V. la partie de ce livre intitulée Morale
La vie de l'homme appartient toute entière au Seigneur auquel on doit rapporter toutes ses actions. Saint Paul dit : « C'est pour le Seigneur que nous vivons. Soit que vous mangiez, soit que vous buviez, faites tout pour la gloire de Dieu. » Nous devons donc à Dieu tout ce que nous faisons et il devient dès lors difficile de le chasser de sa pensée. Ecoutez Saint Jean Climaque fScala Paradisi) : « Celui qui aime Dieu aspire au ciel de toute son âme, écarte et rejette toute affection, tout intérêt pour les richesses et la puissance, pour les parents et pour la gloire humaine, pour les frères et pour les amis, en un mot, pour toutes les choses mortelles qui sentent la terre. Celui qui aime l>icu poursuit de toute sa haine tout sentiment, tout souci des choses qu'il .i bannies de son cœur, et avec elles il hait son corps à lui-même, et nu, et vide de tout souci, il suit bravement le Christ, toujours haletant après le ciel. " On ne peut pas abaisser, avilir, d'avantage la nature humain.e. Aussi comme ,\lolière est vrai, lorsqu'il écrit de « l'imposteur " ;
(,)ni suit bien ses leçons goûte une paix profonde
l'.t comme du fumier regarde tout le monde
Il m'enseigne à n'avoir affection pour rien ;
J)c toutes amitiés il détache mon âme ;
l'.t je verrais mourir frère, enfants, mère et feninii-.
Que je m'en soueirais autant que de cela.
l'-t Cléanle à tort de se récrier. Ce sont bien la les sentinicnls, non du seul Tartuffe, mais du chrétien ennemi de l'homme et de la famille et c'est pour cela que h: Tartuffe sera éternellement craint cl maudit des cagots. - V. plus loin.
158 CATi':ciiisML bv lij)Ri-:-im:nselr
R. — Le premier résultat de cet abaissement de la lemmc est de lavoriser le concubinage.
(). — L'Eglise ne prohibe-t-ellc pas le concubinage?
R. — • Non. Le Concile de Tolède, tenu en foo. admet la concubine au même rang que l'épouse, du moment où elle est la seule femme de l'homme (i).
Q. — N'a-t-ou pas été plus loin ?
R. — La polygamie lut pratiquc-e longtemps chez les chrétiens et le pape Grégoire IL en 726, l'institua en disant : « l'homme qui a une épouse incapable d'office conjugal en peut prendre une seconde, à la condition d'avoir soin de la première. )>
r.NR RAPPORT AU MARlAGh.
Q. — LLglise admet-elle le mariage^
R. — Elle l'admet, mais elle le déteste.
Q. — Apprenez-nous ce quelle dit du mariage.
R. — Le pape Saint Cirice nomme le mariage u une immoiidicité, une polluation de la chair. » Pascal, qui est versé dans la morale chrétienne, dit
'i) <( Il y a deux espèces de mariage chez les sauvages » dit Cliâtcaubriant c le prcniici' se fait par le simple accord de la femme et de l'homme : rengagement est pour un temps plus ou moins long et tel qu'il a plu au couple qui se m;iric de le fixer : tel était à peu près le concubi nage légal en Europe dans le VIII" Ci le XI" siècle. •'
CATLXHlSMi; DU LiBRL-l'ENSLL R l ^0
que « le mariage est la plus périlleuse et la plus basse des conditions du chre'tien, » Saint-Je'romc est un peu plus conciliant : « Nous acceptons le mariage » dit-il « mais pour lui préférer la virginité. )) Saint Augustin nous apprend que ; c la volupté est de soi mauvaise, et que le mariage n est pas un bien. S'il peut y avoir de la chasteté dans le mariage, cest seulement à la condition que les époux, en aucune circonstance, ne perdent jamais le but de leur union qui est de procréer des enfants, non pour le plaisir de les faire et de les aimer, mais ]"'Our accroître le nombre des serviteurs de Dieu (i). ') Pouvoir rester vierge, même et surtout dans le mariage, demeure la vertu suprême (2), donc abomination du mariaae.
PAR RARPORl AL DINORCL ET A L'ixNCESTli.
il- — L'Église admet-elle le divorce ?
K. — Non, l'Eglise n'admet plus que les époux divorcent, mais il y a eu des temps où elle admettait celte institution de haute moralité.
