‹ Catéchisme de persévérance, ou, Exposé historique, dogmatique, moral et liturgique de la religionChapitre 35 sur 48 · XLIX- LEÇON · texte numérisé non relu

XLIX- LEÇON

LE aiESSÏE PREPARE

Troisième monarchie prédite par Daniel , la monarchie des Grecs. — Sa mission. — Répandre partout la connaissance de la langue grecque. — Passage d'Alexandre en Orient.— Il jure d'exterminer les Juifs. — Dieu lui change le cœur. — La monarchie des Grecs attire les Juifs dans toutes les parties du monde. — Fait connaître les livres saints. — En assure Tautheii licite.

Dans la leçon précédente, nous avons dit que de toute éternité il était arrêté dans les décrets du Tout-Puissant l°qiie le peuple juif serait le dépositaire de la grande promesse et de la Religion du Messie, c'est-à-dire de la vraie Religion; 2° que le Messie naîtrait de ce peuple, de la tribu de Juda, de la famille de David , dans la petite ville de Bethléem. Nous avons montré que les événements et les deux premiers empires prédits par Daniel , avaient concouru à l'accomplissement de ces deux premières volontés du Très-Haut.

Nous avons ajouté que de toute éternité Dieu avait décidé 3° que le règne du Messie , c'est-à-dire l'Evangile, se répandrait avec rapidité d'une extrémité du monde à l'autre. Il nous reste donc à montrer que les événements relatifs au peuple juif , et les deux derniers empires prédits par Daniel , ont

concouru à T accomplissement de ce troisième décret du Toul-Puissant.

Dieu avait suscité l'empire des Perses pour délivrer son peuple de la captivité de Babylone et le remettre en possession de la Judée. Les rois de Perse s'étaient acquittés fidèlement, peut-être sans le savoir, de la commission du Souverain Maître. La Judée était repeuplée par ses anciens habitants -.Jérusalem et le temple étaient rebâtis . A l ombre protectrice de la monarchie des Perses , les Juifs s'étaient multipliés; ils avaient pris une consistance fixe et étaient redevenus une nation forte, riche et florissante. L'empire des Perses ayant accompfi sa mission, Dieu le fit passer entre les mains des Grecs. Cette nouvelle révolution avait pour but de servir à l'OEuvre future du Messie, et de préparer de loin les voies à l'Evangile : voici de quelle manière.

1° L'établissement de la monarchie des Grecs rendit commune et populaire dans tout l'Orient la langue grecque, c'est-à-dire la langue dans laquelle l'Evangile devait y être annoncé. Par là, Dieu préparait un cours plus libre à la prédication des Apôtres et une circulation rapide à la doctrine du Messie.

Cependant ie passage d'Alexandre en Orient devait , suivant les prévisions humaines, renverser les desseins du Seigneur. Mais celui qui fait les rois, qui élève les empires et qui les abaisse à son gré, sut bien apaiser la colère de ce fier conquérant , et faire tourner sa puissance à la protection de son peuple. Rapportons cet événement pour admirer de plus en plus la main toute-

l\11 CATÉCHISME

puissante qui gouverne invisiblement le monde et dispose comme il lui plaît des cœurs des rois et des peuples. Alexandre qui, dans sa course victorieuse, touchait à peine la terre , tant était grande la rapidité de ses conquêtes, était venu mettre le siège devant Tyr. Cette ville puissante l'arrêta pendant sept mois. C'est pendant ce temps-là qu'Alexandre envoya des commissaires pour sommer les Juifs de se soumettre à sa domination et de lui envoyer des secours . Les Juifs s'en excusèrent sur ce qu'ils avaient prêté serment de fidélité à Darius, roi de Perse. Alexandre, irrité de cette réponse, n'eut pas plutôt réduit Tyr, qu'il marcha contre Jérusalem , résolu de faire de cette ville un second exemple de sévérité.

