FIGURE DU MESSIE
Q. David demeura-t-il toujours fidèle au Seigneur?
jR. David ne demeura pas toujours fidèle au Seigneur, il commit deux grands péchés.
Q. David persévéra-t-il long-temps dans l'état de son péché?
R. David persévéra environ un an dans l'état du péché, tant sont profondes les ténèbres que le péché répand dans les âmes même les plus saintes. Le Seigneur eut pitié de lui , il lui envoya un Prophète qui lui ouvrit les yeux sur le malheureux état où il était. David reconnut sa faute et la pleura le reste de ses jours.
Q. Le Seigneur pardonna-t-il à David?
R. Le Seigneur pardonna à David, mais il lui envoya de grandes afflictions , afin qu il satisfit à la justice divine . Absabn son fils se révolta contre lui, David fut obligé de prendre la fuite et de s'éloigner, à pied et en pieu-
rant, de la ville de Jérusalem. Absaion fut tué dans un combat, David le pleura amèrement et rentra dans Jérusalem. Mais quelques années après il commit une nouvelle faute .
Q. Quelle fut cette faute?
R. La nouvelle faute de David fut une faute de vanité. Il voulut connaître le nombre de ses sujets, afin de s' en glorifier ; le Seigneur , qui châtie ceux qu il aime , envoya une peste qui dura trois jours et qui fit périr soixante-dix mille hommes. David conjura le Seigneur de le frapper lui-même et d'épargner son peuple. Le Seigneur fut touché de cette prière et le fléau cessa. David vécut encore plusieurs années, après quoi il mourut comblé de jours et de mérites.
Q. David est-il la figure du Messie?
R. Oui, David est la seizième figure du Messie. — • David naît à Bethléem. Notre Seigneur naît à Bethléem. — David est agréable à Dieu qui le choisit pour le roi et le libérateur de son peuple. Notre Seigneur est l'objet des complaisances de Dieu qui le choisit pour le roi et le libérateur des hommes. — David, armé seulement d'un bâton et d'une fronde, tue le géant Goliath. Notre Seigneur, armé seulement de sa Croix, terrasse le démon.
Q. Continuez la même figure.
jR. David pèche, et pour expier son crime il est obligé de sortir de Jérusalem. Notre Seigneur est innocent , mais pour expier le péché du monde , qu'il n'a pas commis, il est conduit hors de Jérusalem. — David nasse en pleurant le torrent de Cédron . Notre Seigneur,
pénétré de douleur, passe le même torrent de Cédron.
— David monte nu-pieds la montagne des Oliviers. Notre Seigneur monte aussi la montagne des Oliviers.
— David est accompagné d'un petit nombre de serviteurs fidèles. Notre Seigneur est suivi de sa sainte mère , de saint Jean et d' un petit nombre d' âmes pieuses .
— David, dans son affliction, est insulté par Semeï à qui il défend de faire du mal. Notre Seigneur, sur la Croix , est insulté par les Juifs et demande grâce pour eux. — David revient triomphant et reçoit l'hommage de ses sujets. Notre Seigneur sort triomphant du tombeau et reçoit les hommages du monde entier.
PRIÈRE
0 mon Dieu! qui êtes tout amour, je vous remercie d'avoir pardonné avec tant de bonté au saint roi David ; pardonnez-moi avec la même miséricorde.
Je prends la résolution d'aimer Dieu par-dessus toutes choses et mon prochain comme moi-même pour l'amour de Dieu; et, en témoignage de cet amour, je ne resterai jamais oisif.
XXXVP LEÇON
LE MESSIE PROMIS ET FIGURE
Salomon , roi. — Sa prière au Seigneur. — Il obtient la sagesse. — Il commence la construction du Temple. — Description du Temple. — Sa dédicace. — Nuée miraculeuse. — Feu descendu du Ciel. — Reine de Saba. — Chute de Salomon. — Salomon , dix-septième figure du
Messie.
Lorsque David fut mort, le premier soin de Salomon, son fils et son successeur, fut de lui faire rendre les derniers devoirs avec toute la magnificence due à un père qui lui laissait pour héritage un des plus beaux royaumes du monde. Il le fit enterrer dans la ville de Sion qui portait dès-lors et qui porta toujours depuis le nom de ville de David. Instruit par les leçons et les exemples de son vertueux père, Salomon commença son règne par f accomplissement fidèle de tous les devoirs d'un prince. La justice, la clémence envers ses sujets, la piété envers Dieu, une sage défiance de lui-même, firent concevoir les plus douces espérances. A l'exemple de son père, il se faisait une gloire de rendre ses hommages au Seigneur de qui il tenait la couronne et la vie.
