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CHAPITRE XVI

DES LOIS RATIONNELLES OU LOGIQUES DE l'ORDRE SOCIAL

D. Qu'entendez-vous par lois rationnelles de l'ordre social?

R. Ce sont celles que notre raison reconnaît logique-

n CATÊCHISMB DU SOCIALISME

mcnl conformes à la nattre des choses, aux rapports qtfé les êtres et les faits aM leë uns avec les autres.

D. M ontrez-noifts par un exemple (ie que c'est qu'uûé loi rationnelle.

R. Lorsque la classe bourgeoise, appréciant avèt raison l'utilité des études littéraires, regarde comme indispensable d'impoBef l'étude du latin à tous lés enfants nés dans ses rangs, elle érige ert règle îtop gériérâld et ttop absolue un gen^é d'instruction qui he convient qd'à un certain nombre de jeunôs sujets. Plusieurs n'ont hi goût ni aptitude pour un travail absrtrait sans utilité immédiate. Aussi le but qu'on se propose est-il manqué daàs la plupart des cfts. Si, au contj^aire, notre organisation sociale se prétait à un système d'éducation plus rationnel, ôii établirait la série des aptitudes de l'enfance, 6n y adapterait ùné série d'études appropriées et l'on obtieiidi^ait lé Résultat désiré parce que le procédé serait conforme à la loi sériàiré.

D. ExpliqBez^nouâ la loi sériairè.

R. Celte loi est la plus générale que l'esprit humain soit parvenu à formuler. On peut dire que tout est iérie dans la mtnre. Un être quelconque, astre, animal, planté, minéral, est une série ou un ensemble d*élémerits, d'organes, de propriétés reliées par un rapport d'unité. La loi sériaire préside à tout ordre, à tout arrangement naturel ou artificiel, en un mot à la coordination des rapports d' unité j de variété et d'harmonie que notre esprit perçoit entre les diverses parties de l'univers.

D. Quelle est l'utilité d'une connaissance exacte de la loi sériaire ?

Rv L'étude de cette loi qui appartient surtout à la philo-

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Sophie, est si vaste qu'il h dus est à peine p6ssîbîé de l'effleurer ici. Les choses ont entré elles tant de fâppfof (s (Jùé ies séries soril irindmÈirâbiès et trës-dîvérsës. Ce qti'il importe de savoir, c'est te principe sûr lequel doivent i^eposer tous les procédés de coordination applicables aux relations sociales.

D. Est-ee que la Société n'est pas àcliiéllement et n'a pas toujours été régie par uiié coordination sérîairè ?

R. Si vraiment ; maïs cet Ordre étant ùû résultât spôtitâûé deé îtistiâcts et des penchants de l'homme, en ifiéiiïe teiïips qu'une* dSUité de sâ vdloiité iùtelligeûté et Réfléchie, oH jr Cfônëtate dé ûotribreusés variétés et l'on éii déduit là possibilité d'iiù pef fectiôffnenient pâf léf J)rogrès de la puissance humaine. 11 est évident que fordre social est Ir^s-îm parfait dans les sociétés inférieures, et la civilisation élle-iiiôme nous offre tant de mal mêlé avec le bien cfùe nous n'y pouvons trouver . la satisfaction sufiisante ni dé notre raison, ni de nos besoins, ni de nos droits. Les diverses séries qui s'échelonnent dé l'individu à la Société présentent beaucoup dé rapports faux, vicieux et malfaisants. Ainsi les groupes dus aux relations d'amitié, d'artiour, d'ambïtîôù où dé famille, sont la plupart du temps entraînés à des subversions, par suite des ihàûvaise^ combinaisons auxquelles ils soùt ëôùmis. Dans deà séries plus élevées, telles que là commune', lé canton et autres échelons ascendants jusqu'à là nation, ce désordre se manifeste en beaucoup de choses. Enfin, toutes les nations, au lieu d'être réunies, au sein de THumanité, par une politique d*e paix et dé justice, virent encore dans un état déplorable de division et d'antagonisflîie.

i6 CATÉCHISME DU SOCIALISME

D. ConnaîUon des types d'organisation sériaire assez parfaits pour servir de modèles?

R. Oui, on en trouve un grand nombre dans les sciences où Tordre sériaire forme la base des classifications, dans certaines industries, dansFadministration politique, Judiciaire » militaire, dans les établissements de commerce, etc., où il préside à la distribution des fonctions et aux rapports hiérarchiques. Ces diverses séries, qui présentent plusieurs conditions excellentes, ne sont pas parfaites. L'armée^ par exemple, quelque puissance qu'elle doive à son organisation, est une série défectueuse sous plusieurs rapports. D'abord l'action de chacun n'y est pas assez libre. Ensuite l'aptitude réelle de chaque individu n'est pas assez consultée pour qu'il soit toujours à sa véritable place. Il y a des officiers ignorants ou peu braves qui devraient obéir au lieu de commander, des soldats intelligents qui devraient être officiers, d'autres qui ont horreur de la guerre. Or, toute série qui ne comporte pas la spontanéité et la liberté des éléments, qui ne les hiérarchise pas conformément à leur valeur respective, n'est pas une série bien constituée. Elle détruit la liberté sans réaliser Tordre véritable.

