‹ Catéchisme historique (volume 2)Chapitre 108 sur 306 · PARTIE III. CnAPlTRE II · texte numérisé non relu

PARTIE III. CnAPlTRE II

mon enfant, où en est ta h'ourse ; tu n'as sans doute aucun argent, puisque ton père est lui-même si pauvre? — Je n'ai jamais eu d'argent, répondit Tenfant; mais aussi, je n'en ai pas besoin, vu que j'ai tout ici en abondance. — ^lais, dit à son tour le supérieur en souriant, un peu d'argent ne gène guère. Tiens, je te donne ici trois louis d'or, dont tu poiuras disposer à volonté. )) Emerveillé par ces paroles, l'enfant remercia son bienfaiteur, s'arrêta quelques instants à regarder les pièces d'or qu'il venait de recevoir, et les rendit au supérieur en lui disant : « Mon cher monsieur, je n'ai absolument pas besoin de cet argent ; mais vous venez de me dire que vous enverrez de l'argent à mon père pour lui aider à s'entretenir lui et sa famille; j'y ajoute ces trois pièces en or ; mes pauvres parents en ont plus besoin que moi. ■ — J'applaudis, mon enfant, à la générosité de tes sentiments ; qu'il en soit ainsi, reprit le supérieur avec un accent qui trahissait son émotion, et l'enfant sortit de la chambre.

Quelques semaines plus tard, il reçut une lettre de son père qui lui annonçait comment tout avait changé chez eux et que la misère avait entièrement disparu, l'exhortant à se conformer aux intentions de son supérieur, et de prendre d'autre nourriture que de la soupe et du pain, attendu qu'eux-mêmes ils avaient alors une nourriture plus abondante et plus exquise {Hannov. Exp/ni'pdh. Th. 4. p. 146).

En Algérie, pays qui autrefois servait de repaire aux pirates, il arriva que , quelques esclaves chrétiens ayant recouvré leur liberté, et s'en retournant joyeux vers leur patrie, les pirates amenèrent au port uu vaisseau suédois qu'ils avaient capturé, et conduisirent sur la

228 CATÉCUISIiiE HISTORIQUE.

place publique pour les vendre les esclaves qui s'y trouvaient. Tandis que l'un de ceux qui avaient été rachetés considérait avec compassion ces nouvelles victimes de la cruauté de ces barbares, il eut la douleur d'apercevoir parmi eux son propre père. Soudain , il alla se jeter entre ses bras, et tous deux versèrent des larmes abon-* dantes; larmes de joie et de douleur. Le fils qui savait par expérience combien le sort des esclaves était affreux, et qui comprenait que l'âge et la faiblesse de son père ne lui permettraient pas de supporter plus longtemps ce genre de vie, supplia qu'on le retînt à sa place, offre que n'eurent garde de repousser ces hommes féroces, car ils espéraient obtenir un prix plus considérable pour son rachat, puisqu'il était encore jeune. Heureusement, ce jour-là même, le chef des brigands ayant appris ce singulier événement, fut si touché de ce beau trait de dévouement filial, qu'il leur rendit à tous deux la liberté {L& même, p. 457).

r. Un marchand de la Rochelle envoya un de ses enfants, âgé de quatorze ans, aux Indes pour le perfectionner dans le commerce. Pendant l'absence de son fils, les affaires du père tombèrent dans une profonde décadence, et il se vit sur le point de faire banqueroute. Dès que le fils en reçut la nouvelle, il redoubla d'économie, vécut dans la solitude, et sut résister à tous les attraits du plaisir qui, dans les Indes, se rencontrent en ibule. Par sou travail assidu et sa sobriété, il parvint à réunir une somme de 2,000 fiorius qu'il se hâta d'envoyer à sou père, le priant de ne pas dédaigner ce faible gage de sa reconnaissance pour les bienfaits qu'il avait reçus dans la maison paternelle. L'iu-gent arriva fort à propos et tixa d'cmbairas cet honorable père de famille.

Page 1