‹ Catéchisme de persévérance, ou, Exposé historique, dogmatique, moral et liturgique de la religionChapitre 25 sur 48 · XV LEÇON · texte numérisé non relu

XV LEÇON

LE MESSIE PREDIT

Osée, prophète. — Événements prochains qu'il prédit. — Ce qu'il annonce du Messie. — Michée , prophète. — Événements prochains. ~ Ce qu'il annonce du Messie. — Joël, prophète. — Jérémie, prophète. — Sa vie. — Ses prophéties.

Depuis leur division, les deux royaumes d'Israël et deJuda tombèrent dans d'étranges désordres. Jamais on ne vit plus de crimes et plus de penchant à l'idolâtrie. Aussi, Dieu qui ne cesse d'aimer les hommes, ne se montra jamais plus attentif à veiller sur le saint dépôt de la Religion, à conserver la tradition de la grande promesse et à proclamer solennellement la venue du Rédempteur. Jamais les prophéties ne furent ni aussi nombreuses ni aussi détaillées que dans ces temps mauvais.

Isaïe vivait encore , qu'un nouveau Prophète faisait entendre sa voix dans Juda . Ce nouveau Prophète fut Osée. Il était fils de Béeri. Il vécut du temps d' Isaïe, plus de sept cents ans avant Notre Seigneur. On ne sait aucun détail ni sur sa vie ni sur sa mort. Pour prouver aux Juifs que ses prophéties touchant le Rédempteur et les temps qui le suivront, sont véritables, il leur an-

nonce deux événements qui doivent bientôt s'accomplir. Le premier, c'est la ruine de Samarie; le second, la ruine du royaume de Juda.

En parlant du Messie, il annonce que le Messie encore enfant ira en Egypte, et que son Père l'en rappellera. Le Seigneur parlant figurément par la bouche de son Prophète , s'exprime ainsi : Israël n était encore quun enfant, lorsque je ïai aimé, et j'ai rappelé mon fils de Y Egypte'. — Notre Seigneur encore enfant, fut conduit en Egypte avec sa mère , par saint Joseph qui en avait reçu l'ordre du Ciel, et il y resta jusqu'à la mort d'Hérode, afin, dit saint Matthieu, que fût accompli ce que le Seigneur avait dit par la bouche du Prophète : j'ai rappelé mon fils de l'Egypte.

Il annonce, comme tous les Prophètes, le grand caractère du Messie, la conversion des nations idolâtres qui ne le connaissaient pas, qui n'étaient pas le peuple de Dieu : Le Seigneur parlant par la bouche d'Osée, s'exprime en ces termes : J'ai appelé mon peuple celui qui n'était pas mon peuple , et l'objet de ma miséricorde, celui qui n'était pas l'objet de ma miséricorde. Et il arrivera que ceux à qui il avait été dit : Vous n'êtes point mon peuple, seront appelés les enfants du Dieu vivant \

C'est Notre Seigneur qui a converti les nations et qui a fait des Idolâtres son peuple bien-aimé et les enfants de Dieu. Saint Paul nous apprend que c'est de Notre Seigneur qu'Osée voulait parler.

' Osée, H, 1.

. ^ Osée, II, 23, 25 et 1, 10.

326 CATliCHlSxME

Il annonce la réprobation des Juifs et l'état de désolation où nous les voyons aujourd'hui , et enfin leur conversion h la fin des temps : Les enfants d'Israël demeureront long-temps sans roi , sans prince , sans sacrifice , sans autel, sans exercice public de leur religion. Et après celQ les enfants d'Israël reviendront , et ils chercheront le Seigneur leur Dieu, et ils seront saisis de frayeur devant le Seigneur j en recevant les biens dont il les comblera dans les derniers jours, '

Notre Seigneur a été méconnu des Juifs ; ils sont aujourd'hui errants, sans autel et sans sacrifice. Cette première partie de la prophétie dont nous voyons l'accomplissement de nos yeux, nous répond que la seconde partie s'accomplira de même, et qu'à la fin des temps les Juifs se convertiront. Ainsi Notre Seigneur est le seul à qui conviennent tous les caractères de cette prophétie, ils ne conviennent qu'à lui seul ; Notre Seigneur est donc le Messie prédit par Osée.

Vers le même temps parut un autre Prophète qui nous a laissé une des plus frappantes prophéties touchant le Rédempteur. Ce prophète, c'est Michée. Il annonce également deux événements plus rapprochés , les malheurs et la ruine du royaume d' Israël , les malheurs et la ruine du royaume de Juda. Puis, passant au Messie , il s'exprime ainsi : Et vous Bethléem , Ephrata (Ephrata est l'ancien nom de Bethléem) , cous êtes petite entre les villes de Juda ; cependant cest de vous que sortira Celui qui doit régner dans Israël , Celui

I Osée, m, 4f &•

DE PEhSÉVÉRANGE. «27

dont la génération est éternelle ' . En conséquence de cette prophétie, les Juifs savaient très-bien que le Messie naîtrait à Bethléem. En voici la preuve. Les Mages étant arrivés à Jérusalem, Hérode assembla tous les Princes des Prêtres et les Docteurs du peuple, et leur demanda où devait naître le Christ, le Messie. Ils lui répondirent sans hésiter : C'est à Bethléem de Juda, suivant la prédiction du Prophète ; et ils lui citèrent la prophétie de Michée . Le Messie devait donc naître à Bethléem . — C'est aussi à Bethléem que Jésus-Christ a pris naissance dans le temps et au milieu des circoiistances prédites du Messie ; il est donc le Rédempteur prédit par Michée .

Le Prophète annonce que la génération du Rédempteur est éternelle; qu'il convertira les nations; que son empire sera éternel , et qu'il sera notre paix . Son empire subsistera, dit le Prophète; il paîtra son troupeau dans la force du Seigneur ; et les peuples seront convertis , parce que sa grandeur éclatera jusqu'aux eoolrémités du monde : c'est lui qui sera notre paix " . — Notre Seigneur, Dieu et homme tout ensemble, est engendré dans le sein de son Père, de toute éternité. Il est né dans le temps à Bethléem , de la plus pure des Vierges ; lui seul possède un empire éternel ; lui seul a converti les nations ; lui seul jouit d'une puissance souveraine ; lui seul est notre paix , notre réconciliation par le sang qu'il a répandu sur la Croix. Ainsi, Notre Seigneur est le seul à qui tous les

» Mich,, V, 11.

2 Mich,, y, h, 5,

caractères marqués dans cette prophétie conviennent à la lettre. Notre Seigneur est donc le Messie prédit par Michée .

Joël , autre Prophète , contemporain du précédent , annonce deux grands traits du Rédempteur : le premier, c'est la descente du Saint-Esprit; le second, c'est le jugement dernier. Pour autoriser cette prophétie, Joël annonce un événement dont les Juifs virent l'accomplissement : c'est une famine épouvantable qui désola tout le pays. Voici en quels termes s'exprime le Prophète : Écoutez ceci , vieillards, et vous tous habitants de la terre , prêtez l'oreille. Est-il jamais rien arrivé de par ail de votre temps ou du temps de vos pères? La sauterelle a mangé les restes de la chenille; le ver, les restes de la sauterelle j et la nielle, les restes du ver. Tout le pays est ravagé; la terre est dans les larmes , parce que le pays est gâté; la vigne est perdue, les oliviers ne font que languir . Pourquoi les bêtes se plaignent-elles ? pourquoi les bœufs font-ils retentir leurs mugissements ? sinon parce qu'ils ne trouvent rien à paître, et que les troupeaux, même de brebis, périssent comme eux \

Passant ensuite au Messie , le Prophète annonce : l** qu'il répandra son esprit sur l'Éghse; 2° qu'il viendra juger le monde avec un appareil formidable. Voici ses paroles : Dans les derniers temps, dit le Seigneur, je répandrai mon esprit sur toute chair; vos fils et vos files prophétiseront ; vos jeunes gens auront des visions , et vos vieillards auront des songes. En ces jours-là , je

i Joël ^ c. 1.

