PARTIE III. CHAPITRE I
dernier auquel elle fut donnée , ignorant qu'elle eût déjà passé entre les mains de Macaire^ la lui remit en le priant instamment de vouloir bien lui-même la manger. Macaire qui, tout d'abord, avait reconnu la grappe, apprenant, aprè» quelques informations, combien elle avait voyagé, remercia du plus profond de son cœur le Seigneur de la grâce qu'il avait faite à ses frères de savoir ainsi profiter de toutes les occasions qu'ils rencontraient de pratiquer la charité les uns envers les autres [Specul. Exempt. -120.).
m. Saint François-Xavier prêchait, autant par ses exemples que par ses paroles, l'amour du prochain. Il répétait souvent : « Qu'est-ce que la Société de Jésus, sinon une confrérie de l'amour du prochain? o (Lohn. Bibl. I, 116.).
n. Nous trouvons un remarquable exemple de charité envers le prochain, exercée par les habitants de la ville d'Anvers, dans le produit annuel de 60,000 à 70,000 et quelquefois jusqu'à 80,000 gulden, recueillis par les quatre présidents de l'association en faveur des pauvres {Ibid. ii, 339.).
0. La sainte veuve Ida faisait remplir deux fois par jour des dons de la charité sa bière qu'elle s'était fait préparer de bonne heure, et les distribuait aux paii vres (Idid.).
p. Saint Sérapion rencontra deux pauvres qui, n'ayant pour vêtements que quelques lambeaux, étaient en danger de mourir de froid. Emu de compassion, il donna à l'un son manteau, et à l'autre son habit. Il n'avait plus que sa robe quand il arriva à la maison. « Avez-vous été dévalisé ? lui demandèrent avec étonnement ses confrères. — Non, reprlt-il avec joie, je
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n'ai fait que mettre en pratique ce précepte : « Que celui qui a deux vêtements en donne un à celui qui n'en a point ! »
Le môme ermite, se trouvant en Egypte à Tépoque où une grande famine y régnait, il alla jusqu'à vendre ce qu'il avait de plus précieux, son livre des Evangiles. Avec la somme considérable que cet objet lui procura, il acheta du pain qu'il distribua aux pauvres. Comme ses frères lui reprochaient de s'être privé de ce Uvre sacré, il répondit : a Je n'ai fait que mettre à exécution ce qui y est recommandé ; car il y est dit: « Allez, vendez ce que vous avez et donnez-le aux pauvres. »
Ce saint homme ayant appris qu'un créancier sans miséricorde se disposait à vendre comme esclave son débiteur qui ne pouvait le payer, ému de compassion à la vue de la désolation de la femme et des enfants de ce dernier, il s'offrit lui-même à être réduit à la condition d'esclave en place de cet infortuné débiteur. L'Egyptien accepta cet échange et devint le maître de Sérapion. Mais bientôt la charité désintéressée, la douceur et la patience, même au milieu des travaux les plus ardus, du saint, firent une telle impression sur lui que non-seulement il lui rendit la liberté, mais qu'il se convertit lui et toute sa famille au christianisme iSchinid'sBhmeninder Wuste,i^. 123.).
SENTENCES
a. « Avec la charité, le pauvre même est riche ; sans la charité, le riche lui-même est pauvre. L'amour est ingénieux à trouver des ressources, il apprend à se montrer magnanime dans l'adversité, sobre dans la
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prospérité : si nous sommes éprouvés par des tentations, il nous inspire du courage; si, au contraire, nous sommes dans le calme et la tranquillité, il nous enseigne à être sur nos gardes. Il sait, avec de faibles moyens, opérer de grandes choses, il donne du prix et de la valeur aux services les plus légers et aux œuvres les plus communes » {S. Aug. De laude charit.).
b. c( Comment pouvons-nous savoir que nous aimons le prochain? Au heu de le demander aux autres, que chacun en particuher interroge son cœur. S'il y trouve la charité, il peut être assuré qu'il est ressuscité de la mort à la vie » {Idem, in Joan.).
c. « Vous n'aimez pas votre prochain comme vousmême, et vous ne vous efforcez pas de le faire parvenir à la possession du même bonheur après lequel vous soupirez» [Idem. Demorib. 1. 1.).
d. « Soyez sévère envers vous-même, indulgent à regard des autres. Faites entendre à l'oreille d'autrui des ordres faciles à exécuter, et vous-même, pratiquez des œuvres difficiles » {8. Chrysost. in ^latth.).
e. a Si vous avez beaucoup reçu, ce n'est pas pour vous endormir au milieu des plaisirs, mais bien afin que vous versiez les dons de la charité dans le sein des pauvres » (Idem. Hom. 34.).
/. a Celui qui ne vit que pour soi et néghge les autres est inutile sur la terre, et n'appartient pas à notre race » {Idem.).
g. « Voulez-vous être un bon marchand, un TionnHe usurier, donnez ce que vous ne pourrez néanmoins pas conserver, pour recevoir ce cpie jamais vous ne pourrez perdre. Les plus petits bienfaits vous seront rendus au centuple, les secours temporels que vous
aurez distribués auront pour récompense un héritage éternel » (^S'. Aug.).
h, « Uien ne recommande davantage le chrétien que la charité compatissante » {S. Amhr. De ofF.).
i. a Jamais la main ne sera vide devant ^ieu quand le cœur sera plein de bonne volonté » (S, Aug. in Joan.).
COMPARAISONS
a. Lorsque les cerfs veulent se transporter d'une île dans une autre à la nage, chacun de ceux qui suivent le premier met sa tète sur le dos de celui qui le précède. Le premier est-il fatigué, il se retourne et se repose en plaçant sa tète siu? le dos du dernier. C'est ainsi qu'en nageant ils se prêtent un mutuel secours. — Si telle est la conduite de ces animaux, quelle ne doit pas être la nôtre à nous qui sommes clirétiens ? Rien ne prouve tant la charité qui règne dans le cœur que le secours qu'on prête à son ennemi pour l'aider à porter son fardeau {S. Aug. Serm. 23. de Apost.).
i. Charles-Frédéric, duc de Julich, avait un bouclier qui était tout recouvert de cœurs humains en peinture. On y lisait cette inscription : Ce bouclier est un mur d'airain. — Il voulait signifier par l" que celui qui a gagné les cœurs des hommes par T. mour, n'a aucun ennemi à redouter.
c. De même que, dans un édifice une pierre en porte une autre, et que s'il en était autrement toute la masse s'écroulerait bientôt ; de même, dans l'édifice spirituel, qui est l'Éghse de Jésus-Clu-ist, l'un doit apprendre à sujiporter et à secourir l'autre [S. Greg. in Ezech.).
d. De même que la lumière d'une bougie s'éteint