Comme il s'avançait pour exterminer la nation sainte, le Grand-Prêtre qui se nommait Jaddus, eut recours h Dieu. Il ordonna des prières publiques et offrit des sacrifices pour implorer, son secours. Dieu veillait à la conservation de son peuple et à l'accomplissement de sa promesse touchant le Messie qui en devait naître. Il apparut en songe au Grand-Prêtre et lui ordonna de faire répandre des fleurs dans la ville , d' en faire ouvrir toutes les portes et d'aller lui-même, revêtu de ses habits pontificaux, au-devant d'Alexandre, sans rien craindre de ce prince, parce qu'il le protégerait. Jaddus, plein de joie, rapporta au peuple la vision qu'il avait eue. Tout fut préparé, comme il avait été prescrit dans la révélation. Le Grand-Prêtre, accompagné des sacrificateurs et des autres ministres, en robe de lin, s'avança

hors de la ville jusqu'à un lieu élevé d'où l'on découvrait le temple et la ville de Jérusalem. On y attendit en cet état l'arrivée d'Alexandre.

Quand on sut qu'il approchait, on alla au-devant de lui de la manière pompeuse qui a été décrite. Alexandre fut frappé de la vue du Grand-Prêtre , vêtu de son éphod , avec sa thiare sur la tète et une lame d'or sur le front, où le nom de Dieu était écrit. Saisi de respect, il s'inclina devant le Pontife et le salua avec une vénération religieuse. On ne peut exprimer quelle fut la surprise de tous les assistants. A peine en croyaient-ils à leurs propres yeux; ils ne comprenaient rien à un changement si peu attendu. Parménion, l'un des confidents du prince, ne pouvait revenir de sonétonnement. Il lui demanda pourquoi il adorait le Grand-Prètre, lui qui était adoré de tout le monde. Ce n'est pas le Grand-Prêtre que j'adore , répondit Alexandre , mais le Dieu dont il est le ministre. Lorsque j'étais en Macédoine, et que je méditais la conquête de la Perse, ce même homme avec les mêmes habits, m' apparut en songe et m'assura que son Dieu marcherait avec moi et me rendrait victorieux des Perses. Dès que j'ai aperçu ce Prêtre, je l'ai reconnu à son habillement et aux traits de son visage ; je ne puis douter que cette guerre n'ait été entreprise par les ordres et sous la conduite du Dieu qu'il adore. C'est pour cela que je lui rends hommage en la personne de son Prêtre.

Alexandre embrassa ensuite Jaddus et vint à Jérusalem. Il monta au temple et y offrit à Dieu des sacri-

lices en la manière que le Grand-Prêtre lui indiqua. On lui montra les prophéties de Daniel, qui annonçaient que l'empire des Perses serait détruit par un roi de la Grèce. Alexandre, comblé de joie et d'admiration, accorda aux Juifs tout ce qu'ils désiraient.

L'empire d'Alexandre qui avait pour but de faciliter la prédication de l'Evangile, en répandant au loin la connaissance de la langue grecque, s'étendit, en conséquence, beaucoup plus que celui des Perses. Outre une grande partie de l'Afrique, il contenait tout ce qui était renfermé entre le Gange et la nier Adriatique. La Providence qui avait choisi Alexandre pour être l'instrument de ses desseins, le retira du monde dès qu'il eut achevé sa mission. Il était prédit que son empire serait divisé et que de ses débris se formeraient quatre nouveaux empires. Tout cela s'est accompli de point en point.

2" La monarchie des Grecs attira les Juifs dans la plus grande partie du monde. D'abord il y en eut qui s'enrôlèrent dans les armées d'Alexandre et qui le suivirent dans ses expéditions. Ensuite, ce fut sous le règne de ses successeurs, c'est-à-dire pendant un espace d'environ deux cents ans que les Juifs se répandirent dans tout l'Orient. Attirés par les promesses, les faveurs et les étabhssements avantageux que les princes grecs leur faisaient de toutes parts , à cause de leur inviolable fidélité à leur souverain, iis vinrent, comme par essaims, se fixer dans toute l'étendue du grandempire d'Alexandre. Or, ce ne fut pas sans un dessein marqué de la Providence que

DE PERSEVERANCE. Zl75

les Juifs, auparavant resserrés dans leur patrie, se dispersèrent ainsi dans presque toutes les contrées de l'Orient. Nouveaux missionnaires, ils firent connaître le vrai Dieu à ces différents peuples, et par là ils les préparèrent de loin à recevoir un jour la lumière de l'Evangile. Ce qui est admirable, c'est que le commerce des nations, qui leur avait été si dangereux autrefois, ne les rendit alors que plus zélés pour le véritable culte et plus attachés à leur Loi. Ainsi, la Providence arrangeait toutes choses pour faciliter l'exécution du grand ouvrage de la Rédemption.