DK PERSÉVÉRANCE. 329

répandrai mon esprit sur mes serviteurs et sur mes servantes , et ils prophétiseront ' . — Notre Seigneur, suivant sa promesse , a envoyé son Saint-Esprit sur ses Apôtres, et ils prophétisèrent; et ce divin Esprit communiqua le même don de prophétie à un très-grand nombre de fidèles des siècles suivants . C'est saint Pierre lui-même qui nous donne l'intelligence de cette prophétie. A peine le Saint-Esprit fut-il descendu sur les Apôtres, que les Juifs de Jérusalem, frappés d'étonnement, se demandaient les uns aux autres : Que veut dire ceci? Les autres s'en moquaient et disaient ce sont des gens ivres. Alors Pierre se présentant avec les onze Apôtres, leur dit : Ces personnes ne sont pas ivres comme vous le pensez ; mais c'est l'accomplissement de ce qui a été dit par le Prophète Joël : Je répandrai mon esprit; et il rapporte la prophétie de Joël comme nous l'avons citée. Le Prophète annonce en second lieu que le Messie viendra juger le monde avec un appareil formidable. C'est le Messie lui-même qui parle : Je ferai paraître des prodiges dans le Ciel et sur la terre , du sang, du feu et des tourbillons de fumée. Le soleil sera changé en ténèbres et la lune en sang , avant que le grand et terrible jour du Seigneur arrive. J assemblerai tous les peuples , je les conduirai dans la vallée de Josaphat , et là j'entrerai en jugement avec eux " . — Notre Seigneur viendra juger le monde; il nous l'annonce lui-même dans l'Evangile, et il nous dépeint les signes avant-coureur>

' Joël , ir, 28.

^ Joël, II et III.

330 CATÉCmSME

de ce terrible jour dans des termes'semblables à ceux dii Prophète. Notre Seigneur a envoyé le Saint-Esprit à ses Apôtres, suivant que Joël l'avait prédit. Notre Seigneur viendra donc aussi juger le monde à la fin des temps : l'accomplissement de la première prophétie nous répond de l'accomplissement de la seconde. Notre Seigneur est donc vraiment le Messie prédit par Joël .

Environ cinquante ans après les Prophètes dont nous venons de parler, Dieu suscita Jérémie. C'est le Prophète des douleurs. Il se défendit long-temps d'accepter la lugubre mission que le Seigneur voulait lui confier. A , a , a , disait-il , Seigneur Dieu , je ne sais point parler; je ne suis qu'un enfant. Le Seigneur lui répondit : Ne dites pas : Je ne suis qu'un enfant ; mais allez partout où je vous enverrai , et dites tout ce que je vous ordonnerai de dire. Ne craignez point de paraître devant eux , parce que je suis avec vous pour vous délivrer. Le Seigneur étendit sa main, toucha la bouche de Jérémie, et lui dit : Je mets présentement mes paroles dans votre bouche ; je vous établis aujourd'hui Prophète. Jérémie obéit enfin.

Les malheurs qu'il prédit aux Juifs et la sainte liberté avec laquelle il les reprit de leurs désordres , les mirent si fort en colère contre lui, qu'ils le jetèrent dans une fosse pleine de boue, d'où un ministre du roi Sédécias le fit retirer. Après la prise de Jérusalem, une partie des Juifs restés dans la Judée se réfugièrent en Egypte , par la crainte du roi de Babylone. Jérémie fit tout ce qu il put pour s" opposer à ce dessein ; mais il fut contraint

de les suivre avec son disciple Baruch. Là, il ne cessa de leur reprocher leur crime avec son zèle ordinaire. Il prophétisa contre eux et contre les Egyptiens. L'Ecriture ne nous parle point de sa mort ; mais on croit que les Juifs, irrités de ses menaces continuelles, le lapidèrent, l'an 590 avant Jésus-Christ.

Pour accréditer ses prophéties touchant le Rédempteur, et les événements éloignés, il annonce aux Ju*:fs des faits prochains, imprévoyables à la sagesse humaine et dont néanmoins ils verront bientôt l'accomplissement . En voici un entre tous les autres , c'est la ruine épouvantable de Jérusalem par Nabuchodonosor et la captivité de Babylone. Ecoutez de quelle manière il prédit cette terrible catastrophe : Allez, lui dit le Seigneur, et prenez un vase de terre fait par un potier. Jérémie obéit. Conduisant à sa suite les plus anciens du peuple et les plus anciens d'entre les Prêtres, il s'arrête dans une vallée située aux portes de Jérusalem. Roi de Juda et habitants de Jérusalem, leur dit-il, voici ce que dit le Seigneur des armées : Je ferai tomber cette ville en une si grande affliction, que quiconque en entendra parler en sera frappé comme d'un coup de tonnerre. Elevant ensuite son vase de terre à la vue de tout le peuple , il ajoute : Voici ce que dit le Seigneur des armées : Je briserai ce peuple et cette ville comme câ vase de terre. A ces mots , il met le vase en morceaux . Quelques années après, le superbe Nabuchodonosor vint accomplir à la lettre cette triste prophétie ; il ruina la ville de fond en comble et emmena le peuple captif à Babylone.

Passant ensuite aux événements éloignés, Jérémie annonce qu'à la naissance du Messie on fera mourir les petits enfants de Bethléem, et que leurs mères seront inconsolables. Voici ses paroles : Un grand bruit a été entendu dans Rama; on y a entendu des plaintes et des cris lamentables ; c'est Rachel pleurant ses enfants et ne voulant point de consolation parce qu'ils ne sont plus ' . — Notre Seigneur étant né à Bethléem , Hérode, pour le faire mourir, fit tuer les enfants de Bethléem et des environs, depuis l'âge de deux ans et au-dessous. Alors on entendit les cris lamentables des mères ; et saint Matthieu nous dit que c'était l'accomplissement des paroles de Jérémie que nous venons de citer. Notre Seigneur est donc le Rédempteur prédit par Jérémie.

Jérémie annonce que le Messie enseignera la vérité aux nations et qu'il fera avec les hommes une nouvelle alliance plus parfaite que l'ancienne. Le Seigneur parle au Messie : Je vous ai établi Prophète pour les nations \ et le Messie lui-même ajoute, par l'organe de Jérémie : // viendra un temps où je ferai une nouvelle alliance avec la maison d'Israël et la maison de Juda; alors j'écrirai mes Lois dans leurs cœurs et tous me connaîtront depuis le plus petit jusqu'au plus grand^ . — Notre Seigneur seul a enseigné la vérité aux nations idolâtres, il a converti le monde, c'est lui qui a fait avec les hommes une nouvelle alliance plus parfaite que l'an-

' Jérémie , xxxi , 15.

2 Jérémie, i, 6.

3 Jérémie, XXXI, 31.

DE PERSÉVÉRANCE. ?.:'yZ

cienne. Notre Seigneur est donc le Messie prédit par Jëréraie. Saint Paul reconnaît expressément que c'est de Notre Seigneur que Jérémie a parlé dans cette prophétie ' .

PRIÈRE

0 mon Dieu ! qui êtes tout amour, je vous remercie de nous avoir envoyé le Messie tant de fois prédit par les Prophètes ; faites que je Técoute avec docilité comme une brebis fidèle, afin qu'au jour de son terrible jugement je mérite d'entendre cette consolante parole : Venez, les bénis de mon Père, possédez le royaume qui vous a été préparé depuis l'origine du monde.

Je prends pour résolution d'aimer Dieu par-dessus toutes choses et mon prochain comme moi-même pour l'amour de Dieu; et, en témoignage de cet amour, je me dirai souvent : Dieu jugera cette action, cette parole, cette lecture.

