PARTIE III. CHAPITRE II i
gagnez-Yous par jour? lui dit affectueusement l- roi.
— Quatre gros, répondit le jeune homme. — Ce n'est pas beaucoup. Comment pouvez-vous vivre avec cela?
— Comment je puis vivre? Plût à Dieu qu'il n'y eût que cela ; mais, monsieur, je paie encore les intérêts de cet argent, et il me reste encore pour placer à intérêts. — Je ne comprends rien à cette énigme, veuillez me Texpliquer. — Venez avec moi dans ma petite maison, quand Theure de cesser le travail sera arrivée, je vous donnerai alors la solution de l'énigme . » — A ces paroles, cet homme, qui ne connaissait pas la personne avec qui il parlait, prit le roi par la main, et le mena dans sa maison, devant laquelle étaient assises, sur un banc, quelques personnes âgées. Après que l'ouvrier les eut saluées, il dit à son compagnon : a Vous voyez là mes bons et vieux parents ; ils ne peuvent plus rien gagner ; je suis, par consécpient, obligé de les enti^etenir avec ce que je gagne. Autrefois, ils m'élevèrent dans la crainte de Dieu, m'envoyèrent à Técole, et travaillèrent pour moi juscpi'au moment où je pus moimême gagner ma vie. Voilà le capital dont je ne fais que payer les intérêts, car je ne suis point en état de leur rendre tout ce qu'ils ont fait pour moi. Dieu seul peut les récompenser comme ils le méritent. » — Il conduisit alors le roi dans la chambre , lui montra six enfants brillants de vie et de fraîcheur, âgés de quatre à dix ans, tous assis auprès de leur mère, occupés, les uns à Ure, les autres à écrire, ceux-ci à coudre, ceux-là à filer, a Vous voyez là mes enfants ; j'agis envers eux comme mes parents ont agi à mon égard ; je forme un capital pour que, dans ma vieillesse, il me porte aussi intérêt. » Le roi lut très-ému de ce qu'il venait de voir
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et d'entendre ; il dit encore quelques poroles affectueuses, puis il partit, tout absorbé dans ses réflexions. Le lendemain, un employé du roi alla trouver l'ouvrier pendant qu'il travaillait sur la route, et Tinvita à se rendre sur-le-champ au château de Dresde , parce que le roi désirait lui parler, lui recommandant, néanmoins, de ne dire à personne du village où il allait. Ce fut seulement alors que les écailles tombèrent des yeux de cet honnête ouvrier. Il se hâta de mettre son plus bel habit, en disant à sa femme, partagé qu'il était entre la joie et la crainte : a Mon Dieu, ce monsieur que nous avons vu hier était probablement le roi lui-même, o — Lorsqu'il fut arrivé au château du roi, il fut conduit dans une chambre magnifique , où le chambellan , qui en avait reçu l'ordre du roi, lui compta cent écus blancs, selon son expression. Bientôt après, le monarque, qui se trouvait dans une chambre à côté, entra lui-même, releva avec bonté l'ouvrier qui venait de se jeter à ses pieds pour le remercier, le loua de la belle solution de l'énigme qu'il lui avait donnée la veille, et lui promit, en outre, qu'il continuerait à l'avenir à veiller sur sa famille. Ivre de joie, l'ouvrier se hâta de regagner sa maison, et étala, devant sa famille stupéfaite, les cent écus blancs, lui raconta comment il avait été reçu au château, et, tous, jeunes et vieux, de tomber à genoux et de prier pour le bon roi Auguste.
Dcr Baum den ich als Stneinmchen band Gibl Schirm mir in der Ililze.
Das Kind, das ijOeglc iiieine Hand Wird nicincs Allers Sliizc! — W'er ^ciiie Ellcrn licbl imd clirl Isl ihrcs rc:c!:.ii So-l'Hs werih.
{JVarndle's Vielchen. Licf 2. S. 34);