‹ Catechisme du libre-penseurChapitre 19 sur 34 · DU CHRISTIANISME. — LES DOGMES · texte numérisé non relu

DU CHRISTIANISME. — LES DOGMES

(^. — A quelle époque peut-on regarder la foi chrétienne primitive comme formée ?

R. — Vers le III^ siècle.

Q. — Quelles sont, au 111^ siècle, les idées attribuées à Jésus ?

R. — On admettait alors que Jésus avait annoncé la lin du monde, la résurrection des corps, le juge-

(i) Nous cntondons surtout le christianisme catholique, que nous visons spccialcmcnt dans ce livre, mais sans pour cela mettre la religion catholique au dessous de la protestante, par exemple, car en fait de religion, bien niais qui en trouve une meilleure que l'autre.

(2) Renan ne parait admettre l'originalité de .Matthieu et de Marc qu'en les rapprochant de Luc (V. Apôtres). Il dit que les dernières pages des Actes sont les seules qui soient complètement historiques et il les suppose cerites vers l'an 80.

CATÉCMISML DU LIBIŒ-IMCNSEUR

ment du Fils de l'homme entouré de ses anges et la punition des méchants. Le symbole de la repcntancc du néophyte et de son admission dans la religion nouvelle, le baptême, est continué d'après la parole : « Celui qui croira et qui sera baptisé sera sauvé» (i), et on regarde la Cène comme le symbole de la fraternité et de la communauté religieuses.

Q. — Jésus est-il regardé comme liis réel de Dieu?

R. — Oui, depuis c|ue les apôtres ont établi sa dignité messianique sur le fait de sa résurrection (2).

Q. — Existe-t-il alors un canon orthodoxe du Nouveau-Testament '?

R. — Non, il n'existe encore aucun canon orthodoxe du Nouveau Testament (3).

Qj. — La foi est-elle une chez tous '{

(i) Aujourd'hui on baptise d'abord, croit ensuite qui peut.

Regardez dans les bronzes du Louvre (145-4.16) Attis, le bel adolescent, cuu vert de la chlamydc, tenant en sa main le pcdura recourbe des pasteurs ; il rend aussi la purification nécessaire à ceux qui veulent être initiés à son culte.

Démosthène, dans. le discours sur /a courciitie, nous fait le tableau d'un thiaso de Sabazios dans l'Attique : « Tu les taisais se relever, après la purification, en leur disant de s'écrier : i'ai fui le mal, j'ai trouvé le mieux. »

V. les belles études de ]M. J . Soury, dans le journal /a Kcpubligue /ranraisc.

(2) Le caveau dans lequel on déposa Jésus après l'avoir descendu de la croix était situé dans un jardin rapproché du lieu de l'exécution. Le propriétaire du jardin prit le corps et l'emporta ailleurs. Les femmes qui avaient accompagné Jésus et l'avaient enseveli, et les disciples, ne retrouvant plus le corps de leur maître crièrent qu'il était ressuscité. Un des dogmes fondamentaux du christianisme était trouvé.

\\ est utile de se rappeler que, dans Saint Matthieu, les soldats qui gardaient le corps du Christ avouent eux-mêmes que le corps a été dérobé pendant leur Sommeil.

{;,) Le canon de l'Ecriture Sainte n'est définitiseuienl fixé que par le Concile de Trente. 'V. plus haut.

28 CAtÉCHlbxMi-: DU LIBRE-PENSEUR

II. — Non. Les Porcs discutent sur ic iond et ki Ibrmc de la rclip,ion, et les Ecoles introduisent des théories nouvelles. Cependant deux règles de loi sont alors Ibrmulccs, l'une par Tertullicn (i) l'autre par Origène (2).

'ij Voici la règle de Fol d'après Tcitullk'ii. : « Lu rcglc de Foi est absolument une, immobile et irréformable. Elle consiste à croire en un seul Dieu Toutpuissant, créateur du Ciel et do la Terre, et en son Christ, ne de la VicrKC -Marie, crucifié sousPonce-Pilatc, ressuscité des morts le troisième jour, rei;u dans le ciel, séant aujourd'hui à la droite du l'ère, lequel viendra juRcr les vivants et les morts lors de la résurrection de la chair. » V. De Vclandh Vir- ^Inlbns. Cette règle de foi est le credo chrétien presque textuel.

(2I Voici la règle de Foi d'après Orlgèna : c Voici ce qui a été manifestement cnseijïné par la prédication apostolique. 11 est un seul Dieu qui a tout créé et tout ordonné, qui, quand rien n'était a donné l'existence a toutes choses, Dieu des le commencement de la création et de l'origine du monde. Dieu detous les hommes justes, Adam, Abcl, Seth, Enos, Enoch, Noé.Scm, Abraham, Isaac, Jacob, des dou^c patriarches, de ^lo'i'se cl des prophètes. Ce Dieu, dans les derniers temps, comme il l'avait promis auparavant par ses prophètes,envoy.a notre seigneur Jésus-Christ, jiour appeler Israël d'abord, puis, après l'infidélité du peuple d'Israël, les gentils aussi. Ce Dieu juste et bon, père de notre Soigneur Jésus-Christ, a donné lui-même la Loi, les Prophètes et les Evangélistes, lui (lui est le Dieu dos Apôtres et celui du Vicu.\ et dû Nouveau-Testament.

Ce Jésus-Christ qui est venu dans le monde est né du Père avant toute cré.i turc. Après avoir été le ministre du Père dans l'oeuvre de la création (car tout a été fait par luii il s'est abaissé lui même et s'est fait homme dans ces derniers temps. Il s'est incarné lorsqu'il était Dieu et resta comme homme ce qu'il était comme Dieu. 11 prit un corps semblable au nôtre et n'en différant que parce qu'il est né d'une Vierp^o et du Saint-Esprit. Et puisque ce Jésus Christ est né et à souffert en réalité et qu'il a éprouvé le sort commun des hommes, la mort, réellement et non pas seulement en apparence, il est vraiment mort; il est donc vraiment ressuscité des morts, et, après sa résurrection, il a conversé avec ses disciples, jjuis il est remonté au ciel. La tradition associe le Saint-Esprit au Père et au i'ils en honneur et en dignité ; mais elle n'enseigne pas clairement s'il est né ou non, s'il faut le tenir pour Fils de Dieu ou non. La solution de ces questions doit être cherchée dans l'Ecriturc-Sainte par chacun, selon ses forces et sa sagacité (A), mais que ce soit ce Saint- Esprit qui ait inspiré chacun des saints ou des prophètes ou des apôtres, et <iu'il n'y ait pas un autre esprit chez les anciens, un autre chez ceux qui ont été inspirés depuis la venue du Christ, rel.i est enseigné de la manière la plus claire dans les églises (Bj.

cai"l;ciiisme du libre-pensklk \2<)

Q — Quel fut le résultat produit par les premières Ibrmules de la foi chrétienne ?