Q. — L'Église n'a-t-clle pas béni des mariages incestueux ?
(i) V. Siiint AuiiUi;tin, Tiaii-j des noc. vl Je Li Conçu Itàeence. 2' V. tlcins Grégoire do i'uurs, riiiitoirc J iiijuriusus, sûnatcur d'Arvcrnic.
i6o (jA"i'ix:iiis\ii. 1)1 i.iiiin;-iM:Nsiii k
R. — Si, l'Ki^lisc a clc jusqu'à bcnir Jcs mariaijcs ' ciiirc irèrcs et sœurs (i).
l'AR RAPPORT A I.")!;M'AN'1".
Q. — L'Kglisc nadracUaiil le jnaiia^e cjue comme nue condition basse et vile, comment considère-t-elle reniant i
H. — Comme une chose qui doit lui être entièrement consacrée, comme le bien de l'Église plutôt (juc le bien des parents (2).
(^. — La religion inspirc-t-elle à Tenlant le respect et Tamour de ses parents ï
R. — Non. I/ancifnne loi disait ; '( Honore ton père et ta mère alin de vivre longuement sur terre >', mais, après la \cnue du (>hrist, il ne taut plus \ivrc longuement, la mon anticipée est un bonheur, et c'est de peu les titres de père, de mère, de frère, de sœur, donnés par la nature. Jésus dit : « X'appcU'i
1) Ancieiincinciit rÉglise avait l'habitude Je bénir les tlrap.s du lit nuptial (V. Lacépèdc. /tt'si. s^ii. p/iys. et civil.l et elle refusait la communion aux veuves, excepté aux veuves des prêtres V. Conciles de Toicdc, d'Auxerre et de llùcon). \'. Mansi, coiicil. discussions sur ces sujets. La bénédiction d'un mariajîc quelconque était une affaire d'argent.
(2) Doux histoires récentes prouvent la faeon dont l'Eglise aimerait à (np lurcr tous les enfants: celle du jeune juif Mortara.à Rome. et celle de la jeune juive .Sarali Jlayer-Lcnnervier, plaidée devant la cour d'assises de l'uy de Dôme; deux enfants enlevés a leur parents sous prétexte qu'ils avaient été bap tisés à l'insu de leur famille et que tout baptisé étant chrétien est la propriété de l'l''.f;lisc. L'Ej^liso voudrait enlever tous les enfants pour en faire ses serfs et exploiter leur travail, comme les couvents font déi.i j^our quelques uns
CAIKCIIISMI': I)L Lli'.RL-lM:NSl:;UR l')l
personne sur la terre votre père, car vous n'avez qu'un père qui est dans le ciel (i) ». Saint Paul dit ; « Obéisse:^ à vos parents, mais seulement selon la loi du Seigneur )).
Q. — L'Église n'accorde-t-elle donc aucune autorité aux parents ?
K. — Si, l'Eglise accorde aux parents une autorité exorbitante du moment où cette autorité s'exerce pour la consécration de l'cnlant à l'Eglise. L'Eglise autorise le père à consacrer son fils à Dieu, dans un monastère, dès son bas-âge, sans que ce lils puisse quitter le monastère à moins qu'on ne le remplace par un homme du même âge et de la même force que lui au moment de son départ (2).
l'AR RAPPORr A I.A I A,\l II.l.i;.
(^. — L'Eglise avilissant l'homme, la lemme, détestant le mariage, est évidemment contraire à l'esprit de famille ?
R. — Oui (3), et voici comment le fils de Dieu
(1) Y. Ev. sel. Saint Matthieu.
(2) Monaiien'o darî poiest titfans pro ùij'anlc. L'Eglise s'est souvent élevée contre l'.autorité attribuée au porc dans l'antiquité (V. plus loin) mai? n'était-ce pas un pouvoir plus exorbitant que celui de tuer, celui Je clouer pour sa vie entière son enfant dans un cercueil ?
(i) Comment ne serait elle point contraire à la famille cette religion qui en effarait l'usqu'au nom, qui au nom patronymique substituait un nom do
102 CAii.ciiisMi:: bi ].ii'>iUM'i:NSi:rR
est venu consolider la famille et apporter la paix dans le monde : ^ \'ous pensez que je suis venu apporter la paix, sur la l'erre ? Non, je vous le dis, mais les divisions. Je suis venu mettre le leu sur la Terre et qu"ai-je à de'sirer s'il est déjà allume ? Désormais ils seront cinq dans une maison, divisc's trois contre deux et deux contre trois. Le père sera en division avec le lils, et le lils avec le }^ère ; la mère avec la lille et la lille avec la mère ; la belle-mèrc avec la bclle-lille et la belle-tille avec la belle-mère (i). Le iVèrc livrera son frère à la mort et les enfants se soulèveront contre leurs pères et les feront moiirir (2). )>
r\R RAl'i'OKT A I,'|;.nCI A\ AGE.
