DES FACULTÉS INTELL ECTUEIIES
D. L'étude des facultés intellectuelles est-elle utile à la science sociale?
R. Nous n'avons pas besoin de connaître à fond ce qu'on
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appelle l'idéolo^e; mais il est bon d'avoir sur ce sujet quelques notions générales, et surtout de s'entendre sur les idées dont on fait dériver les principes de la morale, de la logique et de l'esthétique.
D. Donnez un aperçu des facultés de l'intelligence.
R. Ces facultés sont très-nombreuses; nous en indiquerons seulement les principales et nous les diviserons en trois groupes : lo facultés conceptives et perceptives; 2^ facultés réflectives; 3» facultés méthodiques,
D. Quelles sont les facultés du premier groupe?
R. Ce sont celles qui nous donnent la conception de Vinfini et de l'absolu dans cinq ordres de faits, savoir : la substance, la cause, la fin, le temps et Vespace, et qui nous font percevoir le fini et le relatif d^ms ces cinq catégories. Par la conception, notre intelligence tend à pénétrer dan . l'essence des choses; par la perception, elle en saisite s'approprie la réalité. Les facultés conceptives nous donnent les idées que les anciens appelaient à tort innées, et qui, réunies aux idées fournies par la perception, forment le domaine de l'expérience.
D. De quelles facultés se compose le deuxième groupe?
R. Du jugement qui sert à formuler ce qu'on pense, de la comparaison qui crée les idées abstraites ou générales et les idées concrètes ou individuelles, de Vimagination qui a pour éléments la mémoire et Y idéalité, et enfin, du raison-nement qui renferme V induction et la déduction. Ces quatre facultés, que l'on peut appeler réflectives, ont pour foyer la pensée proprement dite.
D. Qu'est-ce que les facultés méthodiques?
R. Ce sont Vanalyse, la synthèse eiVanalogie, Ces facultés,
LIBÉRAL ET RATIONNEL Oo
qui interviennent à chaque instant dans le jeu de tontes les autres, forment la base de tout l'édifice scientifique considéré en général et dans chacune de ses branches.
D. Quelles sont les facultés qui n'entrent pas dans ces trois groupes?
R. Ce sont le génie de Vintuition et Idi crédulité. L'intuition est la plus puissante et la plus haute des facultés de Tesprit par la sûreté et la promptitude de son action. La crédulité est la faculté de croire, c'est-à-dire de s'arrêter à des notions incertaines, conjecturales, hypothétiques. C'est l'instrument dont il est le plus facile d'abuser.
D. Dans quel but l'intelligence nous a-t-elle été donnée?
R. Dans le but d'atteindre et de posséder la vérité. Cette possession est pour l'intelligence un état tout à fait analogue au bonheur, à la jouissance par rapport aux passions.
D. Quelles sont les facultés dont dérivent la morale, la logique et l'art, et dont la connaissance importe à la science sociale?
R. L'homme est doué de trois sens intérieurs qui lui donnent l'idée du jtMte et de l'injuste, du vrai et du /htwr, du beau et du laid, et que nous avons considérés comme un sens unique, le sens du bien ou de la finalité. En effet, le juste, c'est le bien dans l'ordre moral; le vrai, c'est le bien dans l'ordre logique; le beau, c'est le bien dans l'ordre esthétique ; et comme ce bien est le but, la fin que l'homme doit atteindre, quand il agit conformément aux véritables tendances de sa nature, on peut dire que cette loi devient un guide et une lumière pour diriger l'usage de sa puissance. Ainsi, la morale renferme les préceptes relatifs aux
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mœars, c'est-à-dire à ïenar despassicms et de la liberté indiyiduelle au milieu des rektions humaines. La logique nous sert à comprendre et i créer les eonditions favorables au jeu régviier ds toutes les forces, de ious les mécanismes, et, par conséquent, à asseoir l'ordre social sur ses véritables bases^ En&i, Vart, qui embrasse la eonquête de VutUe et la recherche du beau, a besoin de s appuyer sur les lois de ee qa'on appelle l'esth^ique pK^ur acquérir toute sa puissance, toute sa perfection. C'est aiftsi que le sens ou concept da bien, c esl-à-dire <iu juste« du vrai et du beau, nous dirige dans la reehercbe de Tidiéal social le plus pn>pre à rendre l'homme heureux par le bon usage de sa liberté, à réaliser Tordre par ia sagesse des combinaisons auxquelles peut se prêter i'aeiiTité humaine, et enfin, à conquérir la possession de i'mtile et <Ki beau idéal par l'exercice et le développement des aptitudes industrielles et arUsflques.
D. Quel est en définitive le r6k de l'intelligence dans la vie de l'homme?
R. C'est celui d'uïie faculté directrice qui préside par les sciences qu'elle crée & l'accomplissement des destinées humaines. Plus une science e^ avancée et plus elle révèle Ofi réalise le bien qu'elle comporte. Plus la raison humaine s^efforoera de perfectionner la science sociale, pl4is aussi la société marchera vers l'harmonie.