3° La monarchie des Grecs rendit célèbres et fi connaître au loin les livres des Juifs, c'est-à-dire Moïse et les Prophètes . Voici à quelle occasion : Plolémée Philadelphe, roi d'un des quatre royaumes formés des débris de l'empire d'Alexandre, venait démonter sur le trône. Il avait sous sa domination , entre autres provinces, l'Egypte dont Ale^^ndrie était la capitale. Ce prince établit dans cette ville une riche bibliothèque ; il y rassembla, de tous les endroits du monde, les livres les plus rares et les plus curieux. Cette bibliothèque fut bientôt le rendez-vous des savants de l'Orient et de l'Occident. Ptolémée ayant appris que les Juifs avaient un livre qui contenait les Lois de Moïse et l'histoife de ce peuple, il conçut le dessein de le faire traduire d'hébreu en grec, pour enrichir sa bibliothèque. Il s'adressa au Grand- Prêtre Eléazar qui avait succédé à Jaddus. Il lui envoya des ambassadeurs chargés d'une lettre très-obligeante et de présents magnifiques. Ces envoyés furent reçus avec

toute sorte d'honneurs, et ils obtinrent sans peine ce que le roi demandait.

Eléazar leur donna une copie exacte de la Loi de Moïse, écrite en lettres d'or et la fit accompagner de six vieillards de chaque tribu, pour la traduire en grec. Ptolémée combla de marques d'amitié ces soixantedouze interprètes. Il leur fit préparer une maison et i| ordonna de leur fournir tout ce qui était nécessaire. Ils se mirent au travail sans perdre de temps et l'ouvrage fut promplement achevé. C'est ce qu'on appelle la ^^ersion des septante. Elle fut lue et approuvée en présence du roi qui admira surtout la profonde sagesse des Lois de Moïse, et renvoya les interprètes avec de riches présents pour eux et pour le temple de Jérusalem. Il résulte de ce fait une nouvelle et incontestable preuve de l'antiquité des prophéties.

4° La monarchie des Grecs rendit incontestable l'antiquité et l'authenticité des prophéties et des autres livres saints.

Il est certain que du temps de Ptolémée, long-temps avant la naissance de Jésus-Christ, il s'est fait une version grecque des livres saints. Les prophéties que nous avons rapportées se trouvent dans cette version que nous avons encore. Ces prophéties sont donc incontestablement antérieures à l'Évangile; non-seulement leur existence, mais leur publicité môme ont précédé de plusieurs siècles les événements qui en sont l'objet . Cette traduction des livres saints se trouvant entre les mains des nations payennes, il devenait par là impossible aux Juife

d altérer l'Ancien Testament et d en effacer ce qui concernait le Messie .

Cette version de l'Ancien Testament, faite dans la langue la plus vulgaire et la plus générale de l'Orient, ouvrit à une infinité de peuples l'intelligence des livres saints, et fut le fruit le plus précieux de la domination des Grecs. Qui ne voit clairement qu elle entrait principalement dans le dessein que Dieu avait eu en livrant tout l'Orient aux Grecs, et en les y maintenant malgré leurs divisions? On conçoit que c'est dans cette vue qu'il avait fait succéder à l'empire des Perses celui des Grecs, dont la langue prit faveur chez tous les peuples qu'ils avaient subjugués. Dieu préparait ainsi une voie aisée à la prédication de l'Evangile , qui n'était plus éloignée, et il facilitait , par cette communauté de langage, la réunion de tant de peuples dans une même société, dans une même doctrine et dans un même culte ' .

0 mon Dieu! que vous êtes grand, et que c'est à bien juste titre que vous êtes appelé le Roi des rois et le

' Saint Jean-Chrysoslôme [,] regarde comme un des plus grands miracles de la Providence divine , qu'un roi barbare , étranger à la vraie Religion, ennemi de la vérité et du peuple de Dieu, ait fait traduire rÉcriture en grec , et qu'il ait par ce moyen répandu la connaissance de la vérité parmi toutes les nations du monde. Saint Augustin s'exprime de mêmefî]. Les Juifs, par jalousie ou par scrupule, dit-il, ne voulaient pas communiquer aux étrangers les saintes Écritures; Dieu s'est servi d'un roi idolâtre pour procurer cet avantage aux peuples gentils. Libri quos gensjudea cœteris populis tel religione^ vel invidia^ prodere notebat , credituris per Dominum gentibus, ministra régis Ptolomœi potes-

['] Homil., IV, 7/1 Gènes.

