‹ Catéchisme historique (volume 2)Chapitre 116 sur 306 · PARTIE m. CHAPITRE II · texte numérisé non relu

PARTIE m. CHAPITRE II

piqûres. Enfin, il trouva pour y arrivtT, un moyen qui, à lui seul, peut prouver combien Famour des enfants pour leurs parents, lorsqu'il existe à un liant degré, est industrieux et plein d'abnégation. Lorsque ses parents dormaient, il se plaçait tout proche de leur lit, se déshabillait jusqu'à la ceinture, et laissait tranquillement les moucherons se repaitre de sa chair délicate. « Une fois repus de mon sang, disait-il, ils laisseront plus volontiers reposer mes parents. » Qui pourrait ne pas être ému en voyant l'amour si déhcat et si bien senti de ce jeune enfant {Beispieïe des Griiten. Th. 1. S. 24].

II. n est établi, d'après les lois en vigueur dans la Chine, que, si un fonctionnaire public gaspille le trésor ou détourne une partie des fonds publics, on devra lui couper les deux mains. Un mandarin s'étant rendu coupable d'une semblable infidélité, il fut condamné à subir le châtiment. Sa jeune fille, éblouissante de jeunesse et de beauté, eut le courage de solliciter son pardon et demanda audience auprès de l'empereur. Lorsqu'elle fut en présence du monarque, elle s'exprima ainsi : a Je ne nierai pas, puissant souverain, que mon père n'ait mérité la peine fixée par la loi, mais je conjure humblement la justice qu'eUe veuille me couper les deux mains au lieu des siennes. Les voici ! ajouta-t-elle, en ôtant ses gants, et présentant ses bras déhcats. — Oui, grand prince, continua-t-elle, ces mains appartiennent à mon père, pour lui j'en fais le sacrifice. Seulement, ô le plus grand de tous les monarques, conservez-lui les siennes, car ce sont elles qui ont nourri mon grand père, mes sœurs, mes frères et moi. » Tant d'amour et d'abnégation ne furent pas

sans résultat; le père obtint son pardon, gr.\oe aux supplications touchantes de sa fille [Neues Muséum, B. 4. S. 302).

7nm. Les aimales japonaises font mention de cet exemple extraordinaire d'amour filial. Une femme était restée veuve avec trois garçons et ne subsistait que de leur travail. Quoique le prix de cette subsistance fût peu considérable^ néanmoins les travaux de ces jeunes gens n'étaient pas toujours suffisants pour y subvenir. Le spectacle d'une mère qu'ils chérissaient, en proie au besoin, leur fit un jour concevoir la plus étrange résolution. On avait publié depuis peu que quiconque fivrcrait à la justice le voleur de certains efl'cts, recevrait une somme assez considérable. Les trois frères conviennent entre eux qu'un des trois passera pour ce voleur et que les deux autres le mèneront au juge. Ils tirent au sort pour savoir qui sera la victime de l'amour filial, et le sort tombe sur le plus jeune, qui, se laisse lier et conduire comme un criminel. Le magistrat l'interroge ; il répond qu'il a volé. On l'envoie eu prison, et ceux qui l'ont conduit touchent la somme promise. Leur cœur s'attendrit alors sur le sort de leur frère ; ils trouvent moyen d'entrer dans la prison, et, croyant n'être vus de personne, ils l'embrassent tendrement, et l'arrosent de leurs larmes. Le magistrat qui les aperçoit par hasard, surpris d'un spectacle si nouveau, donne commission ù un de ses gens de suivre ces deux délateurs, et lui enjoint expressément de ne point les perdre de vue qu'il n'ait découvert de quoi éclaircir un fait si singulier. Le domestique les suit, et rapporte qu'ayant vu ces deux jeunes gens entrer dans u^ac m;.I>an. il s'cû était ui-proché et les avait entendus

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