‹ Catéchisme du socialisme, libéral et rationnelChapitre 18 sur 53 · DES PASSIONS AFFECTIVES · texte numérisé non relu

DES PASSIONS AFFECTIVES

D. Quel est le caractère essentiel des passions affectives ?

R. C'est de porter les hommes à s'unir pour former un groupe social. L'amour, l'amitié exigent l'accord de deux personnes au moins; la famille en veut au moins trois*

le pèfç, la mère et Venfëftt. L'^m^tiçn demandq iju jprqupe assez noç[i))reTii^ pour former u^eligiie capable, d'atteindre ]ip b.)ft plapé ^]i-4§l33TL^ 4^^ ^prces d'un seul individii, et PQUi^ s^ prêter à ^ne coordination )iiérs^rchi(^ue ^e ses membres.

Ç, ]j^ fiffeptive? ^Qïjtrelles çl^ pas^pns simplçs ?

^. îipîjij ph^Pune dalles se décQmpp§ç en d^ux re§3orts, Vm matériel, l>^tre anin^ique, Çpmme rpssprts ip^t^piel^, nous tro^vQ^s d^n^ r^miti^ Vaffi^itè c^ea pmqt^q(»t$ industr\^ki cl^ns r^njçtur Yaitv<^it de$ sen^^ d^ns \^ familisme Ip- lien oçnmng^in. d^ps l'anibUlon }a ligti^^^s ifiiérêts.

p. Quel sont 1q^ i?§s§orts ^nimiqiie??

R, Vamitié çupppse i^ ^ymj^athie 4es.çaractèm^ Vampur un sentiment platçni^M^f c'esl-à-dirç piirement ippral ; le familisme, oiitro le Ue^, ppnsanguin, repose sur le goût qu'inspire l'enfance, par ellermême et qui pousse aux ac^es d'a^ptiqr^. Enfin, Tambition n'est complète qu'à la cpndiUpn 4'adni^gUr^ le m^bil^ç de Xhçnn^ur etd§la.g\qir^ çn

même temps que celui de l'intérêt.

D. Ce double ressoipt est-il indispensable çiu jeu normal et harmonique des affectives ?

. R. Sans aucun donte. Quand le groupe affectif ne s'appuie que sur l'élément inférieur ou matériel, il manque d'élévation et de noblesse; mais il manque d'utilité si l'élément animique lui sert ^eul de base, (.orsqu'il obéit à ce double ressort, il est plus parfait, plus harmonique, parce qu'il a toute puissance pour satisfaire l'intérêt, le besoin et le sentiment en vue desq^els il est formé.

D. Quels sont les liens du groupe affpçt^f t R. Ili^ se rapportant au ton^ au tnod^ dferkt^almw^tX Qt

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à V esprit qui président aux rapports des membres du groupe.

D. Quel est le ton qui tend naturellement à s'élablir entre les membres des divers groupes affeetifs ?

R. Le ton de l'amitié est Végaliiè ; celui de l'amour est la déférence du sexe fort envers le sexe faible. Dans le famîlisme la condescendance va des supérieurs aux inférieurs, et, dans le groupe d'ambition, la subordination lie Içs inférieurs aux supérieurs.

D. Qu'y a-t-il de particulier dans la manière dont les membres du groupe sen traînent dans leur action commune ?

R. Dans le groupe d'amitié tous s^entrainent confusément j dans celui d'amour la femme entraîne Vhomme^ dans la famille Venfant entraine les ascendants; enfin, dans les rapports hiérarchiques du groupe d'ambition, les supérieurs entraînent les inférieurs.

D. En quoi consiste le lien dû à Pesprit du groupe 9

R. Les hommes librement attirés les uns vers les autres éprouvent aussi le besoin d'un certain rapport d'idées. Il s'établit alors entre eux un échange intellectuel, qui porte, dans le groupe d'amitié, la masse à critiquer l'individu sur le pied d'une gaieté facétieuse, dans le groupe corporatif ou d'ambition, le supérieur k critiquer grav^mentYïniévÏQMV. En amour, l'individu excuse aveuglémefftt l'individu ef , dans les rapports de famille, la tendance naturelle des ascendants est . d'eœcuser l'enfant avec une indulgence presque sans bornes.

D. Ces rapports harmoniques de ton, d'entraînement et d'esprit s'observent-ils habituellement dans la société actuelle? *•

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R. Il est très-rare que ces rapports ne soient pas faussés. Malgré la sympathie qui tendrait à nous rapprocher les uns des autres, la divergence des intérêts nous rend ennemis. Que de fois les relations d'amour sont perverties par la contrainte, par des raisons dites de convenance, plus consultées dans les unions conjugales que la volonté libre et éclairée des parties intéressées. Les conflits de la vie domestique et les difficultés de l'éducation jettent souvent le trouble dans la famille, aigrissent les cœurs et rendent les séparations nécessaires. En un mot, de l'organisation actuelle de la société naissent des discords, des oppositions d'intérêts, une contrainte, une monotonie, etc., qui rendent le bonheur bien rare dans nos relations affectives.

D. Pensez-vous qu'il n'y ait pas assez de liberté dans ces relations ?

R. Oui; il suffit d'observerlasociété pour reconnaître que l'impulsion spontanée de nos sentiments est contrariée par des exigences de tout genre. Ne voit-on pas tous les jours des gens qui n'ont aucun goût pour les enfants contraints d'élever les leurs ou ceux des autres ? Ailleurs, des individus fortement doués d'instinct familial, mais privés d'enfants, n'y suppléent par l'adoption qu'au prix de grands inconvénients. En amour, combien de liens méritent peu ce nom ! combien d'époux indifférents l'un pour l'autre ! combien qui se haïssent et se méprisent sont obligés de vivre ensemble ! combien d'individus attirés l'un vers l'autre par l'amitié sont obligés de vivre séparés ! combien d'autres sont forcés, malgré l'absence de toute sympathie, de vivre ensemble comme s'ils s'aimaient 1 Enfin, dans les relations hiérarchiques, rien n'est plus or-

dinàire que de voir Tautorité d'un supérieur s'imposer despotiquement aux inférieurs.

D. Quelles réformes seraient capables d'améliorer la société sous le rapport des liens affectifs ?

R. Celles qui auraient pour résultats l'accord'des intérêts, l'augmentation et la répartition équitable de la richesse, qui rendraient le travail attrayant et développeraient au plus haut degré possible toutes les facultés humaines. L'association bien comprise au moral comme au matériel, pourra seule amener ces heureuses conséquences.

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