Un jour il se rendit à la montagne de Gabaon où l'on canservait encore la même tente que Moïse avait fait
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faire dans le désert, pour couvrir l'Arche d'alliance. Salomon, accompagné de toute sa cour, fit offrir un sacrifice. Après la cérémonie, il se retira pour prendre un peu de repos. Le Seigneur, touché d'une piété si rare et si tendre dans un jeune roi, ne tarda pas à la récompenser. Cette nuit-là même, il lui apparut en songe et lui dit : Que voulez-vous de moi , demandez et vous serez exaucé? Eh ! Seigneur, répondit Salomon, vous m'avez fait asseoir sur le trône de David mon père, mais je ne suis qu'un enfant sans expérience, qui ne sais ni conduire ni gouverner un grand peuple : je vous demande un cœur docile, un sens droit, en un mot, la sagesse nécessaire au gouvernement.
Des vœux si purs ne pouvaient manquer d' être exaucés . Parce que vous m'avez demandé cela, lui dit le Seigneur, et non tous ces biens qui flattent l'ambition et la cupidité des rois, une longue vie, des richesses, la gloire, je vous accorde ce que vous avez sollicité , c'est-à-dire une sagesse qu'aucun homme n'a eue avant vous et que nul autre n'aura jamais après vous. A cette faveur, j'ajouterai ce que vous ne m'avez pas demandé, les richesses, l'abondance et la gloire.
Aces mots, Salomon s'éveilla. Animé dune nouvelle ferveur, il se rendit à Jérusalem où il offrit de nombreux sacrifices, pour témoigner au Seigneur la vive reconnaissance dont il était pénétré. Peu après, il épousa la fille du roi d'Egypte, et lui fit bâtir un magnifique pakis.
Cependant l'abondance et la paix régnaient dans
tout le royaume , tandis que les peuples voisins ménageaient l'amitié du prince par leurs tributs, leurs présents et leurs ambassades. Les Israélites, à couvert de leurs insultes, jouissaient d'une heureuse tranquillité. Chaque famille s'assemblait sans crainte à l'ombre de sa vigne ou de ses figuiers, pour en recueillir les fruits dans la joie, et pour y faire ensemble d'innocents festins. D'une extrémité du royaume à l'autre, on n'entendit jamais parler ni de troubles, ni de querelles, ni de stérilité ou d'indigence. Tels furent les fruits de bénédiction dont le nouveau roi trouva les semences à son arrivée au trône. Une lui restait qu'à les cultiver dans la paix , à augmenter la magnificence d'un état qu'on lui laissait dans l'opulence, et surtout qu'à achever le grand ouvrage de l'édification du temple.
Il savait que c'était pour consommer cette grande entreprise, que le Seigneur lui avait mis la couronne sur la tête ; il ne la perdit pas un moment de vue. Il s'adressa au roi de Tyr, nommé Hiram, ancien ami et allié de David. Vous savez, lui écrivit-il, que le roi mon père avait formé le dessein de bâtir un temple à la gloire de son Dieu, et que les guerres continuelles qu'il a eues à soutenir durant le cours de son règne, ne lui ont pas permis de l' exécuter . Je reprends le dessein de mon père : mais j'ai besoin de votre secours dans cette grande entreprise. J'ai besoin d'excellents ouvriers, ainsi que d'une grande quantité de bois de cèdre du mont Liban. Je compte sur vous pour m'en fournir. Je ne prétends pas au reste qu'il vous en coûte pour m' obliger. Ordon-
nez vous-même du prix; j en passerai partout où vous voudrez. Hirara reçut la lettre avec un extrême plaisir, et s'empressa d'offrir à Salomon tous les cèdres et tous les ouvriers dont il pouvait avoir besoin. Sur-le-champ Salomon fit mettre la main à l'œuvre.
Il employa trente mille hommes à couper les arbres et à préparer la charpente . Il les envoyait tour à tour au mont Liban, c'est-à-dire dix mille hommes par mois. Quatre-vingt mille hommes furent commandés pour tailler les pierres; soixante-dix mille pour porter les fardeaux et trois mille six cents pour conduire les travaux. Toutes les pierres étaient taillées et polies quand on les apportait : il n'y avait plus qu'à les poser. On n'entendit dans le temple ni le marteau ni la cognée pendant qu'on le bâtissait.