[2] L, II, de doctr, ehrist.j c. 15 et serm, 68 in Jean.

IpS CATÉCHISMr:

Seigneur (les seigneurs ! Qu'était-ce donc que ce grand Alexandre, ce conquérant rapide, devant qui la terre demeurait muette de terreur et d'étonnement? Un ministre subalterne, un humble serviteur du Tout-Puissant.

Préparer les esprits à l'Évangile, et faciliter la prédication des Apôtres, voilà pourquoi Dieu fit passer la monarchie des Perses aux mains des Grecs. C'est donc ainsi que Dieu a fait concourir les événements et les empires à la gloire du Messie. Nouvelle preuve de cette vérité , base de tout le Catéchisme ; savoir : que le but unique des conseils de Dieu , depuis la chute de l'homme, a été de le sauver par le moyen du Messie.

La monarchie des Grecs, qui avait pour but de faciliter la prédication de T Évangile , soit en répandant partout la connaissance de la langue grecque, soit en attirant les Juifs dans une grande partie du monde, soit en faisant connaître aux Gentils les livres saints par la traduction d'Alexandrie, cette monarchie ayant accompli sa mission, Dieu la fit passer aux Romains. Car l'empire romain, le dernier des quatre grands empires prédits

tateianto anieproditi simt. Que peut il manquer à l'autorité de cette version , dit Saint-Hilaire ['], laquelle a été faite avant la venue de J.-C, et dans un temps où l'on ne peut soupçonner ceux qui y ont travaillé d'avoir voulu flatter celui qui y est annoncé , ni les accuser d'ignorance, puisqu'ils étaient les chefs et les docteurs de la synagogue , instruits de toute la plus secrète doctrine du Messie , et revêtus de toute l'autorité qui appartient aux docteurs d'Israël? Non -potuerunt non probabiles esse arbitri interpretandi q ui certissimi et gravissimi evMil auctores doccndi.

[»] Hilar, inPsabn. ii, vide et Euscb., lib. xm, praparat., c. i/

DE PEnSÉViinANCK. lilO

par Daniel, devait aussi concourir, à sa manière, à la gloire du Messie et à l'établissement de son règne.

Il avait pour mission 1° de percer toutes les routes, d'ouvrir et de faciliter aux prédicateurs de l'Évangile toutes les communications d'un bout du monde à l'autre, briser toutes les barrières, renverser tous les murs de séparation qui divisaient les différents peuples, niveler pour ainsi dire la face, de la terre, réunir toutes les nations dans une seule monarchie, et établir enfiji une paix universelle. Tels étaient les moyens les plus propres à l'accomplissement de ce dessein. Tel est aussi ie caractère et la commission de l'empire romain.

C est ce que Daniel avait prédit avec une grande énergie, lorsqueRome était encore au berceau. Le quatrième empire, dit le Prophète, semblableau fer qtd brise et qui rompt tous les métaux, domptera aussi et renversera tous les autres.' Et ailleurs, il le représente comme une bète redoutable qui avait quelque chose de merveilleux et d'effrayant. Elle avait, nous àit-i\, des dents de fer d'une horrible grandeur; elle dévorait tout; elle mettait tout en pièces; elle foulait aux pieds ce quelle ne déclarait pas. ' Le même Prophète qui avait vu dans l'avenir la formidable puissance de l'empire romain, voit aussi sa décadence, et, sur ses ruines, l'établissementdu règne de Jésus-Christ. // sera, nous d\t-i\, remplacé par un autre empire qui, formé sans aucun secours humain, s'éten-

Dan., II. 40.

Dan., VII, 7.

dra sur tous les royaumes, et ce nouvel empire sera éternel'.

Voilà donc ce qui nous e:splique pourquoi les Romains furent toujours vainqueurs de leurs ennemis ; pourquoi leur empire reculant chaque jour ses limites pendant sept ou huit cents ans, finit par ne plus connaître d'autres bornes que celles du monde, et par absorber dans son vaste sein toutes les nations. Voilà pourquoi encore, après les guerres les plus longues et les plus sanglantes dont l'histoire ait conservé le souvenir, tout à coup ces légions triomphantes suspendirent leurs marches sur tous les points du globe, ployèrent leurs drapeaux et laissèrent tranquillement reposer leurs armes ; pourquoi enfin, vers Fan quatre mille du monde, l'univers jouit de la paix la plus universelle qu'on ait jamais connue. C'est qu'alors le Messie, le prince de la paix, faisait son entrée dans le monde parla petite ville de Bethléem.