D. Pouvez-vous citer quelques exemples d'une coordination sériaire aussi parfaite que possible ?

R. Il en existe assurément. Voyez l'ordonnance d'un grand festin, dont les différents mets sont servis dans un ordre qui satisfait aussi bien le sens du goût que celui de la vue et forme une série très-complexe divisée en trois services avec des pivots et des transitions dont le rôle est compris de tout le monde. Voyez surtout un concert ou la représentation d'un opéra. En supposant qu'ici tous les acteurs

aient demandé et accepté librement le rôle qui leur est confié, on aura les véritables conditions de Tordre, si chacun se trouve chargé d'une tâche conforme à ses aptitudes et à ses goûts, et si une direction intelligente préside aux combinaisops matérielles et morales nécessaires pour assurer la bonne exécution de l'œuvre lyrique. Voilà comment Tordre réalise la satisfaction pleine et entière de Tamour de Tart qui anime en même temps auteurs et spectateurs, et les a réunis dans un sentiment commun de jouissance esthétique : Vadmiration du beau,

D. Croyez-vous que la Société puisse être organisée d'après les types que vous venez de citer de manière à devenir harmonixjue ?

R. Oui, et voici comment se résume Torganisation conforme aux principes de la loi sériaire universelle :

lo L'ordre social doit se concilier avec le progrès. Tout change sans cesse dans le monde. Tout être vivant se meut suivant une ligne courbe dont la partie ascendante représente un accroissement progressif de puissance et de perfection. L'Humanité qui, suivant toute apparence, est dans sa phase ascendante, ne peut pas être exclue de cette loi. Une organisation capable de la rendre stationnaire ou de la faire rétrograder serait fausse et contraire à la loi de l'univers ;

2» Dans tout organisme vivant, chaque organe, chaque fonction donne et reçoit quelque chose. De môme, dans la société, chaque individu est destiné à recevoir et à donner son contingent de la vie collective. Tout égoïsme assez aveugle pour s'isoler de Tensemble s'en retranche ; Tordre est également troublé si l'échange entre le tout et chacun

de ses membres ^'est pas réglé par l'équité. La soli4arité, nous rendant rpsponsables les uns des autres, peut seule assurer entre nous des rapports de fraternité çt de justice ;

30 Tout ensemble bien organisé, c'est-à-dire dont les termes occupent un rang déterminé par leur valeur respective, nous révèle le priacipe de hiérarchie nécessaire à la Société et nous apprend que cette hiérarchie ne peut avoir d'autre base que l'importance relative de3 différente^ fonctions ;

40 Le procédé sériaire, devant servir à classer les fonctions, y intrp4uira partout la variété, la gradation et l'ep-

chaînement, de manière à permettre à chacun l'exercice et le développement alternatif de ses aptitudes et à réaliser en môme temps la convergence de tous les effprts vers la vie d'ensemble, c'est-à-dire l'unité d'action ;

50 La raison ne peut accepter un mécanisme social qui serait contraire à l'expansion harmonique des êtres, à leur constitution et à leur destinée, tel que celui qui a prévalu jusqu'à ce jour d^n§ les sociétés humaines. La compressiQïi systématique des aspirations naturelles n'a pu se ji^stifier que par l'imperfection de la scienpe. Le règne de la liberté est le s,eul que notre raison émancipée puisse accepter e| auquel l'avenir doive appartenir ;

60 Une sériation habile portée dans toutes les branches

de l'activité h urbaine, amenant la régularité du mouvement

et l'équilibre des forces, réalisera l'ordre proprement dil;

70 Enfin, ayaut constitué son unité dans tous les éléments ^^ ^^ vie propre, l'Ijlumanité opérera son ralliement avec tpul ce qui l'entoure.

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^n résumé, progrès ^ sqlidarité, hièPUrç^k, miH d'actioUy libf^fi^ équilibrfi, ral(ier}[ient mip^r^^i \^U H^t Ifis termes de la série sociale; telles sont les copdidfas que dfiitréftr li^pr ri^sspciatipn intégrale,

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