La tradition enscijfiic, en outre, que rame, ayant sa propre substance et m propre vie, recevra en partage, selon ses mérites, lorsqu'elle quittera ce monde, soil la vie éternelle et la béatitude, si elle s'est rendue digne de cet héritage par ses œuvres, soit le feu éternel et les supplices, si clic l'a mérite par ses crimes. Elle enseigne aussi qu'un jour aura lieu la résurrection des morts et qu'alors le corps, qui est aujourd'hui semé dans la corruption, rcssuscitcra incorruptible, que, semé dans l'ignominie, ii ressuscitera dans la gloire. La prédication e.xposc aussi que toute âme raisonnable possède le libre-arbitre et une \oionté libre [C] ; quelle a a soutenir un combat contre le diable et bcs anges et contre des puissances ennemies qui cherchent à la charger de péchés ; mais que, en menant unî vie droite et sage, nous travaillons à nous débarrasser de ce fardeau. D'où il est conséquent de conclure que nous ne oommcs soumis à aucune fatalité qui nous force, mémo contre notre volonté, a agir bien ou mal. Car, nous possédons le libre-arbitre, certaines puissances peuvent bien nous pousser au pc'clié et d'autres nous aider au bien, mais aucune nécessité ne nous contraint â agir bien ou mal, comme l'imaginent ceux qui disent que le cours ou le mouvement des étoiles sont la cause des actions humaines, non-seulement de celles qui ne dépendent point du libre-arbitre, mais encore de celles qui sont en notre pouvoir. Quant à l'âme, quelle se propage par la semence, de sorte que sa raison ou sa substance soit latente dans les semences corporelles, ou quelle ait une autre origine, quelle soit engendrée ou incngcndrée, quelle vienne du dehors dans le corps ou non, c'est ce que la prédication ecclésiastique n'enseigne pas assez distinctement (D).

Relativement au diable et à ses aiigcs, et aux puissances ennemies, elle enseigne bien (]u'ils existent, mais ce qu'ils sont ou comment ils sont, elle ne l'expose pas assez clairement; beaucoup sont d'avis que ce diable fut un ange, et que, devenu apostat, il a persuadé à une infinité d'anges de se révolter avec lui, lesquels sont jusqu'à ce jour appelé ses anges (E),

La prédication ecclésiastique enseigne encore que le monde a été créé, et qu'il a commencé à un moment déterminé, et qu'il sera détruit a cause de sa corruption; mais qu'y avait-il avant lui, ou qu'y aura-t-il après? C'est ce qui n'est pas clair, ni manifeste, il s'en faut de beaucoup, car la prédication ecclésiastique ne s'explique pas d'une manière évi dcnte à ce sujet. ^> J?c fiiiiicifiù's, in pperiini c/us.

La règle de foi d'Origcne est entièrement fondée sur la tradition et il n'y résout pas les questions que la prédication ecclésiastique laisse elle-même en suspens. 11 n'est pas possible à quiconque à étudié les livres sacrés et reçu la tradition de savoir mieux a quoi s'en tenir qu'Origène, et ce n'est pas beaucoup savoir.

A, Ces doctrines sur la libre-interprétation, ainsi que celles sur le librearbitre, ont servi le protestantisme qui peut encore observer presque entière ment la profession do foi d'Origène.

R. — D'ctablir relativement la valeur canoni(]Lic du Nouveau-Testament.

Q. — Quel autre résultat eurent-elles encore ?

R. — D établir la valeur doi;matiquc des faits contenus dans les livres saints.

Q. — Les premiers dogmes ne iurcnt-ils pas mis en discussion?

R. — Si, tous les dogmes ont e'té discute';;, mais les dogmes fondamentaux de la foi chrétienne, admis d'assez bonne heure, sont conside'rcs comme n'ayant jamais fait l'objet d'un doute.

Q. — Quel nom donne-t-on généralement à ces dogmes?

R. — Le nom de mystères.

Q. — Pourquoi?

R. — Parcequc, si le dof;me est ce qu'on est obligé de croire sans que la vérité ait besoin d'en être établie, le nom de mystère ou chose impénétrable kii convient à la perfection (i).

R, Origcnc admet la passivitc complére des écrivains ecclésiastiques, mais il commet une erreur en affirmant que cette opinion est générale et enseignée dans toutes les églises — V. les notes.

C, Le libre-arbitre est détruit par les théories sur la prédestination it sur la grâce.

D, Quand et comment l'âme s'introduit dans le corps, la question a été souvent débattue, mais elle n'a jamais été résolue.

E, On voit qu'au temps d'Origénc 1 invention de Satan n'est pas encore complète.

(i) Les théologiens de nos jours regardent les mystères comme une vérité incompréhensible fondée sur une révélation divine, mais Saint Paul les regardait comme des vérités cachées jusque-là qu'une i-évélation dévoilait. La révélation est la source unique de la connaissance de Dieu, s'accordent à dire

Q. — Comment se iormèrcnt les dogmes ?

R. — Autrefois ainsi qu'aujourd'hui (i) chacun interprétait la religion à sa façon, mais il existait officiellement de grandes Ecoles (2) qui, nées sous l'influence locale, en Judtie, en Syrie, à Alexandrie (3), en Asie-Mineure, en Phrygie, reconnaissaient Jésus, telles pour un Dieu, telles pour un prophète, telles simplement pour un homme de bien, et interprétaient diversement sa loi. Il en était autrement à Rome, où l'Eglise revêtait un caractère pratique et organisateur sous l'influence de l'administration romaine ; là, clic s'éloignait des doctrines juives et orientales et prétendait acquérir la suprématie. L'Eglise primitive, bien loin d'être un modèle d'ordre et de vertu, était plus troublée, plus divisée que l'Eglise protestante ne Test de nos jours, et il ne pouvait en être autrement puisque la spéculation pouvait s'exercer en pleine liberté sur toute la matière dogmatique. Ce fut

Saint Clément d'AlcxandriL', Origcnc, Saint Augustin cL Saint Hilairc de Poitiers.

(il Les pères fournissent l'exemple.

12) Voir les notes.

;;) L'École d'Alexandrie est la plus célèbre de toute... riiilun et Potamu;. V préparèrent la voie a Plolin, Jambliquc, Porphyre et Proclus. Quand l'édit de Justinien ferma les portes de l'école, elle fut s'établir à Athènes. Voici coque Pierre Leroux en a écrit : « A la fois religieuse et philosophique, placée entre le monde pa'ien et le monde chrétien, elle se rattache à l'un et à l'autre; clic procède do Platon et de Pythagore, tient aux gnostiques et aux chrétiens, essaie de résumer et de restaurer l'antiquité, et inonde en même temps, de son idéalisme et de ses opinions les plus mystiques, le moyen âge chrétien tout entier. » Au fond, l'Ecole essayait d'accomplir la fusion de toutes les religions et de toutes les philosophies.

iVi CATÉCHISME DU LlBRli-l'LiNSEUR

le Concile l'e Nicee qui cumnicnça à arrclcr le développement de la librc-rctlexion, et, comme l'esprii iVumain ne renonça pas iacilement à ses droits d'examen pour aller s'enterrer dans la nuit du Moyen- Age, il se produisit des luttes souvent sanj^ianles, Des hérésies nombreuses éclatè''cnt. Ce lut en le:; combattant que le christianisme se lorma et que l.i religion romaine de\ int ce compose de maximes décrétées par les Conciles, les Synodes et les Papes et nommées dccrétalcs ou bulles (i) qui contiennent ces j^i-eceptcs de'clarés absolument de loi et nécessaires au salut qui sont des dogmes (-^'i.

