‹ Catechisme du libre-penseurChapitre 20 sur 34 · SECTION II · texte numérisé non relu

SECTION II

lA MORALE DE L'EGLISE

l)i: LA MORAl.l'. RI-I.ir.lRUSi:.

Q. — La religion chrétienne est-elle la source de toute morale ?

R. — Non, car elle ne contient aucune donnée morale qui lui soit propre et qui ne lui vienne îles religions ou des philosophies qui la précédèrent ou l'accompagnèrent.

(). — Ce qui lui appartient en propre n"esl-il donc pas moral l

R. — Généralement, non (i).

1 l.cs<iii^;- .1 lUt i|iu' II- i|ci'il y .1 <!<■ vr.il dans 1(^ clirisiianiv;])!!' n'est ji.as niiiiM-.in cl ipic 11' (lu'il y a ilr iminr.n! n •■M ]i.is M'ai.

154 CATI-CIIISMK DU I 1 P.Ri:-PFNSF.rR

PAR RAPPORT A ["IIOMMK V.T A LA FFMMT.

Q. — L']\glise regari.le-1-elle l'iiomme comme douJ .iunc nature élevée et d'une haute moralité ?

11. -— Non. Le Seigneur s'écrie dès la Genèse : u L'esprit de l'homme cr toutes les pensées lie so!i creur sont portés à mal dès sa jeunesse » (i).

Q- — Qu'est-ce que rKglise fait de la chair ;'

R. — La chair lui est odieuse. C'est une abjection dans laquelle Saint Augustin nous apprend qu'il v a toujours un serpent, nos sens et notre nature ; une Eve, qui est l'appétit concupiscible ; et un Adam, qui est la raison, trois choses également nuisibles et dangereuses (2). Aussi Celui qui souille, qui torture le plus qu'il peut cette chair est-i! des plus saints {■]).

[i] V. L.T. G^.ncse. t't l'iauin pr. U:'l>piasi : ■■ Tous los liomm,^."., .i r.Tniliirncpr dfpuis fonfancc, font Ix^.iiicoup plus de mal que de bien. ■•

(2; Platon, AV/. /V ; Ai /iar//>- iiifi'rienre de l'âme se compose do trui'^ parties : la r.aisonnable, l'irascible et la concupiscible. (W note Plalon

i.i" Los plus grandes extravagances sont les pins nobles choses. Mortiiii'r ':.i cliair est une jouissance céleste, la mortiKcation est l.a vraie clef du liaradis. ),es plus grands saints sont ceux qui se lavent le moins, ec le' adorateurs de la Trimourti indienne sont dépassés Tre le recueil des lîollandistes, Vies des SaiiitsK Jacques le- Juste, un des frères de Jésus, ne but jamais, ne mang-^a jamais de viande, ne se parfuma pas et r.iarclia toujours les pieds nus (V. Eusêbe et saint Géronie]. Un autre Paint .'^iméon .Stylite : « ayant eu la pensée de s'éloigner des hommes jiour dcm.^urei- incessamment .ive.'; J)ic:i. se bâtit, auprès d'Anlioclie, en |2o. u:n- ciloaiie sur laquelle il denieur.i irentc tiois ans, jusqu'à sa mort. Jamais il nr s'assit. Les jin-mièri's aiinécs. ))our se soutenir, il se fit ;\tt.ichi^r .1 un pot'Vpi, niriis il ;i:irvint .1 se pas:er d'^ re seco-.;rs. et il

Q. — Commeni rKglise considèrc-t-elle la femme ?

R. — L'Église hait, exècre, abomine la femme. La femme est la cause du péché, elle est impure, elle est impudique. Le deuxième concile de Màcon, tenu en 583, agita la question de savoir si la l'emme appartenait à l'iumianité, et il ne se prononça pour lailirmative que parceque Jésus-Christ est né d'une femme (i).

(Icmoura plusieurs annOes sur un piod, l'autre i''t.int rongé par un ulri-re, II jeûnait souvent quarante jours de suite, et, dans les temps ordinaires, il ne mangeait qu'une fois par semaine.» ilais par où ce saint est surtour remarqu.able, c'est que sa vicie étant venue pour le voir, il ne permit p.ns qu'elle franchit la muraille dont il avait fait entourer sa colonne <ip petit- qu'il ne courut, eu la voyant, êtes pensées, incestueuses ; 11 l.i laissa mourir de chagrin, et permit seulement qu'on apport.'it son cadavre devant lui.

