CHAPITRE XXÏX
àSSOCIATIOH UNIYEftSELLB
D. Gomment rassociatfon pourra • t - elle s'étendre à toute la société?
R. En prenant la commune pour image et modèle de l'organisme social universel. La série, base de Tordre dans la première, doit l'être également dans le second. La liberté se réalise, dans l'une, par l'essor des attractions passionnelles et industrielles ; elle doit se réaliser, datis l'autre, de la môme manière. Enfin, si l'accord des intérêts, l'unité de but et d'action favorisent la justice dans les rapports des habitants associés d'un village, les mêmes conditions doivent régler les relations des communes soit entre elles, soit avec les centres de canton, de province,' d'état placés
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au-dessus d'elles. La hiérarchie des groupes nationaux ou politiques doit avoir le môme point de départ que celle des groupes et des séries dans l'organisation communale.
D. Gomment s'opéreraient l'agglomération des communes et la centralisation de leurs rapports?
R. La constitution des groupes politiques aurait pour base les intérêts collectifs, les rapports moraux et administralifs, les conditions de sol et de climat, les affinités de race, de langage et d'habitudes. A chacun des degrés de l'ensemble, canton, département, province, état, confédération, correspondrait une cité où se centraliseraient les éléments d'une puissance supérieure, et ces chefs-lieux posséderaient des ressources proportionnées à leur importance respective.
D. Quelles institutions fonctionneraient dans ces centres ?
R. Il y aurait là, comme dans nos villes actuelles, mais avec plus d'ordre et de puissance, des agences centrales pour les affaires industrielles et commerciales, des musées pour les sciences et les arts, des assemblées, des congrès de tout genre, des fêtes publiques, des distributions de hautes récompenses pour les grands bienfaiteurs de l'humanilé. Ces agences supérieures interviendraient dans la sphère des intérêts généraux aux divers degrés de la hiérarchie sociale. Les travaux publics, notamment les voies , de communication, trop dispendieux pour la commune ou pour un petit pays, seraient entrepris et dirigés par le canton, la province ou l'État. Là seraient centralisés le service des postes, des contributions, des assurances, l'organisation des armées industrielles, l'enseignement supérieur, la rédaction et la publication des documents de tout genre.
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et enfin les hautes fonctions administratives dans Tordre politique et international.
D. Gomment seraient constitués le pouvoir central et les administrations de divers degrés?
R. Aux divers échelons correspondraient des fonctions électives suivant le même mécanisme que dans la commune. Le gouvernement du canton serait confié à des mandataires délégués par les communes, la régence du département aux délégués des cantons. Les provinces, les états, les confédérations constitueraient de la même manière des gouvernements nationaux ou fédéraux. Ces délégations proviendraient-elles d'une élection directe ou à plusieurs degrés? 11 est probable que le second système assurerait mieux la compétence du vote et la sagesse du choix ; mais l'expérience prononcerait à cet égard.
D. Croyez-vous qu'un jour tous les peuples seront associés et constitueront l'unité sociale du globe?
R. Nous devons l'espérer, quelque éloignée que puisse être la réalisation de cette espérance. Cette grande idée de l'exploitation unitaire du globe par l'Humanité libre et heureuse, nous semble maintenant une utopie ; cependant la plupart des grands génies l'ont entrevue, accueillie, et quelques-uns ont prévu que Conslantinople serait un jour la capitale du globe.
D. Quel sera le rôle des armées industrielles ?
Ces armées remplaceront dans l'avenir nos armées militaires. Au lieu de détruire, elles entreprendront les grands travaux d'utilité publique, l'endiguemcnt des fleuves et des mers, le percement des isthmes et des montagnes, le dessèchement des marais, la construction des routes et des
canaux, Tinstallation des groupes colonisateurs, etc., etc. Leur personnel se composera surtout de ces natures actives, ardentes, aventureused, qui languiraient dans la sphère étroite d'un village, y compromettraient l'ordre et la paix, et qui, transportées dans un milieu plus vaste, trouveront, dans des éventualités imprévues et même dans des obstacles à vaincre, le moyen d'accomplir leur véritable destinée.
D. Quels changements dans les conditions physiques et morales de l'homme seront la conséquence du régime sociétaire universalisé ?
R. A l'indigence, à la misère, à la (maladie se substi»* tueront la richesse générale, la santé^ le bien-être; à l'ignorance les lumières ; à la fourberie la vérité pratique; à l'oppression la liberté réelle ; à la guerre la paix constante; aux intempéries outrées les températures équilibrées; aux maladies provoquées l'hygiène préventive ; au cercle vicieux l'issue ouverte au progrès. Enfin, la méfiance, la duplicité d'action et l'égoïsme presque universel feront place à la confiance générale, à l'unité d'action, à la solidarité, à la fraternité et à la bienveillance sociale.