Q. — ()uels sont les dogmes les plus importants ?

R. — Les dogmes les plus importants sont ceu\ de la Trinité, de la Cix'alioii. du Péelié origiiieL de Vfncarn.adori. de la Pi'dscncc-reelle et de Vhniuoilalilé de l'aine.

(\ — Qu'est-ce que le dogme de la Trinité ^

R. — La croyance en trois personnes p/en lorniimt qu'une seule.

Q. — Comment s'est lormee celte cro}'ance '.

R. — Il l'ut tout d'abord, établi que Jésus, ainsi

I />'rt//r,f,dccrctsduii;ip;dcsliîu'b a l.iiri- Ini.CIn li-h désigne p;trk'j primliTcs lettres qu'on y lit, ainsi qu'on fait pour les encycliques : bulle L'tiii^riii/ifi-. l'ncycliquc Qnniito coujiciamur ; les dccrétalcs sont les lettres portant décret, les consultations sur telle ou telle décision.

'2) I/Éffli.se est si bien l'ifuvrc du trnip'; cl dis lioniiues (|iu' tmis les iour; elle ajoute quelque cliose .1 son édifice. \'. plus loin ce qui cnncenie l'inini.i culée conception et l'iiiiaillibilité ii.ipali-.

qu'il l'avait dit lui-môme sur la fin de sa carrière messianique, était le fils de Dieu. Mais en raisonnant sur ce genre de divinité, on en arriva à se demander comment on pouvait être fils de Dieu. Dieu n'avait pu engendrer son fils que de sa substance, or, cette substance étant éternelle, .lésus était donc éternel, il était né en même temps que son Père, ils existaient tous deux en un de toiue éternité. Une hérésie célèbre, l'arianisme (i), s'éleva contre cette théorie et soutint, avec quelque semblant de raison, que le Fils n'est pas de la merne substance que le Père, qu'il a été créé de rien, et qu'une substance engendrée ne saurait devenir inengendrée (2). L'Eglise fit triompher le Symbole de Nicéc. Elle établit le dogme de

i.ij Arianismc ; c'est riiiirésio la ijliis importante que le christianismo ait on a combattre. Elle tire son nom d'Arius qui s'éle\a contre ce que l'Eglise catholique oblige a croire ; qu'il y a on Dieu unité de substance et trinité de personnes.

Arius, dans Tlialie, soutient que Dieu n'a pas toujours été père, que le iils a t^té tiré du néant pour être incarné. Dans le sens absolu, Arius niait donc la divinité du Christ ; et il n'y avait que le Père d'éternel, invariable, inengendre. le Fiii'C qui n'était plus un être composé, divisible, niuable.

L'arianisme date de l'an 318, après la victoire de Constantin sur I.iclnius. Arius, prebsbytre d'une des églises d'Alc.\andrie, convertit beaucoup de monde a sa doctrine, si bien que Constantin, voyant menacée l'unité religieuse qu'il rêvait et qui l'avait fait se convertir, crut devoir intervenir. Voltaire dit de cet empereur, dans ce cas: r. Celait un scélérat, je l'avoue, un parricide qui avait étouffé sa femme dans un bain, égorgé son fils, assasiné son beau-père, son beau-frère et son neveu, je ne le nie p.is. !Mais il avait du bon sens. " Lrs prièresdeConstantin ayantété inefficaces, on réunit le preniierconcile^CT/w/jy/c' nique 'universel; à N'icée, en ;,25. l'rois cent di.K huit èveques rondaninèreni l'arianisme. Constantin ordonna de détruire tous les livres d'Arius et de tuer ceux qui en conserveraient. L'arianisme ne fut pas détruit pour cela. Il resta dans i'Eglisa d'Orieilt tandi; que In doctrine niceenne s'é.nblissait dan^ l'Eglise d'Occident.

'i, V. l'.piphane, //(Prcr ,

la consiibstantiation, par lequel Jésus est regardé comme étant de la même essence et de la même éternité que son Père. Quant à la troisième personne, au Saint-Esprit, on mit longtemps à fixer ses qualités. Les apôtres ne lavaient considéré que comme un souffle, une efHuve, une inspiration, laissée par Jésus dans leur esprit (i). Jean expose que le Fils de Dieu, en retournant près de son Père, laisse, pour continuer son œuvre son Esprit, ou Paraclet, qu'il réprésente " tantôt comme une personne distincte, tantôt comme une simple force, mais toujours subordonnée au Père et au Fils, et il attribue au Saint- Esprit l'inspiration des évangiles. Le Concile de Nicée s'en occupa peu. Mais le deuxième œcuménique déclara que le Saint-Esprit procédait du Père, et que, sans lui donner le nom de Dieu qui lui fut attribué pour la première fois dans le symbole d'Athanase, il était digne de la même adoration que le Père et le Fils. Ce fut d'après Jean qu'on forma le dogme de la Sainte-Trinité, lorsque les gnostiqucs prétendirent posséder la gnose ou dernière raison ilcs choses (2). Enfm, en -181), le

(i) Le Saint Esprit n'avait ijurrc (Umné le don des lancrups aux apûtri-s. ainsi qu'on le peut voir aux chapitres des apôtirs et de la fortnaliov du iioii- ''ran-testavieiit ; il ne les inspira pas plus qu'il nn les fit parler.

(2) Les gnostiques étaient ceux qui possédaient la f^iiosc, vérité, philosopliii du christianisme, connue par un fort petit nombre d'élus. Les gnostiqucs pri rent naissance dans les écoles philosophiques ; ils avaient fait de la liberté d<' penser lefond de leurs doctrines, elle gnostiquc ayant la liberté de penser re qu'il

Synode de Tolède sanctionna le symbole d'Atlianase qui lait procéder les unes des autres les trois personnes de la Sainte-Trinité et les fait Dieu toutes trois. Cette doctrine fut définitivement admise à Rome, par Nicolas i^r, en S60.

Q. — Quel est le deuxième dogme ?

R. — Celui de la Création selon la donnée des six jours pendant lesquels Dieu créa le Ciel, la Terre, les éléments, lé"s animaux et l'homme (1).

Q. — Quel est le troisième dogme ?

R. — Le troisième dogme est celui de la chute de l'homme ou du péché origine!. L'homme ayant désobéi à Dieu, dans le Paradis terrestre, en goûtant à l'arbre de la science du Bien et du Mal, en est chassé et est condamné à gagner sa nourriture à la sueur de son front (■2).

Q. — Quel est le quatrième dogme.

R. — Le quatrième dogme est celui de YIucJinalion d'après lequei le Fils de Dieu s'est lait iiomme dans le sein d'une \"ierge (•^).

voulait devait ni'rpr.sairoment surrombrr devant li^ nombre do'î rîiri'tlon'î ?oii mis à la pensée commune. - V. Mattcr, lli^toiir crifigiic du gitoatirisinr.

iJ'aprés la vjnosc, Dieu est surnaturel et invisible, il sa manifeste par de'; l'manations ; Ci-s émanations sont des génies ; un de ces génies ou éons, (tttOf 6Ç, a ei.'é la Terre et l'Homme. Les g-énies du mal ne sont introduit-; dans la rréation. Simon le ?,Iage et ses sectateurs diraient q'ie l)ieu s'était iait représenter auprès des gentils par l'esprit ou le génie intellectuel, et prés des Juifs par Jésus. Les sectes de gnostiques furent très nombreuses, - \' Alzog, llisioiie iiin'vcrsel'e df l'Eicli'ir.

