PARTIE m. CHAPITRE I
à un souffle léger, tandis qu'une flamme plus étendue ne fait que se développer ; de môme aussi, le moindre •choc, quoique très-faible, étouffe l'amour du prochain, tandis que la charité vraiment chrétienne ne fait que s'accroître au milieu des tribulations.
e. Si, quand vous écrivez à un ami, vous avez toujom-s sa personne présente, de même vous devez aussi, quand vous prodiguez les secours de la charité, avoir sans cesse Jésus devant les yeux, afin que vous fassiez le bien par amour pour lui.
/. Lorsque des hommes, dont le cerveau est dérangé, se frappent de rage et se déchirent, ils se croient heureux même au milieu de leur délire ; on les (dirait remplis des meilleures espérances; nous, au contraire, spectateiu"s de leur démence, loin de rire de leur folie nous en sommes plutôt émus de compassion. C'est ainsi que rient et folâtrent souvent ceux de nos frères qui se sont perdus dans les sentiers de l'erreur ; dans leur fureur, ils cherchent encore à augmenter leur infortune. Quant à nous, non-seulement un tel spectacle ne doit pas nous réjouir ou même nous trouver indifférents, mais il doit nous inspirer une salutaire commisération ; et nous faire chercher les moyens de travailler à les arracher à leur perte.
B. DE l'amour des EN.N'EMIS EN PARTICULIER.
4. cr Aime^ vos mnemîs et faites du lien à ceux qid tous liaïssent » {Matth. 5, 44-.^.
Joseph, bien qu'il eut essuyé les plus sanglants outrages de la part de ses frères, et que, plus tard, il eût eu le pouvoir et l'occasion de les punir sévèrement.
28 CATÉCmSME HISTORIQUE.
leur pardonna néanmoins de bon cœur et les combla de bienfaits [Geiies, aO.}.
Lorsque David rencontra dans une caverne le roi Saûl qui était allé pour le prendre et le faire mourir, et que ses compagnons le pressaient de profiter de cette occasion pour se venger, il résista fortement à ces paroles de séduction, et laissa son ennemi sortir sain et sauf de la caverne. Et lorsque, plus tard, poursuivi par Saûl, il le rencontra un jour accompagné de ses compagnons, qui dormait dans son camp, il ne permit pas à Abisaï de le tuer, mais il se contenta de lui couper le bord de son vêtement, afin de lui prouver combien il lui aurait été facile de le faire mourir (1 . Rois, 24 et 2G.).
Le même David, s'enfuyant de devant son fils Ab» salon fut abreuvé d'injures et poursuivi à coups de pierres par son fils Séméi. Abisaï aurait pu facilement châtier ce fils dénaturé ; mais David lui dit : « Laissezle proférer ses impiétés. Le Seigneur lui a ordonné (ou permis) de me couvrir d'injures » (2. Rois, 16.).
h. Jésus lui-même nous a donné un touchant exemple de l'amour que nous devons avoir pour nos ennemis. Comme il lui eût été facile, à lui qui était la Toute- Puissance même, de se venger de ses persécuteurs ! Cependant, il leur rendit le bien pour le mal. Il reprocha aux apôtres d'avoir voulu faire descendre le feu du ciel sur les Samaritains ; il lava aussi les pieds à Judas ; il tut, pendant la cène, le nom de celui qui allait le trahir; il guérit l'oreille de Malchus ; il se contenta de faire un léger reproche au serviteur qui l'avait frappé sur \? joue. — Sur la croix, il pria pour ses ennemis.
Etienne avait appris de son Sauveur non-seulement à parcTouuer à ses ennemis^ mais encore à conjurer le