On jeta les fondements de ce magnifique édifice la quatrième année du règne de Salomon, quatre cent quatre-vingts ans après la sortie d'Egypte : mille ans avant la naissance de Notre Seigneur. Le temple fut construit sur le modèle du tabernacle que Moïse avait élevé dans le désert et dont le Seigneur lui-même avait donné le plan. Mais toutes les parties dont il était composé, étaient beaucoup plus grandes et plus riches.
Le temple avait quatre parties, 1° le parns cl Israël . C'était une vaste cour environnée de galeries et de bâtiments qui servaient à loger les Prêtres et à renfermer les trésors du temple, les vases destinés au culte de Dieu. Tous les Israélites pouvaient entrer dans cette première enceinte. 2° Le panis intérieur . C'était une
cour moins grande que la première, mais également environnée de galeries et de bâtiments. L'entrée n'en était ordinairement permise qu'aux Prêtres. Au milieu était l'autel des holocaustes, et un grand bassin d'airain où les Prêtres se purifiaient avant de faire leurs fonctions . C'est là qu'on faisait brûler la chair et la graisse des victimes. 3"" Le Saint. Au-delà du parvis intérieur était la partie appelée le Saint ou le lieu saint. Au milieu de cette nouvelle enceinte était un autel d'or, nommé l'Auteldes parfums, sur lequel on faisait brûler, soir et matin, des parfums d'excellente odeur. Il y avait aussi dix chandeliers d'or à plusieurs branches au haut desquelles étaient des lampes d'or que le Grand-Prêtre lui-même devait tenir sans cesse allumées. Enfin , là se trouvaient aussi dix tables d'or pour recevoir les pains de propositions . C'était douze pains sans levain qu'on renouvelait toutes les semaines. Il n'était permis qu'aux seuls Prêtres de manger ceux qu'on avait retirés. 4-° Le Saint des Saints. Cette partie du temple, la plus sainte et la plus redoutable, renfermait l'arche d'alliance. Elle était toute revêtue en dedans d'un or très-pur . L'accès en était interdit à tout autre qu'au Grand-Prêtre, qui ne pouvait y entrer qu'une seule fois par an. Toutes ces immenses constructions qui formaient comme une grande citadelle, portaient le nom de Temple.
La construction de cet auguste édifice, une des merveilles du monde, dura sept ans. La dédicace s'en fit avec une magnificence inouie. Tous les anciens d'Israël , tous les chefs des tribus et un peuple innombrable , se
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rendirent à Jérusalem au jour que le roi avait indiqué . On vint d'abord prendre l'arche d'alliance dans le lieu où elle avait été mise en dépôt. Elle était portée par les Prêtres. A leur tête était le Grand-Prêtre Sadoc , précédé de cent cinquante autres Prêtres, enfants d'Aaron, qui, au son de leurs trompettes sacrées , ouvraient la marche et annonçaient le triomphe du Dieu d'Israël. Le roi suivait, accompagné des chefs de famille, de ses officiers et de toute sa cour . Venait ensuite , mais dans le plus bel ordre, une multitude innombrable de peuple.
Cette marche triomphale était interrompue par des pauses réglées, durant lesquelles l'air retentissait du son des trompettes et de tous les instruments de musique auxquels répondaient des chœurs qui chantaient tous ensemble : Qu'il est grand, qu'il est adorable, mais surtout qu'il est aimahle, qu'il est bon le Dieu d'Israël! Sa miséricorde s'étend de siècle en siècle et se perpétue jusqu'à la consommation des temps! Chaque fois que l'arche s'arrêtait, ce qui arrivait régulièrement après un certain nombre de pas dont on était convenu , on immolait des victimes .
Enfin arrivée à la porte du Temple, où le son des trompettes, l'harmonie des instruments , léchant des Psaumes et l'immolation des victimes recommencèrent , l'Arche fut placée dans le Saint des Saints, et les Prêtres en sortirent. A l'instant parut un de ces prodiges par lesquels le Dieu d'Israël se plaisait à signaler sa puissance , et à donner les marques de sati&faction qu'il avait de son peuple. Une nuée miraculeuse se ré-
pandit du fond du Saintdes Saints, où elle s'était formée sur toutes les autres parties du Temple , en sorte que les Prêtres ne pouvaient exercer les fonctions de leurs ministères; c'était le Seigneur qui remplissait de sa gloire et consacrait par sa présence sa nouvelle demeure.