LE MESSIE PRÉDIT. — OsÉE, MICHÉE, JOËL, JÉRÉMIE, PROPHÈTES DU RÉDEMPTEUR.

Q. Quelle fut la conduite de Dieu à légard des Juifs depuis la division des deux royaumes?

R. Depuis la division des deux royaumes, Dieu redoubla de tendresse pour les Juifs et de soins pour conserver le dépôt de la Religion et surtout le souvenir

» Hebr. , x, 44.

d 1 Rédempteur. Jamais il n'y eut tant de Prophètes que dans ces temps de trouble et de désordre. David avait prophétisé le Rédempteur avant le schisme des dix tribus, et Isaïe l'avait annoncé aussitôt après.

Q. Quel fut le troisième Prophète du Messie?

R. Le troisième Prophète du Messie fut Osée. Il vécut du temps d' Isaïe , c est-à-dire 700 ans avant Notre Seigneur. Pour prouver aux Juifs que ses prédictions, touchant le Messie, s'accompliraient, il prédif^deux événements dont l'accomplissement est prochain, savoir : la ruine de Samarie et la ruine du royaume de Juda.

Q. Que dit-il du Messie ?

R. Il dit que le Messie encore enfant sera conduit en Egypte et qu'il en reviendra par l'ordre de son Père , il ajoute qu'il convertira les nations, et que pour l'avoir méconnu, les Juifs seront errants par toute la terre. Notre Seigneur , encore enfant , fut conduit en Egypte et ramené en Galilée par l'ordre de Dieu, son Père ; c'est lui qui a converti les nations , et c'est pour Y avoir méconnu que nous voyons encore aujourd'hui les Juifs errants par toute la terre. Notre Seigneur est donc le Messie prédit par Osée.

Q. Quel fut le quatrième Prophète du Messie ?

R. Le quatrième Prophète du Messie fut Michée. Il fut contemporain d'Osée, et pour autoriser sa mission, il annonça en détail les malheurs qui devaient bientôt fondre sur le royaume d'Israël et sur le royaume de Juda.

Q. Qu'annonce-t-il touchant le Messie?

DE PERSliVÉRAKCE. 33')

R II annonce qu'il naîtra à Bethléem; qu'il sera Dieuet homme; qu il convertirales nations; que son règne sera éternel, et qu'il sera notre réconciliation. Notre Seigneur est né à Bethléem : il est Dieu et homme; il a converti les nations; son règne n'aura point de fin; son Eglise subsiste malgré les efforts du monde et du démon, tandis que tout le reste périt autour d'elle; enfin Notre Seigneur nous a réconciliés avec le Ciel en répandant son sang pour nous. Notre Seigneur est donc le Messie prédit parMichée.

Q. Quel est le cinquième Prophète du Messie?

R. Le cinquième Prophète du Messie c'est Joël. Il vivait dans le même temps que les précédents. Pour prouver que ce qu'il annonçait du Messie s'accomplirait, il prédit un événement prochain. C'est une famine épouvantable qui désola tout le pays.

(?. Qu'annonce-t-il du Messie?

R II annonce que le Messie enverra le Saint-Esprit à son Eglise, et que les fidèles prophétiseront; il annonce encore que le Messie viendra juger le monde avec une grande puissance et une grande majesté. Notre Seigneur aenvoyé le Saint-Esprit à son Eglise; lesApôtres et un grand nombre de Chrétiens, durant les premiers sièclesde l'Eglise, reçurent le don de prophétiser. Notre Seigneurviendra juger le monde avec une grande puissance et une grande majesté. Notre Seigneur est donc le Messie prédit par Joël.

Q. Quel est le sixième Prophète du Messie?

R. Le sixième Prophète du Messie, c'est Jérémie.

Dieu le suscita environ cinquante ans après ceux dont nous venons de parler. Pour preuve de la vérité de ses prédictions touchant le Messie, il annonça un grand nombre d'événements dont les Juifs furent les témoins, entre autres, la prise de Jérusalem par Nabuchodonosor et la captivité de Baby lone .

Q. Qu'annonce-t-il du Messie?

R. Il annonce qu'à la naissance du Messie, on fera mourir les petits enfants de Bethléem et des environs, et que leurs mères seront inconsolables; il ajoute que le Messie convertira les nations et qu'il établira une nouvelle alhance plus parfaite que la première. Notre Seigneur fut à peine né, quHérode voulant le perdre, fit mourir les petits enfants de Bethléem et des environs : Notre Seigneur a converti les nations et établi une nouvelle alHance plus parfaite que la première- Notre Seigneur est donc le Messie prédit par Jérémie .

PRIÈRE

0 mon Dieu ! qui êtes tout amour , je vous remercie de nous avoir envoyé , dans la personne de Notre Seigneur Jésus-Christ, le Messie tant de fois prédit par les Prophètes; faites que je lui obéisse avec docilité, afin d'être placé à la droite au jour de son redoutable jugement.

Je prends la résolution d'aimer Dieu par-dessus toutes choses , et mon prochain comme moi-même pour l'amour de Dieu; et, en témoignage de cet amour, je me dirai souvent : Dieu jugera cette action, cette parole, cette lecture.

DE PERSÉVÉRAnCE. 337

XLP LEÇON.

LE MESSIE PRÉDIT

Ezéchiel prophète. — Événements prochains qu'il annonce. — Ce qu'il prédit du Messie. — Daniel , prophète. — Son histoire. — Il explique le songe de Nabuchodonosor. — Enfants dans la fournaise.

Les terribles prédictions d'Isaïe, de Jérémie et des autres Prophètes contre Jérusalem , s'étaient enfin vérifiées. Cette ville opulente avait été ruinée de fond en comble; son temple auguste, une des merveilles du monde, n'était plus qu'un amas de cendres, et ses habitants emmenés par Nabuchodonosor, gémissaient à Babylone dans les fers de l'esclavage. C'est alors que parut un nouveau Prophète . Il fut suscité de Dieu pour reprendre et consoler les malheureux captifs , et surtout pour leur annoncer le Messie, libérateur de tous les hommes.

Ezéchiel qui est ce grand Prophète dont nous voulons parler, fut emmené lui-même en captivité à Babylone. C'est là qu'il fit une partie de ses prédictions. Comme tous ses devanciers, pour prouver aux Juifs ce qu'il Annonce du Rédempteur , il leur prédit des cvéne- T. II. 22

ments prochains qu'ils verront de leurs yeux, d'autres dont le monde entier est encore aujourd'hui le témoin.

Le premier événement qu'il prédit à ses frères, c'est qu'ils retourneront un jour dans leur patrie et que le temple de Jérusalem sera rebâti '. Deux faits qui s'accomplirent à la lettre, environ quarante ans après. Le second événement, qui est bien extraordinaire et qui prouve avec quelle pénétration divine Ezéchiel lisait dans l'avenir le plus reculé, c'est que depuis Nabuchodonosor, contemporain du Prophète, l'Egypte n'aura plus de rois de sang égyptien. Voici les termes de cette étonnante prophétie : Je vais donner à Nabuchodonosor, roi de Babylone, le pays d'Egypte; il en prendra tout le peuple; il en fera son butin; il n'y aura plus à l'avenir de princes du pays d'Egypte ' . Qui eût jamais pensé que cette Egypte, dépositaire des sciences, l'institutrice des nations, à jamais privée d'un roi de race indigène, courberait éternellement son front sous un sceptre étranger? Et cependant voilà vingt-trois siècles que l'oracle d' Ezéchiel s'accomplit, et que suivant la remarque d'un impie de nos jours\ l'Egypte, enlevée à ses propriétaires naturels, a subi sans interruption le joug des étrangers.

Venant au Messie, Ezéchiel annonce qu'il sortira de la race de David, qu'il sera pasteur, mais pasteur unique qui sauvera son troupeau et réunira toutes ses brebis dans le même bercail. Ecoutons le Seigneur

" Ezéchiel, xxxixetxLii.

