CHAPITRE VI SE Vhomiie en général
D. Pourquoi l'étude de l'homme esl-elle indispensable à la sociologie ?
R. La société n'existant que pour assurer la satisfaction de nos besoins, de nos intérêts et de nos droits, il est impossible de raisonner sur l'organisation sociale saAS avoir étudié l'homme qui en est l'élément constitutif.
D. Donnez-nous une idée générale de Thomme.
R. L'homme a des attributs nombreux; savoir :
iQ Des manières d'être semblables à celles des cprps inorganiques et qu'on appelle physiq^^s, çt^imiques et mécaniques;
%o L'activité plus coQiplexe de la matière organisée, c'est? à-rlire la vie ou vitalité qui appartient à l'homme comme aux plantes;
3« Les attributs de la vie animale qui offre plusieurs degrés. Au bas de l'échelle, l'animal très-voisin de la plante est doué seulement de sensibilité générale et de contractililé. A un échelon plus élevé, il a l'instinct, c'est-à-dire des sensations distinctes, relatives à sa conservation et à sa reproduction, d'où naissent des besoins et des actes
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destinés à les satisfaire. Ces sensations sont presque toujours accompagnées de plaisir ou de douleur. Doués d'une organisation plus compliquée et plus riche, les animaux supérieurs ont des sentiments, des affections, des passions, des facultés iutellectueiies, et enfin des aptitudes industrielles très-remarquables dans certaines espèces, telles que les castors, les oiseaux, les abeilles, etc.
40 Enfin, l'homme s'élève au-dessus des corps bruts, deà plantes et des animaux, soit parce que plusieurs des attributs qui lui sont communs avec les règnes Inférieurs sont plus développés chez lui, soit parce qu^il en possède quelques-uns qui lui sont propres.
D. Expliquez cette double différence.
R. Dans le domaine des sentiments et des passions, l'homme a plus de liberté, parce que sa raison intervient plus largement dans l'accomplissement de ses désirs. Ses sens le poussent au lu^ et à un raSnement inconnu des animaux. Ses affections ont une étendue, une paissante, une noblesse étrangère à l' animalité et comportent un principe de ralliement unitaire entre lui et ses semblables, d'où résultent les accords les plus élevés de la vie sociale. Dans l'ordre intellectuel, outre les facultés qui donnent aux animaux la notion des choses sensibles et qui sont singulièrement perfectionnées chez lui, l'homme seul possède des conceptions ratipPi^dH^Sy ^pl^ialement celles du bien et du mal moral, du beau et du laid, du vrai et du faux; il semble avoir seul des idées abstraites et générales, l'idéalité et la faculté d'induction ; seul il sait construire l'édifies des scienoes. Quant aux aptitudes industrielles et artistiques, elles ne donnent chez les animaux les plus
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favorisés que de faibles échantillons de notre paissance créatrice.
Enfin, siThomme surpasse l'animal sous le triple rapport des passions, de Tintelligence et de l'art, la plupart des psychologues lui reconnaissent encore un attribut spécial, le sentiment religieux, source d'événements importants recueillis par l'histoire et dont les aberrations ont causé tant de malheurs et de crimes.
D. De ces divers attributs, quels sont ceux dont la connaissance importe le plus en sociologie ?
R. Les besoins, les sentiments, les passions qui ne peuvent trouver leur satisfaction que dans la vie collective, demandent un examen approfondi. Quant aux facultés intellectuelles et artistiques, un simple aperçu doit suffire.
D* Les savants sont-ils d'accord sur la détermination des
facultés humaines?
R. Non. Les plus grandes divergences existent entre les
psychologues. Ils ne s'eatendent ni sur la méthode à suivre
dans Tétude de ces facultés, ni sur leur nombre, ni sur leur définition, ni sur l'explication de leur mécanisme. C'est là une des causes du retard des sciences morales et du progrès social.