‹ Catechisme du libre-penseurChapitre 9 sur 34 · DE LA VIE ÉTERNELLE · texte numérisé non relu

DE LA VIE ÉTERNELLE

Q. — Sommes-nous des corps isolés dians la nature?

R. — Non, il n'y a rien d'isolé dans le monde et nous sommes rattachés à la chaîne infinie des existences diverses.

Q. — Notre corps ne se détruit donc pas après la mort ?

R. — Non, notre corps n'est pas détruit et rien ne se perd dans la nature.

Q. — Si nous n'avons pas une vie luture, notre vie est-elle éternelle ?

R. — Oui, notre vie est éternelle. La J.estruction n'atteint l'homme que ilans sa personnalité.

i). — (^ue dit Epicure par rapport aux corps ?

R. — Epicure dit : '; Rien ne vient du néant, rien n'y rentre. »

(i) Feltx qui pofuii ":nim co^iwsccî-e causas, a ûcrit Virffile

Q. — Comment s'accomplit notre éternité"

îv. — Par les décompositions et recompositions successives des corps,

Q. — Ces transformations s"opèrcnt-el!es de notrvivant ?

II. — Certainement. « Aucun changement d'aucune espèce !) dit Th. Laycock(i) c ne peut se produire ou se continuer dans l'esprit ou dans la conscience, sans qu'une série correspondante i.!c changements ne se produise dans le tissu cérébral. )) Il en est de même pour toutes les i'orces dépensées par les organes et qui sont immédiatement reconstituées. Cela jusqu'au jour où ces forces se dispersent sur rcnscmble des corps de la nature (2).

Q. — Comment un corps se dissout-ii et rentrc-t-il dans l'organisme général ?

R. — Lorsqu'un corps organisé est exposé aux inliuenccs réunies de l'air, de l'eau, et d'une température relativement élevée, il subit une série de décompositions chimiques dont le terme linal est sa transformation en gaz acide carbonique, ammoniaque, azote, en eau. et en quelques composés solides ou gazeux qui représentent des produits

;i) Laycoc!:. — V. bs rcv:ies publiées chez Gormcr-Iîailliérc, â Paris.

[2) L'éternité ! elle semble toute entière contenue ilans ces paroles do Virgile : tino avuho non déficit aller : Vun tnmbc, au même instant un autre Uremplace.

r/épigrammo Je LéoniJas di Tarente, conservée dans 1'. liiiJtologie est : i InSni, o homme, était le temps avant que tu vinsses au rivage de l'Aurore; infini au^si sera \: temps après que t'.i auran disparu dans l'Erèbe. ■■

moins avancJs de dcstru-rlion. Les î^az azote, acide sulphidrique, ammoniaque, et la vapeur d'eau, se répandent dans Tatmosphèrc ou se dissolvent dans rhumidiîc du terrain. Plus tar.l ces campose:, ainsi dissous dans l'eau qui 'oaigne le sol, sont absorbés par les radicelles des plantes qui poussent sur ce terrain, et ils servent à la nutrition et au dcveloppemcnt de ces plantes. Quant aux yaz qui ont commencé par se disséminer dans l'air, ils retombent plus tard sur le sol, dissous dans beau des pluies, et servent également aux besoins de la vie véi^étalc. Absorbés par les racines, l'ammoniaque et l'acivle carbonique, tiissous dans l'eau qui imprègne le sol, s'introciuisent dans les canaux lies plantes et contribuent à leur nutrition. Un bœul vient qui mange l'herbe, nous mangeons le b(eu! comme nous mangerons les grains du blé. Ainsi la matière animale n'est pas détruite, elle ne lait que changer de forme, et sous cette forme elle nourrit de nouvelles substances organiques.

(0. — Ainsi la m.ort, à -proprement parler, n'existe pas ?

U. — Non, puisque la mort entretient la vie.

Q. — Comment rinilivid.u mort se relie t il à la vie générale, à l'uruvcrsalllé ?

R. — Par l'immense imité J^e compositi<.)n de tous les corps vivants de la nature.

CATÉCHISME Dli LIP.RE-PF.NSEUR 4:

Q. — Qu entendez-vous par cette unité de composition ?

R, — Voici l'explication qu'en donne Paycn (i) : (( Une loi sans exception me semble apparaître dans les faits nombreux que j'ai observes et conduire à considérer sous un nouveau Jour la vie végétale. Si je ne m'abuse, tout ce que la vie directe ou simpliliée nous permet de discerner dans les végétaux sous la forme de cellules ou de vaisseaux, ne représente autre chose que les enveloppes protectrices, les réservoirs et les conduits, à l'aide desquels les corps animés qui les sécrètent et les façonnent se logent, puisent et charrient leurs aliments, déposent et isolent les matières sécrétées. Afin de compléter l'énoncé du fait général, je rappellerai que les corps doués de fonctions accomplies dans les tissus des plantes, sont formés des éléments qui constituent, en proportion peu variables, les organismes animaux; qu'ainsi l'on est conduit à reconnaître l'immense unité de composition de tous les corps vivants de la nature, n

Q. — D'autres sont-ils venus appuyer les observations de Payen ?

R. — Oui, beaucoup de savants (2) sont arrivés

(i) Paycn, chimiste français nû en 1795. — V. Ses œuvres sur la chimii.' et principalement ses Mciuoires sur les dêvcloppCDirnts des végéiaiix.

(2) Principalement les allemands qui ont acquis une véritable supériorité on fait do critique religieuse et de philosophie scientifique. Malheureusement, leurs livres, si abondants en recherches, si savants, sont d'une lecture aride dî manquent, on grammaire, do syntaxe, et, en logique, de sjnthès:*.

à la notion de l'unitc fondamentale de structure de tous les êtres vivants. Schultz (i), Kuhn (2), ont accumulé les preuves morphologiques (3), phvsioloiricjues et chimiques de l'immense unité de composition de tous les corps vivants de la nature (4).

Q. — Ainsi la mort et la vie, les plantes et les animaux, Tair, la terre, l'eau , le feu, tout se môle, se confond, ne fait qu'un?

R. — Il y a entre tous les corps de la nature un échange de forces vitales, ou force productrice des changements dans les tissus, qui se développe sous l'empire des éléments, et va. au-delà de la mort, se résolvant en combinaisons chimiques, faire servir ce qui a cessé d'exister indùviduellement à la vie générale, ne faisant qu'uii avec les corps organiques, non-seulcmicnt dans le présent, mais dans le passé et dans le futur, ce qui cons^titue la vie éternelle (^).

(i) Schultz-Schulzcnstein, physiologiste allemand, né en 1798. — V. La ■nature de la plante vivante; \q système, naturel du règne végétal; le nouveau systlîtie de morphologie végétale; et le système de la circulation considéré d.in% son développement dins le rci^nc r.niinnl et dans V homme.

(2) Kiihn, cliimisto allemand contemporain. — V. Son essai d'ii7tc anthropochimie. I

(3) Morphologie, histoire des formes de la matière do la physiologie des corps.

(() Linnéo, le grand botaniste d'Upsal. dit : '• La pl.ante vit, l'animal vit.ct sent, l'homme sent et pense. ■>

1,5) Nous devons signaler en passant combien ces découvertes tendent, jusqu'à un certain point, à appuyer les données de la métempsycose, llalsré Hérodote qui prétend que les idées de métemps3xose prirent naissance en Egypte, il est .1 croire quelles vinrent plutôt des Indes oii elles ?OTit encore en grande faveur

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