A cette vue , Salomon se jeta à genoux , bénit son peuple à l'exemple de Moïse et de David ; puis, s' adressant au Seigneur, il lui fit cette prière : Seigneur, Dieu d'Israël, il n'est point d'autre Dieu que vous, ni dans le Ciel ni sur la terre . Est-il donc croyable que vous daigniez habiter avec les hommes ? Si toute l'étendue des Cieux ne saurait vous contenir, combien moins cette maison que j'ai bâtie pourra-t-elle recevoir une si grande majesté ? Aussi, n est-elle destinéequ à être le lieu où vous écouterez favorablement les prières de votre serviteur et celles de votre peuple. Que vos yeux soient ouverts, Seigneur, que vos oreilles soient attentives aux trèshumbles supplications que nous vous adresserons en ce lieu. Exaucez-les du haut du Ciel où est votre trône, et faites-nous miséricorde .
Le Seigneur ne tarda pas à déclarer combien cette prière lui était agréable. On immolait de toutes parts des victimes qu'on étendait sur l'autel, lorsque tout à coup un feu sacré descendu du Ciel , dévora en un instant les victimes et les holocaustes . C'était le témoignage le plus sensible qu'on pût avoir que Dieu agréait toutes les actions de cette journée. Bientôt après il fut suivi d'un autre prodige qui mit le comble à la joie et à la reconnaissance d'Israël. La Majesté du Seigneur, sous le symbole d'une
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nuée lumineuse, remplit une seconde fois les différentes parties du Temple . Frappés de ce double prodige , tous les enfants d'Israël se prosternèrent le visage contre terre, et se mirent à louer et à bénir le Dieu de leurs pères, en chantant des cantiques en l'honneur de son infinie bonté et de son éternelle miséricorde.
La solennité de la dédicace dura sept jours, auxquels on en ajouta sept autres , à cause de la fête des Tabernacles . Le quinzième jour, le peuple s'en retourna plein de joie et de ferveur.
La réputation de Salomon s'étendit bientôt dans tout l'Orient. Une princesse célèbre , enchantée des choses merveilleuses que la renommée annonçait à l'univers, voulut s'assurer de la vérité de tout ce qu'on racontait : c'était la reine de Saba. Elle se rendit à Jérusalem avec un cortège digne de la majesté royale dont elle était revêtue, et de la grandeur du roi qu'elle venait visiter. Salomon reçut la princesse avec une somptuosité dont elle fut d'abord éblouie. Mais elle cherchait surtout à s'assurer des qualités personnelles du roi d'Israël. Elle lui proposa les questions les plus difficiles. Le prince satisfit à tout avec une facilité prodigieuse. Tant de merveilles , tant de sagesse, frappèrent tellement l'esprit de la reine étrangère, qu'elle en demeura hors d'ellemême sans pouvoir proférer une seule parole.
Le comble de la gloire où Salomon se vit élevé par l'éclat d'une visite si flatteuse, parut être le terme de sa sagesse et l'écueil de son innocence. Encensé de toutes parts, sans guerre avec les anciens ennemis de
son peuple, adoré de l'univers, respecté de ses sujets, sans occupation au-dedans, depuis qu'il avait fini ses royales entreprises, il s'approcha peu à peu du précipice où il périt enfin par la séduction du plaisir, dont une jeunesse chaste et vertueuse ne met pas toujours à couvert les dernières années d'une honteuse vieillesse, Salomon, ce roi des rois, ce sage par excellence, ce favori du Ciel, est vaincu par de honteuses passions. Après avoir bâti le premier temple au vrai Dieu, il en adore autant de faux que des femmes étrangères lui en font connaître. Chute étonnante qui glace de terreur et d'effroi !
Justement irrité des désordres de ce prince, le Seigneur lui envoya . un Prophète qui lui dit de sa part: Parce que vous n'avez point gardé la fidélité que vous me deviez, je diviserai votre royaume, et j'en donnerai une partie à un de vos serviteurs ; ce ne sera pas néanmoins pendant votre vie , en considération de David; mais ce sera sous le règne de votre fils que j'exécuterai cette menace . 3e ne lui ôterai pas le royaume entier, mais je lui conserverai une tribu à cause de David, mon serviteur, et de Jérusalem que j'ai choisie pour y faire adorer mon saint nom ; je la lui conserverai, afin qu'il reste toujours à mon serviteur David une lampe qui luise devant lui, c'est-à-dire une étincelle de sa race .
