DU CHRISTIANISME, — JÉSUS
Q. — Quel est le révélateur de la religion chrétienne ?
(i) Panthées; Pan est le dieu des bergers qui accompagne Bacchus dans son expédition de l'Inde; il devient le dieux des champs, des vergers, des prairies, des forêts, puis vient la légende du grand Pan, le dieu s'étend à toute la na turc ; du latin Pan, du grec TVaV, auquel on attribue le sens de TTCtÇ, 7rUVT0<i, d'oii Panthée. Y. panthéisme.
(2) Haa<;.
CATÉCHISME bli LIliRE-PENSEUk 9^
U. — Jcsus (i) dit le Christ.
Q- — Qu'est-ce que Jcsus-Christ ^
R. — Un /loin lue (2).
Q. — (3li est-il né r
R. — On croit qu'il naquit à ik-lhlccm.
Q. — Quelle était sa iamillc.
R. — Son père était un artisan pauvre et chargé de iiunillc, la mère de Jésus (que les livres orientaux, qui seuls en parlent, représentent comme une femme de mœurs légères), ayant eu six enltuits (3).
Q. — Est-il possible d'établir exactement la vie de Jésus ?
R. — Non, cette vie fut obscure jusqu'à son apostolat (4), peu connue pendant qu'il l'accomplir, et, après qu'il l'eut accompli, il fut crucilié ayant un peu plus de cinquante ans (5).
(l) I)";iprcs Jucolliot V. Ai /!/'/'. (/irns /'/i/tfci, on retrouve ilans la laiisuo nu'nic (les Vcdas : /Cens, 'Jriis, 7'zrii':, Jcsns. lîrahnia est victime dans son fils <'i isc/iim, l't dans le Sarvamcda, Crisclina se sacrifie lui-même pour nous sauver et le prêtre qui officie est Chrislma personnifié.
{2; i< Son aspect (au Christ) n'était pas beau... II ressemblait à une nKii^re racine dans un sol altéré ; il n'avait ni forme, ni gloire. » Tertullicn, adv. 'Jiidd'ns.
[■>} ^' p'us loin ce qui a rapport au dogme de l'Immaculée Conception.
(.j) V. Strauss, l'ir de Jcstis. — Renan, l'ic de j^''si/.<;.
(5) D'après saint Irénée le Christ vécut plus de cinquante ans ; Irénée tenait cette tradition des disciples de Jean, qu'il avait connus dans sa jeunesse et qui, eux mêmes, l'avalent recueillie de la bouche du compaffnon do Jésus.
La date do la naissance de Jésus est encore plus obscure que celle de sa mort. Certains la fixent au 6 janvier, d'autres au 6 avril. C'est Denj-s-lc-Pctit <pii indique la date du 25 décembre, date qui fut adoptée en l'an 137 lorsqu'on substitua la Noël aux fiagnucli'a de Servius-Tullius. L'année est aussi inccrl.iinc (]uc le mois, on ne sait encore aujourd'hui exactement sous le consulat duquel des l'ison on la pourrait placer.
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Q. — Quelles soin les idées déjà connues qu'on dit être propres à Je'sus?
R. — Il est impossible de les dct;agcr entièrement des idées de ses disciples.
Q. — Ce qu'on lui attribue est-il clair?
R. — Non, car il se contredit souvent et ncst jamais bien détermine; de plus, il ne parle qu'en paraboles qu'on peut interpréter dans des sens ditlerents.
(}. — l^ourquoi Jésus parlc-t-il par paraboles if
R. ■ — Parcequc cette manière de s'exprimer, habituelle aux hébreux, lui permet d'abuser }Mus aisément le peuple.
(,). - — Abusc-t-ii sciemment le peuple '
R. — Peut-être, car il avoue qu'il s'adresse aux israëlites c aiin qLi'il voient sans voir et qu'ils entendent sans comprendre, de peur qu'ils ne se convertissent et que leurs pc'che's ne leur soient pardonnes, 1^
(|. — (,)uel était le but de Jcsus lorsqu'il commença sa carrière messianique !
k. — Son but était d'épurer ia religion hébraïque et d'abaisser ia secte toutcquiissante des pharisiens.
Q. • — Songcait-il à émettre de nouvelles doctrines^
R. — 11 ne pensa pas à substitLier ime lîouvclle doctrine à l'ancienne et ne présenta même pas de solution plus satisfaisante des problèmes artlus de la métaphysique qui se posaient depuis des siècles dans les sanctuaires et dans les écoles.
