CHAPITRE XXXIV
pu GARÂNTI8MB APPLIQUÉ AUX SCIENCES ET AUX ARTS, A l'ÉDU- CATION, AUX FONCTIONS ADMINISTRATIVES, PROFESSIONNELLES, A LA PRÉVOYANCE ET A L'ASSISTANCE SOGULB.
D. La société actuelle possède-t-elle des institutions garantistes dans le domaine des sciences et des arts?
R. Oui;les diplômes de capacité, les brevets d'invention, notre système français de poids et mesures, les concours, les expositions, les conseils de l'agriculture, de Tindustrie, du commerce, les académies, les sociétés savantes et littéraires, les théâtres, les musées, etc., sont autant d'institutions qui font servir les sciences et les arts au profit de tous. D'autre part le personnel de la plupart de ces établissements, tenu de faire preuve de capacité, de dignité morale et d'aptitude professionnelle, reçoit à son tour du
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corps social des garanties et des moyens de protection pour Texercice d'ane activité qui doit lui procurer des avantages particuliers en même temps que concourir aa bien général.
D. Notre système actuel d'éducation a-t-il quelques caractères de Garantisme?
R. Ces caractères existent à un certain degré dans nos écoles publiques, nos crèches, nos salles d'asile et nos maisons pénitentiaires pour l'enfance, institutions qui servent à la fois les intérêts de l'enfant et ceux de la so« ciété.
D. Notre organisation administrative et professionnelle offre-telle des traces de Garantisme?
R. Ces traces sont évidentes dans certaines professions, telles que l'ordre des officiers publics, notaires, avoués, huissiers, commissaires-priseurs, courtiers, prud'hommes, experts et arbitres, l'ordre des avocats, le corps médical, dans les quarantaines sanitaires, les conseils de salubrité, la magistrature çt toutes les administrations publiques. Le but de ces institutions, à quelque degré qu'il soit atteint, est de solidariser l'intérêt collectif avec Tintérôl privé.
D. Quelles sont les institutions de prévoyance et d'assistance qui rentrent dans le Garantisme ?
R. Ce sont : lo les diverses branches de l'assistance publique, hôpitaux, hospices, dispensaires, dépôts de mendicité, invalides de la guerre ou du travail; 2o la défense d'office en justice; 3o les sociétés charitables, les quêtes, souscriptions et fêtes dont le produit est affecté à des œuvres de bienfaisance ; |o les sociétés de secours mutuels.
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les caisses d'épargne ou de retraite, les tontines et sociétés d'assurances soit sur la vie, soit contre les sinistres qui menacent la propriété. Ces diverses institutions soulagent des souffrances individuelles, atténuent la plaie du paupérisme, mais ne sont que des palliatifs insuffisants.
D. Toutes ces institutions atteignent-elles le but pour lequel elles ont été crées?
R. Il n'en est pas une seule où l'on ne puisse signaler des vices à corriger, des lacunes à combler, des progrès à accomplir. Pour n'en citer qu'un exemple, les assurances, aujourd'hui confiées, comme une espèce de monopole, à des compagnies financières qu'elles enrichissent, devraient être universalisées et concentrées entre les mains de l'État, qui ne spéculerait pas pour bénéficier; mais il serait mieux encore de les organiser, suivant le principe d'une libre mutualité et de l'initiative privée que nos lois et nos admmistrations entravent souvent au lieu de la favoriser.
D. Quelles sont les institutions garantistes dont la création ou l'extension ferait marcher rapidement la société vers l'association intégrale?
R. La plus capable d'atteindre ce but serait celle des grandes fermes sociétaires, qui généraliseraient les améliorations que la grande propriété et la grande culture comportent seules, qui tendraient à anéantir le commerce anarchique en s'emparant des transports et en créant le Garantisme commercial par l'entrepôt sociétaire. Ces fermes, en s'annexant des ateliers de fabrique pour fournir du travail aux bras inoccupés, prépareraient le Garantisme industriel; elles ouvriraient à l'enfance la crèche, la saile d'asile, l'école et, enfin, organiseraient sociélait<BmeBt les
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occupations domestiques, de manière à reporter l'activité d'une partie des ménagères sur des travaux de production, unique moyen pour la femme de conquérir, en gagnant sa vie, plus d'individualité, de dignité et d'indépendance. En définitive, les institutions garantistes se multiplieraient, et la société, entrant dans la voie du progrès réel, de l'émancipation de l'individu et de la vraie liberté, s'avancerait à grands pas vers l'organisation du régime sociétaire. Au lieu de cela, nous marchons en tâtonnant et avec une lenteur désespérante. Nos efforts commencent à peine à prendre une allure plus décidée, d'où est sorti ce qu'on appelle le mouvement coopératif.