' Ezéchiel , xxx , 13.

3 Volney, Voyage en Syrie, t. i, eh. 6,

DE PERSÉTÉRANCE. 559

annonçant lui-mômececonsolantévéneraent par labouche du Prophète : Je sauverai mon troupeau; il ne sera plus exposé en proie ; je jugerai entre les brebis et les brebis ; je susciterai sur elles pour les paître, le pasteur UNIQUE , David mon SEiaYnEVR. C'est lui-même qui aura soin de les paître. Il sera au milieu d'elles comme leur prince ' . — Notre Seigneur lui-même nous fait connaître le sens de cette prophétie , lorsqu en parlant aux Juifs, il dit : C'est moi qui suis le bon Pasteur. Le bon pasteur donne sa vie pour ses brebis. J'ai encore d'autres brebis qui ne sont pas de cette bergerie; il faut aussi que je les amène, et il n'y aura plus qu'un seul troupeau et un seul pasteur. II a amené ces autres brebis, c'està-dire, les nations idolâtres. Il les a réunies aux brebis de la maison d'Israël, et il n'y a plus aujourd'hui qu'une seule bergerie qui est l'Eghse, et un seul Pasteur qui est Notre Seigneur. Ajoutez, pour que rien ne manque à l'accomplissement de la prophétie, que ce Pasteur unique devait être de la race de David, ou plutôt le vrai David. Or, Notre Seigneur est de la race de David et le David, c'est-à-dire le bien-aimé par excellence. Ezéchiel annonce encore que le Messie établira une alliance nouvelle plus parfaite que l'ancienne. Aussitôt après avoir promis ce pasteur unique, le Seigneur continue par la bouche du Prophète et dit : Je ferai avec mes brebis une alliance de paix. Mon alliance sera éternelle. Je les multiplierai t et j'établirai pour jamais mon sanctuaire au milieu d'elles. Mon tabernacle sera chez

' Ézéchiel, xxxiv, 22.

3âG CATÉCHISME

elles; je serai leur Dieu ; elles seront mon peuple ^ el les nations sauront que c'est moi qui suis le Seigneur et le Sanctificateur d'Israël, lorsque mon sanctuaire sera pour jamais au milieu de mon peuple ' . — C est Notre Seigneur qui a établi une alliance nouvelle plus parfaite que l'ancienne; une alliance éternelle. C'est lui qui a éuni les Juifs et les Gentils dans un même bercail ; il est de plus de la race de David et le bien-aimé par excellence. Notre Seigneur est donc le Messie prédit par Ezéchiel. Vers le môme temps et dans la même ville de Babylone, prophétisa le dernier des grands Prophètes : c'est Daniel. Voici son histoire.

Nabuchodonosor voulut avoir à sa cour quelques enfants de cette nation juive qu'il avait conduite en captivité. Son intention était de leur faire apprendre la langue et les sciences des Babyloniens. Il donna ses ordres à l'Intendant de son palais. Le choix du ministre, dirigé par le Seigneur, tomba sur Daniel et sur trois de ses compagnons nommés Ananias, Misaël et Azarias. Ils furent logés dans un appartement commode pour leurs études. En signe de sa faveur, le roi voulut qu'ils fussent nourris des viandes qu'on servait à sa table, et qu'on ne leur fît point boire d'autre vin que celui qu'il buvait. Ils devaient être ainsi élevés pendant trois ans, au bout desquels le roi les destinait à être mis au nombre de ses officiers et à servir toujours en sa présence.

Une seule chose inquiétait ces vertueux enfants : c'é-

' Ézéchiel, xxxvii.

talent les viandes et le vin de la table du prince qu'on devait leur servir. II pouvait aisément se trouver parmi ces aliments des mets défendus aux Juifs, et peut-être même offerts aux idoles. Ils résolurent de n'en point user. David en parla à l'Intendant du palais chargé de leur nourriture. Celui-ci répondit que le roi ne voulant à son service que des jeunes gens beaux, bien faits et de bonne mine, il avait expressément ordonné la manière dont ils devaient être nourris; que si , faute d'user du vin et des viandes de la table du prince, ils perdaient quelque chose de leur embonpoint, on ne manquerait pas d'en savoir la cause , et qu'il y allait de sa fortune, peutêtre même de sa vie .

Daniel ne se découragea pas. Il s'adressa à Malassar, officier subalterne, chargé spécialement de lui et de ses trois compagnons. Donnez-nous, comme nous le souhaitons, des légumes à manger et de l'eau à boire. Nous ne vous demandons que dix jours d'épreuve. Examinez ensuite notre visage, comparez-nous aux autres jeunes gens que vous nourrissez de la table du roi. Si vous avez lieu de vous repentir de votre complaisance, nous nous soumettons à tout ce que vous voudrez. Malassar se rendit à cette proposition. Daniel et ses compagnons ne vécurent pendant dix jours que de simples légumes, et néanmoins ils furent trouvés plus frais et mieux portants que le reste de la jeunesse nourrie de la table du prince. Malassar continua donc volontiers de les traiter de la sorte, et ce fut toujours avec le même succès .

3Zj5 CATÉCHISME

Les trois années de leur instruction étant expirées , le jour arriva de présenter au roi les quatre jeunes Israélites. Nabuchodonosor fut charmé de la bonne grâce répandue sur leur visage et sur toute leur personne. Il le fut bien davantage de leur habileté et de leur savoir. Il dit tout haut qu'il n'y avait pas dans son royaume de docteurs comparables aux quatre jeunes Hébreux. Il ne délibéra pas de les retenir auprès de lui ; il leur donna des emplois à la cour, et voulut qu'ils servissent toujours en sa présence. Tel fut le commencement de la grande élévation du prophète Daniel. Le Seigneur, toujours infiniment bon, préparait ainsi des ressources aux Israélites captifs .

Quelques années après, Nabuchodonosor eut un songe dont il fut vivement inquiété. A son réveil, il fit venir tous les enchanteurs, les devins et les magiciens de Babylone : J'ai eu cette nuit, leur dit le roi, un songe qui m'a épouvanté; mais le trouble qui fa suivi m'en a fait perdre absolument la mémoire. Si vous parvenez à me rappeler mon songe et à m'en donner l'explication, je vous promets une récompense digne de moi; mais si vous trompez mon attente , je vous ferai tous mourir jusqu'au dernier.

Ce que vous demandez. Seigneur, lui répondirentils, n'est possible à aucun mortel. Le roi, furieux, ordonna de les mettre à mort. Cet ordre s'exécutait sans pitié, lorsque Daniel, rempli de confiance en Dieu, et subitement inspiré, courut chez le roi qu il trouva plongé dans une noire mélancoHe; il le conjura

DE PERSÉVÉRANCE. S^î

de lui accorder quelques moments pour lui expliquer le songe qu'il avait eu. Allez, Daniel, lui dit le roi, prenez le temps dont vous avez besoin.

Daniel se retira et passa la nuit en prières. Le matin étant arrivé, un des oftîciers de la cour introduisit Daniel dans l'appartement du prince, et il dit en le lui présentant: Voici, Seigneur, un des captifs de Jérusalem, qui donnera au roi, mon Seigneur, l'éclaircissement qu'il désire. Croyez-vous, dit le prince à Daniel, pouvoir me rappeler mon songe et m'en donner l'explication? Le songe que vous avez eu , lui répondit modestement Daniel , surpasse les lumières de tous les magiciens. Mais il est un Dieu dans le Ciel, et c'est le seul Dieu que j'adore, pour qui rien n'est caché, qui révèle quand et à qui il lui plaît, les choses les plus obscures. C'est lui, grand prince, qui vous a montré dans l'obscurité de la nuit les événements qui doivent s'accomplir dans les derniers temps.