Salomon mourut après un règne de quarante ans, dont les commencements sages et glorieux promettaient les plus heureuses suites. On ignore s'il s'est repenti de
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ses fautes avant sa mort. Quoiqu'il en soit, comme David son père, Salomon est une des grandes figures du Messie ; mais du Messie glorieux et triomphant.
En effet, Salomon, jouissant des victoires de David son père, monte sur le trône et règne en paix sur ses ennemis vaincus. Notre Seigneur, jouissant de ses victoires et de ses travaux , monte au plus haut des Cieux sur le trône de son Père, et règne en paix sur ses ennemis vaincus . — Salomon prend pour épouse la fille d'un monarque étranger. Notre Seigneur choisit l'Eglise, son épouse, parmi les Gentils, étrangers au peuple juif et à la vraie Religion. — Salomon, par cette alliance, incorpore à son peuple cette princesse étrangère, et la comble d'honneurs. Notre Seigneur, par son alliance avec l'EgHse; la purifie, en fait son peuple, et le comble de grâces sur la terre, et de gloire dans le Ciel. — Salomon bâtit un temple magnifique au vrai Dieu. Notre Seigneur change le monde , qui n'était auparavant qu'un vaste temple d'idoles, en un temple du vrai Dieu.
— Les Juifs et les Tyriens s'unissent pour la construction du temple de Salomon. Les Juifs et les Gentils s'unissent pour fonder l'Église, temple du vrai Dieu.
— C'est Salomon qui invite les étrangers à prendre part avec son peuple à ce grand ouvrage. C'est Notre Seigneur qui appelle les Gentils à composer, avec les Juifs, le grand édifice de l'Église. — C'est Salomon qui communique aux ouvriers le plan de l'ouvrage. C'est Notre Seigneur qui révèle aux Juifs et aux Gentils le plan de l'Église, les moyens de l'établir, ses combats,
ses victoires et son triomphe dans le Ciel. — Salomon emploie bien plus d'étrangers que de Juifs à la construction du temple. Notre Seigneur emploie aussi bien plus de Gentils que de Juifs à la composition de TEglise. — Salomon fait mettre dans les fondations du temple de grandes pierres d'un prix considérable. Notre Seigneur s'est appelé lui-môme la pierre angulaire, la pierre fondamentale de l'Église. — Salomon fait tailler au loin toutes les pierres qui doivent entrer dans la construction du temple . Notre Seigneur fait tailler toutes les pierres , c' està-dire purifier sur la terre tous les Fidèles qui doivent un jour entrer comme autant de pierres spirituelles dans la construction de T Eglise céleste. — Le ciseau et le marteau étaient aux pierres tout ce qu'elles avaient de brut et de superllu. C'est la mortification et la pénitence qui ôtent à nos âmes tout ce qu'elles ont de brut et de superflu, c'est-à-dire les affections déréglées. — Au bruit de la sagesse de Salomon , la reine de Saba quitte son royaume . Au nom de Notre Seigneur, les nations ont quitté f empire du démon. — La reine de Saba admire la sagesse de Salomon et le bonheur de ses peuples. Le monde aussi admire la sagesse de Notre Seigneur et de son Évangile; il reconnaît le bonheur de ceux qui vivent en Chrétiens, quoiqu'il n'ait pas toujours le courage de les imiter. — La reine de Saba fait de riches présents à Salomon. Les nations ont offert en présent, à Notre Seigneur, leurs cœurs et leurs richesses.
Toutes les figures précédentes nous montrent le Rédempteur persécuté, souffrant, immolant un sacrifice;
combattant contre des ennemis : celle-ci nous le représente triomphant, tranquille et glorieux. En sorte que toutes les figures réunies nous offrent la vie complète du Rédempteur : vie de travail sur la terre, vie de gloire et de bonheur dans le Ciel.
PRIÈRE
Omon Dieu ! qui êtes tout amour, je vous remercie de vous être choisi une demeure parmi les hommes : inspirez-moi un profond respect pour votre Église, et surtout pour moi-même, qui suis votre temple vivant.
Je prends la résolution d'aimer Dieu par-dessus toutes choses et mon prochain comme moi-même pour l'amour de Dieu; et, en témoignage de cet amour, je contribuerai selon mon pouvoir à F ornement des Églises.