'\, V. la Genèse, et plus haut.

'?) V. la Genèse, et plus haut.

ji II r-sf censé n'avoir jamais fait doute nue Ji'-.un fut n.'' d'une v'crfje, e;

Q. — Quel est le cinquième dogme?

R. — Le dogme de la Rédemption d"aprcs lequel Jésus-Christ est mort pour racheter tous les hommes de l'état de malédiction où les avait plongés le /^cV/r' originel (i).

Q. — Quel est le sixième dogme?

R. — Le dogme de h Pjx'sence-rcelle ou Wanssuhstantiation du sang et du corps de Jésus dans TEucharistic.

Q. — Comment ce dogme s'est-il formé?

R. — De très-bonne heure les chrétiens avaient considéré la Cène comme un sacrifice d'actions de grâces (2) et ils prenaient le pain et le vin en souvenir du Christ. A la suite de controverses sur la nature de la personne du Christ, la doctrine d'un sacrifice d'expiation olTert par le prêtre, à l'instar des juifs, se précisa, et, en 787, le septième concile cecuménique tenu à Nicée, proclama que le pain et le vin, après la consécration, ne sont plus des figures, mais véritablement le corps et le sang du Christ [i,).

comme il était patent que -Marie avait eu plusieurs enfants ceux qu: conseil talent a ne pas le nier disaient que Jésus était le premier-né.

[i] Nous ne donnons pas l'historique de tous ces dogmes, qui, le premier étant admis, découlent logiquement les uns des autres. Il faut lire, pour se rendre compte des débats qu'ils ont soulevés. A' rectieil des Concilcs^àv- Mansi, en entier, et les ouvrages que nous citons à la fin du présent chapitre. En ce qui concerne la rédemption, rappelons, en passant, que Bacchus aussi était le IVieu rédempteur et libérateur, XfCeoÇ 0 PCOÇ ,* Orphée lui dit ; Tu délivre ras les hommes de leurs durs labeurs et de leur immense misère.

(2; De la nom de ^VKaULCrTia, eucharistie, actions de grâce. Rompre le pain et l'offrir est l'ii.ibitude du chef de la maison chez les juifs.

(;,) Xc pas confondre comme cela arrive fréquemment 1.' (InfUT^ ilr I.t rotisubstanfiafiov avec celui de la frainsKl'sfatifiation.

C'est ainsi que le pain et le vin se trouvèrent transsnbtantic'S, c'est-à-dire ciiangés en la substance véritable du corps et du sang du Clirist (i).

Q. — Quel est le dernier des dogmes que vous avez signales comme étant les plus importants ?

R. — Le dogme qui concerne la vie future, celui de l'immortalité de lame.

Q. — ,N'a-t-on pas toujours cru à une âme immortelle .<

R. — Non. Jésus ne s'intéressa pas à l'immortalité de l'àme, non plus que les premiers chrétiens, ni trop à l'àme elle-même (2). Jean et Paul enseignent bien la prédestination de l'àme, mais en la liant au corps, c'est-à-dire que l'àme doit ressusciter en même temps que la chair (3) ; ils disent que ceux qui doivent participer à la vie éternelle sont choisis de toute éternité par le Père. C'est la théorie de lélection de Paul, et il y ajoute celle de la vocation par laquelle les élus sont infailliblement conduits au salut (4). Saint Augustin par tage entièrement cette manière de voir.

Q. — De sorte que l'homme n'a pas à s'occuper de son salut, qu'il est toujours sauvé s'il doit l'être ?

y. V. Mans:, conci! . V. niissî Sarrosaucia concilia, o.d rrginm rUifioiiem rxacia, Philip. Laljbfi ot G.ibr. Cos<!.artié, et Itist. drs conci.. l>.ir Ilerm.ir.t (2, V. pliis haut.

;, L'anie corporelle, charnelle, r'cît Jii niatérl-ilii^me. qua=inien: r V. l'aul, Ephra., Roiti..

n8 CATÉCHISME DU LIBRE-PENSEUR

R. — C'est la conséquence de la théorie chrétienne pure, aussi l'a-t-on changée.

Q. — Comment cela?

R. — Quand furent arrivées les époques de discussion, quand la Réforme eut enlevé à l'Eglise romaine une partie de la chrétienté, on comprit tout ce qu'avait de dangereux pour le chrétien cette théorie qui conduisait directement les hommes à ne plus s'occuper de leur salut, puisqu'ils ne pouvaient éviter d'être sauvés s'ils devaient l'être, et que, eussent-ils mené la vie la plus exemplaire, ils ne pouvaient être élus, s'ils n'étaient, de toute éternité, marqués du sceau de Dieu. Les Jésuites se chargèrent d'accomoder les doctrines de l'Eglise à la logique des hommes, et ils émirent de nouvelles théories sur la grâce, qui suscitèrent de mémorables querelles (i). Ils linirent cependant par triomphei-, et il fut établi qu'il y avait deux sortes de grâce : la grâce efficace, ou vocation, qui mène droit celui qui en jouit jusqu'au ciel, sans que rien de volontaire ou d'involontaire puisse le détourner de sa voie, et la grâce suffisante, que tout le monde est censé posséder et qui permet de lairc son salut si l'on vit selon les préceptes de l'Eglise. Cette iois-!à, les jésuites, en rendant à chacun un peu de son libre-arbitre, se trouvèrent d'accord avec la raison buniaine (.Vi. ils sauvèrenu

I; V. Pascal, Irs Provinriales, et les note?.

? V, I,.infn'v. VF.i'J. rf In i>luL an XI 7//' .Wr/--

par ce moyen, l'Eglise pour un temps, mais le christianisme, le christianisme de Jésus, des apôtres et des pères, s'il n'était pas mort déjà, disparut alors tout-à-fait.

Q. — N'y a-t-il point d'autres dogmes très-importants ?

R. — Si, il en est deux qui ont été promulgués récemment.

Q. — Quels sont ces deux dogmes?

R. — Celui de V Immaculée-Conception et celui de V Infaillibilité du pape.

Q. — De qui ces dogmes sont-ils l'œuvre ?

R. — Des jésuites (i) qui depuis un siècle se

;i, La compagnie de Jésus doit sa fondation à Ignace de Loyola. Ig-naro était soldat; ayant eu la jambe casst-c au siège de Pampelune, il s'cnthousias ma, pendant sa maladie, à la lecture de la vie des saints, et il guérit visionnaire et dévot. Il lui vint alors à la pensée, de former « l'armée du Christ. " Il partit pour Paris où il se lia avec Pierre Lcfêvre, Antoine Rodrigue?, Fran cois. Xavier, Alphonse Salraeron, Nicolas iîabadilla, Jacques Laine.-?, qui. tous, se réunirent le 15 Août i53^,dans une chapelle souterraine de l'Eglise de Montmartre et firent vœu do pauvreté et de charité. En 1536, Ignace présenta au pape Paul III les statuts de l'ordre qu'il voulait fonder, et la bulle Uegiviiiii militaiitis eccku'œ consacra pour ainsi dire légalement l'existence de la Compas;nic de 'Jé'ms, d'où ceu.K qui en firent partie tirèrent leur nom de jésuites. Le but proposé était d'obéir au pape et de fournir une milice au souverain pontife.