Puisque nous touchons à la vie des saints, disons que les miracles et autres extravagances dont on fait si grand cas chez les chrétiens, sont dépassés de bien loin par les saints bouddhistes. En regard du fameux Saint Siméon, plaeons ce passage des J'êdas : « Ravi en explorant cette belle forêt, Ardjouna se livra à de rudes austérités. Brillant d'une splen deur terrible, couvert d'un vêtement d'herbe, muni d'un bùton et de l.i peau de la gazelle, il so nourrissait de fouilles sèches tombées à terre. ne trois nuits en trois nuits, pendant trois mois, il mangea des fruits : il passa le second mois en mettant le double d'interv.alle ; il passa le troisième mois en ne prenant de la nourriture que tous les quinze jours, et le quatrième mois enfin étant venu, !c fils de Pandon avait l'air pour nourriture, f.es bras levés en haut, il se tenait sans appui, debout, sur la pointe de ses pieds. " C'est plus beau, plus noble, plus poétique qu'aucune des légendes pieusement recueillies par les bollandistes et. presque toujours souillées des plus grandes monstruosités de J'appétit concupist ible. n n'y .a qu'un miracle qui n'a pas son pendant chez les Hindous et qui prouvera jusqu'à quel point le chrétien va dans ces sortes de faits: L'xpr rei!!nf!sii in sodomis jam non cnro corvuptibilis, sed statua salés seviper vinuens, rt ver untiirolin cri ijim- <iriut consvetiidiuis lioaiiuis osteudeut (S. y. auij. '

! On n vu des conciles agiter la question de savoir si Dieu eut pu naître femme et K- nier avec horreur. - Y. .Afansi, Concil ; V. aussi //ist. rlironoloi;iniir et 'i'(i;;iiinfii!>ir des roiirf/''s p.nr Rnisselet de Saurlières. ron tinuée p.-i" r.-ibhé An.liê ,rAv.-il..i, .

i;ô CATl'ir.HlSMR Dt: IJBRE-PENSEUR

Q. — Quelle différence TK^Hsc etabliM-elle entre rhomme et la femme ?

R. — L"homnie a -Jtc lait l'image lie Dieu, mais la Icmme a été tirée de l'homme. Dieu a créé rhomme pour lui, Dieu, mais la femme n"a été créée que pour l'homme. La BiWe et Saint-Paul lont assez entendre que la femme n"a absolument rien qui vienne de Dieu. Bossuet ne lui accorde d'autre valeur que celle « d'une côte surnuméraire ». Il est défendu à la Icmme de rece\oir le pain de la Cène autrement que sur un linge préparé à cet elï'et. tandis que les hommes sont simplement invités à se laver les mains (ii. .Saint Paul déclare que « l'homme est le chef de la femme » (21. Il ajoute: (i l. 'homme ne doit pas se couvrir la lèic parcequ'il est l'image et la gloire de Dieu, mais la femme doit se couvrir la tète >■. Il dit encore: i' (^ue hi lemme s'instruise en silence et en toute soumission, .le ne permets pas à la lemme d'enseigner, ni de prendre autorité sur l'homme, mais je lui ordonne de demeurer dans le silence (-î) )>. La lemme chrétienne portera éternellement le poiils des

.1, Concile d'Avixerre, en 578 : ii/ui'ii inntni rr/r/imisfinin nrriprr,

(zî Miilieres mpiit ':■/'/:

'■\) On .a un peu changé tout cela. \.os hommes se couvrent plus la tôte i]\\i' les femmes, les piètres ont de plus Rranils ch.npeaux i|ne les antres lion\mes. et il V .1 (1rs drilres ilr t'eiiinics riisc\-;ii;inl--.

CAii:cilis.Mi; r»i i.ii;RiM>F,NSEUK J5f

terribles paroles du Christ à sa mère: « Qu'y ^i-t-il de commun entre toi et moi, femme? )> (i).

1>AR RAl'l'UKT AU CONCUBIN AGI] Ll A lA POLYGAMIE.

Q. — Qi-ici est le premier résultat de cette haine pour kl femme'?

'i) Après avoir avili ainsi la Icmiur, TK^liso, (l;ui> iiii inu'rêt ilc sccU', a entrepris de la relever et n'est pas loin de la faire supérieure a l'iionirac, mais ce n'en est pas moins contraire à son caractère primitif.

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