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CHAPITRE XXXVI

HÊAIISATION DE l'aSSOGIATION IMTÉGRAlE

D. Comment pourrait^on réaliser l'association intégrale ?

R. En appliquant le régime sociétaire à toutes les branches de l'activité industrielle et morale de l'homme , dans la mesure compatible avec nos lois et nos mœurs.

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L'essai de cette application suppose un capital plus ou moins considérable, et exige avant tout un personnel d'une capacité requise au point de vue industriel, administratif et moral, pour vaincre les difficultés inhérentes à une œuvre de transition fort compliquée et sans précédents. . D. Quelles sont les difficultés spéciales de la transition ?

R. La principale est liée à la nécessité , contradictoire en apparence, de s'appuyer sur le principe d'autorité pour une œuvre dont le mécanisme et le but essentiel impliquent la plus grande liberté. Pour sortir de la civilisation, mais avant d'en être sorti , on ne saurait se passer d'une autorité forte et incontestée ; pour entrer et vivre en harmonie, la liberté doit se dégager pleinement et se combiner avec un ordre collectif exempt de toute action arbitraire et oppressive des personnalités les unes sur les autres.

D. N'est-il pas possible de combiner et de concilier ces deux principes dans l'œuvre de transition ?

R. Si l'ordre collectif et l'expansion individuelle doivent être également garantis dans la phase préparatoire du régime sociétaire, nous ne concevons cette garantie possible qu'en supposant le personnel administratif doué de ces qualités exceptionnelles du cœur et de l'esprit qui savent accorder l'exercice de l'autorité avec le respect de la liberté. Connaissance approfondie de la science et de la théorie, esprit pratique mûri par l'expérience des hommes et des choses, dévouement et bienveillance à toute épreuve, force de volonté, sentiment éclairé de la justice, voilà les vertus nécessaires au groupe directeur de l'essai sociétaire.

D. Le reste de la population de l'essa; devrait-il répondre à des exigences analogues ?

R. Oui , jusqu'à un certain point. Plus la masse serait déjà moralisée, éclairée et habile au travail, plus elle serait apte au régime de Tassociation. Il faudrait au moins écarter les individualités grossières , ignorantes , profondément égoïstes, ou notoirement perverties, procéder avec une scrupuleuse attention au choix des premiers groupes et créer, parmi eux ^ un ton convenable de bienveillance et de politesse.

D. Peut-on éluder une partie des difficultés signalées ?

R. On peut tenter l'essai sociétaire par plusieurs procédés, c est-à-dire, à divers degrés ; nous indic^uerons les trois suivants :

lo Épreuve de plein degré, quinze à dix-huit cents personnes ;

2o Épreuve réduite, trois à neuf cents ou même cent vingt à trois cents personnes.

30 Épre^ve par les enfantSj,

D. A-t-on déjà fait des essais d'association intégrale ?

R. Non ; nous ne connaissons rien qui mérite ce nom. Jusqu'ici les partisans du système sociétaire n'ont pu disposer de moyens suffisants pour tenter un essai de ce genre. Les entreprises auxquelles plusieurs d'entre eux ont pris part appartiennent au système coopératif.

D. Quel serait le principal avantage de cet essai ?

R. L'œuvre, restant locale , n'exposerait, en cas d'insuccès, à aucune perturbation dans l'ordre général du pays où elle serait tentée. Cette méthode est bien plus rationnelle que la marche généralement suivie dans Tordre politique où les changements, que Ton procède par des réformes ou des révolutions, s'opèrent simultanément dans

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toute la nation de manière à produire parfois de véritables bouleversements.

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