Los jésuites sont divisés en cinq classes : 1° les coadjutours temporels (tréres servants, la'iques affiliés, ceux que l'on nomme dans lo public « jésuites ds robe-courte », quoique quelques uns de ces dernier.s appartiennent à l'ordre par des vœu.'c, notamment par le vœu d'obéissance) ; 2° les novices, qui sont recrutés avec soiii dans la jeunesse intelligente ; 3° les scho lastiques, qui font des vœux secrets et aident la compagnie dans son œuvre ; 4" Les coadjutours spirituels, qui font des vœux publics et aident les profes ; =;" Les profés, qui sont les vrais jésuites, l'élite de la compagnie. Cos dernier' ont passé par un long noviciat, ils sont choisis avec soin. Outre le vœu de pauvreté, de charité et d'obéissance, ils ont fait ^-ww d'obéir au pape c\ ,l 'arreptrr aveuc^lemcnt toutes les missions,

f4o cati':;:his.mk du f.iBRE-pr.xsi-.UR

sont complètement reiiuu? m:utrcs du christianisme c:itholique.

(). — Qu'est-ce que le do^^me de \'Im)nacuîcc- Concc'plion ?

R. — La croyance» que Anne, mère lIc Marie, conçut sa illle sans pèchJ (i). Par le dogme J.e

La compaj^nie place à sa tête un gciicral qui demeure à Rome et est élu à vie. Dans ses mains, chaque membre est, selon la règle de Loyola « comme s'il était un cadavre ou un biton dans la main d'un vieillard. »

D'après les privilèges accordes par Jules III, les jésuites ne relèvent absu lument que du pape. Ils possèdent donc la toutc-puissnnce s'ils possèdent K' pape. Ils tendent continuellement â s'immiscer dans la politique des Etat.^. Ceux qui n'auraient pas le temps de lire les douze pères d'Escobar seront suffisamment édifiés sur les principes des jésuites en lisant \cs prûv/ncùi/cs de Pascal, et les Monita sécréta socieUifis Jésus, publiés par Cli. Sauvestre. Ces doctrines sont telles qu'un arrêt de 1761 les déclara abominables, meurtrières, et ordonna que les livres des jésuites fussent brûlés et leurs écoles fermées. En 1762, le Parlement de France ordonna la destruction de la société; en 1764, il ajouta que les jésuites qui voudraient rester en France abjureraient leur institution, et, la même année, un arrêt déclara que la fameuse société était dissoute.

Los jésuites, qui n'ont d'e.vistence légale nulle part, ont été chassés de presque tous les Etats. De Hollçinde U.sgS), de Bohême (1O18:, de Morayii" loio', do Malte (164;,), de Russie '1723:, de Portujîal ,1730), d'Espagne ,1767 . de .Sicile et Naplcs (1767), de Parme U786!.

A i'instancc des puissances, le pape Clcmcnl XI\' publia, le 21 juillet 177,", la bulle Doiniitiis ac redejnpior ucsfer i\\\\ prononça, la suppression complète de la compagnie de Jésus qui comptait alors 22.5S0 membres.

l'ieVII annula, en 1814, la bulle de Clément XIV; il rétablit la société sous le nom de Congrégation du Sacré Cœur, par la bulle Sollicitndo omuitir.! rcclesiaiiitn. Depuis ce temps l.a compagnie s'est fort étendue et on peut dire qu'aujourd'hui il n'y a pas un prêtre qui on soit indépendant et que, depuis le pape jusqu'au dernier séminariste, toute l'Eglise est dans leurs mains. A'. Acs ^«■^«//^«^.r, par JMichelêt et Quinct ; [.es jès., par Hubcr ; et rexceUenî livre /gimce de Loyola et la Coinp. de Jés., par Spuller ; etc..

i.ij Ainsi le privilège accordé à Jésus seul s'est étendu à sa mère. On a été tenté aussi de proclamer l'Immaculée-Conception de la mère de Marie, Sainte- Anne. Dans cette voie, l'Eglise eut eu beau jeu a remonter ju'îqu'.i l've et â so\itenir quand même le péché originel.

L'Immaculée Conception ! Qu'il nous souvienne d'Isis, srt-ur d'.Vsrnrté l't de Cybèle, coiffée du pschent, la main gauche tenant une corne d'abondance, 1,1 droite appuyée sur un gonvern.nl. Isis marine et Isis terrestre, liroraenéo en ijr.inde pompe par les égyptiens, s'arrêtant aux reposnirs. nuili.

CATt:CHISME DL LIBRE-PENSLLR 141

rimmacLik'c-Conccption de h; Vierge, ii csl ciUcndu t]uc kl mère du Chritt a été conçue sans tache originelle. Ce dogme a été proclame, nuilprc lopinion Ires-contraire des fères les plus illustres de l'Eglise, par ie pape Pie IX, en iî^5^. dans une réunion d'évéques tenue à Rome (1). Q. — Qu'est-ce que le dogme de Y Infaillibilité :' \\. — Le dogme de ï înfaillibiliic établit que ce que le pape proclame ex -cathedra, tiu haut lie la chaire, c'est-à-dire tout ce qui a la valeur d'une parole olHcielle. d'un LJocument émané du pape, est une vérité absolue, à laquelle on doit attacher l'importance d'un article de loi et qu'on doit croire sous peine de damnation,

Q. — Quelle est l'importance de ce dogme .■ R. — - Ce dogme, proclame en l'Sjo dans le concile œcuménique tenu à Rome, a une portée très-grande, surtout dans le domaine de la politique. C'est, certainement, après les dogmes de la Trinité et de la transsubstantiation, le plus im- -portaiit de la religion chi'étiennc-cathoiique. Il met la parole du pape, et, en conséquence, le ]\ipe lui-même au-dessus de tout, il supprime les Conciles (2), et terme la bouche à toute tentali\c

a» poIythOismc sémitique, et inijounrhui .. immaculijt: conception. \ . les tcuill. scient, de la Ripiibl. J'iaii'..

'i, Le c.'inon de ce dogme non plu;; que le ciiioii du dn^ine de 1 InUiiilibililr ne sont encore fixés, les événements de l;i f^uerre Franco prussienne, .lyanl écourté le concile du Vatican, qui devait s'en occuper.

\2) Et les Conciles oii tous les évéques avaient un siège constiluaienL

de révolte. C'est un pouvoir absolu établi dans le domaine de la conscience, établi en matière de foi, et comme la foi guide l'action, c'est le pouvoir le plus exorbitant qui ait Jamais été institué au monde et, il est, par cela même, impossible de le subir.

Q. — Jusqu'où vont les conséquences de ce dogme ?

R. — Les conséquences du dogme de Vinfaillibililc sont de faire entrer dans le domaine dogmatique toutes les paroles réfléchies, orales ou écrites, prononcées par les papes ; de cette façon, des doctrines comme celles du Syllabus (i), des croyances comme celles au Sacré-Cœur de Jésus ou de Marie, entrent peu à peu dans le domaine de la foi (2).

fjusqu'à ce que la discipline de Rome ait fait des évoques de purs instruments) par la discussion, par les pressions que pouvaient exercer sur ses décisions les pouvoirs laïques, une certaine garantie d'ordre soeial qui n'existe plus.