Le prince et toute sa cour avaient les yeux attentifs sur le jeune Prophète lorsqu'il commença de la sorte : Voici, Seigneur, le songe que vous avez eu. Il s'est présenté devant vous une grande statue. Cette grande statue était debout à vos yeux, et son regard était terrible. Elle avait la tête d'un or très-pur, la poitrine et les bras d'argent, le ventre et les cuisses d'airain, les jambes de fer, les pieds en partie de fer et en partie d'argile. Vous étiez extrêmement attentif à cette vision, lorsqu'une pierre s'est détachée d'elle-même de la montagne. Elle a frappé les pieds de la statue, et elle les

2hà CATltCHlSME

a brisés. La statue elle-même a été réduite en cendres, comme la poussière que le vent emporte dans l'été. Mais la pierre qui a frappé la statue est devenue une grande montagne, et elle a rempli toute l'étendue de la terre. Voilà votre songe, grand roi. En voici l'explication :

Vous, prince, vous êtes le plus grand des rois; c'est vous que représente la tête d'or; après votre empire, il s'en élèvera un autre moindre que le vôtre, figuré par l'argent. Il en viendra un troisième, figuré par l'airain, qui s'étendra sur toute la terre. Le quatrième empire, semblable au fer qui brise tous les métaux , domptera aussi, et renversera quiconque voudra s'opposer à son établissement. Cependant, ce quatrième royaume sera affaibli par ses divisions, c'est ce qui est exprimé par le mélange du fer avec l'argile dans les pieds delà statue. Enfin, dans le temps que ces royaumes subsisteront encore, le Dieu du Ciel suscitera un royaume qui ne sera jamais détruit, qui renversera tous les autres empires. Il vous a été représenté sous la figure de cette pierre qui, détachée d'elle-même de la montagne, a réduit en poudre f argile, le fer, l'airain, l'argent et l'or.

Pour nous, qui vivons après févénement, il nous est facile de reconnaître ces empires, dont la succession est annoncée par Daniel. Le premier, représenté par la tête d'or, est f empire des Babyloniens ; le second, représenté par la poitrine d'argent, est celui des Mèdes et des Perses ; le troisième, figuré par le ventre, les cuisses d'airain, est celui des Grecs, sous Alexandre-le-Grand.

DE PERSÉVÉRANCE. olib

Cet empire, nous dit le Prophète, commandera à toute la terre. En effet, Alexandre porta ses conquêtes dans les trois parties du monde. Le quatrième royaume, représenté par les jambes de fer, désigne clairement l'empire romain. Comme le fer brise les métaux, cet empire a brisé et réduit en poudre tous les royaumes qui subsistaient avant lui dans les trois parties du monde connu.

Quant à cette pierre qui se détache de la montagne sans la main d'aucun homme , qui brisé la statue , qui grossit ensuite, qui couvre toute l'étendue de la terre, qui forme un empire dont la durée sera éternelle , elle désigne clairement l'empire spirituel de Notre Seigneur, empire formé sans le secours d'aucun homme, empire vainqueur de tous les autres, empire qui ne passera point à un autre peuple, empire aussi étendu que le monde, et aussi durable que les siècles. A quel autre qu'au royaume de Jésus-Christ ces caractères pourraient-ils convenir ?

A ce discours du Prophète, Nabuchodonosor, saisi d'étonnement au-delà de tout ce qu'on peut dire, et regardant Daniel comme un Dieu caché sous la figure d'un homme, se jeta le visage contre terre; il l'adora profondément, et commanda qu'on lui offrît de f encens, et qu'on lui sacrifiât des victimes. Daniel empêcha ce culte impie, et s'empressa de reporter tous ces hommages au Dieu qui l'avait inspiré. Nabuchodonosor reconnut que le Dieu de Daniel était vraiment le Dieu des dieux et le Maître des rois. Puis il éleva Daniel et

3AC CATlîCmSME

ses compagnons aux premières dignités de l'empire.

Les jeunes Hébreux éprouvèrent bientôt, comme tant d'autres, que pour être haï il n'est pas nécessaire d'être méchant, il suffit d'être heureux. La faveur dont ils étaient l'objet leur attira des ennemis jaloux qui résolurent de les perdre. Ils persuadèrent à Nabuchodonosor de défendre à tous ses sujets d'adorer d'autre Dieu que les dieux de Babylone. Le prince ordonna donc qu'on fît une grande statue d'or, haute de soixante coudées, et qu'on la plaçât au milieu d'une vaste plaine, aux environs de Babylone. En même temps l'ordre fut donné aux officiers de l'armée, aux magistrats, aux juges, aux intendants, aux gouverneurs des provinces , de se trouver dans la plaine au jour marqué, pour rendre à la statue le culte religieux que le roi lui destinait ; et cela sous peine d'être jeté à l'heure même dans une fournaise ardente.

Les trois compagnons de Daniel, Ananias, Misaël et Azarias, se rendirent avec les autres dans la plaine. Mais au moment où l'on donna le signal à tous les assistants de se prosterner le visage contre terre, les trois Israélites demeurèrent debout sans donner aucun signe d'adoration. Leurs ennemis coururent en avertir le roi. Outré de colère, Nabuchodonosor ordonne qu'on les jette aussitôt dans la fournaise, chauffée sept fois plus qu'à l'ordinaire. Il fait saisir les généreux athlètes par les plus forts de ses gardes, leur fait lier les pieds et les mains, et jeter au milieu des flammes. Mais le Dieu d'Israël y descend avec eux. Le feu consume leurs

liens, en respectant leurs personnes, et ils se promènent tranquillement au milieu des flammes. Bientôt on les entend chanter les louanges du Seigneur. A la vue du miracle, Nabuchodonosor s'approche de la fournaise, et il les appelle : Serviteurs du Dieu très-haut, sortez et venez à moi. Il proclama lui-même que le Dieu d Israël était le seul vrai Dieu, et fit un édit par lequel il défendit, sous peine de mort, de blasphémer le Dieu d'Israël.

PRIÈRE

0 mon Dieu ! qui êtes tout amour , je vous remercie d'avoir conservé au milieu des flammes vos fidèles serviteurs ; donnez-moi leur fidélité à votre sainte Loi , leur courage pour braver le respect humain , afin d'être délivré moi-même des flammes éternelles.

Je prends la résolution d'aimer Dieu par-dessus toutes choses et mon prochain comme moi-même pour l'amour de Dieu ; et , en témoignage de cet amour, je n'accep^ ter ai jamais d'aliments gras les jours défendus .

PETIT CATÉCHIS]\1£.

iE MESSIE PRÉDIT. — ÉZÉCHIEL ET DANIEL PROPHÈTES,

Q. Quelle fut la septième prophétie du Rédempteur?

R. La septième prophétie du Rédempteur est celle

d'Ezéchiel. Toutes les prédictions des autres Prophètes

contre Jérusalem s'étalenl accomplies. Cette ville était détruite et ses habitants captifs à Babylone. C'est alors que parut Ezéchiel. Dieu le suscita pour reprendre encore son peuple, pour l'encourager et le consoler.

Q. Quels événements prochains annonce Ezéchiel?

R. En preuve de la vérité de ses prédictions touchant le Messie, Ezéchiel annonce aux Juifs qu'ils seront délivrés de leur captivité et que le temple de Jérusalem sera rebâti ; ce qui eut lieu quelques années après,

Q. N'annonce-t-il pas d'autres événements?

R. Il annonce aussi qu'à partir du moment de sa prédiction , l'Egypte n'aura plus à l'avenir de prince de son sang, et voilà deux mille trois cents ans que l'Egypte courbe constamment son front sous des sceptres étrangers. Les plus grands impies de nos jours ont eux-mêmes reconnu l'accomplissement de cet oracle.

