‹ Catéchisme historique (volume 2)Chapitre 114 sur 306 · PARTIE m. CHAPITRE U · texte numérisé non relu

PARTIE m. CHAPITRE U

le souvenir de son origine^ il faisait toujours placer sur la table, à côté de la vaisselle en or et en argent, quelques vases de terre ou d'argile {Diodor. Sic. 1. 19).

ce. Lorsque l'empereur Dèce voulut élever à sa place, sur le trône, son fils qui s'appelait aussi Dèce, ce dernier s'y refusa en disant : « Je crains, quand je serais siu" le trône, d'oublier d'être un fils respectueux et obéissant. Que mon père reste empereiu*, et moi je continuerai à être le premier et le plus fidèle de ses sujets » {Marchant, hort. pastor.).

dd. Cornélie, la mère des Gracques, ayant un jour reçu la visite d'une dame romaine, grande amateur du luxe et de la vanité, cette dernière lui reprocha, avec un certain air de suffisance, de ne pas tenir assez à la parure, et de ressembler, pour ainsi dire, à une esclave. La noble dame tâcha d'amuser sa visiteuse jusqu'à ce que ses fils fussent de retour de l'école. Elle se leva alors et montrant ses deux fils qui venaient de la saluer respectueusement, elle dit d'un ton solennel mêlé d'une noble fierté : « Voyez, mon amie, c'est là toute ma parure. » — Oui, on peut le dire avec raison, des enfants vertueux sont, pour leurs parents, la plus belle et la plus précieuse parure {Vaïer, Maxim. 1. 4, c. 4).

ee. L'empereur païen Numérianus prit tellement à cœur la mort de son père Carus (Carinus), que les pleurs qu'il versa lui occasionnèrent une maladie d'yeux {Stold. B. 9).

j^. Cornélius Scipion servait lui-même de guide à son père aveugle, pour lequel il eut toujours les plus grands égards. C'est de là que lui est venu, ainsi qu'à

sa i^^stéritô, le siiruom de Soipioii (bâton). — Monument bien glorieux de piété filiale que ce nom de famille {Lohn. Bibliotb. ii, 855) !

gg. Il n'existe aucun royaume où l'on prise autant le respect et la piété filiale, qu'on ne le faisait dans Tancien royaume de Chine. Dans leurs plus anciens ouvrages de théologie, qui ont été composés avant Confucius, lequel vivait encore 550 ans avant Jésus-Christ, il existait une ordonnance qui prescrivait que le deuil pour des parents défunts devait durer trois ans. L'empereur lui-même donne, le jour du nouvel an, le plus touchant exemple de respect et de piété filiale. Ce jour-là, accompagné de tous les princes et de tous les grands du royaume, il se rend processionnellement au palais de sa mère. Un mandarin du Lizu (maître des cérémonies) s'avance le premier vers Timpératricemère, et la prie humblement de vouloir bien lui permettre de la placer sur son trône, afin que l'empereur puisse lui présenter ses hommages. Après qu'elle a pris place sur le trône, l'empereur entre dans la salle et reste d'abord debout, les bras étendus, ce qui, en Chine, est un signe de vénération et de respect. Les grands du royaume se tiennent à l'entrée de la salle et imitent exactement tout ce qu'ils voient faire à l'empereur. Pendant cette muette cérémonie, la chapelle de la cour retentit des plus touchantes pièces de musique. Ensuite, 1 .» mandarin se met à crier : « A genoux ! » Et aussitôt l'empereur et toute la cour se mettent à genoux. Le mandarin crie une seconde fois : « Sur le carreau ! d Et à ces mots, empereur et princes, de se prosterner la face contre terre. Ils restent dans cette attitude jusqu'à ce qu'un troisième appel se fasse entendre, a Levez-

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