‹ Catéchisme historique (volume 2)Chapitre 12 sur 306 · PARTIE m. CHAPITRE I · texte numérisé non relu

PARTIE m. CHAPITRE I

ciel qu'il daignât leur pardonner^ car, pendant qu'on le lapidait,, il faisait cette prière : « Veuillez, Seigneur, ne pas le leur imputer à péché ! » — Quelle fut refiicacité de cette prière ? c'est ce que saint Augustin nous apprend par ces paroles : a Si Etienne n'eût pas prié, l'Eglise n'aurait pas eu Tapôtre saint Paul » {Ad., 18.).

c. Lorsque les Juifs, dans leur fureur, précipitèrent Tapôtre saint Jacques le Mineur du haut du pinacle du temple, sur le point de rendre le dernier soupir, il faisait encore cette prière : a Seigneur, pardonnezleur, car ils ne savent ce qu'ils font » {Sur. in vit.).

d. Les premiers chrétiens se montraient aussi fidèles observateurs du commandement difficile mais méritoire de l'amour des ennemis, car nous lisons dans Tertullien : et On nous ordonne d'aimer même nos ennemis ; cet amour devrait être une vertu qui nous fût toute pai ticulière et caractéristique. — Aimer ses amis, c'est là ce que font tous les hommes; mais aimer ses ennemis, c'est Tafiaire des seuls chrétiens » {TertwlL, ad Scap. c. \.).

e. Saint Polycarpe marchait avec un visage riant et serein à la rencontre de ses ennemis qui allaient pour le faire prisonnier. Il leur parla avec douceur, les pria de s'asseoir et les reçut avec magnificence. Ceux-ci, qui ne le connaissaient pas, furent étonnés de la générosité de cet homme. Après le repas, pendant lequel il avait prié avec ferveur, il se fit connaître, s'assit tranquillement sur un âne et se fit conduire en présence du juge païen [Eusei. Hist. eccl. 1. 4).

/. Pendant que saint Ignace étudiait la théologie à Paris, un ami infidèle lui enleva le peu d'argent qu'il avait. Malgré cela, ayant appris, plus tard, que levoluur II. 2

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était tnmho malade à Koucu, et se trouvait dans un affreux dénùment, il partit aussitôt pour aller lui porter secours {Ber. Berc. Hist. de TEgl., tom. 17).

g. Un des serviteurs d'Alexandre, patriarche de Jérusalem, qui vivait avec ce dernier sur le jûed d'une grande familiarité, lui enleva une somme d'argent considérable, et se retira dans les déserts de l'Egypte, de peur qu'il ne fût découvert. Mais il fut surpris par des brigands et fait prisonnier. Le patriarche l'ayant appris, il entra en négociation avec eux pour obtenir sa délivrance, et paya 4-, 500 sicles pour son rachat. Après son affranchissement , et tandis qu'il était tout préoccupé de la crainte des châtiments qu'on pouvait lui infliger, le coupable reçut la visite du patriarche, qui employa les plus touchantes exhortations pour l'engager à faire pénitence et à se corriger ; ce qu'il obtint à sa grande satisfaction. — Cet événement donna lieu à quelqu'un de dire « qu'il n'y avait rien de plus avantageux que d'ofïenser le patriarche, puisqu'il rendait dix fois le bien pour le mal qa on lui avait fait. » {Prattim spirit.).

h. Le gouverneiu' de Toscane, Volusien, ayant fait prisonnier saint Sabin', évêque d'Assise, avec ses deux diacres, fît exécuter sur-le-champ ces deux derniers, et couper les deux mains à l'évèque. Ce même gouverneur ne tarda pas à être tourmenté d'un violent mal d'yeux, et comme tout l'art des médecins était inutile, il pria le saint homme de venir à son secours. Saint Sabin, oubliant toutes les souffrances qu'il lui avait fait endurer, étendit sur lui ses l)ras mutilés, fit une prière, après quoi toutes ses souffrances disparurent. A son tour, le gouverneur pria le thaumaturge de le guérir

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d'un mal infiniment plus dangereux, qui était l'aveuglement de son esprit^ et il embrassa le cliristianisme [SaML).

i. Au moment où saint Eusèbe installait Maris, jeune homme plein de mérite, sur le siège épiscopal de Dorilée, en Syrie, une femme arienne, poussée par un sentiment de haine et de vengeance, lui jeta sur la tète une tuile, qui lui fit une blessure mortelle. Toutefois, il n'eut rien de plus pressé, dans ses derniers moments, que de faire promettre aux siens, par serment, que, après sa mort, ils n'accuseraient pas sa meiu'trière en justice {Theodoret, Hist., lib. 5.).

k. Lors du siège de Rouen, un assassin huguenot tenta un meurtre sur la personne du duc de Guise, le chef des catholiques ; mais il fut fait prisonnier. Quoique vaincu et désarmé, ce malheureux se glorifiait encore de son entreprise, disant qu'il avait agi de la sorte dans le but de détendre sa religion. — Mais le duc lui fit cette remarquable réponse : « Ta religion fa suggéré ridée de m'ôter la vie ; quant à la mienne, elle m'engage à te laire grâce et à te pardonner de bon cœur (Ber. Berc, t. 18.).

/. Lorsque saint Gualbert était encore laïque, il nourrissait un noir ressentiment contre l'un de ses voisins. Le vendredi saint, comme il se rendait en ville, lui et son ami se rencontrèrent seuls dans un lieu retiré d\me montagne. Déjà Gualbert avait mis la main à son épée pour tuer son ennemi, lorsque celui-ci, au milieu de sa détresse, s'écria : « Par la grâce de Celui qui aujourd'hui est mort pour nous deux, je vous prie de m'épargner. » Gualbert, à ces paroles, sentit sa colère se calmer comme d'une manière miraculeuse ; il serra

entre ses bras son ennemi tremblant de frayeur, et lui pardonna de bon cœur {Lohn., Bibl. \, 588).

m. Saint François de Sales, cet ange de charité et de douceur, rencontra un jour un avocat qui, sans que personne en sût le motif, lui avait juré une haine implacable, et ne cessait, partout où il le rencontrait, de l'accabler d'injures et d'imprécations. Le saint s'approcha aÛcctueuscmcnt de lui, le prit par la main et lui dit avec la plus aimable douceur: « Vous êtes mon ennemi, je le sais; mais soyez assuré que, lors même que maintenant vous m'arracheriez un œil, je ne cesserais point de vous regarder de l'autre avec bienveillance. » Cependant ces procédés si touchants ne firent aucune impression sur cet homme endurci; car, dans la suite, il alla m-^me jusqu'à tirer sur l'évèque avec un pistolet, mais il le manqua et atteignit le prêtre qui raccompagnait. Jeté en prison et enfin condamné à mort, r'avocat trouva dans l'évèque qui l'avait si indi» gnement traité, son plus zélé défenseur; car il obtint sa grâce du roi, et alla lui-même lui porter dans sa prison l'écrit qui la renfermait. Mais cet infortuné cracha au visage du saint, et le repoussa loin de lui. Le saint évèque, frappé d'épouvante à la vue d'une malice aussi révoltante, lui adressa ces paroles : « Je vous ai sauvé des mains de la justice humaine, mais si vous ne vous convertissez, vous tomberez entre celles de la justice divine, desquelles personne ne pourra jamais vous arracher. » {8a vie).

n. Pendant plusieurs siècles, l'une des rues de Bologne porta le nom de la Strada pia (la voie pieuse ou voie de la charité), parce que, selon la tradition, il s'y était passé un protlii^e de cliarité envers le prochain

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