Q. Que dit Ezéchiel touchant le Rédempteur ?

R. Ezéchiel dit que le Rédempteur sera de la race de David, qu'il sera le Pasteur unique qui réunira les Juifs et les Gentils dans une seule bergerie ; qu'il établira une nouvelle Loi plus parfaite que l'ancienne et qui subsistera toujours. — Notre Seigneur est de la race de David , lui seul a réuni les Juifs et les Gentils dans un même bercail ; lui seul a établi une Loi nouvelle plus parfaite que la Loi de Moïse. Notre Seigneur est donc le Messie prédit par Ezéchiel.

Q. Parut-il quelque autre Prophète pendant la captivité de Babylone?

R. Pendant la captivité de Babylone, il parut un autre grand Prophète, ce fut Daniel.

(?. Où Daniel fut-il élevé?

R. Daniel, avec trois jeunes Israélites nommés Anaiiias, Mizaël et Azarias, fut élevé à la cour de Nabuchodonosor, roi de Babylone. Au milieu des Idolâtres, ils demeurèrent toujours fidèles à leur Religion ; ils refusèrent de manger des viandes de la table du roi , dans la crainte de blesser leur conscience.

Q. Comment le Seigneur récompensa-t-il leur fidélité?

R.Le Seigneur récompensa leur fidélité en leur donnant une grande science et en les rendant agréables à Nabuchodonosor.

Q. Qu'arriva-t-il rà ce prince?

R. Il arriva à ce prince d'avoir un songe mystérieux, qui l'inquiéta beaucoup et dont il perdit le souvenir. Il voulut néanmoins qu'on lui en donnât l'explication. Daniel se présenta ; il rappela au roi le songe qu'il avait eu, et le lui expliqua. Ce songe signifiait que quatre grands royaumes , celui des Babyloniens , celui des Perses, celui des Grecs et celui des Piomains, devaient se succéder et être suivis du royaume de Noire Seigneur, c'est-à-dire de l'Église.

Q. Que fit ensuite Nabuchodonosor ?

R. Nabuchodonosor fit faire une statue d'une grande hauteur et il ordonna à tout fe monde de l" adorer. Les jeunes Hébreux refusèrent d obéir. Le roi les fit jeter dans une fournaise ardente où le Seigneur les conserva miraculeusement.

350 CATÉCHISMK

PRIÈRE

0 mon Dieu ! qui êtes tout amour, je vous remercie d'avoir conservé au milieu des flammes vos fidèles serviteurs ; donnez-moi leur fidélité à votre sainte Loi et leur courage pour braver le respect humain, afin que je sois moi-même préservé des flammes éternelles.

Je prends la résolution d'aimer Dieu par-dessus toutes choses et mon prochain comme moi-même pour l'amour de Dieu; et, en témoignage de cet amour, ^e n'occc;}ter ai jamais d'aliments gras les jours défendus.

XLIP LEÇON

LE MESSIE PRÉDIT

Suite de l'histoire de Daniel. — Vision de Balthaiar. — Daniel l'explique.

— Ballhazar est tué. — Daniel dans la fosse aux lions. — Idole de Bel.

— Daniel préditl 'époque de la naissance du Messie.

Le miracle opéré dans la fournaise affermit le crédit des jeunes compagnons de Daniel. Ces vertueux Israélites ne profitèrent de leur autorité que pour faire connaître leur Dieu et adoucir le sort de leurs frères captifs dans toute l'étendue de l'empire.

Cependant Nabuchodonosor mourut , et sous le règne de son successeur, Daniel fut oublié. Il était avancé en âge et ne songeait qu'à servir le Seigneur son Dieu dans le silence, et à prier pour ses chers captifs; mais le Maître avait des vues bien différentes de celles du serviteur. C'était de ce même Daniel, tout âgé et tout oublié qu'il était, que la Providence voulait se servir pour consommer le grand ouvrage de la délivrance de son peuple.

Balthazar, petit-fils de Nabuchodonosor, venait de monter sur le trône de son aïeul. Beaucoup plus occupé de ses plaisirs que du soin de son royaume, il s'avisa un

jour de faire un magnifique festin où il invita mille des plus grands seigneurs de son royaume . Le roi, livré sans mesure à une folle joie, but excessivement, et dans son ivresse, il ordonna à ses officiers d'apporter dans la salle du festin, les vases d'or et d'argent que Nabuchodonosor avait enlevés du temple de Jérusalem , afin d'y faire boire avec lui ses seigneurs et les femmes qui se trouvaient au festin. Le roi donna l'exemple et chacun se fit un mérite de le suivre. C'était à qui profanerait avec plus d'insolence les vases sacrés. Ils y buvaient le vin à grands coups en chantant des hymnes à l'honneur de leurs fausses divinités. Le malheureux Balthazar, mettant ainsi le comble à ses crimes, remplissait la mesure fatale que Dieu attendait pour détruire sa monarchie.

Tout à coup on vit paraître comme les doigts de la main d'un homme, appliqués sur la muraille, vis-à-vis le lustre qui éclairait la salle du festin , et le roi voyait distinctement de ses yeux le mouvement de la main qui écrivait. Alors il change de couleur, son esprit se trouble, ses forces l'abandonnent; ses genoux tremblants se heurtent; il ne lui reste de force que pour crier : Qu'on appelle de suite les devins, les augures, tous les magiciens.

Il fut promptement obéi. Celui d'entre vous, leur dit-il, qui me lira cette écriture et m'en expliquera le sens, je le ferai revêtir de pourpre, je lui donnerai un colHer d'or , il sera la troisième personne de mon royaume. Tous ces fourbes se mirent à l'œuvre; mais leurs efforts furent inutiles. Le désespoir du roi aug-

mentait , il retomba dans sa première défaillance , et sa cour épouvantée, ne savait plus à qui avoir recours. C'était le moment que Dieu attendait.

La reine, informée de ce qui se passe, descend dans la salle du festin : Seigneur , lui dit-elle, rassurez-vous , il est un homme dans votre royaume à qui les Dieux saints communiqueront leur esprit, il se nomme Daniel. Faites-le venir et il vous tirera de votre inquiétude. Le roi fit appeler Daniel, et du plus loin qu'il l'aperçut : Etes-vous Daniel, lui dit-il, un des enfants de Juda que mon père aamenés en captivité? Si vous m'expliquez cette écriture tracée sur la muraille, par une main inconnue, vous serez revêtu de pourpre, vous porterez un collier d'or et vous serez , après la reine et moi, le premier personnage de mon empire.

Daniel sentit tout le danger de la commission; mais il y avait près de quatre-vingts ans qu'il apprenait à ne pas trembler devant les puissances de la terre. Grand roi, dit-il à Baîthazar, je n'accepterai point vos présents, mais je vais vous lire les paroles écrites sur la muraille et vous en donner l'explication. Cette écriture se compose de ces trois mots : Mane , TheceU Phares. Voici ce qu'ils signifient : Mane; le Seigneur a compté les jours de votre règne, et ils touchent à leur fin . Thecel; vous avez été mis dans la balance et vous avez été trouvé trop léger. Phares; votre royaume a été divisé et partagé entre les Mèdes et les Perses. A ces mots, le roi obligea le Prophète d'accepter les honneurs qu'il lui avait promis.

T. IL 2a

2>hà CATÉCHIS31E

L'exémtion de celte terrible seiitenee était pîuÉ proche que Baithazar ne croyait. Cette nuit-là même, Cyrus, roi des Mèdes et des Perses, ^tre dans Babylone; ses troupes pénètrent jusqu'au palais du roi, où Baithazar est tué au milieu du carnage de cette nuit à jamais fiimeuse par un festin sacrilège, par un miracle de la main de Dieu , par la mort d' un puissant monarque , par la fin d'une grande monarchie, et par l'accomplissement des prophéties de trois Prophètes : de Daniel , qui avait annoncé quelques années auparavant la destruction de l'empire des Assyriens; d'isaïe et de Jérémie, qui avaient l'un deux cents ans , l'autre soixante-dix ans auparavant annoncé dans le plus grand détail la prise de Babylone par les Mèdes et les Perses ' .