Q. — L"Églisc a-t-clle établi règalitc entre les hommes et détruit l'esclavage ^
R. — Non, ce sont là deux prolondes errcius : rKglise n'a jamais établi rv.'galitc eiure les hommes ni ilans ce monde ni dans l'autre, et il n'y a rien
b.Tptcmc, qui, lu où cxiitail la .t:('i;s,\a où on se numinait Clauiliiis ctCoriK-lius, jetait ou un Paul ou un Pierre qui devait être forcé, plus tai'd, a se refaire un nom de. famille du nom d'une terre ou d'un sobriquet / Un supplicie, voila par i|Uoi on remplaea les dieux de la nature, un sobriquet, voilà par quoi on rem ))lai;a la famille, et ce fut à la philosophie de reconstruire l'indestructible foyer.
(i) V. Saint Luc.
I2) V. Saint Jlatthicu.
de plus faux que d'attribuer au christianisme l'abolition de l'esclavage. Guizot (i) écrit : « L'esclavage a subsisté longtemps au sein de la société chrétienne. On a beaucoup trop répété que l'abolition de l'esclavage dans le monde moderne était due complètement au christianisme (2). » On fait dire à Saint Pierre : « Esclaves, soyez soumis à vos maîtres avec toute sorte de respect et de crainte,
(i) Guizot, hisi. de la civil, en Europe. Guizot, historien et homme politique nû à Nimes en 1787, mort 1874.
'2) « Une objection très-familière aux défenseurs de la tradition, est celle qui consiste à étaler les plaies de la société antique, les cruautés de l'esclavage (A), celles de la guerre, la torture, l'infanticide permis et reconnu comme un droit, les mignons, les eunuqaes, les carnages de l'amphithéâtre et la prostitution forcée ; et puis ils disent : Voilà ce qu'était le monde grec avant le Christ. C'est oublier bien facilement que le monde après le Christ a conservé longtemps les mêmes misères, que l'empire b3/:antin a au moins égalé l'autre en scandales et en horreurs ; que même sous la chrétienté moderne, la Rome des papes a été quelquefois aussi impure et aussi sanglante que celle des Césars ; que la torture a duré jusqu'à la Révolution Frauf-aise et que l'esclavage dure encore. Car il n'y a pas de plus grand exemple des illusions que peuvent se faire les crojants que de faire honneur au christianisme et à l'Église de l'abolition de l'esclavage ; quand il est certain que rcsclavagc a subsisté dans l'empire chrétien comme dans dans l'empire pa'i'en, qu'il a duré assez avant dans le JIoycn-Age, que le servage existait encore en France à la veille de la Révolution ; que l'esclavage des noirs s'est établi sous le règne de l'Eglise, qu'il persiste encore aujourd'hui dans deux Etats et que ces Etats sont catholiques , qu'il »'a commencé à tomber que depuis le dix-huitième siècle, c'est-à-dire depuis que les Eglises menacent ruine ; et qu'à l'heure qu'il est la Papauté qui condamne si facilement et si impudemment tant de choses n'a pu encore se résoudre à le condamner. L'Eglise a régné dix-huit cents ans, et Fesclavage, la torture, l'éducation par les coups, biens d'autres injustices encore, ont continué tout ce temps, de l'aveu même de l'Eglise et dans FEglise : la philosophie libre n'a rogné qu'un jour, à la fin du XVIH' siècle, et elle a tout emporté presque d'un seul coup. V. E. Havet, le christ, et ses orit;ines, pré/..
(A) Comment l'esclave eut il été durement traité, puisque l'athénien le faisait participer à son culte domestiqu(^ et qu'il devait l'inhumer au tombeau dcsa tamillc? Et l'esclave devenu client était si bien protégé par la loi romaine que celle ci disait : « Si le patron a t'ait tort a son client, qu'il soit maudit, saccr csto, qu'il meure. "
104 CAlIiClllSML DL LlliRK-PENSEUR
et non-sculenicnt à ccli\ qui sont bons et doux, mais encore à ceux L]ui sont rudes et fâcheux. lu quel sujet de gloire avez-vous si c'est pour vos lautes que vous endurez les coups et les soufllets ! » Saint l'aul tient un semblable langage : « Esclaves, obéissez à ^■os maitrcs selon la chair a\ec crainte et tremblement, dans la simplicité de votre c<eur, comme à Jésus lui-même. Que cJKicun demeure en l'état oii il était quand Dieu l'a appelé. Lors même que tu }Mjurrais de\enir libre, reste plutôt dans la servitude (i). » Saint Philc'mon, le collaborateur de Saint Paul, dont, la maison était à Colosses, en Asie mineure, possédait des esclaves. Tous les pères de TP^-glise maintiennent l'esclavage. A Rome, au IV^ siècle, des maisons chrétiennes ont jusqu'à deux et trois mille esclaves (2). Il n'y a là rien qui scandalise. L'esclavage est d'origine divine. C'est par l'inspiration de Dieu que Noé a maudit Cham : c Que Chanaan soit maudit, qu'il soit à l'égard de ses j'rères l'esclave des esclaves. (^)ue le Seigneur, le Dieu de Sem, soit béni et que Chanaan soit son esclave. » L'esclavage est con.sacré par les lois dites de Moïse. // n'c.visW pas lui moi du Christ contre l'esclavage. Bossuct le recommande et aussi Hailly iV). Quand se lit le
I V . SaiiiL i'aul, X Cui intii..
