, éveilIez-vous, les Philistins vont vous surprendre. Samson s'éveilleà ce cri; mais hélas ! l'esprit du Seigneur n'était plus avec lui : toute sa force l'avait abandonné. Les Philistins sortent de leur embuscade, se jettent sur lui, ils l'attachent avec de fortes chaînes, ils lui crèvent les yeux , et ils le conduisent à Gaza . Là . ils l'enfermèrent dans une prison, où ils lui faisaient .tourner une meule de moulin.
Quelque temps après, les princes des Philistins ordonnèrent une fête solennelle pour remercier leur Dieu, nommé Dagon, de leur avoir livré le fléau des Philistins. Les Princes et les grands Seigneurs du pays se rendirent à Gaza; on s'assembla dans le temple; la multitude des victimes qu'on immola fut innombrable. Les sacrifices étant achevés, on se mit à faire des festins de tous les côtés du temple, qui retentit des louanges de Dagon. 11 ne manquait qu'une chose à la fête pour la terminer à la satisfaction générale : c'était Samson, chargé de fers, et livré aux insultes de l'assemblée. On le fit venir.
Un enfant conduisait le pauvre aveugle par ses chaînes, et il le plaça entre deux colonnes, au milieu de l'édifice. Là, on le fit servir de passe-temps à la multitude. Samson, dont les cheveux avaient commencé de croître, sentit ses forces revenir ; il ne parut sofFenser de rien; le jeu qui plaisait aux spectateurs dura longtemps ; ii en attira même de nouveaux qui se placèrent
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dans les vestibules etjusque sur les toits, pour avoir leur part de la barbare comédie qu'on représentait. Le nombre de ces nouveaux venus, sans y comprendre les Princes et les Seigneurs, et ceux des citoyens qui avaient assisté aux festins dans le temple de l'idole, montait à environ trois mille personnes, hommes et femmes.
L'occasion était belle pour délivrer Israël des rois, ses persécuteurs, et pour faire un coup d'un si grand éclat , que toute la Palestine en fût effrayée. Le Seigneur en inspira le dessein à Samson , après lui en avoir rendu le pouvoir; et quoiqu'il dût lui en coûter la vie, le héros généreux ne balança pas à l'exécuter. Le toit du temple était soutenu par deux colonnes principales. Samson, qui connaissait la structure de l'édifice, dit au petit garçon qui lui servait de guide : Laissez-moi, que je touche les deux grosses colonnes qui soutiennent le temple, afin de m'y appuyer et de me reposer un peu. En cet état, il invoqua le Seigneur son Dieu : Souvenezvous de moi, ô mon Dieu 1 lui dit-il; rendez-moi ma force, afin que je venge d'un seul coup les deux plaies qu'ils m'ont faites en m' arrachant les deux yeux : il est temps qu'en vengeant votre gloire je punisse leur cruauté. Saisissant alors les deux colonnes : Mourons, dit-il, mais mourons avec les Philistins. A l'instant il ébranle avec vigueur les deux colonnes; le temple s'écroule, et tombant avec un horrible fracas , il écrase tous les princes des Philistins et toute la multitude qui s'y était rassemblée. Samson périt sous les ruines ; mais,
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en mourant, il fit périr avec lui plus d'ennemis de Dieu , qu'il n'en avait mis à mort durant toute sa vie. Sa mort acheva le grand ouvrage de l'affranchissement d'Israël, qu'il avait si heureusement commencé durant sa vie, et ce fut proprement le jour où il ensevelit avec lui les tyrans de son peuple, qu'il mérita les beaux noms de Sauveur de ses frères, et de Vengeur de leur liberté. Aussi, Samson a toujours été regardé comme une figure du Messie.
En effet, Samson naît d'une manière miraculeuse. Notre Seigneur naît aussi d'une manière miraculeuse. — Samson passe vingt ans avec son père et sa mère sans se faire connaître pour le Sauveur de son peuple. Notre Seigneur passe trente ans avec Marie, sa mère, et Joseph, son père nourricier, sans se faire connaître pour le Sauveur des hommes. — Samson prend une épouse chez les Philistins. Notre Seigneur choisit l'Eglise, son épouse, parmi les nations payennes. — - Samson tue un lion qui venait pour le dévorer. Notre Seigneur terrasse le monde payen qui, comme un lion, chercha pendant trois siècles à dévorer l'Eglise naissante. — Samson trouve un rayon de miel dans la gueule du lion. Notre Seigneur trouve, dans les Payens, autrefois ennemis des Chrétiens, des hommes d'une douceur et d'une charité toute céleste. — Samson tue mille Philistins avec la mâchoire d'un âne. Notre Seigneur terrasse le monde avec le moyen le plus faible en apparence : sa Croix. — Samson est enfermé par ses ennemis dans la ville de Gaza. Notre Seigneur est enfermé par ses ea-
nemis dans le tombeau. — Samson s'éveille au milieu de la nuit, emporte les portes et les serrures, et, malgré les gardes , sort vainqueur de la ville où il était prisonnier. Notre Seigneur, après être descendu aux limbes où il brise les portes de TEnfer et de la mort, sort plein de vie du tombeau, malgré les gardes. — Samson, en mourant, fait tomber le temple de Dagon. Notre Seigneur, en mourant, renverse le temple du démon, c'est-à-dire l'idolâtrie. — Samson, en mourant, fait plus de mal aux Philistins qu'il ne leur en avait fait pendant toute sa vie. Notre Seigneur, en mourant, fait plus de mal au démon, et s'attire plus de Disciples qu'il n'avait fait pendant toute sa vie.
