PARTIE III. CH A riTRE I
et vierges, outre un nombre considérable de pauvres, d'estropiés, de nécessiteux , qui y recevaient les soins et les secours que réclamait leur position {Lohn, Bibl. II, 337.).
h. Sainte Françoise de Chantai, désirant ardemment que toutes les actions de ses religieuses n'eussent d'autre mobile que la charité chrétienne, avait fait écrire sur les murs du corridor dans lequel elles devaient se trouver le plus souvent, les qualités que, selon saint Paul, doit avoir la charité (1. Cor., 13.) ; a La charité est patiente, elle est douce et bienfaisante ; la charité n'est point curieuse, elle n'est point téméraire et précipitée ; elle n'est point ambitieuse ; elle ne cherche point ses propres intérêts; elle supporte tout; elle croit tout; elle souffre tout. » Lorsqu'il arrivait à Tune des religieuses de pécher contre le précepte de la charité, elle l'envoyait aussitôt dans le corridor pour y lire cette touchante inscription, connue dans cette pieuse communauté, sous le nom de miroir du couvent [Raus-J, v.Silb.SSl.).
i. Le saint roi Osvald faisait nourrir chaque jour dans toute l'étendue de son royaume un grand nombre de pauvres à ses frais. Un jour (c'était le Jour de Pâques), comme il se disposait à prendre son repas où se trouvait précisément invité le saint évêque Aridan, son aumônier vint lui annoncer qu'il y avait dans la rue un grand nombre de pauvres qui, pressés par la faim, demandaient l'aumône. Aussitôt le roi prit les vivres et les plats dont la plupart étaient en or et en argent, les fit partager en une infmité de petits morceaux et les distribua aux pauvres avec la nourriture qu'ils contenaient, et se fit servir, lui et ses hôtes, avec de la vais-
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selle QTflinaire. Saisi rrétonnement, le saint évêqne lui prit la main en lui disant : Cette main Uen faisante ne pourrira jamais; prophétie qui, au rapport du vénérable Bède, ne manqua pas d'avoir son accomplissement (J^'n. Bed. 1. 3. De gest. Angl.).
k. Saint Pierre Nolasque, fondateur de Tordre pour la rédemption des captifs, se sentait déjà dans son enfance animé de vifs sentiments de charité envers le prochain. A cet âge si tendre, il versait des larmes de compassion en voyant un indigent. Le seul moyen de le tranijuilliser était de lui donner quelque chose pour le répandre dans le sein des pauvres. Lorsque ses parents voulaient récompenser ses progrès dans les études, ils lui faisaient quelque présent qu'il était libre d'employer à ses amusements ; mais son plus grand plaisir était de s^en servir pour réjouir le cœur des pauvres et procurer quelque allégement à leurs souffrances [Baillot's Gesch).
l. Nous trouvons aussi des exemples de charité ingénieuse dans des circonstances souvent toutes communes : ainsi nous lisons dans la vie des saints ermites, que saint Macaire reçut un jour en présent une magnifique grappe de raisin, et qu'il s'empressa de la porter à l'un de ses confrères, pensant que, comme il était plus faible que lui, il avait aussi plus besoin d'être rafraîchi par ce fruit bienfaisant. Le frère l'en remercia, et parut touché de cette marque d'attention ; mais à peine Macaire était-il parti, qu'il se hâta de la porter à un autre confrère, afin de lui causer une agréable surprise. Mais la grappe n'était pas encore parvenue à sa dernière destination, car elle fut trausportée de rechef chez un autre religieux. C'est ainsi que la belle grappe de raisin paicoiuut presque toutes les cabanes de rcrmitage. Le