‹ Catéchisme historique (volume 2)Chapitre 107 sur 306 · PARTIE m. CHAPITRE II. f)2o · texte numérisé non relu

PARTIE m. CHAPITRE II. f)2o

rôter et de vous porter^ mon père, siir mes épaules. » — Le vieillard tremblait de joie en entendant ces paroles, et il ne put répondre que par ses larmes {Le même, p. 33).

p. En France , dans une maison d^éducation où Ton nourrissait et élevait des enfants de soldats, se trouvait un enfant, fils d'un vieil officier, cpii, depuis son entrée dans rétablissement , se contentait de manger de la soupe et du pain sec, sons essayer aucune autre nourriture. Le chef des enfants, rendu attentif à cette singularité, en fit des réprimandés à Tenfant, croyant qu'il agissait ainsi par une piété mal entendue. L'enfant écouta avec modestie les reproches qui lui furent adressés ; cependant, il continua à ne manger que de la soupe et du pain. Il ne tarda pas à être accusé auprès du supérieur de rétablissement, qui lui représenta combien il était important que les élèves d'une maison d'éducation s'accoutumassent à un même genre de vie, et évitassent de se singulariser par une conduite différente de celle des autres, ajoutant qull fallait nécessairement se conformer aux usages de la maison où Ton vivait. Malgré ces avis , l'enfant ne laissa pas de faire des instances pour qu'on lui permit de ne prendre que de la soupe et du pain. Voyant que ses paroles ne produisaient aucun effet, le supérieur affecta un ton sérieux, et lui dit ; a Puis donc que tu es si opiniâtre, je vais te chasser de l'établissement et te renvoyer à ton pore. » — Ces paroles furent comme un coup de foudro pour le jeune élève ; il se mit à pleurer à chaudes larmes, et reprit en tremblottaut : a Ah ! je vous en pi ie et vous en supplie, veuillez ne point me chasser; hélas! que dcviendrais-je? Mon père, à sou tour, me chasserait

de la maison, ou mourrait peut-être de chagrin. — Eh bien ! sois tranquille, reprit avec bonté le supérieur ; mais il faut que tu m'avoues franchement pourquoi tu ne manges que du pain et de la soupe, et ne veux essayer d'aucune autre nourriture? — Ah! monsieur, reprit l'enfant, puisque vous voulez absolument le savoir — mais, je vous en conjure, ne veuillez point vous en irriter, car je n'ai pas eu mauvaise intention, — je mangeais si peu, parce que je n'osais pas prendre davantage. A la maison, chez mes bons mais pauvres parents, je ne mangeais que de la soupe et du pain, de la mauvaise soupe et du pain noir ; tandis qu'ici la soupe est si bonne, et le pain que je mange si blanc et si succulent. Combien ici la vie est agréable ! jamais je n'ai pu me déterminer à manger autre chose , me rappelant sans cesse de quels mauvais aliments mes père et mère et mes frères étaient obligés de se nourrir, pendant que moi je suis si heureux ici. » Le chef de l'institution ne jiut s'empêcher de verser des larmes, et, après être resté pendant quelque temps interdit, il continua à lui demander : « Mais, puisque ton père a servi auprès du roi, il doit recevoir une pension? — Hélas, non, répondit l'enfant; depuis six mois, il fait des démarches pour l'obtenir, mais c'est en vain. Dans sa détresse, il préfère, dit-il, vivre dans la misère avec sa famille, que de faire des dettes qu'il ne pourrait jamais payer. — Suffit, lui dit alors le supérieur; je te regarde comme un enfant vertueux, puisque tu viens de me dire la vérité, et ton père, je le considère comme un homme d'honneur. Je m'efforcerai de lui faire donner la pension qu'il a méritée; mais, auparavant, je lui enverrai moi-même un à-compte pour l'aider à entretenir sa faniille. Toi-même,

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