.- V. \\.x\\m\,dcl'cscl.dail!>l'niititi..
, \' r.iullv. thtot. dof;. et tiiorolf.
CATECHISME DU LIBRE-PENSEUR l6;
mouvement des Communes, le clci'2;c s"\' opposa surtout en raison de ratlVanchissement des serfs, car « les prélats avaient leurs serfs, non moins que les princes séculiers, les abbés tout aussi bien que les barons, les moines comme les gentillàtres (i).» (i Le Christ » dit J. J. Rousseau (2) « ne prcche que servitude et dépendance. Son esprit est trop faporable à la trrannie pour qu'elle nen profite pas toujours. Les vrais chrétiens sont faits pour être esclaves. » Machiavel (3) écrit : u Les doctrines du Christ qui recommandent uniquement le courage passif et la patience, ont con'^tamment réprimé le courage de l'esprit humain et Tout préparé à l'esclavage et à l'asservissement. » Les Grands Jours d'Auvergne eurent à juger beaucoup de crimes et d'infamies commis par des prêtres sur leurs
il) V. p. Larroquo, t/r l'i'sc/a^'agf,
'-) J' J- Rousseau. X. los uotcs.
'.;; ^lachiavcl, m; à l-'lorcnce, mourut on 15 ;o. Tiaylc a dit do lui ; « Tl a rtr un homme d'un trc?;-bcl osprit et une trcs-bello ijlumo. " 11 nous a montre- dans sa coracdie Cliiîa, qu'il fut, de très-bonne heure un homme irrêlii^icux, ot il le fut encore plus vers la iln do sa vie, alors que dépouille et misérable, il se moquait do tout. Jlachiavel est surtout connu par son fameux livre intitule; f.e. Prince, qui explique l'art de régner tvranniquement. D'aprè.s ce qu'en disait Amclot de la Houssa ye, v ce sont les princes qui ont appris à Machiavel rc qu'il en dit », si bien qu'on pourrait lire If Prince comme un livre de critique ; et, en effet, l'occalin déclare que l'un apprend très-bien dans l'histoire les principes que Machiavel a résumés. Amelot de la lloussayc dit encore que (I Machiavel qu'on fait passer partout pour )c maître de la tyrannie, la déteste plus que pas un des hommes do son temps, ainsi qu'il est aisé de voir par le chapitre X du premier livre de ses discours où il parle, très-fortement, contre les tyrans » (V. frèf. des œiiv. de Mac//., et ies nouvelles de la Ré/>iibliqiie des lettres de 1687). Nous pensons que le livre de ^Machiavel suffit pour inspirer l'horreur de la tyrannie et que pour cela il demeurera éternelleiVient un beau et bon li\ re
i66 CATKCHiSMi: m; i.ibrk-pensf.lr
esclaves. Les chanoines de Saint Augustin avaient des esclaves. Fléchier (i) les en louait. Les derniers serfs, en F'rance, appartenaient à l'abbaye de Saint Claude qui ne consentit à les allVanchir, en 1781, que moyennant une indemnité de vingt-cinq mille écus. La Kévolution abolit l'esclavage sur tout le territoire de la République. Bonaparte ayant restauré la religion chrétienne le iS germinal an X, il rétablit, le so lloréal suivant, l'esclavage et la traite dans les colonies. La République de 1848 abolit définitivement l'esclavage sur le territoire français. C'est donc contre l'Église que l'affranchissement de l'homme a été conquis (2).
fi) Fléchior, évéque de Ximcs, lu' ù Pcrnes (comtô d'Avignon' on iG;,2, mort en 17 10.
{2) V. \V.-ilIon, tfr /'rsc/aî-'û^çv dans ranfit]iiiti' .
