CHAPITRE Vil
DES VASBKfKS EN GÉNÉRAL
D. Comment définissez-vous les passions?
R. Ce sont des besoins, des penchants, tantôt assez impérieux pour dominer notre raison, tantôt susceptibles d'être éclairés^ dirigés par l'intelligence, de manière à
LIBËIUL ET RilTIONNEL 45
'équilibrer. Peu énergiques, les passions sont dés désirs, des sentiments; plus fortes, elles conservent le nom de passions dans le langage ordinaire.
D. Les passions sont-elles nombreuses ?
R. Oui, et leurs différences nous permettent de les rapporter à trois groupes principaux : les sensitives, les affectives et les distributives.
D. Indiquez-nous les passions sensitives.
R. Ce sont celles qui nous poussent à la rechercbe du confort et du luxe. Leur exercice convenablement dirigé nous procure, outre la santé, les jouissances raffinées : lo du tact par le luxe de la parure ; 2o de la vue par le spectacle de la nature et des œuvres de l'art plastique ; 3o de Vouïe par la musique ; 4^ de V odorat par l'usage des parfums; 50 du goût par la gastronomie.
D. En quoi ces passions diffèrent-elles des appétits analogues des animaux ?
R. Le but des purs appétits est l'entretien de la vie physiologique, mais leur influence exclusive laisserait l'homme à Tétat de brute, s'il ne lui était pas donné d'associer aux jouissances qu'il en retire l'intervention des passions affectives et de l'intelligence.
D. Combien de passions affectives admeltez-vous et quelles sont-elles?
R. Nous en admettons quatre qui sont Vamitiéy Yamour, l'ambition et le familisme. Elles sont assez connues pour rendre toute définition superflue.
D. Qu'entendez-vous par passions distributives? R. Ce sont celles qui interviennent dans le jeu des autres
passions pour distribuer et répartir entre elles la force de
46 CATÉÇHISa^ î^l} SOCIAJLISME
volonté qmerboi9ine44p^9se pour les saiisfaire. Elles soiit au nombre de trois, savoir : le besoin ie changement dans le travail et dans le plaisir, la tendance émuUttiviç qui naît au contact des personnalités hupiaines en quête du même but, et le bfisoind'q^efirdqm, dans 4'autr^s circonstances, se manifeste spontanément pour exalter la sensibilité des membres d'un groupe nombreux^ tous açiiués 4'up même sentiment, d'une même pensée et entraînés à une action sejoiblable.
D. Toutes ]^ passions jh.umainessopt-eUes (^Qp prises dans les trodç groupe^ que vo^us ayez analysés?
R. U en est deux autres très «^port^u tes. L'aune est }a passion de runijté sQc^aJe ,qui .exigendre 4'uAe joianiè^ e dârecte «ou iudirepte le dévouement^ rabn,égatjpn, jl^ sacrifice, la vertu ou amour du bien, du devoir, de i''ordre, etc. L'aU{tre, au..contrair,e, pousse J',h0)m?fie ^ tadire prévaloir son individualité, à exagérer ses droits .et ses, pr^Jtentionspersonneflles. {^o'us noçimons ,ces deux ^^i(ms ^U^me et favoTiiti^e,
D. Quel se^ le caractère :gén^r^l des passic^^
R. Le3 .passions ,ne peuye^pit être ,co](i^prises que cqimue des forces, c'est-à-dire comme le principe de l'activité volontaire. Lejpftotpa^sion qui signifie souffrance, n'est donc pas d'une justesse irréprochable. Il est vrai que Thomn^ef en t£^nt qu'il éprouve une passion, est dans un .état simultané d'activité et dc.passivité; car s'il désire, s'il veut avec force, c'est qu'il est fortement eirttr^îué vers l'objet de son désir. lout en comipaudant le mouvemcjpt qui nous porte vers la jouissance,, UQUS ^entons que .nous ^obéissons ,^uue, attraction. On a dit avec raison que la «ps^saion, x^'qst
UBÉRAL ET RITION^EL 17
l-ameur; or, aimer, e'est à la fois être attiré et voutoir atteindiw Tobjet qui attire. Voilà ce que le sens intime nous atteste. Aussi Baeon a-4nil eu raison de dire î€ Qnne eommande à lanatun^e qu^pn hi obéitiant,"»