Cette figure ajoute trois nouveaux traits au tableau du Messie. Elle nous révèle lo que le Messie naîtra d'une manière miraculeuse; 2" qu'il choisira l'Eglise, son épouse, parmi les Gentils; S** que par sa mort il remportera, sur le démon, une victoire complète qui couronnera toutes ses œuvres.
PRIÈRE
0 mon Dieuî qui êtes tout amour, je vous remercie d'avoir répandu votre esprit de force sur Samson, pour la défaite des ennemis de votre peuple ; donnez-moi le même esprit de force, afin que je puisse vaincre les ennemis démon salut.
Je prends la résolution d'aimer Dieu par-dessus toutes choses et mon prochain comme moi-même pour l'amour de Dieu; et, en témoignage de cet amour, je fuirai avec soin les occasions du péché.
LE iMESSlE PROMIS ET FIGURÉ. — SAMSON, QUINZIÈME FIGURE DU 3IESSIE .
Q. Après la mort de Gédéon, les Israélites restèrentils long-temps fidèles au Seigneur?
/?. Après la mort de Gédéon, les Israélites tombèrent bientôt dans l'idolâtrie; mais leur infidélité leur attira de promptes et nombreuses calamités . Ils furent opprimés parles Philistins. Les Philistins étaient un peuple idolâtre, qui habitait une province de la Terre promise. Ils désarmèrent les Israélites et les réduisirent à venir aiguiser, chez eux. jusqu'au soc de leurs charrues.
Q. Par qui furent-ils délivrés de la servitude des Philistins ?
R. Ils furent déhvrés de la servitude des Philistins par Samson. Samson naquit miraculeusement. I! passa les vingt premières années de sa vie chez ses parents, et épousa une fem.mechez les Philistins.
Q. Quel fut le premier exploit de Samson ?
R. Le premier exploit de Samson fut de tuer un jeune lion qui venait à lui pour le dévorer. Quelque temps après il trouva dans sa gueule un rayon de miel, dont il mangea avec délices.
Q. Quels furent les autres exploits de Samson ?
/?. Les autres exploits de Samson ne nous sont pas tous connus. Nous savons seulement que pour punir les Philistins, il brûla leurs moissons et leurs vi":ncs, en
y lâchant trois cents renards qu'il avait liés deux à deux , et à la queue desquels il avait attaché des torches allumées; il emporta ensuite les portes de la ville de Gaza, dans laquelle on l'avait enfermé.
Q. Quelle fut la fin de Samson?
R. Samson fut trahi par une femme nommée Dalila, qui lui coupa les cheveux, dans lesquels résidait toute sa force, et le livra aux Philistins. Ceux-ci lui crevèrent les yeux, l'enfermèrent dans une prison, où ils lui faisaient tourner une meule. Mais dans un jour de fête, Samson fit tomber sur les I%ilistins, le temple dans lequel ils étaient assemblés. Il en tua plus de trois mille, et il mourut avec eux.
Q. Samson est-il la figure du Messie ?
R. Samson est la quinzième figure du Messie.
En effet, Samson naît d'une manière miraculeuse. Notre Seigneur naît aussi d'une manière miraculeuse. — Samson passe vingt ans avec son père et sa mère sans se faire connaître pour le Sauveur de son peuple. Notre Seigneur passe trente ans avec Marie, sa mère, et Joseph , son père nourricier , sans se faire connaître pour le Sauveur des hommes. — Samson prend une épouse chez les Philistins. Notre Seigneur choisit l'Eghsc son épouse , parmi les Gentils . — Samson tue un lion qui venait pour le dévorer . Notre Sei gneur terrasse le monde payen qui , comme un lion , chercha pendant trois siècles à dévorer l'Église naissante.
Q. Continuez la môme figure?