‹ Catéchisme historique (volume 2)Chapitre 104 sur 306 · PARTIE III. CHAriTRE II · texte numérisé non relu

PARTIE III. CHAriTRE II

quelle il commença son ministère de la prédication, d être soumis à ses parents^ comme s'exprime la sainte Ecriture {Luc. 2.). Il soulageait, dans son travail, son père adoptif, et lorsqu'il fut suspendu sur la croix et qu'il était sur le point de rendre T'àme, il slntéressa encore à ce qu'il avait de plus cher sur la terre, à sa samte Mère qu'il confia aux soins de son disciple bienaimé.

Bien que les saints Evangiles ne nous disent rien de précis touchant l'enfance de la sainte Vierge, on peut affirmer avec certitude qu'elle aima tendrement ses parents Joachim et Anne, et que, par son innocence et la sainteté de sa vie, elle fut la joie et la consolation de leurs jours.

Sans doute, ce furent aussi des enfants d'une vertu édifiante que la ûlle de Jaïre et le fils de la veuve de Naïm, puisque le Sauveur daigna les rappeler à la vie et que ce miracle fut un si grand sujet de joie pour leurs parents. — Quelles ne durent pas être l'innocence et la piété de cet enfant que le Sauveur plaça au milieu de ses Apôtres, pour qu'il leur dit que s'ils ne devenaient pas semblables à lui, ils ne pourraient entrer dans le royaume des cieux ! Plût à Dieu que, de nos jours, il se rencontrât un grand nombre d'enfants aussi exemplaires ! On ne saurait non plus douter qu'ils n'eussent été de vertueux enfants ceux que le divin Ami des enfants appela auprès de lui avec tant de bonté pour leur donner sa bénédiction.

à. Sainte Macriiie ressentait pour sa mère un amour extraordinaire, comme l'atteste son frère, saint Grégoire de Nysse. Jamais elle ne la perdait de vue, toute son attention était concentrée sur elle, et elle ne permit

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jamais que ses domestiques la servissent, mais elle le faisait elle-même, car sa plus grande satisfaction était de la soigner de ses propres mains, de lui préparer à manger, etc. Lorsque sa mère fut devenue veuve et qu'elle dut, elle seule, veiller à l'entretien et à l'éducation de quatre fils et de cinq filles, Macrine partagea avec elle les occupations et les soins de la famille, et l'aida à les entretenir et à les élever {S. Greg. epist. ad Olympiad.).

c Sainte Eustochie, fille de sainte Paule, illustre dame romaine, fut toujours animée envers sa mère des sentiments de la plus vive reconnaissance. Elle la chérissait avec tout l'amour dont son cœur était capable ; elle l'imitait en tout, même jusqu'à entrer dans un couvent. Elle se distingua constamment par une soumission exacte et une obéissance admirable. Jamais elle ne se mettait au lit avant sa mère, jamais elle ne mangeait sans elle. Jusqu'à sa mort, dans les jours de sa maladie comme pendant qu'elle jouissait d'une sauté prospère, toujours ce fut elle qui veilla à son entretien. Voilà ce que nous en dit son ami et son précepteur, saint Jérôme, dans sa biographie.

d. Benoit XI, de l'ordre des Prêcheurs, fils de parents pauvres, ayant été élevé, en 4303, sur le trône pontifical, sa mère, qui vivait encore, vint un soir à Pérouse pour lui rendre visite. Ses amis lui firent prendre des vêtements comme il convenait à la mère d'un si grand prince. Mais avant de la recevoir, le pape demanda comment elle était vêtue. On lui répondit qu'elle était vêtue de soie, pour l'honneur du siège apostoUque. Oh! alors, répliqua-t-il, ce n'est point ma mère, car ma mère est une pauvre iemme qui ignore

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ce que c'est que la soie. A cette réponse, la pieuse mère reprit ses humbles vêtements. Sur quoi le pape dit : Pour le coup, c'est ma mère, qu'elle vienne ! et il Fembrassa tendrement. — Ce touchant exemple nous fait voir que les enfants ne doivent jamais rougir de leurs parents, quand bien même ils sont parvenus à d'éminentes dignités [March. Hort. past.).

e. Thomas Morus, ce célèbre chancelier d'Angleterre, qui mourut victime de son inviolable attachement à la foi cathohque, était animé d'un si grand respect envers ses parents, que, même après qu^'il eut été revêtu de ces hautes fonctions, et alors qu'il était déjà marié et très-avancé en âge, il ne sortait jamais de la maison sans avoir demandé, à genoux, la bénédiction paternelle à son vieux père [StapJeton in Angliâ).

La conduite respectueuse de Thomas Morus envers ses parents fit une .profonde impression sur le cœur de ses enfants, car, lorsqu'il eut été condamné par Henri VIII à mourir sur Téchaf au d, personne ne s'étant trouvé qui eût le courage de lui donner une sépulture honorable, sa fille Marguerite n'hésita pas à rendre ce dernier devoir à im père qu'elle avait si tendrement chéri, et le fit enterrer avec toute la magnificence possible. Ce dévouement filial étonna si-sivement le tyran lui-même, qu'il n'osa pas Ten empêcher {Ber, Berc. Hist. del'Egl. t. M),

g. Fulgas raconte au sujet du fils d'un orfèvre de Tolède, en Espagne, que son père ayant été condamné à la potence par suite de faux soupçons, et que n'ayant Iju parvenir à prouver sufii>ninment son innocence, il fit tous ses efiorts, employa les sollicitations les plus prf's^antes poiu* obtenir qu'on lui fit subir le supplice

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honteux qui était réservé à sou père ; ce qui lui fut accordé. — Il mourut victime de sa piété filiale [Fulgas, 1. 5, c. 4).

Saint François de Borgia avait dix ans quand sa mère tomba malade. Le mal allait tous les jours prenant des proportions plus graves, et bientôt on craignit poiu* sa vie. Dans cette circonstance, le pieux enfant ne trouvait rien de mieux à faire que de s'enfermer dans sa chambre et de prier, en pleurant, pour la guérison dc'sa mère ; mais Dieu n'exauça pas sa prière et la mère mourut. Cet événement fut un coup de foudre pour Tenfant^ il en fut profondément affligé ; mais la pensée que telle était la volonté de Dieu, et que sa mère était plus heureuse au ciel qu'elle ne l'avait jamais été sur la terre, le consola et sécha ses larmes. Cependant il ne perdit jamais de vue les sages leçons qu'il en avait reçues, mais s'efforça constamment d'y conformer sa conduite, afin de pouvoir un jour aller se réunir à sa mère, et ne plus jamais en être séparé. Saint François fut fidèle à sa résolution, il vécut en saint et mourut de la mort des prédestinés, l'année 4572. — Que ce rendez-vous dut avoir de charmes pour lui, alors qu'il n'eut plus à craindre de voir finir son bonheur.

i. Louis de Bourbon, prince qui donnait les plus belles espérances, après avoir fourni des preuves éclatantes de son courage en consacrant ses talents à la défense de sa patrie, apprit la nouvelle de la mort de son père à Pozzuolo, où il remplissait les fonctions de viceroi de Naples. Malgré la distance qui le sépare de cette ville, il se rend en toute hâte auprès du tombeau de £on père, le fait ouvrir,^ contemple d'un o41 tixe le

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