DU GARA1ITISME DANS LES TRAVAUX DOMESTIQUES
D. Gomment le * Garantîsme peut-il être appliqué aux intérêts de la vie domestique ?
R. Par la substitution du ménage sociétaire au ménage morcelé, substitution dont le premier avantage serait de diminuer la dépense et d'augmenter le bien-être.
D. Qu'entend-on par ménage sociélaire?
R. On enteDcl la réunion d'im certain Aombre d'indiTidus, autant que possible de tout âge et de tout sexe, mariés ou célibataires, associés sous le rapport du logement, du chauffage, de l'éclairage, de la nourriture, du service domestique et de certains agréments qu'on trouve déjà dans les cercles et casinos^ tels que bibliothèque, journaux, salons de conversation, de >eux, musique, soirées, etc.
D. Le ménage sociétaire doit-il être composé de personnes de toutes conditions?
R. Non; jusqu'à ce que Téducation universalisée ait créé une politesse générale de ton, de manières et de langage, il ne comportera sous ce rapport l'homogénéité indispensable qu'en le composant d'individus appartenant à la môme classe sociale. Toutefois, on peut en adapter les degrés divers aux convenances respectives : i^ des ouvriers, Slo des gens aisés, 3o des riches.
D. Comment pourrait-on diminuer la dépense du logement, du chauf^ge et de l'éclairage 2
R. Chaque famille, ayant l'usage des salons et des salles à manger de la société, pourrait réduire d'autant son appartement particulier et se passer de cuisine. L'éclairage au gaz et le chauffage de tout l'établissement par les systèmes les plus perfectionnés coûteraient moins que dans
nos ménages séparés.
D. La nourriture préparée en commun serait moins dispendieuse, mais n'aurait-elle pas l'inconvénient de l'uniformité ?
R. Le ménage sociétaire bien organisé n'implique pour
tous ses membres ni runiformité de la nourriture , ni l'obligation d'une consommation semblable, ni le joug d'une discipline gênante. Il faut non-seulement y trouver des tables communes de divers degrés et à des heures di£férentes, mais encore pouvoir se faire servir à des tables séparées, dans une salle commune ou particu* lière, ou même dans son propre domicile, et dans tous les cas être libre de choisir le service à prix fixe ou à la carte.
D. Quels seraient les avantages du ménage sociétaire sous le rapport du service personnel?
R. Sous la direction d'un comité administratif ou d'un syndicat, il y aurait des employés pour la cuisine, pour le service des tables et pour celui des locaux publics et particuliei^ ; mais, à population égale, ce personnel serait moins considérable que dans le système morcelé, et, par conséquent, moins dispendieux, en même temps qu'il serait mieux surveillé et mieux dressé. Sous tous ces rapports, une administration vigilante et le mécanisme lui-même préviendraient les tromperies si fréquentes de la part des domestiques actuels. D'un autre côté, les chances de conflit et de désaccord seraient en grande partie sinon tout à fait écartées, les maîtres et les serviteurs n'ayant plus des rapports aussi fréquents et aussi directs que dans nos ménages isolés d'aujourd'hui.
D. Quelles seraient les conditions du ménage sociétaire sous le rapport de l'ameublement ?
R. L'ameublement des salles communes rentrerait dans les dépenses collectives. Quant à celui des appartements particuliers, les associés pourraient l'acheter ou en louer l'usage.
D. Quels sont les .établissements dans la société actuelle qui présentent le plus de rapports avec le ménage sociétaire?
R. Les casinos, les cercles, les restaurants, les cafés, les hôtels garnis, les pensions bourgeoises, en représentent les divers éléments isolés ou incomplètement groupés. Il suffirait de combiner convenablement ces éléments pour créer un véritable ménage sociétaire, mais à la condition d'en faire disparaître le caractère d'une industrie privée dont le lucre est le but exclusif, pour lui donner, comme base économique, le concours financier et l'intérêt matériel et moral de tous les associés.