(1) V. Encyclique Quanta Ciiiri, ci le Catalogue des erreurs condamnées du S décembre 186.). V. aussi l'encyclique Qui pluiibus, du 9 novembre 1846.

[z, L'Eglise réclame l'obéissance, on doit obéir surtout et par dessus tout au pape infaillible. C'est aux papes que Jésus a remis les clefs du royaume des' tieux, et comme l'écrit Bossuct : « Tout est soumis à ces clefs, tout, rois et peuples, pasteurs cl troupeaux. » Le pouvoir du pape? « Il est de fait et de droit sur les tidèles, de droit sur les infidèles » ;l'rospor Fagnaiii, Coiiiiiicidnirc lai. i,ui- les dccictalc^) . En se mettant en rébellion contre le pape, on échouerait aussi ridiculement que lîossuet et tous les gallicans qui ont suivi la déclara tion de 1682, et le temps donnerait toujours gain de cause (comme au.N universités de Douai et de Louvain, qui, contre les déclarations du clergé de France, s'étaient prononcées pour l'Infaillibilité) a l'Infaillibilité. De raison il n'y en a pas. La raison ne regarde que le diable dont elle est l'invention abominable. Dieu dit : « Ego sum qui sum, » le pape est infaillible parce- 'lu'il est infaillible.

Q. — La religion chrctiennc ne se trouvc-t-ellc pas entraînée, par ces excès, à sa perdition ?

R. — Oui. La religion chrétienne s'est lormcc peu ù peu, elle qui est représentée comme la toute divine, par les disputes des hommes. Elle devait dominer le monde, et elle ne ht aucun progrès en Asie, et Mahomet lui enleva une partie de FEuropc, de TAh-iquc, le pays même où elle avait pris naissance. Cette religion si licre, si autoritaire, si universelle, s'est cllc-nicme divisée en trois branches : la Grecque, née, à la Un du 1X<^ siècle, de rivalités naturelles entre les deux pouvoirs de Rome et de Constantinople ; la Protestante, née au XV!*^ siècle des abus de la cour de Rome, et appuyée sur des principes de liberté et de tolérance ; enhn la Catholique qui a pu maintenir une autorité au moins lîominale sur dillércnts pays de l'Ancien et du Nouveau continent, mais qui en arrive au point où elle trouva elle-même, dans le temps, le ]iolythéismc romain. Comme le paganisme en arrivait à substituer divinités à divinités, de même le catholicisme lait apparaître à tout moment un culte nouveau pour remplacer celui qui s'en va, l'immaculée- Conccption succède à la Croix, le Sacré-Cœur à l'Immaculée Conception (i). Le christianisme catholique

i; N'ous ne p.-irions point des miracles, du surnaturel introduit dans rélémcnt humain, dernières ressources des religions agonisantes et dont on

i44 CATtCHlSML DU I.IBRK-PENSELR

ncst plus qu'un vaslc polythéisme anthiopomorphistc, où les saints succèdent aux saints, les dieux aux dieux, les croyances aux croyances. Le culte se multiplie et se disperse de tous côtés, ébranlé, allolé. colère, avant que de s'anéantir tout-à-fait (i).

DU CliR:STi,\NiS.MU. — i.U SACURDOCU.

Q. — De quelle laçon \écurent les apôtres ?

Iv. — Les apôtres eussent pu vivre largement de ce qu'on leur donnait et ils pouvaient deman der au nom de l'Evangile, mais ils n'usaient pas de cette taculté « de peur i dit Saint Paul c que

usa autant a Rome lians le temps, ou'un Iraiice au XIX' siècle. Sous te rapport, Jupiter pourrait peut-être rendre bien des points à JchoWah, et Cybèle à la \'icrgc. En ces matières, « plus eâ change, plus c'est la même chose, » comme récrivait Francisque Sarcey, continuant la rude guerre entre prise par lui dans le journal U .V/.V Siècle

(i^ Nous sommes loin d'avoir passe en revue toute la dogmatique. Nous renvoyons pour des explications complètes à l'/iùi. des dogmes de Gieselcr, et surtout à l'Iiisi. des dogmes chiitiens par Eugène Haa;», qui est de beaucoup la meilleure. Le travail considérable de M. Haag se divise en quatre parties : i° Il examine l'existence de Dieu, son unité, ses attributs, la Trinité, la Création du Monde, l'anthropogonie, i angclologie, la démono logie, la l'rovidence ; 2° Il s'occupe de l'anthropologie théologique, des théories dogmatiques, de l'homme, ce qui embras.se la théorie de limage de Dieu, de l'état d'innocence, la chiite et le péché originel ; .•" la Christologie, la sotériologic ou théorie du Christ-Rédempteur, la personne du Christ, l'ensemble des deux natures, l'état d'abaissement et l'état d'exaltation, l'œuvre du sauveur et ses mérites, la justification de la rémission des péché', de la sanctification, de la prédestination et de la grâce, enfin de ce qui touche aux rapports entre le fils de Dieu et l'homme pécheur ; .(" la charito logie ou théorie de l'Eglise, sur les moyens de salut et les sacrements, la mort, l'immortalité, le purgatoire, la résurrection, le ingcmcnt dernier, le paradis, l'enfer, et la fin du monde.

CArKCHlSMt 1)L LIBRE-PENSELR 145

ce ne fut â quelqu'un occasion de scandale si on recherchait une récompense temporelle. > Les apôtres se faisaient humbles au milieu des rtdèléfe, ils travaillaient afin de n'être à charge à personne et pour donner lexemple d'éviter l'avarice, l'oisiveté et l'inquiétude. A l'exemple des grands rabbins (1) qui tous avaient quelque métier, comme charbonnier, potier, etc., Saint Paul faisait des tentes à l'usage des gens de guerre et il donnait comme règle que quiconque ne sait pas travailler ne doit pas manger {2).

Q. — Les apôtres avaient-ils des femmes i

R. — Oui, les apôtres avaient pris des femmes, excepté Saint Paul qui vivait en l'état de chasteté pour être plus entier à sa mission, c Je pourrais •> disait-il (' mener avec moi une femme d'entre nos sœurs, comme le font les autres apôtres, et les parents du Christ, et Pierre lui-même )> (3), mais il n'en prenait point.

Q. — Y avait-il un supérieur parmi les apôtres ?

R. — Non, ils étaient tous égaux. Origcnc sclcvc contre les évcques qui refusent de reconnaître pour leurs égaux même les meilleurs dis-

^i) C'est rabbi que nous devrions écrire. Les prcscri^ioi^-de's-liv'ïesJAbbîniqucs [le Tbalraud] étaient que tous les juifs, les 6eiit-/s>âi'/, eussent un métier

i2) V. Flcury, /lis/. cccics. /Saint Paul, T/iess ■

,;) Pierre et Philippe avaient des fils et des filles. — V. Papias, Polycrate, et Clément d'Alexandrie.