Sous la nouvelle dynastie, Daniel jouit de la même faveur que sous les rois babyloniens. Jaloux de son mérite et de sa fortune, les seigneurs de la cour résolurent de le perdre. Ils persuadèrent au roi de défendre par un édit solennel, de faire des vœux ou des prières pendant l'espace de trente jours, à aucun homme ni à aucune divinité, dans toute l'étendue du royaume; cela sous peine pour ceux qui seraient surpris en contravention, d'être précipités dans la fosse des lions pour y être dévorés.

Rien n'était plus injuste et plus bizarre que cette proposition. Mais le roi craignait les grands de sa cour; il se les croyait encore nécessaires, et l'édit fut publié. Daniel pouvait éluder ledit du prince; il lui

' Isaïe , xui, XIV, xxi. Jérémie , xxvii, 6, 7, et l et li.

DE PEÎISÉVÉRA.\CE. S55

suffisait (le ne paraître pas publiquement offrir des vœux à Dieu; mais il reconnut que, dans cette circonstance , tenir secret le culte qu'il rendait au Seigneur, c'était le désavouer. Il ne changea dope rien à ses pratiques. Trois fois par jour il ouvrait, suivant sa coutume, les fenêtres de son appartement du côté de Jérusalem ; il fléchissait les genoux; il priait, il adorait son Dieu, On l'épiait, et il ne l'ignorait pas. Dès qu'ils l'eurent surpris en prière , ses ennemis triomphants coururent rendre compte au roi du mépris qu'on témoignait ponr ses ordres. Daniel , lui dirent-ils, cet esclave juif, devenu votre plus cher favori, est le premier infracteur de votre édit.

Au nom de Daniel, le roi fut sincèrement affligé. Il aimait ce grand homme, il respectait sa vertu, il honorait sa vieillesse et sentait tout le prix de ses services. Il ne répondit rien aux délateurs, et il ordonna de le laisser seul, en attendant qu'il déclarât ses intentions.

Son dessein était de sauver Daniel. Ses ennemis le comprirent. Ils rentrèrent brusquement chez le roi, et lui dirent d'un air menaçant : Nous ne savons. Seigneur , ce qui arrête votre justice ; mais s achez que vous n'êtes pas au-dessus des lois, et que c'en est une fondamentale parmi les Mèdes et les Perses, que le prince ne peut révoquer ses propres édits. Le roi, intimidé, fit donc venir le Prophète. Touché de la présence de ce vénérable vieillard, il ne lui dit que ces deux mots : Allez, Daniel, où vos ennemis vous entraînent; votre Dieu que vous n'avez cessé d'adorer vous délivrera. li

en était si convaincu, qu'il voulut suivre de près les exécuteurs de sa sentence. Il marcha avec toute sa cour sur le bord de la fosse ; et Daniel y ayant été précipité, il en fit fermer l'entrée avec une pierre; il y fit mettre son sceau et celui de tous les seigneurs en sa présence, afin que la malice des hommes n'ajoutât rien à la cruauté des bêtes.

Le roi s'en retourna dans son palais, livré à une inquiétude mortelle. Il ne put prendre ni nourriture ni repos. Dès la pointe du jour, il se leva pour se transporter à la fosse des lions. Il s'en approcha en tremblant; et, les yeux baignés de larmes, il s'écria d'une voix lamentable : Daniel, fidèle serviteur du Dieu vivant, votre Dieu a-t-il pu vous délivrer de la fureur des lions? Oui, Seigneur, répondit tranquillement Daniel; mon Dieu a envoyé son Ange, qui a fermé la gueule des lions, et ils ne m'ont fait aucun mal.

Le roi fut au comble de la joie. Il ordonna que Daniel fût incessamment tiré de la fosse. On ne trouva sur son corps aucune blessure , et le roi vit de ses yeux ce que peut la foi du vrai Dieu pour le salut de ceux qui mettent en lui leur confiance ; car il avait mis sa confiance en Dieu. Le roi ne résista pas à un miracle si palpable. Il adora ce Dieu souverain dans toute la sincérité de son cœur, et fit jeter les accusateurs de Daniel dans la fosse. Les malheureux n'étaient pas encore au fond du lac que les lions les avaient déjà déchirés et avaient brisé leurs os.

Daniel, plus puissant que jamais, employa toutes les

ressources de sa sagesse pour tirer de lidolâtrie le nouveau roi qui venait de monter sur le trône de Babylone. Ce roi était le grand Cyrus. Ce prince, à son arrivée dans ses nouveaux états, trouva une idole nommée Bel, en grande vénération parmi les Babyloniens; il s'en déclara l'adorateur, et régulièrement tous les jours il allait lui rendre ses hommages. Rien ne put résoudre Daniel à suivre le roi dans le temple de son idole. Le roi remarqua l'absence de Daniel. Pourquoi, lui dit-il, n'adorez-vous pas Bel? C'est, répondit le saint vieillard , que je n'adore point des idoles faites de la main des hommes. Il est un Dieu vivant qui a créé le Ciel et la terre, et qui est le maître absolu de toutes les créatures . C'est celui-là que j'adore dès l'enfance et que j'adorerai toujours. Mais, quoi! reprit Cyrus, est-ce que Bel n'est pas un Dieu vivant? Ne voyez -vous pas combien il mange et boit chaque jour?

En effet, l'idole de Bel était une énorme statue à laquelle on servait tous les jours sans y manquer, douze grandes mesures de farine du plus pur froment, quarante moutons et six monstrueux vases du meilleur vin. Ce n'était là qu'un de ses repas, et jamais il ne restait rien pour le lendemain. Seigneur, reprit Daniel en souriant, ne vous y trompez pas. Ce prétendu dieu n'est qu'une statue de terre revêtue d'airain. Je vous réponds que jamais il na bu ni mangé.

Cyrus, étonné, fait appeler les prêtres de Bel et leur dit d'un ton de maître : Si vous ne me dites pas quel est celui qui consume les viandes et le vin qu'on sert devant

Bel , je vous ferai tous mourir. Mais si vous me montrez «]iie c'est le Dieu qui s'en nourrit, je ferai mourir Daniel pour venger Bel des blasphèmes qu'il a vomis contre lui. J'y consens, dit Daniel; j'accepte la condition.

Les prêtres de l'idole triomphaient d'avance, et ils s'imaginèrent déjà voir couler le sang de leur ennemi. Ils étaient au nombre de soixante -dix , sans y comprendre leurs femmes, leurs enfants et petits enfants. Ils avaient ménagé sous la table de l'autel une entrée secrète dont ils ne craignaient pas qu'on pût avoir le moindre soupçon. C'est par là qu'ils entraient toutes les nuits et qu'ils emportaient les viandes, la farine et le vin. Leur coup leur paraissait immanquable.

Ils conjurèrent le roi de se transporter à leur temple avec Daniel et lui dirent : Nous allons sortir; et vous, Prince, faites apporter les viandes, la farine et le vin accoutumés . Vous ferez fermer la porte du temple ; vous la scellerez de votre cachet royal. Vous y reviendrez demain matin , et si vous ne trouvez pas que Bel ait tout consumé pendant la nuit, vous nous ferez tous mourir. Si au contraire il a tout mangé , vous ferez mourir Daniel qui a blasphémé notre dieu et calomnié ses ministres. Lors donc qu'il furent sortis, le roi fit placer devant Bel sa nourriture accoutumée. Daniel, de son côté, ordonna à quelques-uns de ses domestiques de lui apporter de la cendre et un crible. Il la répandit sur le pavé du temple en présence du roi fort étonné de cette bizarre manœuvre dont il ne pénétrait pas le mystère. Le roi, accompagné de Daniel, sortit ensuite du temple

/6t en fit fermer la porte qu'il scella de son anneau.