2° L'empire romain était aussi destiné par la Providence à procurer l'accomplissement d'une des plus belles prophéties, dont l'accomplissement devait réveiller toutes les attentions et faire battre tous les cœurs, car il était le signal de la prochaine venue du Messie . Cette prophétie est celle de Jacob . Nous avons vu que sur son lit de mort, ce glorieux Patriarche annonçait que le Messie viendrait lorsqu'un roi étranger à la nation juive serait assis sur le trône de Juda, Or^ après la défaite de Pompée, Antoine, consul romain, passa en Asie et confirma Hérode, Iduméen d'origine,

' Dan., XI, Al.

DE PERSÉVÉRANCE. A8l

dans le gouvernement de la Galilée. Ce consul ne s'en tint pas là. Etant retourné à Rome, il concilia h lïérode la faveur d'Auguste qui, bientôt après, devint empereur. II usa si bien de son crédit, qu'il détermina le sénat romain à donner à Hérode, par un décret solennel, le titre de roi des Juifs. En cette qualité, Hérode fut conduit au capitole, et couronné avec les cérémonies accoutumées. C'est à cette époque précise, où l'antique sceptre de David et de Juda passait aux mains d'un étranger, que Jacob avait marqué, dix-huit siècles auparavant, la venue du Messie. C'est alors, en effet, que les temps désignés par le Prophète étant accomplis, Notre Seigneur Jésus-Christ vint au monde, précisément à la chute du royaume de Juda, sous la quatrième monarchie, vers la fin des soixante-dix semaines marquées par Daniel, avant la ruine du second temple que le Messie devait honorer de sa présence, au moment où de toutes parts on était dans l'attente générale et prochaine de son avènement.

0 mon Dieu, que vous êtes grand! et que c'est bien à juste titre que vous êtes appelé le Roi des rois et le Seigneur des seigneurs. Qu'était-ce donc que cet empire romain , ce vaste colosse qui foula l'univers ? Un ministre subalterne, un humble serviteur à l'ordre du Tout- Puissant, destiné à ouvrir les chemins au Messie.

Voilà de quelle manière Dieu a fait concourir les événements et les empires à la gloire du Messie et à l'établissement de son règne : nouvelle preuve de cette vérité, base de tout le Catéchisme, que le but unique des

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conseils de Dieu, depuis la chute de l'homme, a été de le sauver par le moyen du Messie.

Terminons cette histoire des révolutions arrivées dans les quatre plus grands empires que le monde ait jamais connus, par une réllexion bien propre à élever nos esprits et à remplir nos coeurs de religion. Les auteurs profanes ont attribué l'élévation et la chute de ces grandes monarchies, à l'habileté, au courage ou aux défauts personnels de leurs empereuïl. Ils n'ont vu que la cause apparente; mais les Prophètes ont porté leurs vues plus loin : ils ont vu le grand Dieu qui règne au plus haut desCieux, tenant en ses mains les rênes àaè tous les empires, et faisant servir les passions, les vertus et les vices des rois et des peuples à l'accomplissement de son grand dessein, le salut du genre humain, par rétablissement du règne du Christ. Or, Dieu n'a point abdiqué; c'est encore lui qui dirige tous les événements, toutes les révolutions qui consolent ou qui bouleversent le monde; qui élève et qui abaisse les conquérants pour l'accomphssement de son grand dessein, le salut du genre humain, par la conservation etla propagation an règne du Christ.

PRIÈRE

0 mon Dieu î qui êtes tout amour , je vous remercie de tout ce que vous avez fait pour mon salut. Il est donc vrai, ô mon Dieu, que depuis le commencement du monde tout se faisait pour Jésus-Christ mon Sauveur ; mais ce Sauveur lui-même est pour moi et moi pour vous.

Je prends la résolution d'aimer Dieu par-dessus touteg choses, et mon prochain comme moi-même pour l'amour de Dieu; et, en témoignage de cet amour, j'adorerai votre Providence dans tous les événements.

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