)40 cAi i'.ciiisml: du libre- penseur

cipics du. Christ. Si l'Eglise a assigne une suprcmalic à Pierre, c'est uniquement pour les besoins d€ la cause papale (i). S'il y avait eu un supérieur parmi les apôtres, ce n'eut pu être que Saint Paul qui était de beaucoup le plus intelligent (2). Saint Pierre était si peu le supérieur de Paul que celui-ci lui reprocha vertement d'avoir quitté les gentils.

Q. — Quels furent les successeurs des apôtres?

R. — Les disciples qu'ils avaient pris avec eux et qu'ils avaient instruits, et les diacres.

Q. — Quelle fut la cause de l'institution des diacres ?

R. — La communauté des biens dans laquelle \ivaicnt les premiers chrétiens.

Q. — Comment institua-t-on les diacres?

R. — Comme on était venu se plaindre aux apôtres que les veuves étaient méprisées et h^ustrées dans la distribution des vivres aux tables, ceux-ci assemblèrent les lidcles et leur dirent de choisir sept hommes de bonne volonté et de bonne réputation ; ces élus eurent soin des pauvres, remirent ce qui était nécessaire à chacun d'eux, et bientôt le nombre des diacres devint considérable (3).

Q. — Les diacres étaient donc choisis à Téiection?

'i) Pour cela aussi, contr,iin.'mciu a !a \ciité, un l'ai'. v(.u:r Saiiitjl'icrrL' a Komc. V. plus haut.

. y. Adfs.

GATKCHISMi: DU LIBRE-PENSEUR 147

R. — Oui, et le vote universel fut longtemps pratique par les fidèles, dans lexercicc du culte comme dans les conciles (1).

Q. — Les prêtres sont-ils les successeurs des diacres ?

R. — Oui, les prêtres (2) sont les successeurs des diacres.

Q. — Les diacres avaient-ils la parole de Dieu, c'est-à-dire pouvaient-iis s'arroger le droit de parler au nom de Dieu ou au nom de l'Église ?

R. — Non, en principe. Les diacres servaient à la table sacrée et rien de plus. On leur permit seulement de prêcher la Bible à l'occasion et quand ils en étaient instruits, mais les apôtres et leurs successeurs, c'està-dire les cvêques, avaient seuls la parole de Dieu et le droit de faire la fraction du pain.

Q. — Comment donc les prêtres en vinrent-ils à avoir la parole de Dieu et la communion ?

R. — Lorsque le nombre des fidèles s'accrut, il fallut instituer la prêtrise et donner aux prêtres le pouvoir de prêcher et de faire la Cène, soit, plus tard, de dire la messe.

Q, — Les diacres et les premiers prêtres se mariaient-ils ?

(i) Selon la primitive Eglise, il n'y a de vrais prêtre^ que ceux qui 3ont élus, comme il n'y a de vrais conciles que ceux où les fidèles ont voix dclibcrativc. Au nom de la religion même, la société civile peut rejeter tout ce qui ne se présente point dans ces conditions. Dans le mouvement d;L des Vicux-Catholiqucs, on a remis ces principes en honneur.

'2] Un évêquc est un prêtre, nous le savons, mais pour notre commodité nous désignons ici, par ce mol. le bas-clergé, les curés, les vicaires.

i48 CA l'I.ClIlSMI. \)\ l.lHRlMMiNSELK

R, — Parlaitement. Ce n'est que dans le XI I^ siècle que, par raison de discipline, les prêtres finirent par ne plus se marier (i).

O. — Quel loi Saint, Paul tait-il aux évèques et, par suite, aux prêtres ?

R. — Saint Paul dit : <• Il faut que l'Evcquc soit sans reproche, mari d'ime seule temme, sobre, prudent, grave, hospitalier, point querelleur, point ivrogne, ni avare, ni prompt à frapper, mais modeste, règle et propre à enseigner. )>

iX- — Q.UC recommande-t-il aux fidèles par rapport aux prêtres':'

R. — Il leur dit : u Vous j-eprcndrc- les liiauvciis doclcurs qui s'ccartcnl de la foi, de la pureté de conscience, qui s'occupent de vaines disputes, de combats de paroles, des mots nouveaux, de contes de vieille, qui assurent ce qu'ils n'entendent point, qui sont ignorants, supei"bes et intéressés, et qui regardent la religion comme lin moyen de s'enrichir. » P^t il ajoute : « Prenez garde aux chiens, aux mauvais ouvriers.... Il y en a plusiem-s comme je vous l'ai dit et vous le dis encore qui sont les ennemis de la Croix de

,(i) C'est à Grégoire VU <iuc rovioiit l'initinlivc de ce grand mouvement nui on vouant les prêtres ;iu célibat les attacha uniquement a la chose commune de la religion, et c'est à partir de ce jour <iuc l'on peut ap pliqucr à l'égliso ces paroles de Voltaire : " L'Eglise romaine l'a emporté en débauches obscènes, parccque, pour mieux gouverner les hommes, elle s'est interdit le mariage qui est le plus grand frein a l'inipudicité vulgiraquc et à la pédérnstie. " V. plus loin.

CATÉCHISME DU I.IBRE-PENSEUR 14g

Jesus-Christ, dont la fin est la perdition, dont le Dieu est leur venlrc, qui font gloire de leur conl'ession, qui n'ont que des pensées terrestres... Méfiez vous des docteurs qui, par leurs discours trompeurs, trafiquent des chues pour contenter leur avarice, qui mettent leur bon hem- dans la volupté passagère, dans les festins cl les délices, et qui sonl pleins de désirs iinnu^ndes (d n.

Dl" CHRISTIANISME. — I.i; GOUVERNEMENT DE L'ÉGLISE.

Q. — Quel est le Gouvernement de l'Eglise ?

R. — (i Le Gouvernement de TK^lise )> dit le ihcologicn Bover (2) u est une monarchie mêlée d'aristocratie. La monarchie dans toute sa plénitude, on la trouve clans le Souverain-Pontife, vicaire de Jésus-Christ .^ur la Terre. Cette monarchie est tempérée par l'aristocratie. L'élément aristocratique qui s'y mêle, on !e lrou\e : i'^ Dans chaque l\véque en particulier ; 2" Dans les assemblées

1,1) V. S.iint Paul. Tivw'li..

'2) r>oyor, théologien franrais, nô on 1766, mort i8(2, rcorg.inisatPUr do S.Tint-Sulpiro ot snrcesscur de l'.-ibl)!' l'^rayssinniis dans sa rliairo de th('(iln^i{' r!i">'Tni.'ili(]ii(' ; il fui ini (lf< jilii'i .;,'rriiHU .idvi-i'sairos de I.anienn;iis.

i;o CATi:CllISMF DT I.IBRE-PR NSK IR

d'Evèques appelées conciles. Les l^vêques. selon l'ordre et l'institution divine sont associe's avec le Souverain-Pontife au Gouvernement de l'Eglise ; ils sont membres de la Souveraineté et investis de droits réguliers dans leur territoire, appelé diocèse. Toute- Ibis, ils y administrent non comme des égaux, mais comme des sujets du Pape, leur monarque, soumis à ses lois et exécuteurs de ses décrets. J'en crois voir une image très-ressemblante dans l'empire d'Allemagne, où l'Fmpercur commandait à des Souverains, ayant chacun leur F.tat et leur territoire. Les prêtres et les curés, sans participer au Gouvernement général de l'I'glisc, comme membres de la monarchie, font partie de sa Constitution ; comme administrateurs, ils sont dans TElglise ce que l'administration est dans la société politique; cardans toute Société, ces deux choses sont distinguées et séparées par une barrière insurmontable, le gouvei'nement et l'administration. Les préfets, les magistrats, les juges, ne sont ni législateurs, ni souveraiiis. ni membres de la souveraineté. Kt voilà le rang ék*\é où sont placés les prêtres : par la constitution divine de ri-'.glise, ils sont magistrats, juges, administrateurs. »

Q. — L'}\glise n'est donc pas autre chose qu'un gouvernement monarchi>]ue (

R. — Oui. J>ossuc! ralhî'mc et le cardinal

Belkirmin (1) est d'accord avec le théologien Boyer (21.