Vers le milieu de la nuit, les prêtres de Bel entrèrent selon leur coutume, avec leurs femmes et leurs enfants dans le temple, par l'ouverture secrète qu'ils s'étaient ménagée. Ils emportèrent tout ce que le roi y avait fait placer. Ils firent ensemble un grand festin où la joie éclata apparemment en mauvaises railleries sur la simplicité du bon roi , et en insultes amère3 contre les entreprises de son vieux ministre : ils n'en étaient pas où ils pensaient-

Le roj s' étant levé de grand matin, ge (It accompagner de Daniel, et se dirigea vers le temple. Dès qu'il en approcha, les sceeiux sont-ils entiers, dit-il à son ministre? Prince, ils sont entiers, répondit Daniel. Le roi fait ouvrir la porte, et voyant qu'il ne reste rien sur la table de l'autel, il s'écrie avec transport : Vous êtes grand, ôBel! vous justifiez d'une manière éclatante la sincérité de vos prêtres. Daniel se mit à rire , et prenant le roi pour l' empêcher d'entrer , examinez , lui dit-il , le pavé du temple et dites-moi quelles traces vous y voyez. On me joue, s'écrie le Prince hors de lui-même. J'aperçois des vestiges de pieds d'hommes, de femmes et d'enfants. Sur-le-champ il fait arrêter les prêtres de Bel et leur'famille . Tremblant de peur, ils lui montrèrent les ouvertures cachées par où ils entraient et s'emparaient de tout ce qui était servi à l'idole. Le roi les fit tous mourir, et il abandonnal'idole à la discrétion de Daniel qui la renversa sur-le-champ, la mit en pièces et fit abattre le temple qui lui était consacré. C'est ain^i

360 CATÉCHISiME

et par d'autres prodiges encore, que Daniel amena Cyrus à reconnaître le Dieu d'Israël , et à rendre aux Juifs la liberté;

Daniel est, comme nous avons dit, le dernier des grands Prophètes. En preuve de la vérité de ses prédictions, touchant le Messie, il annonça plusieurs événements qui se réalisèrent sous les yeux mêmes des Juifs et des Babyloniens. Le premier, c'est la succession de quatre grands empires . Il prédit que l' empire des Assyriens dont Nabuchodonosor était roi, passerait aux Mèdes et aux Perses; que l'empire des Mèdes et des Perses passerait aux Grecs, commandés par Alexandre; et enfin que l'empire des Grecs passerait aux Romains'. Le second, c'est l'époque précise ou Jérusalem détruite par Nabuchodonosor, serait rebâtie.' Tout cela s'est accompli à la lettre : les Juifs et les historiens profanes même en conviennent.^

Passant au Rédempteur, il annonce que le Messie tant désiré, viendra dans 490 ans; qu'il sera mis à mort; que les Juifs le renieront et cesseront d'être son peuple; que le temple et la ville de Jérusalem seront détruits; que le Messie établira une nouvelle alliance ; que les sacrifices de l'ancienne Loi cesseront, et qu'alors commencera la désolation dans laquelle nous voyons encore aujourd'hui le peuple juif. Pour bien entendre les paroles de Daniel, il faut remarquer qu'il y avait chez les

• Dan. , II, Se et suiv.

ï Dan., IX, 25.

î Bossuet, Hist. «mï,, r« partie.

Juifs ainsi que chez d'autres peuples, deux sortes de semaines : les semaines de jours, comme les nôtres; et des semaines d'années. Ces dernières semaines étaient de sept ans. C'est de ces semaines d'années qu'il s'agit dans la prophétie de Daniel. Voici le texte de cet oracle célèbre. L'archange Gabriel parle à Daniel , et lui dit : Soixante-dix semaines , c'est-à-dire, 490 ans ont été fixés à F égard de votre peuple et de votre ville sainte. Alors les prévarications cesseront; le péché prendra fin; l'iniquité sera expiée y la Justice éternelle viendra , les visions et les prophéties seront accomplies. Celui qui est le Saint des Saints recevra Vonction; le Christ sera mis à mort , et le peuple qui le reniera , ne sera plus son peuple. Un peuple étranger viendra avec son chef; il détruira la ville et le sanctuaire qui seront entièrement ruinés. La guerre sera suivie de la désolation qui a été résolue. Le Christ confirmera son alliance avec le monde. Alors les sacrifices seront abolis. V abomination et la désolation seront dans h temple , et la désolation naura plus de terme'.

Par cette prophétie , il est démontré clair comme le soleil 1° que le Messie est venu. En effet, Daniel annonce que la ruine du temple et de la ville de Jérusalem doit suivre la mort du Christ . Le Christ sera mis à mort , dit-il, et la ville et le sanctuaire seront détruits. Jérusalem a été prise et détruite et son temple brûlé par les Romains dès Tannée 70 de l'ère vukaire. Le Christ ou le Messie prédit par Daniel était donc venu, il avait donc

' Dan. IX.

été ipis è mort avant cette époque. C est donc vainement que les Juifs attendent encore le Messie ; 2° il est àémontré par la mènie prophétie que le Christ ou le Messie prédit par Daniel est Notre Seigneur Jésus-Christ.

En çfFet, le Messie annoqcé par Daniel doit expier les iniquités du monde. — C'est Notre Seigneur qui a expié les iniquités du monde , c'est de lui que saint Jean-Baptiste disait : Voici l'Agneau de Dieu , voici celui qui ôte les péchés du monde. Le Messie prédit par Daniel doit ramener sur la terre le régne de toutes . les vertus. — C'est Notre Seigneur qui a ramené sur la terre le régne de toutes les vertus eu abolissant ridolâtriç çt en redonnant à touç les peuples la connaissance iu vrai Dieu. Le Messie prédit par Daniel doit accomplir en lui toutes les prophéties. — Notre Seigneur a littéralement accompli toutes les prophéties, soit dans sa naissance , soit dans sa vie , soit dans sa mort et dans sa résurrection Le Messie doit être le Saint des Saints , Pieu en un mot . — Notre Seigneur est le Saint par excellence, si Saint qu'il défiait ses plys mortels ennemis de trouver en lui aucun péché. ; il a fait, pour prouver qu'il était Dieu, une foulo de miracles que les Juifs n'ont jamais pu contester, celui, par exemple, de la résurrection de Lazare. Le Messie prédit par Daniel, doit établir une nouvelle alliance. — Notre Seigneur , seul , a établi une nouvelle alliance avec le monde . Le Messie prédit par Daniel , doit être mis à mort, et, à cause de cettcmort, le peuple juif cessa d'être le peuple de Dieu ; Jérusalem et son

tcmpie doivent être détruits. — Notre Seigneur a ét<^ mis à mort par les Juifs qui l'ont renié, et c'est depuis cette mort et à cause de cette mort, suivant la prédiction même de Notre Seigneur, que les Juifs sont tombés dans l'état de désolation où nous les voyons aujourd'hui, et que la ville et le temple de Jérusalem ont été ruinés de fond en comble. Notre Seigneur réunit donc tous les caractères du Messie prédit par Daniel ; ces caractères ne conviennent qu'à lui seul. Notre Seigneur est donc le Messie prédit par Daniel ;

PRIÈRE

0 mon Dieu ! quiètes tout amour, jo vous remercie d'*avoir annoncé avec tant de précision la naissance et les caractères du Messie ; c'est avec transport que je reconnais ce divin Messie dans Notre Seigneur Jésus-Christ qui réunit en lui seul tous les caractères du Messie prédit par Daniel.

Je prends la résolution d'aimer Dieu par-dessus toutes choses et mon prochain comme moi-même pour l'amour de Dieu ; et , en témoignage de cet amour , je prierai pour la com^ersion des Juifs.

PETIT GATÉGniS31E.

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