CHAPITRE XVII
D. Sur ,(jnelle? règles de mpr^le I4 ^ociplpgig doitrelle s'appuyer?
R. Si^r celles de l,a morale prdjnaire, à la ^of^ditipa dj) les entendre daqs leur sen§ yra| et rajsonnablp, ^^ spf ip^pgje ne peut qu'adhérer ^u précepte spjvaiît ;
Agis envers 1$^ çLUtres cojnme tu 4^sir^ qu*ik f^if^^t m^ vers toi.
En d'autres ter^ip? : fais le plus ^^ bi^p pp^i))!^ jk tes semblal))es et ne lepr fais jamais ^e pi^}. La morale ^ipsi comprise repferme topte JusMce et (putp charité, tpi^t A^' voir et toute vertu. Elle a^^ripe les intérêts de rind|vidu e^ ceux de l^ cplleptivité ; e)le est, dans la mesure où plie doit l'être, conforme aux prétepMpns l^gitifpes del'égpïsmP et aux exigences salutaires de )a soljdarHé i^pcjale.
J). Prendre popr piesure de son devoir le bipn que l'on désire pour soi-même, n'pstrpe pas fudoptpr la Tporalp do l'intérêt personnel?
R. Oui et non, suivant cp que l'pp entep^ par JQt^fêt personnel.
D. EJxpliquez celfe réponsp.
R. Si notre vie pprspppelle se r^ppprtait tPUt epti^FP k
notre individualité, le cercle en serait fort étroit et les jouissances qui en dépendent ne nous donneraient qu'un bonheur très-restreint. Mais notre personnalité embrasse encore ce qu'il y a de plus élevé et de plus digne dans 30tre nature. Elle esttrès-active dans les afifections qui nous relient à nos semblables. Aimer un ami, une femme, des enfants, n'est-ce pas donner expansion à un besoin personnel, chercher une jouissance personnelle^ en un mot avoir un iniéTèi personnel dans les liens que ces affections créent «nere nous et nos semblables. Le désir de cette jouissance est donc un intérêt légitime et peut d'autant mieux servir de règle à notre devoir que plus ce désir sera satisfait, plus le devoir sera pleinement accompli. Qu'est-ce qu'aimer sinon désirer et faire le bien de la personne qu'on aime au moins autant que le sien propre? Toute autre manière d'aimer ne mérite pas le nom d'amour. Ainsi le bien de la personne aimée se confond avec celui de la personne qui aime, et le désir de ces deux biens réunis est un intérêt vraiment personnel pour celui qui l'éprouve. Dans ce deuxième ordre de faits, la morale de l'intérêt personnel, si elle est entendue dans le sens que nous venons de dire, est aussi rationnelle qu'irréprochable.
D. Dans l'accomplissement des devoirs, dans les actes de dévouement, d'abnégation, de sacrifice, peut-on dire que l'intérêt personnel est en jeu comme dans les relations affectives?
R. Cet intérêt est encore en jeu, bien que ces actes paraissent désintéressés suivant l'expression reçue. Qu'y a-t-il de plus beau, de meilleur que de faire son devoir et se dévouer? La satisfaction qui en résulte est supérieure à tout
autre plaisir. Le témoignage de la conscience, même sans celui de Testime publique, est à coup sûr la jouissance la plus enviable et la plus excellente qu'un homme puisse éprouver. Plus il la recherche, plus il s'ennoblit et s'honore. 11 a donc intérêt à se procurer un bien supérieur à tous les autres, et, en l'y excitant, la morale ne fait en réalité que lui conseiller de satisfaire le plus grand et le plus précieux de ses intérêts personnels. Ainsi comprise, la morale de l'intérêt n'offre aucun danger pour la société et reste conforme à cette loi de solidarité qui lie étroitement l'individu à ses semblables.
D. N'y a-t-il pas contradiction à appeler morale de l'intérêt personnel celle qui conseille le désintéressement ?
R. Cette contradiction existe dans les termes, mais elle n'existe que là. Au fond, il n'y a pas d'équivoque et la morale de l'intérêt bien entendu, c'est-à-dire également tutélaire pour tous les membres du corps social, défie toute réfutation, pourvu qu'on n'oublie pas que les intérêts et les devoirs se hiérarchisent comme les passions auxquelles ils se rapportent .
D. Comment se hiérarchisent les passions sous le rapport du bien moral?
R. Les passions sensitives sont au bas de l'échelle, puisqu'elles se rapportent au bien-être, au luxe, jouissance essentiellement individuelle. Au second rang se placent les affectives qui ne procurent le bonheur à celui qui aime qu'à la condition de faire celui de la personne aimée. Enfin, le dévouement est la passion qui engendre le plus grand bien moral, puisqu'en procurant à celui qui lui obéit celte satisfaction suprême de la conscience univer-