Q2 CATÉCHISME DU SOCIALISME
sellement jugée supérieure ^ toute autre, il s^ le bien d'autrui ppur bu( et pour résultat.
D. Quel doit (ôtre le véritable rôle de la m oral q vis-à-vis des pa§siops ?
fi. pile doit les éclairer pour les diriger vers la réalisation du ()ien. Mais il ne suffit pas de dire aux hommes quels sont Ipurs defvoirs ; il faut surtout déterminer et réaliser les conditions les plus favorables à T^çcompli^sement de pe^ (Jevpirs, en d'autres fermes à la production du plus gip^nd bie^ possible.
D. La prédication de la morale a-(-clle autant d'efficacité qu'oq le pense communément ?
R. Sans nier son utilité, on peut soi^tenir qu'elle a été très-insuffîsaRte et que les moralistes se sont toujours fait illusion sur la portée pratique de leurs préceptes. Ils lespn^ SPUYppt mal formulés. Air^si, pn djg^^ntque Vbomme doit combattre et comprimer ses passions, ils ont donné une fpirmule équiyoçjue dans s^ génér^lHé et d'une exécution impQ§#lp.
D. En quoi cette formule est-elle équivoque ?
R. pilp ^e 4i^tiQgue p^s ^yep ^ssez de précision les upes des autres, ce que Ton appelle vulgairemei^!; les lionnes et les mî^uyaises passions. Les passipns natives et primordiales étant des forces et des ipstruments, il serait absurde de les comprimer et c(e les empêcher d'atteindre le but voulu p^ip \2\, nature. Quant aui^ passions dites mauvaises, résultant de ce que les passions natives sont mal dirigées et engepdreflt le mal, il f^ut c^langer les pq^^çlitions qui présidept à cet esspy ^\itiversif, q^ai^ non le^ pa^^sipn^ §|llç§mêmes.
UWVthJ. ET RATIOWîJgl^ aa
P, L'Qxpérience prouye^t-elle l'impossibilité de l|i cpmr pression des passions ?
Jl. Elle la prouve dans une large mesure. Pour f^ire respecter la propriété d'autrui, qn prescrit cp respect cp^ime un devQJr et l'on vante le mépris des richesses; piais per-: sonne ne méprise la richesse, si ce n'^^t parfois eij théorie, et il se commet beaucoup 4'at|ent^t;^ çon|f^ Jg. propriété. On nou^ «dit : quelque avantage que tu pujssp^ y trpuver, tu ne tueras point j et la guerre, l'assassinat, le duel, le sujcide déciment l'humanité. On précjie Igi fra? ternité, l'égalité, la liberté, et le monde est pquvert d'opprimés et d'oppresseurs. On veut des ipœu]rs pures e^ dç toutes parts la licence, la yen alité, des vices çpntrp natqre, la violence môme régnent ^ans les relatigp^ des ^exes, Oi) recommande l'accord et la pai^ dans la famille, çt 1^ comme ailleurs abondent les divisiqns d'intérêt et de sentiment, les luttes et les hain0s. ^nfin, on dit à l'hppimç d'aimer le travail comme étau^ la seule source légitimp du bien-êlrç, et en réalité le travail n'est point généralement aimé. Les préceptes de la mprale ont beau être sublimes ; ils sont largement méconnus et foulés aux pieds.
Q. Quels sont donc les plus sûrs moyens d'atteindre Ip but de la morale ?
R. Étant donné le Bonheur comme but de la yie humaine, après avoir écarté toute équivoque sur les passions pour n'y voir autre chose que les tendances natives du cœur humain, il serait illogique de vouloir les çpmpripi^r.
La seule chose raisonnable, c'est de chercher les condi?-
tiens les plus propres à en rendre l'essor harmonique et bienfaisant. Or, les plus importantes de ce& conditions
sont : lo en ce qui concerne l'individu, une éducation intégrale qui peut seule donner à l'homme toute sa puissance physique et morale ; 2» en ce qui concerne la société, l'accord des intérêts, l'équité dans la répartition, Torganisation du travail la plus capable de le rendre attrayant, enfin les combinaisons matérielles et morales dans la vie collective les plus favorables à l'accord des caractères, à l'expansion de la vie afifective et du dévouement, le plus noble et le plus fécond des ressorts de la sociabilité. Si l'amour de la richesse et du luxe est naturel aux hommes, comme tout le prouve, il ne faut ni le condamner ni l'interdire, mais chercher les meilleurs moyens de le satisfaire. Si les relations affectives ne sont loyales et heureuses qu'à la condition d'être libres, il faut qu'elles ne soient entravées ni par la contrainte directe ou indirecte, ni faussées par une opposition d'intérêts qui engendre celle des volontés. Si les besoins de changement, de rivalité et d'ac- , cord collectif sont des éléments radicaux de la nature humaine, il faut que ces passions trouvent, dansées combinaisons de l'ordre social, les moyens de s'exercer utilement et sans préjudice pour personne. Enfin, fti la plupart des hommes sont peu capables de faire passer leur propre intérêt après celui des autres, et c^ préférer à tout la justice et la vertu, si, en un mot, le dévouement est la passion la plus rare, au lieu d'invoquar trop excli]ttivement la loi du devoir, il faut créer des conditions sociales plus favorables qdte celles d'aujourd'hui à l'accomplissement du bien en toutes choses. «