CATÉCHISME DU I.lUlŒ-PEXSKLR qg
Q. — Jésus lie pcnsa~l-il point ii immatcïialiscr Ta me ?
R. — Non, JcsLis ne pensa pas à immaterialiscr Tàmc et la plupart des pères de la primitive Eglise, qui faisaient Dieu lui-même corporel, n'y pensèrent pas davantage (i).
Q. — S'attaqua-t-il au culte établi i
H — Non, il ne s"attaqua ni aux croyance^ ni aux rites établis.
Q. — Qu'est-ce que Jésus proclama '.
R. — Le monotiieismc pur, tel que lavaient proclamé les prophètes.
Q. — Quel titre se donna-t-ii i
R. — Celui de Messie.
()■ — Quel était la valeur de ce titre ?
R. — Jésus nattacha à ce titre d'autres prérogatives que celles qui convenaient au plus grand d,cs prophètes, au roi théocratique que les juits attendaient (2).
'i] Pendant les trui.; prctiKLTs sicclos, l'Eglis,? professa ropinion Je TcrtuUicn, qui en fait même un dogme de foi, que les ànics sont corporelles ; elle croit que l'âme sans le corps no peut plus rien sentir, JScaucoup plus l.ird, 'au Xl\'° siècle, le pape Jean XXII renouvela cette opinion que les àmcs des justes n'arrivent au Paradis qu'après la résurrection des corps.
'z, D'après Strauss, -l/ew/t' et C/z/'/jj" sont termes synonimcs. Dans rEvan •^''\c de Jean, il est dit : « Xous avons trouve le Messie, c'est-à-dire le Christ, '' dans .Saint-Luc " il y aura de faux christs, c'est-à-dire de faux prophètes. •> t'//,/i/ signifie oùidrc, corps frotté d'huile, on le trouve employé comme oint de Dieu, d'où, sans doute, fils de Dieu, flls de l'homme. C'est dans l'évangile lie Jean que le verbe, parole logos, çst assimilé a ladiunité, ce qui laisserait >upposcr chez lui un fond de doctrine pythagoricien. Pourtant, d'après le ir.cnic évangile de Jean, le Christ s'attribua des qualités qui établiraient une
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Q. -- La prédication de Jésus ne se distinguât-elle donc par aucun caractère particulier ?
li. — Si, car elle tendit à c'tablir cette dili'erencc entre le judaïsme et le christianisme : le premier culte insistait sur la justice vengeresse de Dieu, le second lit surtout ressortir la boute et la miséricorde di\ine.
1)1 ClIRlSliANISMi;. — l.l'.S Al'OTRES.
(). — • (^uand Jésus commença sa cai'rièrc messianique, s'adjoignit-il des collaborateurs.
K. — Oui, il lorma autour de lui un petit groupe dadherents qui, plus tard, devaient continuer sa mission 'i
(X. — Comment choisit-il ses disciples '.
R. — C'est le hasard qui semble les lui lournir (i). 11 y a d'abord les membres de sa ramille qui le suivent, notamment son Irère Jacques; dans une excursion sur les bords du lac de Galilée il engagea Pierre et André aie suivre, puis Jacques et Jean, lils
t'galilc (l'osseiicc entre lui et r)icu quoiiiifaillcurs il se ilccLirc positivement infcricur à son père. Pour Paul, Jésus est une créature, mais la plus noble des créatures. Ce sont là des contradictions, mais qui sont nombreuses dans les livres saints et qui ont permis d'appuyer sur des testes les oi)inions les plus contradictoires.
(i) Si le Christ nvail jm prévoir que ses amis seraient appelés à fonder une religion à laquelle il servirait de base, il eut certainement choisi des disciples liabiles et intelliffcuts et les apôtres étaient des gens simples, trcs-coavainciis peut être, mais peu adroits.
CAIKCHISME DU LIBRE-PENSEUR lOI
de Zébéiiée. On connaît encore Simon, Philippe, Matthieu, et ini certain Nathanaël nommé en passant. Paul, quoiqu'il n'eut pas connu Jésus prit aussi le titre d'apôtre que les amis du Christ vou laient se réserver à eux seuls. Ce sont là tous les noms connus des douze apotiies (i). En même temps Jésus se choisit soixante-dix disciples, sortes d'émissaires qui devaient aller deux par deux annoncer sa venue (2).