Q. — L'p]glise est donc contraire à tout autre état laïque que la rovauté dite de droit tlivin qui est une sorte de Délégation à son image et dont le principe rnème lui donne, à elle Eglise, l'autorité suprême ?

K. — Oui. l'organisation de TF^glise la lie à la rovauté et la lait lennemie de toute liberté et de toute République (s).

i' r.ellannin, cardinal italien, ne 1.142, mort 1621 ; jésuite. I! fiu orJonni'prêtre par Corneille JanGÔnius.cvêque de Gand en 1570. V. son traité t/e srii/itaiibiis ecclesinstici^ dans lequel il apprécie plus de quatre cents auteur". 11 déclarait que la politique no le regardait par;, ce qui est fort remarquable che.^ un jésuite.' V. aus=;i Dispiiipticne-; dr controveysii's ftdci chrisiianir. Deux foi.^ il fut question de l'élire pape, mais il éclioua, la première fois contre Alexandre de i\[édicis,ct la seconde contre Camille l'.orshèse. Ce fut un de ceux qui condamnèrent Galilée en disant que sa théorie est contraire aux Ecritures, cepen dant qu'il était toujours l'ami du célèbre Baïus, de Louvain, dont le pape censura les propositions.

i; L'Eglise a constitué le Ciel a son image, et il esc tout aussi aristocratique que la Terre, avec se.s séraphins, ses chérubins, ses trônes, ses principautés, ses dominations, archanges et anges chargés de commandements et de la garde des rois, des princes, des grands de ce monde, tandis que les petits anges .sont pour le menu peuple, etc.

■ La politique de l'Eglise es. la tyrannie. « L'Eglise de Jésus-Christ '> dit lîn-suet (. vo3'ag.^ant comme une étrangère parmi tous les peuples du monde, clic n'a point de lois particulières touchant la .Société civile. " Les individus <)ui n'ont soif que de la fin du monde ne paraissent devoir entrer en affaire avec l'Etat. Cependant l'Eglise ne tolère aucune liberté Elle s"a.=socic aux princes et les protège. Les catéchismes disent : « les peuples doivent an>: rois et aux souverains honneur, fidélité, amour, sujétion, tributs et subsides, respect et prières. » L'Eglise partage donc avec les rois leur histoire, et, comme l'a dit le conventionnel abbé Grégoire : « l'histoire des rois est le martyrologe des Nations •■ f.a doctrine du roi est celle de l'Eglise qxie l'historien Salluste définit ainsi : <• litre roi, c'est faire ce qui plaît. " Obéir aux prince.; aux m.iiires, aux riches, aux princ-'s dont Machiavel dit ■■ que la mauvaise foi, 1.1 rusi', la perfidie, .s^nt d.^^ ipLiliiés iud'spensables, ■■ v.él.i r,- que c.in'.

mande l'Eglisp, à moins que Icspiinccs ne lui soient contrairos, auquel ca5 elle arme le bras des assasins : exemples Henri III et Henri IV. «Crains Dieu et honore les rois " dit Saint Pierre, Dctim iiineie, Re^em hcKorîJicalt'. Courbe-toi sous le joug, chrétien, car l'Eglise a retourné contre toi, son féal. l'édit porté contre elle par Galerius, en 206, qui lui reprochait comme le plus grand des crimes de vouloir renverser ce que les ancêtres avaient établi. L'Eglise doit, par principe,commc par tempérament tendre à la perte do toute démocratie et au rétablissement de l'ancien régime quasi théocratique. Voltaire écrit (en se trompant sur la langue des évangiles, sur laquelle ou s'est fi.xé haut) : « Les évangiles lurent écrits en grec. Il n'y avait pas un dogme, un rite, un mystère qui ne fut grec ; depuis le mot de bapièmc jusqu'au mot à'enc/iarisiic, tout était grec. On ne connut de pères de l'Eglise que parmi les grecs jusqu'à Saint Jérôme, qui même n'était pas romain puisqu'il était de Dalmatie. Saint Augustin qui suivit de près Saint Jérôme était africain. Les sept grands conciles œcuméniques furent tenus dans des villes grecques. » Et la religion fut la mort de la civilisation grecque !

.Sous la période romaine, on songe à se laver du péché, on le compare ii un ulcère dont on veut laguérison (Salidemi, et c'est ainsi qu'on fonde la théorie du salut. On trouve la société corrompue, on recommande do la fuir, on commence à déclarer que l'homme est méchant. Les écoles de philosophie ne sont plus des lieux fermés, on en ouvre les portes au peuple, on lui parle, on constitue une véritable Eglise. Les philosophes accompagnent les hommes qui vont au supplice. Sénéque ouvre ;ï deux battants les portes au christianisme. C'est lui qui console Marica de la mort de son fils en lui faisant voir le néant de la vie. Ce sont les sto'ïques romains qui défendent la vertu de la femme, la dignité de l'homme. On voit trop cette époque romaine par les historiens des règnes de Claude et de Néron qui envisagent surtout les débauches des grands, et cependant ce sont eux qui disent que « partout où il y a un homme il y .a place pour un bienfait. » La misèi'c et sacrée, res est sacm iiu'iey. Les femmes sont initiées à la philosophie (V. le beau discours de Musoniusl, et aussi les esclaves. Les chrétiens n'ont qu'à s'e substituer aux p.ai'cns. Sénéque. qui a \q% juifs vw haine, ne contribue pas moins à la formation de leur morale ; ces chrétiens essaient d'en faire un chrétien ; s'il eut connu les chrétiens sous leur vrai nom, il les eut méprisés parce qne les chrétiens n'étaient pas pour pratiquer sa morale. De toutes les âmes supérieures on fait des divi en attendant qu'on en fasse des Saints. Il y a des démons, uu di.able. Les anges des chrétiens sont les dieux subalternes du paganisme, et fertullien l'avoue. L'esprit d'humilité et de mort s'emparait du monde las de vivre. Ce juste de Platon qui meurt fouetté et .supplicié et celui de .Sénéque cloué les bras sur la croix sont des précurseurs du Christ. L'Eglise prit ainsi toutes les pratiques du paganisme. Elevée contre les romains, elle devint l'Église romaine, catholique parce que les romains avaient Tcvé la domination universelle. Rien de neuf, on le voit, pas même le principe d'autorité. Le pape ne fait que continuer le vicariat du peuple romain. L'amalgame est complet entre le p.aganisnie et le christianisme. Ces religions ont le même s/ing dans les veines. Elles ont eu même vie. Elles ont la même niori

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