Il faut rapprocher de la morale de l'Eglise sur l'esclavage la philosophie antique, afin de juger de la différence qui existe entreellcs. Socrate recommande au maître de se concilier l'affection de ses esclaves, d'user toujours de douceur envers eux, il glorifie le travail et demande : n Quels sont les plus justes de ceux qui travaillent ou de ceux qui restent les bras croisés ? » Et il répond : ceux qui trav.iillent. Solon reconnaît dans l'esclave un homme dont l'âme peut s'ouvrir à l'honneur et à la vertu et qu'il faut respecter dans sa vie et dans sa pudeur. 11 défend au maître de tuer un esclave. L'esclave pouvait toujours se réfugier dans le temple de Thésée et changer de maître, Platon supprime l'esclavage dans sa république. Arlstote nous apprend que, de son temps, tous les sages étaient de cet avis : « Que le pouvoir du maître sur l'esclave est contre-nature. La nature fait des hommes égaux, donc l'es cl.avage est une injustice, attendu qu'il est le résultat de la violence ». Au rapport de Théopompe, c'étaient les habitants de Chio qui, les premiers, avaient introduit en Grèce l'usage de vendre et d'acheter des esclaves, et pour ce fait, l'oracle d'.Vpollon Delphicn déclara qu'ils s'étaient attirés la colère des dieux. Des solennités rappelaient, de temps en temps, que maîtres et esclaves étaient égaux. Diodore de .Sicile disait des indiens qu'ils avaient une ancienne loi, digue en tout p<jint d'envie, en vertu de laquelle ■> nul parmi eux ne peut être esclave, et tous étant libre.i, doivent en toutes choses observer légalité. » l'^t Homère, dans l'Odvsséc s'écrie ; « Les dieux ont ôté à l'homme la moitié de r.i vertu le jour nii il a été r.''diiit e:i escl;iv;ig.'. "
CATKCHiSME Ht' f .intlH-PENSErR 167
l'AR RAPPORT Al IRANAIi..
Q. — L'Église honore-t-clle le travail ?
]i. — Non, Le travail est le résultat du pJehe, c'est lu peine attachée à la condamnation d'Adar.1, c'est seulement après avoir été chassé du Paradis terrestre que l'homme est forcé à travailler, qu'il doit cultiver la Terre et gagner son pain à la sueur de son iront ; le travail fait partie de la malédiction de Dieu, il est donc un objet de répulsion, de mépris, d'horreur. « Si j'avais à rechercher )) dit Guizot <( quel a été le mal le plus profond, le vice le plus funeste de cette ancienne société qui a dominé la France jusqu'au XVL' siècle, je dirais, sans hésiter, que c'est le mépris du travail (i). »
PAR RAPPORT A I,A PROPRlllTi;.
Q. — L'Eglise admet-elle lu propriété ? R. — Non, l'Eglise n'admet pas la propriété. Q. — Pourquoi ?
R. — Parceque le christianisme est éminemment communiste.
(i; Guiznt, r/t' hi àrmorrntic.
l68 CATÉCHISME DU' LIBRE-PENSEUR
Q. — Sur quelles paroles appuyez-vous cette assertion ?
R. — Le Christ ne connaît que misère et nudité. Il a répété maintes fois que les riches n'entreraient pas dans le rovaume du ciel ; il dit : <( Quiconque ne renonce pas à tout ce qu'il possède ne peut être mon 'disciple. Vendez tout ce que vous avez. » Il n'y a pas de plus grande négation de la propriété que le christianisme. Les premiers sectateurs de Jésus apportent aux pieds des Apôtres tout ce qu'ils possèdent. Saint .lustin (i) écrit : « Nous mettons en commun tous ce que nous avons et nous partageons entre les indigents. » TertuUien dit : « Tout est commun entre nous. » Il y a des sectes chrétiennes qui ont étendu, qui étendent encore, le communisme jusqu'à la femme, en s'appuyant sur des versets des Évangiles. La communauté régie par le prêtre est le seul mode de vivre vraiment chrétien. Tout chrétien qui est propriétaire n'est pas chrétien, et « un chameau passerait plutôt par le trou d'une aiguille qu'un riche n'entrerait dans le rovaume du ciel. »
I Saint Justin est un des pères qui ont sanctifié Socrate, Heraclite, etc., et qui disaient : « Ceux qui ont connu une partie de la vérité et vécu selon la raison dans les temps anciens ont connu le Verbe avant sa venue sur la terre ot (int été chrétiens. » V. fmn. npol. fotir les chrit
CATÉCHISME DU LIIiRE-PENSFAIR lÔQ